Lenore, the cute little dead girl – (2) The New Toy


C’est le temps des cadeaux pour ces chers petits…

Leonore – Hug me !.jpg

« A Dirge for her (them), the doubly dead.
   In that she died so young »

« Lenore » Edgar Allan Poe, 1831


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Amour vache…


***

Amore con salsa agrodolce

Au cas où ta sorella venait à se plaindre
d’avoir à s’occuper, seule, de votre padre,
Tu pourras  toujours lui répondre
que cela n’est que partie remise
car tu auras plus tard, Toi, à t’occuper
de Moi beaucoup plus longtemps…*

(elle est plus jeune que lui…)

Moi, m’occuper de Toi ? Tu rêves !
Je te caserais plutôt dans une EHPAD,
ou quelque chose comme ça…

C’est cruel ce que tu viens de dire
car moi, dans la même situation,
je n’hésiterais pas à m’occuper de toi…

Toi, t’occuper de Moi ? Dieu m’en garde !
Tu le ferais sans doute à la manière de Rose,
la mère des frères Kennedy qui s’est occupée
de son hémiplégique mari Joseph Patrick,
en le torturant à petit feu avec délectation
durant de longues années, histoire
de se venger de ses infidélités passées…*
Je vais de ce pas voir avec les enfants
comment me prémunir d’un tel cauchemar !

(* Joseph P. Kennedy avait débuté à l’âge de 60 ans, avec sa jeune secrétaire de 24 ans et sous le nez de son épouse, une liaison qui devait durer 9 années.)

Non, tu n’as rien compris… 
C’est comme d’habitude,
tu ne m’as pas laissé terminer.
Quand je disais m’occuper de Toi,
je pensais EUTHANASIA
pour te faire passer de vie à trépas,
histoire d’abréger tes souffrances
et les miennes… par la même occasion.

Enki sigle

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le marché de la Porta Palazzo à Turin


le marché de la Porta Palazzo à Turin – crédit photo : Cities of Migration

      À deux pas des belles avenues rectilignes où s’exhibent les boutiques de fripes de luxe et les restaurants branchés, un lieu vrai et vivant haut en couleur où bat le pouls du petit peuple turinois : des monceaux de fruits et légumes de toutes origines, formes et couleurs, des festons de saucisses, de jambons, de carcasses de viandes de toute nature,  des porcelets entiers à la peau blême suspendus dans les airs qui vous fixent d’un air morne, des masses de tripes à gogo, des épices exotiques de toutes couleurs, d’innombrables variétés d’olives, d’ails, d’oignons, des grappes de fromages serrés les uns contre les autres qui ressemblent à des outres, des pâtes, des pâtes et encore des pâtes,  de toutes les formes : des campanelles, des castellanes, des conchiglies, des farfalles, des fusillies, des gemellis, des richiolinni, des canellonis, des macaronis, des spaghettis en vrac, en sacs, en paquets, en sachets. Le tout dans une cacophonie joyeuse où l’on crie, chante, s’interpelle, plaisante, agite les bras et les mains, où l’on se presse, joue des coudes, se bouscule mais toujours dans une bonne humeur et de joie de vivre contagieuse.

      L’Italie comme on l’aime…

photos Enki, le 24/12/2018, vers midi


Autour de Thanksgiving…


Y’a vraiment de quoi devenir vegan !

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Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier…

[…] Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir […]

                 Charles Baudelaire

Nous avons fêté en novembre dernier Thanksgiving chez des amis américains…

     Thansgiving veut dire « Action de grâce » en anglais et constitue donc un remerciement mais un remerciement à qui ?  —  À Dieu ?, à la riche Nature de l’Amérique ? ou aux indiens sans l’aide desquels les premiers colons auraient été décimé jusqu’au dernier comme dans la première colonie anglaise de Roanocke en Caroline du Nord en 1580 ou bien obligé de pratiquer le cannibalisme pour survivre comme dans la seconde, celle de Jamestown en Virginie qui avait été créée en 1607.

     En décembre 1620, un peu plus d’une centaine d’immigrants britanniques fuyant les règles religieuses imposées par l’Eglise d’Angleterre, les pilgrim Fathers, débarquent du navire Mayflower sur un coin isolé de la cote Est de l’Amérique du Nord dans une région qui sera le futur Massachusetts. Décembre n’était pas une bonne période pour fonder une colonie, l’hiver en Amérique du Nord peut être extrêmement rigoureux et la moitié des pèlerins ne verra pas le printemps. Les autres vont survivre grâce à l’aide des indiens de la tribu des Wampanoags sur le territoire de laquelle ils se sont installés. Ceux-ci leur enseigneront la culture du maïs et la pratique de la pêche. Étant partis de Plymouth, il donneront le nom de cette ville à leur colonie. Un peu plus tard, un second navire, le Fortune, débarquera un nouveau contingent de colons ainsi que les documents officiels permettant de légaliser la colonie. Pour célébrer la première récolte et pour remercier ceux qui étaient encore des hôtes, le gouverneur William Bradford organisa un grand repas festif auquel il convia les indiens dans lequel on a vu le premier Thanksgiving mais il faudra attendre le 26 novembre 1789 pour que George Washington en fasse une fête nationale afin de célébrer l’Indépendance nouvellement conquise et remercier Dieu : 

download    «  Now therefore I do recommend and assign Thursday the 26th day of November next to be devoted by the People of these States to the service of that great and glorious Being, who is the beneficent Author of all the good that was, that is, or that will be–That we may then all unite in rendering unto him our sincere and humble thanks–for his kind care and protection of the People of this Country previous to their becoming a Nation–for the signal and manifold mercies, and the favorable interpositions of his Providence which we experienced in the course and conclusion of the late war–for the great degree of tranquillity, union, and plenty, which we have since enjoyed–for the peaceable and rational manner, in which we have been enabled to establish constitutions of government for our safety and happiness, and particularly the national One now lately instituted–for the civil and religious liberty with which we are blessed; and the means we have of acquiring and diffusing useful knowledge; and in general for all the great and various favors which he hath been pleased to confer upon us. 
      And also that we may then unite in most humbly offering our prayers and supplications to the great Lord and Ruler of Nations and beseech him to pardon our national and other transgressions–to enable us all, whether in public or private stations, to perform our several and relative duties properly and punctually–to render our national government a blessing to all the people, by constantly being a Government of wise, just, and constitutional laws, discreetly and faithfully executed and obeyed–to protect and guide all Sovereigns and Nations (especially such as have shewn kindness unto us) and to bless them with good government, peace, and concord–To promote the knowledge and practice of true religion and virtue, and the encrease of science among them and us–and generally to grant unto all Mankind such a degree of temporal prosperity as he alone knows to be best. »

Given under my hand at the City of New-York the third day of October in the year of our Lord 1789. G:o Washington


     «  Maintenant donc, je recommande et assigne que le premier jeudi après le 26e jour de novembre soit consacré par le Peuple de ces États au service du grand et glorieux Être, qui est l’Auteur bienfaisant de tout ce qu’il y a eu, qu’il y a et qu’il y aura de bon. Nous pouvons alors tous nous unir en lui donnant notre sincère et humble merci, pour son soin et sa protection, appréciés du Peuple de ce Pays, avant que celui-ci ne soit devenu une Nation de pitié ; pour les interpositions favorables de sa Providence lors de nos épreuves durant le cours et la fin de la récente guerre ; pour le grand degré de tranquillité, d’union, et d’abondance, que nous avons depuis appréciées ; pour le pacifisme et la raison qui nous ont été conférés pour nous permettre d’établir des constitutions de gouvernement pour notre sûreté et notre bonheur, en particulier la Loi nationale récemment instituée, ; pour la liberté civile et la liberté religieuse formant à elles seules une vraie bénédiction ; pour les moyens que nous avons d’acquérir et de répandre la connaissance utile ; et d’une manière générale pour toutes les grandes et diverses faveurs qu’il nous a bien heureusement conférées.
      Nous pouvons alors nous unir en offrant le plus humblement nos prières et supplications au grand Seigneur et Gouverneur des Nations et le solliciter pour pardonner nos transgressions nationales et autres transgressions ; pour nous permettre à tous, en poste public ou privé, de remplir nos nombreuses fonctions respectives, correctement et ponctuellement ; pour permettre à notre gouvernement national de rendre bénédiction à toutes les personnes, en étant constamment un Gouvernement de lois sages, justes, et constitutionnelles, discrètement et loyalement exécutées et obéies ; pour protéger, guider et bénir tous les Souverains et toutes les Nations (particulièrement celles qui ont montré de la bonté envers nous), afin de leur assurer paix et concordance, et assurer un bon gouvernement ; pour favoriser la connaissance et la pratique vraies de la religion et de la vertu, ainsi que davantage de science parmi eux et nous, et accorder généralement à toute l’Humanité un tel degré de prospérité temporelle comme lui seul sait pour être le meilleur. »

Donné sous ma main à la Ville de New-York le troisième jour d’octobre par année 1789 de notre Seigneur.


    On remarquera que dans cette déclaration, il n’est fait nullement mention à l’aide des peuples autochtones qui ont permis aux premiers colons de survivre.

John Eliot Speaks to the Natick IndiansHollis Holbrook – John Eliot parlant aux indiens Natick, 1937

John Eliot (1604-1690) était un missionnaire puritain qui avait obtenu un certain succès  dans ses actions d’évangélisation des indiens Massachusett de la région de Boston après avoir appris leur langue, l’algonquin. 14 villes d’« indiens priants » furent crées qui regroupaient les convertis. Mais des frictions ne tardèrent pas à apparaître entre les colons et les indiens, notamment ceux de la tribu des Wampanoag qui avait secouru les pèlerins du Mayflower. En 1675-1676, cinquante année après le débarquement du Mayflower, une guerre,  « la guerre du roi Philippe » eut lieu avec les colons qui se traduisit par la défaite des indiens avec conséquence la mort de 40 % des membres de la tribu et la déportation  d’une partie des autres, certains ayant été vendus comme esclaves au colons de la Nouvelle-Angleterre.

    Quatre siècles après l’arrivée du Mayflower, on considère que près de 90.000.000 d’indiens ont péris suite à l’arrivée des européens dans l’ensemble du continent américain (le plus grand génocide de l’histoire) du fait de la répression, de l’esclavage, des maladies importées ou créées (aux Etats-Unis, on offrait aux indiens des couvertures infectées par la variole), Aujourd’hui un autre type d’extermination (je voulais employer le terme d’animalicide, mais il n’existe pas. Est-ce un hasard ?) se poursuit, celui des dindes de Thanksgiving dont 46 millions sont sacrifiées chaque année aux Etats-Unis pour célébrer cette fête… 46 millions moins une puisque l’une d’entre elle est graciée chaque année par le Président américain (En fait 2 car une autre dinde est tenue en réserve au cas où…).

Résultat de recherche d'images pour La seule bonne action de Trump depuis son arrivée au pouvoir….


« Bon appétit ! messieurs ! Ô ministres intègres…»

Ferme d’élevage de dindes pour la société Norbest à Moroni dans l’Utah
Film clandestin pris par l’association DxE (Direct Action Everywhere)


À ne pas manquer, ce clip de PETA (People for the Ethical Tratment of Animals)


Mais les choses sont en train de changer… Le vent de la révolte se lève !


Sur le thème du désir mimétique de René Girard – Un texte de Marcel Proust : Saniette, le bouc émissaire.


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   Marcel Proust (1871-1922) et René Girard (1923-2015)

Un bouc émissaire : Saniette

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     Dans le roman de Proust  « À la recherche du temps perdu », Saniette, homme de bonne composition mais timide et maladroit dans son expression fréquente le salon des Verdurin qui se prétendent ses amis mais l’utilisent en fait comme le souffre-douleur de ce que Proust nomme par dérision « le petit groupe » ou « le petit clan ». Monstres d’hypocrisie, les Verdurin alternent méchancetés et gentillesses pour que ce rôle de bouc émissaire puisse se perpétuer. Le texte présenté ci après et les commentaires qui suivent sont tirés d’une interview de René Girard par Raphaël Enthoven effectuée le 31 août 2004 sur France Culture rediffusée le 10/11/2015, c’est ICI avec un extrait sur YouTube, c’est ICI. (ci-contre le personnage de Saniette croqué par David Richardson).


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Pierre-Georges Jeanniot – un salon (celui de Mme Lemaire), 1891

Le texte

      « Qu’est-ce qu’il dit ? hurla M. Verdurin, d’un air à la fois écœuré et furieux, en fronçant les sourcils comme s’il n’avait pas assez de toute son attention, pour comprendre quelque chose d’inintelligible. “D’abord, on ne comprend pas ce que vous dites, qu’est-ce que vous avez dans la bouche ?” demanda M. Verdurin de plus en plus violent, et faisant allusion au défaut de prononciation de Saniette. “Pauvre Saniette, je ne veux pas que vous le rendiez malheureux”, dit Mme Verdurin sur un ton de fausse pitié et pour ne laisser un doute à personne sur l’intention insolente de son mari. “J’étais à la Ch…, Che… – Che, che, tâchez de parler clairement, dit M. Verdurin, je ne vous entends même pas.”
    Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois.»


Extrait de l’interview

— Raphaël Enthoven :  Vous parlez dans Mensonge romantique et vérité romanesque de l’exemple de Saniette, pauvre Saniette ridiculisé par  les Verdurin et vous citez Proust qui dit , parlant des Verdurin, « autre foule », autre foule de gens à table, une foule comme une autre …

— Raphaël Enthoven : Est-ce que le désir mimétique peut aussi coïncider avec…

— René Girard : Je suis heureux que vous citez cette phrase. Si vous regardez Il n’y a pas un mot dans cette phrase qui ne soit la définition de la thèse mimétique dans son ensemble.  C’est là où l’on voit que le génie anthropologique de Proust est quelque chose de sublime . Je ne peux pas relire cette phrase sans enthousiasme en pensant que je n’ai rien inventé du tout. Voyez Il suffit de faire l’exégèse de cette phrase d’un bout à l’autre de prendre tous  les mots comme vous venez de le dire et tout apparaît mimétique et a été perçu par Proust, et c’est cela cela est admirable à partir d’un petit phénomène mondain insignifiant…

— Raphaël Enthoven : Qu’est le massacre du pauvre Saniette…

— René Girard : Oui… qui, en même temps est une espèce d’exagération car il n’est pas vraiment massacré, n’est-ce-pas… On pourrait dire dans cette phrase que toute l’anthropologie de l’humanité est là beaucoup mieux dite que dans tout livre d’anthropologie.

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Ubris : scène de la folie devenue ordinaire…


Vu à la télé…

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 Les droits du citoyen casseur

    Vu sur la chaîne de télévision LCI hier soir d’une vidéo où l’on voit un groupe de casseurs s’acharner avec une violence extrême à coup de barres de fer et de pavés sur la devanture d’une bijouterie du XVIIe arrondissement. Dans la boutique sont présents le patron et ses employés armés de deux flashballs chargés de balles en caoutchouc. Au moment où les vitres de sécurité commencent à céder, les assiégés se considérant en état de légitime défense tirent sur leurs assaillants pour les repousser. On entend alors distinctement de la bouche de l’un des casseurs cette protestation surréaliste : « L’E…, il a pas l’droit, il n’a pas l’droit d’tirer ! ».

   Bah vas-y, ballot, porte plainte !


Folie du Foli : « Tous les choses, c’est du rythme… »


la Folie du Foli : « Il n’y a pas de mouvement sans rythme »
un très beau film des frères Thomas Roebers et Floris Leeuwenberg, 2010

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La vie a un rythme, elle bouge constamment.
Le mot pour rythme utilisé par les tribus Malinké est FOLI.
C’est un mot qui englobe bien plus que tambour, danse ou son.
On le trouve dans toutes les parties de la vie quotidienne.
Dans ce film, non seulement vous entendez et ressentez le rythme, mais vous le voyez.
C’est un mélange extraordinaire d’image et de son qui
nourrit les sens et nous rappelle à tous à quel point c’est essentiel.

Thomas Roebers

    Rythme se dit Foli en malinké. La vie a un rythme. Ça bouge constamment ! Célébrant le rythme comme manifestation centrale de la vie, le documentaire « il n’y a pas de Mouvement sans rythme  » a été filmé pendant un mois dans la ville de Baro, dans l’est de la Guinée centrale, en Afrique de l’Ouest. Édité pour imiter le rythme utilisé par la tribu Malinké, ce film montre ce mouvement par la répétition des gestes les plus simples qui soient : rythmes battants et palpitants des tambours djembés et des danses festives de Baro.