cicatrices & traces…


     « L’imagination […] trouve plus de réalité à ce qui se cache qu’à ce qui se montre. »

Gaston Bachelard, La Terre et les Rêveries du repos.

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3 novembre 2018 – Le lac en se retirant a révélé les traces d’un ancien embarcadère oublié de tous.

    Telles ces étendues liquides opaques et secrètes, notre inconscient  recouvre des éléments oubliés ou déniés de notre passé. Il faut alors un reflux de notre conscience qui s’apparente à un dévoilement pour faire émerger ces traces ou ces blessures jusque là soigneusement occultées.

Enki sigle


The Storm feat – Lisa Gerrard


La tempête

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The Storm feat, composé et joué par Havasi et chanté par Lisa Gerrard

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Capture d’écran 2018-11-18 à 17.34.29.pngBalázs Havasi (né le 18 septembre 1975) est un pianiste virtuose et compositeur hongrois qui cherche à créer un nouveau langage musical adapté à notre époque. Il a lancé quatre projets musicaux complètement différents, notamment des compositions pour orchestre symphonique, tambours rock et piano. Il est connu pour son attachement à la culture asiatique et aux arts martiaux, qu’il a pratiqués pendant des années. Parmi ses productions les plus connues, citons : Dead Can Dance, (Gladiator) avec Lisa Gerrard  / Le Roi Lion avec Lebo M. et Tout sauf ma fille avec Tracy Thorn.

Lisa Gerrard est une chanteuse, musicienne et compositrice australienne devenue une star mondiale en tant que membre du groupe Dead Can Dance. Pour la bande originale de Gladiator, coproduite avec Hans Zimmer, elle a été nominée pour un Oscar et a reçu le Golden Globe. Sa voix de contralto caractéristique, incomparable et douloureusement magnifique est souvent entendue dans les plus grands succès au box office hollywoodien. En plus de Gladiator, ses propres compositions ont été interprétées dans plusieurs films, notamment Baraka, Heat, Mission Impossible II, Man on Fire et The Insider.

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Gortoz A Ran – J’attends…


Marchons sur les chemins d’écume…

Phare de l'île Vierge dans la tourmente

     Ce magnifique chant poétique chargé de mélancolie du chanteur breton Denez Prigent interprété en breton en duo avec la chanteuse australienne Lisa Gerrard lui a été inspiré par la mer. Il évoque un « cœur blessé » en attente d’un ailleurs sublimé «  entre la mer et les étoiles » qui désire être emporté par le courant marin et le vent chargé d’embruns. La chanson a été utilisée en version remixée dans la bande originale du film de de Ridley Scott, Black Hawk puis dans de nombreux autres média, série télévisée, reportages et émissions de radio. La chanson fait partie de l’album Irvi sortie en 2000 qui lui vaudra une Victoire de la Musique l’année suivante suivie d’un disque d’argent. Irvi est le pluriel du mot erv qui désigne un chemin reliant deux îles entre elles ou une île au continent, uniquement praticable à marée basse. René Guyomarc’h dans le site des Inrockuptibles compare cette chanson d’où sourd « un sombre tourbillon métaphysique » à la hent eon, autre nom breton du gué de mer qui se traduit par le joli nom de « chemin d’écume ».

Gortoz A Ran,  » J’attends »

Gortozet ‘m eus, gortozet pell                      J’ai attendu, j’ai attendu longtemps
E skeud teñval an tourioù gell                     Dans l’ombre sombre des tours brunes
E skeud teñval an tourioù gell                     Dans l’ombre sombre des tours brunes

E skeud teñval an tourioù glav                    Dans l’ombre sombre des tours de pluie
C’hwi am gwelo gortoz atav                         Vous me verrez attendre toujours
C’hwi am gwelo gortoz atav                         Vous me verrez attendre toujours

Un deiz a vo ‘teuio en-dro                             Un jour il reviendra
Dreist ar morioù, dreist ar maezioù          Par-dessus les mers, par-dessus les champs

Un deiz a vo ‘teuio en-dro                             Un jour il reviendra,
Dreist ar maezioù, dreist ar morioù          Par dessus les campagnes, par dessus les mers
‘Teuio en-dro an avel c’hlas                          Reviendra le vent vert
Da analañ va c’halon gloaz’t                         Et emportera avec lui mon coeur blessé

D’am laerezh war an treujoù                       M’emporter sur les chemins
‘Teuio en-dro karget a fru                             Il reviendra, chargé d’embruns
E skeud teñval an tourioù du                       Dans l’ombre sombre des tours noires
Kaset e vin diouzh e anal                              Grace à son souffle, je serais emporté
Pell gant ar red en ur vro all                        Loin dans le courant, dans un autre pays

Kaset e vin diouzh e alan                              Je serais emporté, grace à son souffle
Pell gant ar red, hervez ‘deus c’hoant      Loin dans le courant, selon son désir

Hervez ‘deus c’hoant, pell eus ar bed        Selon son désir, loin de ce monde
Etre ar mor hag ar stered                             Entre la mer et les étoiles

*
***


Pour ceux qui m’ont demandé des nouvelles de ma chienne Gracie…


méditation bernoise

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Sommet du Semnoz : Gracie, fière Bouvière bernoise, méditant au-dessus de la mer de nuages

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   Un rien cabotine avec son foulard, cadeau de Hsiu-Hsiu, une admiratrice taïwanaise

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Été indien en demi-teintes


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     Après plusieurs mois de sécheresse, les rives du lac d’Annecy se donnent des airs des plages de l’Atlantique et sur les parties où la profondeur était faible il faut maintenant marcher une cinquantaine le mètres pour atteindre l’onde. L’été indien est toujours une période privilégiée par le spectacle coloré de la végétation qu’elle offre et je craignais les effets de la sécheresse sur la coloration des feuillages surtout dans mon jardin dans lequel j’ai planté plusieurs érables du Japon choisis pour la structure de leurs feuillages et leurs coloration printanière et automnale. Depuis quelques jours les arbres ont effectivement engagés leur métamorphose et les résultats sont mitigés.


  • erable-du-japon-dore-aureum-.jpgL’un des plus beaux érables du jardin, l’acer japonicum shirasawa aurum aux feuilles palmées compactes à huit branches très graphiques dont le vert tendre tout le long de l’année vire habituellement à cette époque en un jaune d’or frais et éclatant (voir photo ci-contre) est tout sec  et fait peine à voir avec ses feuilles d’un brun terne toutes ratatinées. 

  • AcerSangoBark.jpgPour une raison que j’ignore les deux acer palmatum plantés côte à côte ont réagi à la sécheresse de manière tout à fait différente : l’acer palmatum courant aux feuilles très découpées avec leur partie centrale renflée et leur pointe aiguisée arbore sa belle couleur jaune abricot mais son voisin, l’acer palmatum senkaki ou sango-kaku, qui a des feuilles identiques les a déjà perdu mais ses branches commencent à prendre sa jolie couleur rouge corail d’hiver très décorative qui va devenir de plus en plus éclatante (sango signifie corail en japonais)

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  • Par chance mon érable préféré, l’acer palmatum lineaborum que j’ai planté juste devant la porte d’entrée de la maison au sommet de l’escalier d’accès est en lui-même comme les automnes précédents une explosion de feuilles rouges éclatantes. Cette coloration va durer une dizaine de jours puis les feuilles tomberont sur le sol qui sera revêtu durant un jour ou deux d’un ravissant tapis rouge que l’on prendra plaisir à fouler.

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  • En partie basse du jardin, l’acer palmatum dissectum atropurpureum au fines feuilles ciselées a pris sa belle couleur rouille.

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  • Pour le reste du jardin, le cerisier japonais pleureur déploie ses longues branches tombantes garnies de pendeloques jaunes abricot et les fougères, les sédums et les graminées virent au jaune et au brun. Les grandes feuilles de bananier du magnolia tripetala roussissent et commencent à joncher le sol.

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  • Pour d’autres plantes, la transition s’étale dans le temps et certains feuillages font de la résistance conservant encore un peu leur vert estival qui contraste avec les jaunes et les bruns passés de leurs homologues. C’est notamment le cas des hostas aux larges feuilles rainurées et des graminées. Dans le lot, une surprise la belle teinte violacée des feuilles de l’année de la pivoine arborescente. Quand au choisya ternata sundance, l’oranger doré du Mexique, l’automne, ni même l’hiver n’ont de conséquence pour lui, il conserve ses feuilles à la belle couleur verte éblouissante et son parfum d’oranger.

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  • Des amis venaient dîner ce soir, de cette promenade au jardin a germée l’idée de réaliser un bouquet…  sans fleurs !

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