Prudence


Prudence est mère de sûreté

Eisenbrandt_coffin - Conception à partir de 1843 pour un cercueil de préservation de la vie - complet avec des trous de respiration et couvercle facile à ouvrir - à utiliser dans le cas des morts douteux .jpg

      Imaginez … Vous êtes mort… Enfin tous les vivants le croient ! Vous êtes plongé dans un profond sommeil ou dans une sorte de coma, votre respiration s’est considérablement réduite au point qu’elle n’est plus perceptible et votre pouls semble interrompu… Un médecin négligent ou pressé a officialisé votre passage dans l’au-delà et vous a rayé d’un trait de plume du nombre des vivants. Quand à votre famille et vos proches, ils en sont déjà à supputer leur part d’héritage et échafaudent des projets d’avenir. Si l’un d’entre eux vous entendait soudainement cogner contre les parois de votre cercueil, il n’est pas sûr qu’il viendrait à votre secours, calfeutrant les interstices pour vous condamner à l’asphyxie ou vous achevant à coup de chandelier ou de marteau… On n’est jamais trop prudent et M. Henry Eisenbrandt de Baltimore dans le Maryland l’avait bien compris qui vous proposait un « Life – Preserving coffin », c’est à dire un cercueil de survie qui vous garanti, si par malchance vous vous trouviez dans cette très fâcheuse situation, de pouvoir respirer grâce à une ouverture grillagée prévue à ce effet et d’ouvrir le couvercle par l’intermédiaire d’un ingénieux système de déblocage de la serrure commandé de l’intérieur. Aujourd’hui, vous aurez la possibilité de vous faire enterrer avec votre portable à condition que vous ayez pris la précaution de le charger suffisamment ou de disposer de batteries de rechange…


 

Monstres & chimères


la beste dite du Gévaudan

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… Et ceci est la Beste dite du Gévaudan, qui, pendant trente ans, ravagea notre Pays, tuant centaines de femmes, principalement, les dévorant et n’en laissant pas même les os à son Patron le Diable et fallut 500 hommes du régiment de Mr d’Apcher pour nous en délivrer, Dieu merci…


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Ils ont dit…


Sigmund Freud (1856-1939)    Heinrich Heine (1797-1856) peint par Moritz Daniel

Il faudrait savoir….

        « Les philosophes n’ont jamais fait que boucher les trous de l’univers avec les lambeaux de leur robe de chambre »

Freud, cité par Roland Jaccard dans La tentation nihiliste – 1ère édit. 1989.


       « Avec son bonnet de nuits et des lambeaux de sa robe de chambre, le philosophe bouche les trous de l’édifice universel »

Heinrich Heine


   Après vérification, il semble bien qu’il faille attribuer à Heinrich Heine (1797-1856), la paternité de cette citation. En effet, Freud la présente lui-même comme une citation du poète allemand dans un passage des Nouvelles conférences sur la psychanalyse qu’il a prononcées au cours des années 1915-1917 à l’Université de Vienne :

   « La philosophie ne s’oppose pas à la science ; se comportant elle-même comme une science, elle en emprunte aussi parfois les méthodes, mais s’en éloigne en se cramponnant à des chimères, en prétendant offrir un tableau cohérent et sans lacunes de l’univers, prétention dont tout nouveau progrès de la connaissance nous permet de constater l’inanité. Au point de vue de la méthode, la philosophie s’égare en surestimant la valeur cognitive de nos opérations logiques et en admettant la réalité d’autres sources de la connaissance, telles que, par exemple, l’intuition. Assez souvent, l’on approuve la boutade du poète (Henri Heine) qui a dit en parlant du philosophe : « Avec ses bonnets de nuit et des lambeaux de sa robe de chambre, il bouche les trous de l’édifice universel ». Mais la philosophie n’exerce aucune influence sur la masse et n’intéresse qu’un nombre infime de personnes, même parmi celles qui forment le petit clan des intellectuels.

Sigmund Freud, Nouvelle conférence sur la psychanalyse, Paris, Gallimard, 1936.


     En fait, il s’agit plus d’une imprécision de Roland Jacquard qu’une erreur puisque celui-ci rectifiera le tir dans son ouvrage Freud, jugements et témoignages publié en 2006 :

    « Incontestablement, le « Surmoi » de Freud était un « Surmoi » scientifique, hyperfocal et positiviste. Grosso modo, d’ailleurs, son œuvre peut-être qualifiée de  « scientifique » — tant par la rigueur de ses observations qui la légitiment que par la cohérence de l’appareil théorique qui la fonde — d’« hyperfocale » — par la primauté qu’elle accorde à la sexualité génitale — et de « positiviste » — par sa croyance implicite en le bienfaits d’une dictature de la raison et sa méfiance devant toute spéculation philosophique. Freud approuve la boutade de H. Heine qui, en parlant du philosophe, dit : « Avec ses bonnets de nuit et des lambeaux de sa robe de chambre, il bouche les trous de l’édifice universel ». 

Roland Jaccard, Freud, Jugements et témoignages – PUF, 2006.


Human connectome project

 


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La fabrique du cerveau – ARTE
Documentaire de Cécile Denjean, 2017 – 53 mn

     « Dans les laboratoires du monde entier, la course au cerveau artificiel a déjà commencé. Enquête sur ceux qui tentent de transformer l’homme en être digital afin de le libérer de la vieillesse et de la mort.
Capture d_écran 2017-10-22 à 03.00.18       La science-fiction a inventé depuis longtemps des robots « plus humains que l’humain », mais ce fantasme n’a jamais été plus près d’advenir. Aujourd’hui, des neuroscientifiques et des roboticiens se sont donné pour objectif de créer un cerveau artificiel capable de dupliquer le nôtre. Leur but : extraire l’ensemble des informations « programmées » dans notre cerveau pour les télécharger dans une machine qui nous remplacera et vivra éternellement. Rêve ou cauchemar ? Du Japon aux États-Unis, pionniers en la matière, Cécile Denjean (« Le ventre, notre deuxième cerveau ») enquête aux frontières de la science et de la fiction, sur des recherches aux moyens démesurés. Éternité digitale La « brain race » (« course au cerveau ») a aujourd’hui remplacé la « space race » (« course spatiale »). Après le séquençage du génome, la cartographie complète des connexions neuronales humaines, le Connectome, constitue le nouvel horizon de nombreuses recherches en cours. Cette « carte » du cerveau, récemment esquissée, comporte encore beaucoup de zones inexplorées. Pourra-t-on un jour « télécharger » les données d’une conscience individuelle comme on installe un logiciel ? Les enjeux diffèrent considérablement selon les acteurs. Dans le cas de grands projets scientifiques financés par les gouvernements, il s’agit de mieux comprendre le cerveau. Pour les transhumanistes, le but avoué est d’atteindre l’immortalité. Quant à l’empire Google, qui s’y intéresse également de près, il ambitionne de créer une intelligence capable d’apprendre et d’interagir avec le monde. Cette quête insensée, si elle aboutit un jour, offrira-t-elle l’éternité digitale à quelques milliardaires ? Donnera-t-elle naissance à une intelligence artificielle mondiale et désincarnée ?  »  

À voir absolument pour comprendre où l’on 
nous mène sans nous demander notre avis…  


Transcender l’humain

Transcender : du latin transcendere de scando « monter » avec le préfixe trans-.
1) Faire dépasser à quelque chose ou quelqu’un ses limites habituelles, normales.
(Religion) L’essence de Dieu est inconnaissable, non seulement pour nous, mais en soi, parce qu’elle transcende toute catégorie, parce que Dieu est superessentiel.  (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique: la Scolastique, 1966)   –  (Wictionnaire)


Pour en savoir plus


Ils ont dit…


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le dôme du Panthéon

Sommes nous légitimes ?

     « Nous mourrons un jour, et c’est là notre chance. La plupart des gens ne mourront jamais dans la mesure où ils ne naîtront jamais. Les êtres hypothétiques qui auraient pu tenir ma place dans le monde mais qui, dans la réalité, ne verront jamais le jour, excèdent les grains de sable de l’Arabie. Assurément, ces fantômes incluent des poètes qui surpassent Keats, des scientifiques qui surpassent Newton. Nous le savons parce que le nombre d’individus potentiels postulé par notre ADN excède infiniment le nombre des vivants. En dépit de ces probabilités époustouflantes, ce sont deux êtres banals, vous et moi, qui vivent ici…»

Richard Dawkins, Les Mystères de l’arc-en ciel, 1998

      Et l’auteur, dans son ouvrage « Pour en finir avec Dieu » paru huit années plus tard de revenir sur sa citation et d’écrire : « Nous, le petit nombre des privilégiés, qui avons gagné contre toute attente à la loterie de la naissance, comment osons-nous nous plaindre de notre retour inévitable à cet état antérieur d’où l’immense majorité des êtres potentiels ne sont jamais sortis ? ». Par ces deux citations, l’éminent biologiste, éthologiste et académicien britannique Richard Dawkins, athéiste et rationaliste convaincu semble établir une hiérarchie entre les « Grands Hommes » qui sont des êtres d’exception et les « êtres banals » dont vous et moi faisons partie et parmi lesquels, par fausse modestie, il se place. Ce faisant, et cela paraît surprenant pour un scientifique et un penseur d’un tel niveau, défenseur de la théorie de l’évolution, il semble oublier le fait que l’un des moteurs de l’évolution est la capacité des faibles à s’adapter à leur milieu et par là-même faire progresser la complexité de la vie et la résilience de leur espèce. Cette adaptation résulte rarement d’une capacité intellectuelle supérieure mais de mutations dues à des accidents génétiques et au hasard. Nos lointains ancêtres, les primates qui ont quitté en Afrique les forêts protectrices pour la savane pleine de dangers ne l’ont pas fait de manière volontaire mais parce que ces forêts s’étaient raréfiées par suite de changements climatiques de grande ampleur et ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins. Seuls les plus forts des primates ont pu rester dans les forêts restantes en chassant leurs congénères les plus faibles. Ceux qui sont resté n’ont pas eu besoin d’évoluer puisque leur nature était déjà parfaitement adaptée à leur environnement mais parmi ceux qui ont été chassés, seuls ceux qui ont pu développer, le temps aidant, des dispositions anatomiques et cognitives supplémentaires ont pu survivre, maîtriser leur nouvel environnement et faire ainsi réaliser à l’espèce humaine un bond qualitatif d’une ampleur considérable. L’évolution ne favorise pas les êtres d’exception par rapport aux êtres banals. on peut même considérer qu’elle une prime aux êtres les plus faibles dans la mesure où ceux-ci sont les plus aptes à mettre à profit pour leur survie les mutations produites par le hasard.

Newton par Gotlib
Newton vue par Gotlib

     D’autre part, Richard Dawkins néglige le fait que parmi les « êtres banals », beaucoup auraient pu devenir des Keats et des Newton, si les conditions sociales dans lesquelles ils avaient vécus et les évènements auxquels ils avaient été confrontés, même les plus anodins, avaient été différents. Newton, n’a t-il pas eu la révélation de la théorie de la gravitation universelle en regardant une pomme tomber dans son verger, un soir au clair de lune ? Archimède, son fameux théorème, en jouant dans sa baignoire, Alexander Fleming, sa découverte de la pénicilline par négligence pour ne pas avoir nettoyé son laboratoire avant de partir en vacances. Combien d’individus « banals » étaient des êtres d’exception en puissance ? Alors n’établissons pas de critères de légitimité ou d’illégitimité pour le fait d’être sur terre et d’exister. L’humanité est indivisible, elle forme un Tout, pour le meilleur et pour le pire…

Enki sigle