Portrait d’un jeune chien fou en poète : Dylan Thomas (I)

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Dylan Thomas.

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« Au commencement était le mot, le mot
 Qui des bases solides de la lumière
 A dérobé toutes les lettres du vide. »

Dylan Marlais Thomas (1914-1953) :

Inutile d’écrire quelque chose de plus après avoir pris connaissance des beaux textes de Gil Pressnitzer et Alain Suied présentés dans le dossier élaboré par le site Esprits Nomades sur Dylan Thomas, ce poète du Pays de Galles, parti trop tôt, consumé tel un papillon de nuit par l’incandescence de sa vie. Je vous invite donc pour de plus amples informations à vous reporter à ce site, c’est ICIet me contenterais de présenter quelques uns de ses poèmes parmi ceux qui m’ont le plus touchés. 

Alain Suied qui a traduit plusieurs de ses poèmes en français a écrit un poème en son honneur, paru dans Le Capital des mots n°9 en 2008

DYLAN

Dylan Thomas by Rollie McKenna.

Rêveur du pays de Galles
et de la terre d’enfance

plongeur dans les rivières secrètes
de l’Inconscient liquide

Dylan de bière et de mélancolie
Dylan qui écoute le murmure
souterrain des poètes

de la noire origine
au surgissement de lumière

du cœur.

Dylan noyé
dans l’exil
Dylan de rêve et de trop vive

 lucidité.

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Laisse-moi fuir

Laisse-moi fuir
Être libre (Du vent pour mon arbre !
De l’eau pour ma fleur)
Vivre de soi à soi
et noyer les dieux en moi
Ou écraser leurs têtes vipérines sous mon pied.
pas d’espace, dis-tu, pas d’espace
Mais tu ne m’y incluras pas
Même si ta cage est robuste.
Ma force sapera ta force;
Je déchirerai l’obscur nuage
Pour voir moi-même le soleil
Pâle et déclinant, pousse atroce

Traduction d’Alain Suied Dylan Thomas Vision et prière Gallimard COLL. POESIE –

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canope

N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres
Effrayés, abandonnant nos syllabes à leur douceur
De peur d’éveiller les freux,
De peur d’arriver

sans bruit dans un monde d’ailes et de cris.
Enfants nous nous serions penchés
Pour attraper les freux endormis, sans briser de brindilles,
Et après une douce ascension,
Élevant nos têtes au-dessus des branches
Nous nous serions émerveillés des étoiles inaltérables.

Loin de la confusion, telle est la voie
Tel est le prodige que l’homme sait
Loin du chaos parviendrait la joie.

Cela est la beauté, disions-nous,
Enfants émerveillés par les étoiles,
Cela est le but, cela est le terme.

N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres,

Traduction d’Alain Suied Dylan Thomas Vision et prière Gallimard COLL. POESIE –

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Lie still, sleep becalmed

Lie still, sleep becalmed, sufferer with the wound   
In the throat, burning and turning. All night afloat   
On the silent sea we have heard the sound
That came from the wound wrapped in the salt sheet.
Under the mile off moon we trembled listening
To the sea sound flowing like blood from the loud wound   
And when the salt sheet broke in a storm of singing   
The voices of all the drowned swam on the wind.
Open a pathway through the slow sad sail,
Throw wide to the wind the gates of the wandering boat   
For my voyage to begin to the end of my wound,   
We heard the sea sound sing, we saw the salt sheet tell.   
Lie still, sleep becalmed, hide the mouth in the throat,
Or we shall obey, and ride with you through the drowned.

Source: The Collected Poems of Dylan Thomas (1957)

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Reste immobile, Dors dans l’accalmie
 
Reste immobile, dors dans l’accalmie, souffrant avec la blessure
Dans la gorge, qui brûles et fais retour. Toute la nuit à flot
Sur l’océan de silence nous avons perçu le son
Qui venait de la blessure enveloppée dans le drap de sel.
  
Sous la lune d’un mille au-delà, nous avons tremblé écoutant
Le bruit de l’océan couler comme sang de la blessure criante
Et quand le drap de sel se rompit en un ouragan de chants
Les voix de tous les noyés nagèrent dans le vent.
  
Ouvre un  chemin à travers la triste lente voile,
Ouvres grandes au souffles les portes du bateau errant
Pour que commence mon voyage vers la fin de ma blessure,
Nous avons entendu le bruit de l’océan chanter, et vu le drap de sel scander.
Reste immobile, dors dans l’accalmie, cache la bouche dans la gorge
Ou nous devrons obéir, et chevaucher avec toi entre les noyés. 
 
Dylan Thomas, N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit… et autres poèmes, traduit de l’anglais et préfacé par Alain Suied, Gallimard, 1979, p. 35

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et une autre version de la traduction….

Repose sans bouger, dors apaisé

Repose sans bouger, dors apaisé, avec cette blessure
Dans la gorge, te consumant et te retournant. Toute la nuit surnageant
sur l’océan silencieux nous avons entendu le son
Qui venait de la blessure enroulée dans le drap du sel.

A un mille sous la lune nous avons tremblé en écoutant
la houle sonore de l’océan comme sang de la blessure bruyante
et quand le drap du sel se déchira en un orage de chants
Les voix de tous ceux qui se sont noyés remontèrent dans le vent.

Ouvre un sentier au travers de la lente et triste voile,
Jette au grand large du vent les portes du bateau errant
Pour qu’enfin commence mon voyage au bout de ma blessure,
Nous avons entendu chanter la houle sonore de l’océan, nous avons vu
Le drap du sel se raconter. Repose sans bouger, dors apaisé, cache la bouche dans la gorge,
Ou nous devrons obéir, et avec toi chevaucher au travers des noyés.

Adaptation libre du site Esprits Nomades

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Dylan Thomas

You shall not despair

You shall not despair                                     Tu ne désespéreras pas
Because I have forsaken you                        Si je t’ai blessée
Or cast your love aside;                                 Ou si j’ai rejeté ton amour;
There is a greater love than mine               Il y a un amour plus grand que le mien
Which can comfort you                                Qui te réconfortera
And touch you with softer hands.              Qui posera sur toi des mains plus douces
i am no longer                                                
Friendly and beautiful to you;                     Je ne suis plus pour toi Amitié et Beauté
Your body cannot gladden me,                    Ton corps ne me réjouis plus,
Nor the splendor of your dark hair,           Ni la splendeur de ta noire chevelure,
But I do not humiliate you;                           Mais je ne t’humilie pas;
You shall be taken sweetly again                Tu seras prise à nouveau avec douceur
And soothed with slow tears;                        Et réconfortée de tendres larmes;
You shall be loved enough.                           Tu sera aimée suffisamment

from The Notebook Poems; number 4; written May 6, 1930) – Poème de jeunesse. Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Alain Suied. La revue improbable N°23, octobre 2002

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I Have Longed To Move Away
I have longed to move away
From the hissing of the spent lie
And the old terrors’ continual cry
Growing more terrible as the day
Goes over the hill into the deep sea;
I have longed to move away
From the repetition of salutes,
For there are ghosts in the air
And ghostly echoes on paper,
And the thunder of calls and notes.I have longed to move away but am afraid;
Some life, yet unspent, might explode
Out of the old lie burning on the ground,
And, crackling into the air, leave me half-blind.
Neither by night’s ancient fear,
The parting of hat from hair,
Pursed lips at the receiver,
Shall I fall to death’s feather.
By these I would not care to die,
Half convention and half lie.

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J’ai tant voulu partir

J’ai tant voulu partir
Loin des sifflements du mensonge passé
Et du cri constant des vieilles terreurs,
Devenant plus atroce à fur et à mesure que le jour
Passe par-dessus la colline dans la mer profonde.
J’ai tant voulu partir
Loin du rituel des salutations
Car il y a des fantômes dans l’air
Et des échos de fantômes sur la page
Et le tonnerre des appels et des notes.

J’ai tant voulu partir mais j’ai peur.
Quelque vie, pas encore usée, pourrait exploser
Hors du vieux mensonge brûlant sur le sol
Et, crépitant dans l’air, me laisser à moitié aveugle.
Jamais dans la peur primale de la nuit,
La séparation du chapeau des cheveux,
Les lèvres serrées devant la radio,
Je ne tomberai sous la plume de la mort.
Et donc je ne m’inquiète pas de mourir,
moitié usage et moitié mensonge.

Adaptation libre du site Esprits Nomades

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Do not go gentle into that good night

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Capture d’écran 2013-12-12 à 16.27.55

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sightBlind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.

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N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit 

N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,
Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en un verre baie
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prient et chantèrent le soleil en plein vol,
Et apprenant, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

Traduction d’Alain Suied Dylan Thomas Vision et prière Gallimard COLL. POÉSIE

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Traduttore, tradittore : au sujet des difficultés de traduction de la poésie de William Blake, par Alain Suied

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L’étranger, le poète

Alain Suied (1951-2008)

Alain Suied (1951-2008)

Une légende Hassidique raconte qu’un
étranger cherche son chemin pour sortir d’une ville
dont il ne parle pas la langue.
Toute la journée, il erre et nul ne le comprend,
nul ne le dirige sur la bonne route…

Le soir venu, un autre étranger – qui ne
parle pas sa langue
ni la langue de la ville – le rencontre
et lui indique le bon chemin pour sortir de
la ville…

Le poète propose un chemin…mais
aujourd’hui, qui l’écoute ?

L’espérance est dans les cœurs…

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      Né dans l’ancienne communauté juive de Tunis en 1951, Alain Suied quitte cette ville avec sa famille pour Paris à l’âge de huit ans. En 1968, il a alors 17 ans, la revue l’Ephémère publie l’un de ses premiers poèmes.  Dans les cinq années qui suivent, il publiera encore deux recueils de poèmes : Le silence, en 1970 et C’est la langue, en 1973. Alain Suied se tourne ensuite vers la traduction avec un premier recueil de poèmes de Dylan Thomas (Gallimard, 1979) sous le titre N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit puis avec les poètes John Updike, Ezra Pound, William Faulkner, John Keats, William Blake et Edwin Muir. En 1988, il fait paraître La lumière de l’origine qui rassemble ses poèmes composés entre 1973 et 1983 et en 1989 Le corps parle qui met en correspondance deux aspects permanents de sa recherche : le travail poétique proprement dit et le dialogue avec la science, la fiction, la musique à laquelle il s’est adonné avec passion et la peinture. Il s’est également beaucoup intéressé aux travaux des philosophes de l’École de Francfort et à la psychanalyse, il entrera lui-même en analyse. Il a reçu le Prix Verlaine pour La lumière de l’origine, le Prix Charles Vildrac pour Le premier regard ainsi que le Prix Nelly Sachs pour l’ensemble de ses traductions, le n° 31 de la revue Nu(e) lui a été consacré.

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     Le texte qui suit écrit par Alain Suied porte sur la difficulté de la traduction en poésie avait été rédigé en préface au mémoire d’une étudiante à  l’Université de Bâle, C.E. Ioli, qui portait sur le thème de la traduction des Songs de William Blake.

William BlakeWilliam Blake (1757-1827)

    Les « interprétations » – comme les traductions – foisonnent. Révolutionnaires ? Christiques ? À lire dans un sens « littéral »? Dans un sens mystique ? Chaque « lecture » amplifie le mystère au lieu de le réduire. Secrète magie du poète ! Le miroir qu’il nous tend s’ouvre sur « l’autre côté », inqualifiable, multiple, kaléidoscopique, aussi « simple », aussi « complexe » que le réel – dont le poète voudrait transmettre la surprise et l’évidence. N’en va-t-il pas de même pour chaque traduction ? C.E. Ioli nous amène vers cette question.
    Son mémoire les traductions existantes des « Chants », repère les choix formels et les « approches » de chaque traducteur – mais ne se réduit pas à cette confrontation; il nous rend témoins d’un fait incontournable – abordés avec passion par chacun, les poèmes de Blake ne se laissent pas saisir. Leur abord – qui devrait être « élémentaire » – se dérobe à chaque prise. On le voit ici : ne traduire que la métaphore « religieuse » ne suffit pas; ne traduire que le rythme ne suffit pas, ne traduire ces poèmes qu’à partir du contexte socio-économique de leur temps ne suffit pas… . Comme devant les Livres fondateurs (que Blake « imitera » de façon plus évidente et plus blasphématoire dans « le Mariage du ciel et de l’enfer »), nous sommes ici à l’aube d’une nouvelle forme d’expression POETIQUE. Keats et Dylan Thomas s’entendent déjà dans les « Chants »: leur auteur casse le poème « classique »… par la simplicité même, « révolutionne » la Poésie Anglaise par la violence… de la seule « Innocence » !
     Il s’agit de « l’innocence » des mots, enfin voués à ne dire que ce « sublimation », loin de toute « métaphorisation » du réel. Blake montre le monde – comme par transparence – au lieu de le mettre à distance par le poème. C’est le monde premier, celui de l’innocence Christique – mais c’est aussi le monde cruel des rues Bourgeoises de Londres hantées par la misère, la prostitution et par le crime majeur: l’indifférence! C’est aussi le monde social du racisme, de la haine de l’autre, du Narcissisme en acte. Blake, comme tout poète authentique nous met face à nous-mêmes.
 
     Comment « traduire » une telle démarche ? En rimant ? En cherchant à rendre une « équivalence » formelle ? D’époque en époque, les approches de l’œuvre évoluent – ainsi des traductions – mais la « fidélité » réside parfois dans le paradoxe. Blake ne nous démentirait pas : c’est par fidélité au message de « pureté » du « Berger », du Christ, qu’il affronte, terrible « expérience », le « Tigre » de la société, si oublieuse des idéaux et de la vérité qu’elle prétend servir ! Traduire, dans ce cas, ce sera peut-être rendre dans l’autre langue, dans l’inconscient de la langue, l’Autre et l’Inconscient du poème original, servir non la forme mais le CRI, la nécessité, l’urgence, la révolte fondamentale qui détermine les « Chants ».
 
   C.E. Ioli ne s’est pas contenté de comparer les rimes, les rythmes, les interprétations de chaque traducteur. Elle a d’emblée ressenti la force du souffle Blakien, entre humaine condition de Création Divine – et a su tout ce qui pouvait se perdre dans une traduction. Au-delà des rimes, elle a cherché la véritable « cohérence intérieure » du texte et de sa traduction française. Son introduction s’ouvre sur un parallèle musical : l’écoute d’un « lied » de Schumann l’incite à comparer, dans le livret du disque le texte original et sa traduction: la différence est consternante: le poème d’Eichendorff, sublimé par le compositeur, compris, « traduit » par lui, se corrompt, s’étiole, perd toute profondeur dans la traduction.
    La « lettre » a éteint l’esprit du poème. Pareil au musicien, le traducteur devrait laisser perdurer LA VOIX DE L’AME que le compositeur sait préserver – et faire passer dans son langage propre. Tout en respectant le sens, il doit pouvoir offrir au lecteur plus que la littéralité – le chant secret du poème derrière les mots, la force d’émotion et de transmission du texte. C.E. Ioli nous invite à « traduire » l’innocence et l’expérience qui fondent toute poésie véritablement puisée à la source de l’âme.

par Alain SUIED – Préface au mémoire de C.E. Ioli sur la traduction des Songs de Blake, Université de Bâle.

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William Blake - illustration pour Jerusalem - planche 1 - édit. 1804William Blake – illustration pour Jerusalem – planche 1 – édit. 1804

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