Retour sur le lac d’Annecy – Une froide et lumineuse journée d’hiver.


Pour nous rafraîchir un peu en ces temps de trop forte chaleur….          photos Enki, janv. 2017

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Cascade : regards croisés


mimèsis

b57e2b25a5f91e4e18519e48e2fb1289     Katsushika Hokusai-Waterfall

Cascade en Afrique et « la Cascade » de Katsushika Hokusa (Japon)

     La mimèsis (en grec ancien  μίμησις), de μιμεῖσθαι (mīmeisthai, « imiter », de μῖμος, « imitateur, acteur ») est une notion philosophique introduite par Platon puis reprise et développée par Aristote. Dans le livre X de La RépubliquePlaton rejette toute valeur accordée aux poètes, aux arts et à l’imitation. Il s’interroge sur la représentation et insiste sur la primauté du réel et de la vérité. Par exemple, il critique la peinture qui imite le réel, mais ne possède pas l’essence de la réalité. En outre, Platon considère que les gardiens de la cité, dégagés de tous les autres métiers, doivent être les artisans de la liberté. Ils ne doivent s’occuper de rien d’autre que de ce qui y conduit, il ne faut donc qu’ils fassent rien d’autre et n’imitent rien d’autre. Cependant, dans la deuxième partie de ce livre, Platon adoucit son propos en considérant que : « S’ils doivent imiter quelque chose, qu’ils imitent ce qu’il leur convient d’imiter dès l’enfance : des hommes courageux, modérés, pieux, libres, et tout ce qui s’en rapproche, et qu’ils évitent de pratiquer des actions qui ne sont pas libres ou d’imiter des choses qui sont basses, ou quoi que ce soit de honteux, de crainte de prendre goût à ce qui constitue la réalité dont provient l’imitation »  (crédit Wikipedia).


Autres représentations de cascades


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l’alpinisme conjugué au futur antérieur (selon Vladimir Jankélévitch)


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Vladimir Jankélévitch, l’aventure, l’ennui, le sérieuxchap.2, l’aventure esthétique – Extraits –  édit. Champs essais, pp.29-30-31.

    Et voici maintenant un deuxième type d’aventure dans lequel nous retrouverons l’aventureuse ambiguïté du jeu et du sérieux : mais cette fois c’est le jeu qui prévaut. L’homme est à la fois dedans et dehors, mais il est plus dehors que dedans; il survole plus qu’il n’est immergé. S’il n’était que dehors, nous serions de nouveau renvoyé au cas du spectateur dans un fauteuil qui applaudit aux aventures des autres, mais ne les court pas lui-même. Un tout petit engagement, un engagement du bout de la conscience reste donc ici la condition de l’aventure : mais l’homme ne court cette aventure qu’avec une portion minuscule de l’existence : il n’est pas englobé dans l’aventure comme un destin. Cette aventure est donc surtout de type esthétique; elle a pour centre non plus la mort, mais la beauté qui est l’objet de l’Art. Il ne s’agit plus d’une aventure vécue dans son recommencement ou sa continuation par celui qui surtout dedans, mais d’une aventure contemplée après coup quand elle est terminée. Deux cas sont à distinguer : le cas de l’aventure-propre (la mienne pour moi, les vôtres pour vous, l’aventure de chacun pour soi-même, en bref l’aventure à la première personne), et les aventures des autres (les vôtres pour moi, les miennes pour vous, c’est-à-dire l’aventure en deuxième ou troisième personne).

     Dans le premier cas sujet et objet sont une seule et même tête. Pour que l’aventure en première personne soit de nature esthétique, il faut que j’en sois sorti, que je ne sois plus dans la tourmente de neige, sur les pentes de l’Himalaya, et que, revenu à Paris, je puisse raconter, le soir, mes aventures anciennes comme si elles étaient arrivées à un autre. Quand tout est rentré dans l’ordre, l’exploration est devenue pour l’explorateur un jeu pur et simple. Alors l’aventure-propre s’arrondit après coup comme une œuvre d’art. On dit parfois en montrant un bon bourgeois retraité : « il a eu des aventures »; bien entendu il s’agit généralement d’aventures érotiques, mais surtout il s’agit d’aventures déjà courues. Il s’agit de l’aventure au passé. L’aventure peut être aussi un futur antérieur, quand dés maintenant j’anticipe son issue. C’est souvent cette anticipation qui donne aux alpinistes amateurs le courage nécessaire pour leur dangereuse expédition : ils imaginent d’avance leur glorieux retour et se voient déjà contant leurs exploits à un auditoire ébahi. Sans doute ne trouverait-on pas tellement de volontaires pour les voyages intersidéraux si les candidats à l’aventure cosmique ne pré-imaginaient leur retour triomphal; la perspective des conférences de presse et des interviews qui s’ensuivront permet d’affronter bien des risques. Comme la vie vécue qui, sur le moment, parait informe et, après la mort, devient une biographie, c’est-à-dire acquiert un sens organique et une finalité rétrospective, l’aventure qui, sur le moment et dans l’esprit de l’aventureux, pourrait finir tragiquement, cette aventure acquiert après coup et à postériori un sens esthétique : la terminaison, comme dans les sonates et les contes, éclaire rétroactivement l’œuvre d’art.

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Illustres illustrateurs : lunes à la une


Gustaf Fjæstad - Moonlight over the Racken
Gustaf Fjæstad (peintre suédois 1868-1948) – Moonlight over the Racken

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Ken Faulks (peintre canadien né en 1964) – Full moon

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Tom Thomson (peintre canadien proche du Groupe des Sept 1877-1917)
Hot Summer Moonlight, 1915

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Tom Thomson (peintre canadien 1877-1917) – Moonlight, 1915

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Karl Schmidt-Rottluff (peintre expressionniste allemand 1884-1976)
Mond über der Küste, 1956


Regards croisés : soleils


Lord of the Starfields, Ancient of Days,
Universe Maker, here’s a song in your praise…
O love that fires the sun
Keep me burning…

Bruce Cockburn

Qui a copié l’autre ?

Emily Carr - the-sun-1910-1913Emily Carr (1871-1945) – the sun, 1910-1913

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Edvard Munch (1863-1944) – le soleil, 1910-1913


article lié

  • Illustres illustrateurs : Emily Carr, artiste peintre canadienne au caractère bien trempé, article de mars 2017.

J’y pense et puis j’oublie…


porteurs-60porteurs dans l’Himalaya (photographie Gibi Briat)

« portez-vous bien. »
C’est fou ce qu’il faut se porter dans cette vie.

Alexandre Millon

Les invisibles

          Notre monde repose sur les épaules de l’autre. Sur des enfants au travail, sur des plantations et des matières premières payées bon marché : des épaules d’inconnus portent notre poids, obèse de disproportion de richesses. Je l’ai vu.
          Dans les ascensions qui durent bien des jours vers les camps de base des hautes altitudes, des hommes et aussi des femmes et des enfants portent notre poids dans des hottes tressées. tables, chaises, vaisselle, tentes, cuisinières, combustibles, cordes, matériel d’escalade, nourriture pour plusieurs semaines, en somme un village pour vivre là où il n’y a rien.
          Ils portent notre poids pour le prix moyen de trois cents roupies népalaises par jour, moins de quatre euros. Les hottes pèsent quarante kilos, mais certains en portent des plus lourdes. Les étapes sont longues, elles fatiguent le voyageur avec son petit sac à dos et le minimum nécessaire.
          Des porteurs de tout notre confort marchent avec des tongs ou bien pieds nus sur des pentes qui manquent d’oxygène, la température baissant. la nuit, ils campent en plein air autour d’un feu, ils font cuire du riz et des légumes cueillis dans les parages, tant que quelque chose sort de terre. Au Népal, la végétation monte jusqu’à trois mille cinq cents mètres.
           Nous autres, nous dormons dans une tente avec un repas chaud cuisiné par eux.
          Ils portent notre poids et ne perdent pas un gramme. Il ne manque pas un mouchoir au bagage remis en fin d’étape.
          Ils ne sont pas plus faits pour l’altitude que nous, de nuit je les entends tousser. Ce sont souvent des paysans des basses vallées de rizières. Nous avançons péniblement en silence, eux ne renoncent pas à se parler, à raconter, tout en marchant.
          Nous habillés de couches de technologie légère, aérée, chaude, coupe-vent, et cetera, eux avec des vêtements usés, des pulls en laine archiélimés : ils portent notre poids et sourient cent fois plus que le plus extraverti de nos joyeux compères.
         Ils nous préparent des pâtes avec l’eau de la neige, ils nous ont même apportés des œufs ici, à cinq mille mètres. sans eux, nous ne serions ni agiles, ni athlétiques, ni riches. Ils disparaissent en fin de de transport, ils se dispersent dans les vallées, juste à temps pour le travail du riz et de l’orge.

Erri De Luca, « Sur la trace de Nives« , Postface– édit. Gallimard Folio, 2005 – Traduit de l’italien par Danièle Valin.


Fotograf: Jerry Bauer

    C’est par cet hommage aux porteurs des expéditions dans l’Himalaya, à ces obscurs et ces « invisibles » sans lesquels aucune expédition ne serait possible que l’écrivain italien originaire de Naples Erri De Luca débute son livre « Sur la trace de Nives« , l’un des plus beau livre que j’ai lu à ce jour sur l’alpinisme. Nives, c’est la célèbre alpiniste italienne Nives Meroi qui s’est rendue célèbre en gravissant avec son mari Romano Benet quatorze sommets de plus de 8.000 mètres. Le livre est la transcription d’un dialogue entre l’écrivain, lui-même alpiniste, et la grimpeuse lors d’une ascension dans l’Himalaya au cours duquel sont échangés des propos empreints de philosophie humaniste et d’une grande sensibilité sur l’alpinisme et la vie en général. Un livre à lire absolument…


    Oui, notre monde repose sur les épaules de l’autre : enfants des bidonvilles du Bangladesh qui travaillent plus de soixante heures par semaine dans les usines textiles fournisseuses des grandes marques internationales afin que nous puissions acquérir au plus bas prix nos vêtements de marques, travailleurs misérables des mines clandestines de terres rares d’Afrique et d’Asie qui travaillent dans des conditions épouvantables pour que nous puissions acquérir nos chers téléphones portables, travailleurs exploités des plantations de fruits d’Amérique centrale décimés par des maladies causées par les traitements chimiques et les conditions de travail, sans compter le million de travailleurs pauvres qui chez nous se contentent de survivre avec un salaire de 800 euros par mois du fait du temps partiel contraint. Nous y pensons à l’occasion, nous nous révoltons sur le coup et puis nous oublions, continuant sans trop d’état d’âme à acheter nos vêtements, nos téléphones et nos fruits exotiques…

angel-in-hell-1-810x538Enfant travaillant dans une usine textile du Bangladesh (photographie GMB Akash)


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