Moins on se connait, mieux on se porte…


250px-Michelangelo_Caravaggio_065

Le Caravage – Narcisse

Imaginez Narcisse, par Raphaël Enthoven, ARTE.

    Ce que raconte l’histoire de Narcisse, c’est que le narcissisme n’est pas un amour de soi, c’est le contraire !


Article de ce blog liés


visages


Rainer Maria Rilke (1875-1926)Rainer Maria Rilke (1875-1926)

      Le roman Les cahiers de Malte Laurids Brigge du poète autrichien Rainer Maria Rilke, commence par la description sans concessions et presque surréaliste, d’une ville, Paris, que l’auteur connait bien puisqu’il y a séjourné plusieurs années de sa vie. Dans le roman, c’est le personnage principal, le jeune Malte, qui décrit de cette manière cette ville dans laquelle il vient de s’installer après avoir subi un bouleversement intérieur qui a totalement modifié la manière dont il percevait habituellement les choses en les lui faisant ressentir de manière plus intense : « J’apprends à voir. Je ne sais pas pourquoi, tout pénètre en moi plus profondément, et ne demeure pas où, jusqu’ici, cela prenait toujours fin. J’ai un intérieur que j’ignorais. Tout y va désormais. Je ne sais pas ce qui s’y passe ». S’arrêter et s’appesantir sur les faits quotidiens, même les plus anodins, là où le regard ne faisait jusque là que glisser, obligent à faire travailler l’imagination, cette « folle du logis » qui vous entraîne, lorsque l’on est poète, par le biais des analogies et des métaphores à des interprétations d’apparence délirante. C’était déjà le cas dans un paragraphe précédent du livre où le fait pour le personnage de laisser la fenêtre de sa chambre ouverte sur la rue, lui donnait l’impression que les tramways roulaient en sonnant à travers celle-ci et que les automobiles lui passaient sur le corps… Dans le paragraphe qui suit c’est la nouveauté du regard que porte désormais le poète sur les visages arborés par la foule qui lui fait assimiler ces visages à des masques interchangeables. Ce qui nous surprend dans cette description métaphorique c’est que malgré la fausseté de son interprétation, elle exprime parfaitement la réalité des choses, à savoir que nos visages ne sont jamais les mêmes mais varient selon nos états d’âme et se modifient sous l’usure du temps.

Enki sigle


581911817878frCA0masques

Un nouveau regard sur les visages

      L’ai-je déjà dit ! J’apprends à voir. Oui, je commence. Cela va encore mal. Mais je veux employer mon temps.
    Je songe par exemple que jamais encore je n’avais pris conscience du nombre de visages qu’il y a. Il y a beaucoup de gens, mais encore plus de visages, car chacun en a plusieurs. Voici des gens qui portent un visage pendant des années. Il s’use naturellement, se salit, éclate, se ride, s’élargit comme des gants qu’on a portés en voyage. Ce sont des gens simples, économes ; ils n’en changent pas, ils ne le font même pas nettoyer. Il leur suffit, disent-ils, et qui leur prouvera le contraire ? Sans doute, puisqu’ils ont plusieurs visages, peut-on se demander ce qu’ils font des autres. Ils les conservent. Leurs enfants les porteront. Il arrive aussi que leurs chiens les mettent. Pourquoi pas ? Un visage est un visage.
    D’autres gens changent de visage avec une rapidité inquiétante. Ils essaient l’un après l’autre, et les usent. Il leur semble qu’ils doivent en avoir pour toujours, mais ils ont à peine atteint la quarantaine que voici déjà le dernier. Cette découverte comporte, bien entendu, son tragique. Ils ne sont pas habitués à ménager des visages ; le dernier est usé après huit jours, troué par endroits, mince comme du papier, et puis, peu à peu, apparaît alors la doublure, le non-visage, et ils sortent avec lui.

Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Brigge ( Die Aufzeichnungen des Malte Laurids Brigge) – Trad. Maurice Betz – Edit. du Seuil, 1966, pp.13-14.


Cette blessure…


la célèbre chanson de Léo Ferré interprétée magnifiquement par Angelique Ionatos

cette blessure.jpg

Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d’où je viens

Cette blessure
Où va ma lèvre à l’aube de l’amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D’où part ta vigne en y pressant des doigts
D’où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d’où tu viens

Cette blessure
Qui se referme à l’orée de l’ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n’en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu’affirme le désir

Cette blessure
Comme un soleil sur la mélancolie
Comme un jardin qu’on n’ouvre que la nuit
Comme un parfum qui traîne à la marée
Comme un sourire sur ma destinée
Cette blessure d’où je viens

Cette blessure
Drapée de soie sous son triangle noir
Où vont des géomètres de hasard
Bâtir de rien des chagrins assistés
En y creusant parfois pour le péché
Cette blessure d’où tu viens

Cette blessure
Qu’on voudrait coudre au milieu du désir
Comme une couture sur le plaisir
Qu’on voudrait voir se fermer à jamais
Comme une porte ouverte sur la mort

Cette blessure dont je meurs


 

De la poule au singe et du singe à l’homme : théorie du bouc émissaire par Boris Cyrulnik.


De l’utilité d’un bouc émissaire en société…

    En appoint à la théorie que René Girard a forgé sur l’origine et la fonction du bouc émissaire (voir l’article lié en fin de texte), j’ai trouvé dans le livre de Boris Cyrulnik, Mémoire de singe et paroles d’homme, quelques pages tout à fait éclairantes sur le sujet. La pratique chez les hommes du détournement de la violence du groupe sur un « bouc émissaire » innocent, considérée souvent comme culturelle alors qu’elle est courante parmi les animaux, serait-elle innée et donc inscrite dans nos gênes ?

B9715431997Z.1_20180418104805_000+G9KB4E95N.1-0.jpg

Relevé sur Internet : « j’ai un souci avec l’une de mes poules. Elle est harcelée par les autres, qui tentent de la faire fuir, la pique. Même le coq la mord. Je l’ai isolé 10 jours car elle a été malade (je l’ai retrouvé amorphe dans un coin un matin), elle est de nouveau en pleine forme, le traitement est fini, j’ai tenté de la remettre avec les autres. Et là, rebelote, les autres se sont mises à l’attaquer de nouveau. Du coup, ma poule s’est « vengée » directement en suivant et attaquant mes deux jeunes poulettes soie (qui sont super calmes et qu’aucune autre poule importune) de 4 mois. »


Les textes de Boris Cyrulnik

De la poule…

       Il y a toujours dans un poulailler un individu brimé, battu, plumé, chassé des bons endroits. Cette poule se développe mal, sans cesse agressée, mal nourrie, mal apaisée, elle maigrit, épuise ses glandes surrénales et en cas d’épidémie résiste mal à l’infection. Les autres poules en revanche se portent bien et le groupe paisiblement se coordonne. Mais lorsqu’un expérimentateur enlève cette poule émissaire, les combats hiérarchiques reprennent, les blessures abîment plusieurs individus, le poids moyens des viscères s’abaisse, les surrénales se vident et c’est le groupe tout entier qui devient sensible aux infections, jusqu’au jour où un autre individu prendra cette fonction de poule émissaire et endurera tous les maux du groupe. Alors, le reste du poulailler pourra reprendre sa croissance euphorique.

359637-saimiris-bolivie-amusent-avec-ballon.jpg

Au singe…

    D. Ploog [Un neuro-éthologue] raconte la rencontre et la hiérarchisation de deux groupes de saïmiris, petits singes tropicaux à longue queue prenante. D’abord, ils déchargent une intense agressivité collective. Les femelles de haut rang crient, se menacent et se mordent. Les mâles se défient en violents duels. Finalement un des deux groupes se retire dans un coin et cède le terrain. Alors, dans le groupe des vaincus on assiste à des modifications de structures sociales. Les mâles se disputent et établissent entre eux une nouvelle hiérarchie. Puis ils désignent parmi les mâles subordonnés celui qui servira de souffre-douleur. Le groupe des vaincus concentre son agressivité sur ce bouc émissaire qui rapidement va maigrir, altérer son état général, souffrir de ses blessures et parfois en mourir. Mais par ce stratagème, les autres mâles du groupe vont pouvoir apaiser leur tension, décharger leur agressivité qu’ils n’osaient pas orienter sur les vainqueurs et se sentir de nouveau dominants par rapport à ce singe bouc émissaire dominé. leur moral remonte, le groupe vaincu s’apaise et la sexualité va reprendre.
     Désormais en paix, les deux groupes augmentent leurs contacts sociaux et progressivement fusionnent. L’agression contre le singe bouc émissaire va s’éteindre puisqu’elle n’a plus de raison d’être.

bebe-tape.jpg

À l’homme …

      Les pressions d’environnement participent à la constitution des gestes aussi sûrement que nos pulsions biologiques. Lorsqu’on observe en milieu spontané la manière dont les enfants préverbaux se rencontrent dans leur groupe, on se rend compte qu’à ce stade de leur formation le problème qu’ils doivent résoudre en priorité est celui du couple d’opposés agression-apaisement. […] L’agression vient le plus souvent des congénères, lors de la lutte pour un objet stimulant ou un lieu privilégié. […] Certains enfants dominés recherchent la compagnie de leaders apaisants dont ils reçoivent des caresses et des offrandes. En revanche, ils reçoivent aussi l’agression de dominants-agressifs. Ils cherchent alors à rediriger, à orienter l’agression sur un autre enfant. Si bien que ces enfants dominés, peu gestuels, parviennent quand même par cette politique gestuelle de séduction et de détournement de l’agressivité à s’intégrer dans leur groupe. […]

     À la moindre régression quotidienne, à la moindre frayeur, fatigue ou tension, l’étrangeté de l’Autre nous apparaît aussitôt. En cas de difficulté supplémentaire, le groupe va trouver qu’il n’a rien de commun avec cet étrange étranger. En cas de trop vives angoisses l’apaisement du groupe va retrouver ses défenses archaïques : c’est l’Autre étranger qui est coupable de nos angoisses et de nous maux. Les humains retrouvent alors le terrible bénéfice du bouc émissaire.

      Puisque nous vivons en groupes, il faut bien qu’à l’origine nous ayons orienté notre agressivité sur un Autre, il faut bien que notre cohésion se constitue au prix du meurtre d’un Autre. Dés l’instant où l’adversaire est désigné, le groupe, apaisé, assure sa cohésion. Tout groupe est donc coupable d’un pêché originel sans lequel il n’aurait pu se fonder. Il va falloir expier, payer notre faute, sacrifier un membre du groupe, ou une part de nous-mêmes.

Boris Cyrulnik, Mémoire de singe et paroles d’homme – édit. Fayard/Pluriel – 2010 – p.262 à 265.


articles liés


EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Bouquet « Feu d’artifice »


    J’étais occupé à confectionner un bouquet de fleurs de mon jardin durant le déroulement du match de football France-Argentine… À chaque marquage de but de l’équipe de France, le silence du jardin était rompu par des exclamations tonitruantes venues des maisons voisines et des concerts de klaxon des automobilistes. Le bouquet a pris alors un aspect « Feu d’artifice ».

      En cas de défaite de l’équipe de France contre l’Uruguay, il me faudra composer un « bouquet triste ».


Alexis-Vincent-Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, paranoïaque & « fou littéraire »


Où finit la littérature et où commence la folie ?

Librairie Pierre Saunier.png

 

Je suis la folie
Celle qui procure
Plaisir et douceur
Et bonheur au monde.

 Tous, plus ou moins,
Servent mon nom
Mais il n’y en a pas un
Qui pense être fou.

 Henri Du/Le Bailly, la Locura, 1614

°°°

La Salade,  Librairie Pierre Saunier

     Trouvé par hasard sur la toile, les catalogues de livres rares et pour la plupart introuvables de la Librairie Pierre Saunier, 22, rue de Savoie à Paris (c’est  ICI  et  ICI). La frustration ressentie de ne jamais sans doute pouvoir posséder et se délecter de l’un de ces trésors est un peu compensée par le plaisir de la lecture des compte-rendus accompagnant la présentation de ces livres et la contemplation de certaines illustrations qui en sont tirées. Dans le catalogue de l’année 2012 intitulé La Salade — Allez savoir pourquoi … — j’ai été intrigué par la présentation de ce récit autobiographique loufoque publié en 1821  en trois volumes et 274 chapitres par l’écrivain originaire de Carpentras Alexis-Vincent-Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym (excusé du peu !), au titre tout aussi loufoque de « Les Farfadets, ou tous les démons ne sont pas de l’autre monde« . Le tirage fut de 400 exemplaires dont dix furent reliés par les soins de l’auteur lui-même pour être offerts aux têtes couronnées d’Europe. À la fin de sa vie, il récupéra une centaine de ces livres et en fit un autodafé.

Alexis_Vincent_Charles_Berbiguier_de_Terre-Neuve_du_Thym,_by_Langlumé.jpg

     N’ayant jamais entendu parlé de ce personnage et développant mes recherches, j’ai appris que cet auteur né vers 1764  à Carpentras et mort en 1851 dans cette même ville occupa dans un premier temps un poste d’employé de bureau à l’hospice civil d’Avignon. C’est vers l’âge de trente ans qu’il commença a être obsédé par des créatures démoniaques qu’il nommait « farfadets » qui le persécutaient. La chance veut qu’il hérite en 1813 d’un vieil oncle, chanoine à Paris mais les difficultés qu’il éprouve pour entrer en possession de son dû vont aggraver son délire de persécution.  Il avait été soigné pour cela sans grand succès dés 1815 à la Salpétrière par le médecin aliéniste et occasionnellement zoologue, pionnier de la psychothérapie, Philippe Pinel, mais comme beaucoup des personnes qui s’intéressèrent à son cas, Berbiguier l’accusa d’être l’un des farfadets persécuteurs qui se cachait derrière une apparence humaine. Son cas s’aggrava de manière notable lorsqu’il pensa avoir capturé Pinel chez lui sous sa forme naturelle de farfadet et se mit à le torturer avec des aiguilles. D’autres farfadets qu’il pensait avoir capturés étaient enfermés dans de nombreuses bouteilles qui encombraient sa chambre (voir l’illustration de la chambre). Son cas a un moment passionné toute la psychiatrie française et caricaturistes et librettistes s’y sont donnés à cœur joie. Il  a été considéré plus tard comme un archétype du fou littéraire* par des auteurs comme Raymond Queneau et le belge André Blavier qui ont écrit tous deux des ouvrages sur ce sujet.  Dans son livre Les Fous littéraires, André Blavier avait recensé dans l’histoire plus de 3.000 fous littéraires qui vont des inventeurs du mouvement perpétuel, des démontreurs de la quadrature du cercle, des origines batracienne de l’homme, des origines préhistoriques de la langue française issue d’une imitation des cris d’animaux, etc… Depuis le nombre a encore augmenté.

fous littéraires * : auteurs qui n’ayant réussi à obtenir aucune reconnaissance de la part de la communauté intellectuelle et du public publient le plus souvent à compte d’auteur des ouvrages portant sur des sujets jugés par eux comme sérieux mais qui sont considérés par le public comme fantasques et désopilants.

Farfadets.jpg

Pour Berbiguier, les farfadets, ces lutins démoniaques avaient les dons de l’invisibilité et de la métamorphose et s’introduisaient dans les appartements pour y délier le saint nœud conjugal, suborner l’épouse vertueuse et engrosser la vierge par « l’opération farfadéenne »

Berbiguier de Terre-Neuve du Thym 2.png

Berbiguier de Terre-Neuve du Thym.png


Extrait du catalogue de l’année 2012 « La salade » de la librairie Pierre Saunier

 BERBIGUIER (Alexis-Vincent-Charles) - 1.png BERBIGUIER (Alexis-Vincent-Charles) -2.png BERBIGUIER (Alexis-Vincent-Charles) -3.png

Berbiguier_de_Terre_Neuve_du_Thym.jpg

Berbiguier harcelé par ses créatures

 BERBIGUIER (Alexis-Vincent-Charles) -4.png


articles liés


 

Ego dominus tuus


is-1
Odilon Redon – Dante et Béatrice, 1914

Je suis ton maître…

     « Après que furent passées neuf années juste depuis la première apparition de cette charmante femme et le dernier jour, je la rencontrai vêtue de blanc, entre deux dames plus âgées. Comme elle passait dans une rue, elle jeta les yeux du côté où je me trouvais, craintif, et, avec une courtoisie infinie, dont elle est aujourd’hui récompensée dans l’autre vie, elle me salua si gracieusement qu’il me sembla avoir atteint l’extrémité de la Béatitude. L’heure où m’arriva ce doux salut était précisément la neuvième de ce jour. Et comme c’était la première fois que sa voix parvenait à mes oreilles, je fus pris d’une telle douceur que je me sentis comme ivre, et je me séparai aussitôt de la foule.

Vide cor meum (Lis dans mon cœur) est une chanson du compositeur irlandais Patrick Cassidy créée en 2001 inspirée par la Vita Nuova de Dante et plus précisément du sonnet « A ciascun’alma pressa » dans le chapitre 3 –  Interprété ici par le Chœur Libera.

      Rentré dans ma chambre solitaire, je me mis à penser à elle et à sa courtoisie, et en y pensant je tombai dans un doux sommeil où m’apparut une vision merveilleuse.
    Il me semblait voir dans ma chambre un petit nuage couleur de feu dans lequel je distinguais la figure d’un personnage inquiétant pour qui le regardait ; et il montrait lui-même une joie extraordinaire, et il disait beaucoup de choses dont je ne comprenais qu’une partie, où je distinguais seulement : « Ego dominus tuus. » Il me semblait voir dans ses bras une personne endormie, nue, sauf quelle était légèrement recouverte d’un drap de couleur rouge. Et en regardant attentivement, je connus que c’était la dame du salut, celle qui avait daigné me saluer le jour d’avant. Et il me semblait qu’il tenait dans une de ses mains une chose qui brûlait, et qu’il me disait: « Vide cor tuum. » Et quand il fut resté là un peu de temps, il me semblait qu’il réveillait celle qui dormait, et il s’y prenait de telle manière qu’il lui faisait manger cette chose qui brûlait dans sa main, et qu’elle mangeait en hésitant. Après cela, sa joie ne tardait pas à se convertir en des larmes amères ; et, prenant cette femme dans ses bras, il me semblait qu’il s’en allait avec elle vers le ciel. »

Dante Aligheri, Vita Nuova, sonnet « A ciascun’alma pressa », chap.3.