Lenore, the cute little dead girl – (2) The New Toy


C’est le temps des cadeaux pour ces chers petits…

Leonore – Hug me !.jpg

« A Dirge for her (them), the doubly dead.
   In that she died so young »

« Lenore » Edgar Allan Poe, 1831


Articles liés


En ce moment même, qui vous dit que vous n’êtes pas en train de rêver ?


Zhuangzi005.jpg

Le rêve de Tchouang Tseu

       « Un jour le philosophe Tchouang Tseu s’endormit dans un jardin fleuri et rêva qu’il était un très beau papillon, voletant, pleinement heureux de son sort mais qui après avoir volé jusqu’à l’épuisement finit par s’endormir et se mit à rêver lui même qu’il était Tchouang Tseu. Mais après que le philosophe se soit réveillé dans le jardin fleuri après un long sommeil, il fut fortement décontenancé car il ne savait plus s’il était vraiment Tchouang Tseu qui venait de rêver qu’il était papillon ou s’il était en fait le papillon en train de rêver qu’il était Tchouang Tseu…
       Il continue à se poser la question… »

sum-sensei-papillon


Amour vache…


***

Amore con salsa agrodolce

Au cas où ta sorella venait à se plaindre
d’avoir à s’occuper, seule, de votre padre,
Tu pourras  toujours lui répondre
que cela n’est que partie remise
car tu auras plus tard, Toi, à t’occuper
de Moi beaucoup plus longtemps…*

(elle est plus jeune que lui…)

Moi, m’occuper de Toi ? Tu rêves !
Je te caserais plutôt dans une EHPAD,
ou quelque chose comme ça…

C’est cruel ce que tu viens de dire
car moi, dans la même situation,
je n’hésiterais pas à m’occuper de toi…

Toi, t’occuper de Moi ? Dieu m’en garde !
Tu le ferais sans doute à la manière de Rose,
la mère des frères Kennedy qui s’est occupée
de son hémiplégique mari Joseph Patrick,
en le torturant à petit feu avec délectation
durant de longues années, histoire
de se venger de ses infidélités passées…*
Je vais de ce pas voir avec les enfants
comment me prémunir d’un tel cauchemar !

(* Joseph P. Kennedy avait débuté à l’âge de 60 ans, avec sa jeune secrétaire de 24 ans et sous le nez de son épouse, une liaison qui devait durer 9 années.)

Non, tu n’as rien compris… 
C’est comme d’habitude,
tu ne m’as pas laissé terminer.
Quand je disais m’occuper de Toi,
je pensais EUTHANASIA
pour te faire passer de vie à trépas,
histoire d’abréger tes souffrances
et les miennes… par la même occasion.

Enki sigle

fond.jpg


le marché de la Porta Palazzo à Turin


le marché de la Porta Palazzo à Turin – crédit photo : Cities of Migration

      À deux pas des belles avenues rectilignes où s’exhibent les boutiques de fripes de luxe et les restaurants branchés, un lieu vrai et vivant haut en couleur où bat le pouls du petit peuple turinois : des monceaux de fruits et légumes de toutes origines, formes et couleurs, des festons de saucisses, de jambons, de carcasses de viandes de toute nature,  des porcelets entiers à la peau blême suspendus dans les airs qui vous fixent d’un air morne, des masses de tripes à gogo, des épices exotiques de toutes couleurs, d’innombrables variétés d’olives, d’ails, d’oignons, des grappes de fromages serrés les uns contre les autres qui ressemblent à des outres, des pâtes, des pâtes et encore des pâtes,  de toutes les formes : des campanelles, des castellanes, des conchiglies, des farfalles, des fusillies, des gemellis, des richiolinni, des canellonis, des macaronis, des spaghettis en vrac, en sacs, en paquets, en sachets. Le tout dans une cacophonie joyeuse où l’on crie, chante, s’interpelle, plaisante, agite les bras et les mains, où l’on se presse, joue des coudes, se bouscule mais toujours dans une bonne humeur et de joie de vivre contagieuse.

      L’Italie comme on l’aime…

photos Enki, le 24/12/2018, vers midi


Sur le thème du désir mimétique de René Girard – Un texte de Marcel Proust : Saniette, le bouc émissaire.


 rubon113-24935    Capture d_écran 2018-12-15 à 10.51.02

   Marcel Proust (1871-1922) et René Girard (1923-2015)

Un bouc émissaire : Saniette

Saniette-R.jpg

     Dans le roman de Proust  « À la recherche du temps perdu », Saniette, homme de bonne composition mais timide et maladroit dans son expression fréquente le salon des Verdurin qui se prétendent ses amis mais l’utilisent en fait comme le souffre-douleur de ce que Proust nomme par dérision « le petit groupe » ou « le petit clan ». Monstres d’hypocrisie, les Verdurin alternent méchancetés et gentillesses pour que ce rôle de bouc émissaire puisse se perpétuer. Le texte présenté ci après et les commentaires qui suivent sont tirés d’une interview de René Girard par Raphaël Enthoven effectuée le 31 août 2004 sur France Culture rediffusée le 10/11/2015, c’est ICI avec un extrait sur YouTube, c’est ICI. (ci-contre le personnage de Saniette croqué par David Richardson).


Pierre-Georges_Jeanniot_-_Une_chanson_de_Gibert_dans_le_salon_de_madame_Madeleine_Lemaire.jpg

Pierre-Georges Jeanniot – un salon (celui de Mme Lemaire), 1891

Le texte

      « Qu’est-ce qu’il dit ? hurla M. Verdurin, d’un air à la fois écœuré et furieux, en fronçant les sourcils comme s’il n’avait pas assez de toute son attention, pour comprendre quelque chose d’inintelligible. “D’abord, on ne comprend pas ce que vous dites, qu’est-ce que vous avez dans la bouche ?” demanda M. Verdurin de plus en plus violent, et faisant allusion au défaut de prononciation de Saniette. “Pauvre Saniette, je ne veux pas que vous le rendiez malheureux”, dit Mme Verdurin sur un ton de fausse pitié et pour ne laisser un doute à personne sur l’intention insolente de son mari. “J’étais à la Ch…, Che… – Che, che, tâchez de parler clairement, dit M. Verdurin, je ne vous entends même pas.”
    Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois.»


Extrait de l’interview

— Raphaël Enthoven :  Vous parlez dans Mensonge romantique et vérité romanesque de l’exemple de Saniette, pauvre Saniette ridiculisé par  les Verdurin et vous citez Proust qui dit , parlant des Verdurin, « autre foule », autre foule de gens à table, une foule comme une autre …

— Raphaël Enthoven : Est-ce que le désir mimétique peut aussi coïncider avec…

— René Girard : Je suis heureux que vous citez cette phrase. Si vous regardez Il n’y a pas un mot dans cette phrase qui ne soit la définition de la thèse mimétique dans son ensemble.  C’est là où l’on voit que le génie anthropologique de Proust est quelque chose de sublime . Je ne peux pas relire cette phrase sans enthousiasme en pensant que je n’ai rien inventé du tout. Voyez Il suffit de faire l’exégèse de cette phrase d’un bout à l’autre de prendre tous  les mots comme vous venez de le dire et tout apparaît mimétique et a été perçu par Proust, et c’est cela cela est admirable à partir d’un petit phénomène mondain insignifiant…

— Raphaël Enthoven : Qu’est le massacre du pauvre Saniette…

— René Girard : Oui… qui, en même temps est une espèce d’exagération car il n’est pas vraiment massacré, n’est-ce-pas… On pourrait dire dans cette phrase que toute l’anthropologie de l’humanité est là beaucoup mieux dite que dans tout livre d’anthropologie.

***


articles de ce blog liés


Ubris : scène de la folie devenue ordinaire…


Vu à la télé…

Capture d’écran 2018-12-09 à 15.51.02.png

 Les droits du citoyen casseur

    Vu sur la chaîne de télévision LCI hier soir d’une vidéo où l’on voit un groupe de casseurs s’acharner avec une violence extrême à coup de barres de fer et de pavés sur la devanture d’une bijouterie du XVIIe arrondissement. Dans la boutique sont présents le patron et ses employés armés de deux flashballs chargés de balles en caoutchouc. Au moment où les vitres de sécurité commencent à céder, les assiégés se considérant en état de légitime défense tirent sur leurs assaillants pour les repousser. On entend alors distinctement de la bouche de l’un des casseurs cette protestation surréaliste : « L’E…, il a pas l’droit, il n’a pas l’droit d’tirer ! ».

   Bah vas-y, ballot, porte plainte !