Agnosticisme

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    L’agnosticisme ou pensée de l’interrogation est une attitude de pensée considérant la vérité de certaines propositions concernant notamment l’existence de Dieu ou des dieux comme inaccessible à l’esprit humain et refusant en conséquence toute solution aux problèmes métaphysiques. A la différence des croyants qui considèrent comme probable ou certaine l’existence de telles divinités, ou des athées qui l’estiment impossible, les agnostiques refusent de trancher. Si le degré de scepticisme varie selon les individus, les agnostiques s’accordent pour dire qu’il n’existe pas de preuve définitive en faveur de l’existence ou de l’inexistence du divin, et affirment l’impossibilité de se prononcer. La question de Dieu reste chez eux néanmoins présente. Des agnostiques comme Marcel Gauchet ou Luc Ferry en témoignent…

religion

 Si les agnostiques refusent de se prononcer quant à l’existence d’une intelligence supérieure, ils n’accordent, en revanche, ou du moins tendent à n’accorder, aucune transcendance et aucune valeur sacrée aux religions (prophète, messie, textes sacrés..) et à leurs institutions (clergé, rituels et prescriptions diverses..). Ceux-ci voient en effet les religions comme de pures constructions sociales et culturelles qui auraient surtout pour fonction historique d’assurer la cohésion et l’ordre dans les sociétés humaines traditionnelles via par exemple la menace de l’enfer, la promesse du paradis ou encore la notion de péché . En d’autres termes, les religions, aux yeux d’un agnostique, seraient bien trop ‘humaines’ de par leurs modes de fonctionnement et de par les dynamiques anthropologiques sur lesquelles elles se basent (soutien psychologique face à la mort, analogie très anthropocentrique d’un Dieu bâtisseur de l’univers…) pour qu’elles aient un quelconque lien direct avec toute forme d’intelligence supérieure. (Crédit Wikipedia)

les religions dans le monde

les religions dans le monde, Hatier, 1997

    La Bible dit que nous devons accepter par la foi que Dieu existe  : « Or, personne ne peut plaire à Dieu sans la foi. En effet, celui qui s’approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11:6). Dieu est esprit (Jean 4:24), il ne peut donc être vu ou touché. A moins que Dieu ne choisisse de se révéler lui-même, il est essentiellement invisible à nos sens (Romains 1:20). La Bible postule que l’existence de Dieu peut être clairement vue dans l’univers (Psaumes 19:1-4), perçue dans la nature (Romains 1:18-22) et confirmée dans nos cœurs (Ecclésiastes 3:11).
     Le Coran postule l’existence de dieu et son unicité par l’harmonie censée régner dans l’univers : « S’il y avait dans le ciel et la terre des divinités autres que Dieu, tous deux seraient certes dans le désordre. Gloire donc à Dieu, Maître du Trône; bien au-dessus des fictions qu’ils Lui attribuent » ( sourate les Prophètes (n° 21). verset 22 ). « Un laps de temps ne s’est-il pas écoulé durant lequel l’homme n’était même pas une chose mentionnable ? En vérité, Nous l’avons créé d’une goutte d’un mélange de sperme, pour le mettre à l’épreuve. Nous l’avons pourvu d’ouïe, de vue. Et mis sur la bonne voie, sans tenir compte de sa reconnaissance, ni de son ingratitude » ( sourate l’homme (n° 76) versets 1-3 ). « Ô, l’homme! Qu’est-ce qui t’a abusé au sujet de ton généreux Seigneur ? Qui t’a créé puis t’a modelé selon les proportions les plus harmonieuses? En quelle belle forme Il t’a façonné, celle qu’Il a voulue ! » ( sourate la Rupture (n° 82): versets 6-8 ). Parmi Ses Noms, Allah est Le Bâtin : « Le Caché » car on ne peut Le voir  : « Les regards ne peuvent L’atteindre, cependant qu’Il saisit tous les regards. Et Il est Le Doux, Le Parfaitement Connaisseur » ( sourate les bestiaux (6), verset 103 ).

David Hume (1711-1776) Thomas Henry Huxley (1825-1895)

David Hume (1711-1776) et Thomas Henry Huxley (1825-1895)

     « L’agnosticisme n’est pas une croyance mais une méthode, dont l’essence provient de l’application rigoureuse d’un unique principe…  Ce principe s’exprime de façon positive, au niveau de l’intellect, dans le fait de suivre notre raison aussi loin qu’elle nous porte, sans autres considérations.  Et, de façon négative, au niveau de l’intellect, dans le fait de ne point prétendre qu’une conclusion est certaine si elle n’a pas été démontrée ou si elle n’est pas démontrable. » – Thomas Henry Huxley

Le terme fut forgé à partir du grec αγνωστικισμός, agnôstikismós, lui-même tiré de agnôstos : ignorant ( la gnôsis étant la connaissance ) par le biologiste, paléontologue et philosophe britannique Thomas Henry Huxley (1825-1895), ardent défenseur de la théorie de l’évolution de Darwin et de la méthode scientifique, qui considérait qu’il était impossible de connaître ce qui dépasse l’expérience et mettait ainsi en question la légitimité de la métaphysique qui est la recherche de la connaissance de la cause première des causes de l’univers, de la nature et de la matière, la révélation qui est la connaissance que les religions monothéistes affirment détenir de manière directes de leur Dieu par des manifestations divines (théophanies) et la divination qui est la pratique occulte et métaphysique de découvrir par des moyens irrationnels ce qui est inconnu : l’avenir, le caché, le passé, les trésors, les maladies invisibles, les secrets, les mystères, etc. Thomas Huxley reprenait en cela certaines idées du philosophe empiriste des Lumières, l’écossais  David Hume, qui considérait que la métaphysique était « vide de sens » et qui qui recommandait, à la fin de son « Enquête sur l’Entendement Humain », de jeter aux flammes les livres de théologie ou de métaphysique scolastique et qui dans ses «Dialogues sur la religion naturelle» réfutait le déisme fondé sur la finalité.

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Athéisme

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Athéisme

     L’athéisme est une attitude ou une doctrine qui ne conçoit pas et nie l’existence de  quelque dieu, divinité ou entité surnaturelle que ce soit, contrairement, par exemple, au déisme et au théisme qui soutiennent ces existences, à l’agnosticisme qui refuse de prendre parti dans les débats métaphysiques considérant que personne ne peut répondre à ces questions et au panthéisme qui considère que Dieu peut exister partout dans l’univers et se confondre avec lui. C’est une position philosophique qui peut être formulée ainsi : il n’existe rien dans l’Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent un « dieu », ou « Dieu ».

La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

athéisme

Article de Pierre Haski dans le site  l’OBS Rue89 du 18/01/2015

    C’est une carte publiée en 2013 par le Washington Post, sur la base d’une étude de 2012 de l’institut de sondage Gallup. La fiabilité des données n’est sans doute pas la même d’un pays à l’autre (l’institut a interrogé 40 000 personnes dans 40 pays), mais elle donne une idée des décalages dans le monde sur une question au cœur des soubresauts actuels de la planète : l’athéisme. Selon cette étude, la moyenne mondiale de l’« athéisme convaincu » ne s’élèverait qu’à 13%, soit moitié moins qu’en France. Dans son étude, l’institut Gallup a fait la distinction entre les personnes qui se disent « religieuses », « non religieuses » et « athées convaincues ». La majorité des personnes interrogées, 59%, se dit ainsi « religieuse », 23% « non religieuse », et seulement 13% « athée convaincue ».

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GLOBAL INDEX OF RELIGION AND ATHEISM (WIN-Gallup International, 2012)

    L’étude réalisée par gallup  (c’est ICI , en anglais) fait apparaître le pourcentage de gens qui se disent « athées convaincus » dans les 40 pays sélectionnés (laissant donc une bonne partie du monde en « gris »). On notera également que la graduation va de 0 à 49,9% de la population, laissant entendre qu’elle n’est nulle part supérieure à 50%. Le champion du monde de l’athéisme est la Chine, avec 47% d’athées, sans surprise au pays du président Mao, lui-même érigé au rang de demi-dieu, même si on a constaté ces dernières années une poussée du christianisme dans toutes ses variantes, notamment évangélistes. La France, pour sa part, est quasi-championne d’Europe, en faisant apparaître 29% d’« athées convaincus », juste derrière le cas inattendu de la République tchèque avec 30% d’athées. 

    Le reste de l’Europe, l’Amérique du nord (il faut relire la note de blog d’Hélène Crié-Wiesner sur les discriminations dont souffrent les athées aux Etats-Unis), ou encore la Russie, sont dans les catégories inférieures, très minoritaire, 5 à 9%, ou 10 à 19% pour nos voisins allemands. Sans surprise, les pays majoritairement musulmans présents sur la carte sont, eux-aussi, très minoritairement athées, avec quand même 5% d’athées convaincus en Arabie saoudite, ce qui ne va pas de soi ; même si on atteint là les limites du sondage puisque l’athéisme constitue dans la plupart d’entre eux un crime de blasphème passible de la peine de mort. A noter également le faible taux d’« athéisme convaincu » dans des pays plus ouverts comme l’Inde ou l’Afrique du Sud, avec des taux inférieurs à 10%, ou carrément de 1% au Nigeria, théâtre actuel d’affrontements violents avec le groupe djihadiste Boko Haram.

Le top 10 des pays athées dans le monde (Gallup)

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Dieu, une création humaine ( un texte du site athéism.org, c’est ICI )

Blaise Pascal (1623-1662)

Blaise Pascal

     Au dilemme de décider s’il devait s’abandonner à la croyance en un dieu ou adopter un athéisme sage, Blaise Pascal opta pour l’hypothèse religieuse, un choix gage, selon lui, de meilleures garanties dans le cas d’une victoire de la thèse adverse. En effet, nul destin funeste ne conclura la vie d’un croyant si « Dieu » ne s’avère être qu’un concept purement imaginaire. Par contre, l’athée sera soumis aux pires souffrances si existe l’au-delà infernal promis par les religions. Pascal jugea donc plus astucieux d’admettre la solution divine.
    S’en remettre à « Dieu » sans exclure l’hypothèse contraire de l’athéisme ne relève pourtant pas d’une spiritualité très sûre de ses préceptes. N’admettre « Dieu » qu’en raison des tourments dont pourraient pâtir les athées témoigne en fait d’une bonne connaissance des pratiques religieuses, toujours fondées sur une mécanique articulée autour de la soumission, la récompense et la punition.
     Le pari de Pascal peut alors être inversé pour rejeter précisément la croyance en « Dieu » en vertu des souffrances endurées par l’humanité depuis des millénaires que perdure cette démission de la raison à s’inventer un ou plusieurs dieux supposés pacifiques. Abuser le croyant par des légendes absurdes pour mieux le soumettre aux dogmes et au pouvoir d’une caste, tels furent l’essence et le projet politique des doctrines religieuses.
     Christianisme, islam et, aujourd’hui, judaïsme marquent une similitude dans leur propagation guerrière qui n’a d’égale que leur refus de laisser l’individu, homme et surtout femme, décider seul de la conduite de sa propre vie pour l’assigner dans un statut éternellement infantile. Car les religions, créées, organisées et propagées par et pour les mâles, ont toujours abhorré la femme, bouc émissaire de toutes leurs perversions. Le Coran, la Bible et les textes fondateurs du bouddhisme abondent de versets signifiant à la femme sa nocivité et ne lui accordent d’utilité que la mission de son ventre.
     Mais ne s’agit-il pas là simplement d’excès inhérents à toute activité humaine? La lecture de la Bible et du Coran rejette cet ultime sauvetage: la violence religieuse est moins une extrapolation hasardeuse que la traduction en actes des multiples versets appelant au rejet et au meurtre des incroyants et des adeptes d’autres fois. On chercherait en vain dans la Bible et le Coran une théologie cohérente de la paix et de l’amour. Le judaïsme ne fait pas exception étant lui-même basé sur la notion, raciste par définition, de peuple élu.
     Les textes montrent en outre un caractère spécifiquement humain, rien de divin dans leur confection. Une soixantaine d’évangiles existaient dans les premiers siècles de la chrétienté et leurs incompatibilités contraignirent l’Église à ne conserver que les quatre actuellement vénérés. Le Coran a connu lui aussi de nombreuses versions dont certaines sont parvenues jusqu’à l’époque actuelle en dépit du saccage ordonné par Uthman. Ouvrages écrits par des communautés peu instruites, Bible et Coran ne sauraient donc surprendre par leur violence et leur pauvre contenu philosophique. Jamais les anciens grecs n’eurent à craindre la concurrence philosophique des livres dits « sacrés ».
    Les religions dépossédées de leur illusion de pureté originelle et de tolérance, reste l’hypothèse divine dont les athées seraient tenus de démontrer la fausseté. Mais pour en démontrer l’impossibilité, une définition unique de « Dieu » est préalablement nécessaire. Or chaque croyant dispose de sa propre conception de la divinité, hormis ceux, très majoritaires, ayant hérité de la religion de leurs parents par conformisme familial ou social.    L’immense variété des définitions de « Dieu » suffit à convaincre de l’incohérence du recours à une intervention irrationnelle dans les vies humaines. « Dieu » est une création humaine, pas le contraire.

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Enseigner le fait athée ! (Texte extrait du livre de Michel Onfray, La philosophie féroce, Galilée 2004). 

Michel Onfray

Michel Onfray

     Oui, je sais, je professe un antichristianisme primaire… Mais je suis preneur d’informations sur l’antichristianisme secondaire ! Chaque fois que j’ai souhaité m’entretenir avec un vendeur d’arrière-monde juif, chrétien ou musulman – ils vendent les mêmes tapis -, je n’ai rencontré que des gens doués d’une bonne mémoire, mais qui la plupart du temps mettent leur intelligence sous le boisseau… Mémoire des lieux communs enseignés et écrits dans la chair de leur enfance ; et refus de penser pour mieux entretenir leurs illusions.
     Les temps sont durs pour les athées radicaux. Ainsi faudrait-il prendre position pour ou contre l’enseignement du fait religieux à l’école. Admirez d’abord l’euphémisme : le fait religieux ! On ne dit pas le catéchisme ou l’histoire sainte, qui sentent trop l’encens et la fumée des cierges, mais le fait religieux, car la formule rappelle le fait sociologique de Durkheim, donc le parfum de craie et de tableau noir des hussards de la République !
      Dans cette école où l’on n’apprend plus à lire, à écrire et à compter – ne rêvons pas qu’on y apprenne à penser… -, où l’illettrisme ne concerne plus seulement les élèves, mais aussi une partie des enseignants, dans cette école, donc, il manquerait un enseignement, notamment celui de la religion judéo-chrétienne ! Je rêve…
      Et pour y enseigner quoi, et comment ? Un fils de Dieu qui marche sur les eaux, puis ressucite le troisième jour après crucifixon ? Qui raconterait les bobards pour les enfants que sont les interdictions d’utiliser un interrupteur électrique les jours de shabbat ? Ou qu’au paradis on boit du vin à flots, mais pas sur terre ? Un Dieu qui ouvre la mer en deux pour permettre le passage de son peuple, un autre qui réserve des vierges en quantité pour le lit du fidèle qui prend place près du Prophète après avoir trucidé un maximum d’innocents – pourvu qu’ils ne croient pas à ses balivernes ?
      Que ces histoires pour les enfants soient racontées par les familles, soit. Elles transmettent déjà assez de sottises, elles peuvent continuer sans qu’on les inquiète ! Mais que l’école s’y substitue sous prétexte de fabriquer du lien social, de rendre possible l’accès à la culture universelle ou de mettre au jour les fondations de notre civilisation, voilà autant de cache-sexes pour dissimuler le retour du prêtre à l’école.
     Au bout du compte, derrière ces fabulations apparemment inoffensives, il s’agit toujours de promouvoir la morale judéo-chrétienne ou celle des musulmans qui, sous d’apparentes divergences, enseignent une même haine de la femme, de la vie, de l’ici et maintenant, de l’infidèle, de l’incroyant ou de l’athée. Toutes justifient le passage sur terre comme une punition, une vallée de larmes, une occasion d’expier. Les trois comptabilisent chaque jour des morts infligés au nom de leurs livres saints. Au vu de l’état du monde, l’urgence me semble plutôt l’enseignement du fait athée !

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Michel Onfray et le Traité d’athéologie

Athée et fier de l’être, Salvatore Pertutti, l’homme qui a porté plainte contre la Bible et le Coran pour propos sectaire, homophobe, sexiste et appels au meurtre… 

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