Connaissez-vous le coprin chevelu ?


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     Le coprin chevelu (Coprinus comatus) est l’un des derniers champignons que l’on ramasse en fin d’automne. Il pousse dans les champs en lisière de forêt et dans les larges chemins forestiers car il a besoin de lumière. C’est un champignon excellent que j’aime à préparer en omelette. Certains le consomme cru en salade (à condition qu’il soit très frais).

     Ce champignon qui pousse très rapidement en groupe par temps humide a la particularité de se décomposer très rapidement. Il ne faut le cueillir que lorsque les chapeaux ne sont pas encore ouverts car très rapidement les lames rosissent puis tournent à un noir d’encre et finissent par se liquéfier Sur la photo ci-dessus présentée, on constate qu’alors même que les chapeaux n’ont pas commencé à s’ouvrir leur extrémité basse tourne au rose et au violet. Ayant répandu sur la pelouse de mon jardin, les chapeaux des champignons de ma récolte qui commençaient à rosir, j’ai eu la bonne surprise de voir apparaître à l’automne de l’année suivante des groupes épars de coprins chevelus. 

      Je suppose que ce champignons pousse aussi en Suède car le grand poète suédois Tomas Tranströmer parle de lui dans l’un de ses poèmes. Je ne résiste pas au plaisir de vous le soumettre même s’il est un peu lugubre…


Tomas Tranströmer (1931)

Esquisse en octobre

Le remorqueur a des tâches de rousseur. Que fait-il si
    loin dans les terres ?
C’est une lourde lampe éteinte dans le froid.
Mais les arbres ont des teintes impétueuses. Des signaux
    envoyés à l’autre rive !
Comme si certains d’entre eux voulaient qu’on vienne 
    les  prendre.

En rentrant chez moi, je vois que les coprins jaillissent
    du gazon.
Ce sont les doigts désemparés de celui
qui a longtemps sangloté seul dans l’obscurité du sol.
Nous sommes à la terre.

Tomas Tranströmer, Baltiques.


Été indien en demi-teintes


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     Après plusieurs mois de sécheresse, les rives du lac d’Annecy se donnent des airs des plages de l’Atlantique et sur les parties où la profondeur était faible il faut maintenant marcher une cinquantaine le mètres pour atteindre l’onde. L’été indien est toujours une période privilégiée par le spectacle coloré de la végétation qu’elle offre et je craignais les effets de la sécheresse sur la coloration des feuillages surtout dans mon jardin dans lequel j’ai planté plusieurs érables du Japon choisis pour la structure de leurs feuillages et leurs coloration printanière et automnale. Depuis quelques jours les arbres ont effectivement engagés leur métamorphose et les résultats sont mitigés.


  • erable-du-japon-dore-aureum-.jpgL’un des plus beaux érables du jardin, l’acer japonicum shirasawa aurum aux feuilles palmées compactes à huit branches très graphiques dont le vert tendre tout le long de l’année vire habituellement à cette époque en un jaune d’or frais et éclatant (voir photo ci-contre) est tout sec  et fait peine à voir avec ses feuilles d’un brun terne toutes ratatinées. 

  • AcerSangoBark.jpgPour une raison que j’ignore les deux acer palmatum plantés côte à côte ont réagi à la sécheresse de manière tout à fait différente : l’acer palmatum courant aux feuilles très découpées avec leur partie centrale renflée et leur pointe aiguisée arbore sa belle couleur jaune abricot mais son voisin, l’acer palmatum senkaki ou sango-kaku, qui a des feuilles identiques les a déjà perdu mais ses branches commencent à prendre sa jolie couleur rouge corail d’hiver très décorative qui va devenir de plus en plus éclatante (sango signifie corail en japonais)

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  • Par chance mon érable préféré, l’acer palmatum lineaborum que j’ai planté juste devant la porte d’entrée de la maison au sommet de l’escalier d’accès est en lui-même comme les automnes précédents une explosion de feuilles rouges éclatantes. Cette coloration va durer une dizaine de jours puis les feuilles tomberont sur le sol qui sera revêtu durant un jour ou deux d’un ravissant tapis rouge que l’on prendra plaisir à fouler.

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  • En partie basse du jardin, l’acer palmatum dissectum atropurpureum au fines feuilles ciselées a pris sa belle couleur rouille.

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  • Pour le reste du jardin, le cerisier japonais pleureur déploie ses longues branches tombantes garnies de pendeloques jaunes abricot et les fougères, les sédums et les graminées virent au jaune et au brun. Les grandes feuilles de bananier du magnolia tripetala roussissent et commencent à joncher le sol.

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  • Pour d’autres plantes, la transition s’étale dans le temps et certains feuillages font de la résistance conservant encore un peu leur vert estival qui contraste avec les jaunes et les bruns passés de leurs homologues. C’est notamment le cas des hostas aux larges feuilles rainurées et des graminées. Dans le lot, une surprise la belle teinte violacée des feuilles de l’année de la pivoine arborescente. Quand au choisya ternata sundance, l’oranger doré du Mexique, l’automne, ni même l’hiver n’ont de conséquence pour lui, il conserve ses feuilles à la belle couleur verte éblouissante et son parfum d’oranger.

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  • Des amis venaient dîner ce soir, de cette promenade au jardin a germée l’idée de réaliser un bouquet…  sans fleurs !

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Noyade

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Quand le paysage se noie dans une flaque d’eau… (photo Enki du 19 novembre 2016)

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L’envers de l’endroit

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Peut-être préférez-vous l’envers de l’envers de l’endroit ?

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Ma belle décrépitude

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Bouquet d’automne

      Sommes invités à passer une soirée chez des amis — S’y rendre avec une petite attention — Un petit quelque chose qui sort de l’ordinaire et surprend agréablement — Mais quoi ? une bonne bouteille ? Des fleurs en faisant un saut rapide chez le fleuriste ? Certainement pas ! M’imaginer chez le fleuriste à choisir entre les sempiternelles roses, anémones, asters et cyclamen produits à la chaîne dans des serres aseptisées, parfaitement calibrés et aux couleurs totalement identiques qu’on encadre à la fin par une brassée de fougères « pour faire champêtre » me donne le tournis… Le reste de l’année, je construis moi-même mes bouquets avec les fleurs du jardin mais nous sommes en automne et les fleurs, quand il en reste, sont toutes décrépies, et le feuillage aussi est décrépi — Mais figurez-vous que le décrépi, moi, j’aime çà — Je trouve çà charmant le décrépi ! — Connaissez-vous le wabi-sabi ? — Au Japon, le wabi-sabi c’est le charme esthétique qui naît du vieillissement des choses, de la beauté née de l’acceptation du réel dans sa totalité en intégrant ses imperfections : un vieux chalet de montagne au bois brûlé par le soleil et rainuré par la pluie qui à pris naturellement une belle patine brune, c’est wabi-sabi, un chalet moderne fait de lames de bois calibrées et vernies, ce n’est pas wabi-sabi… Un bol en terre cuite tourné à la main aux formes imparfaites, c’est wabi-sabi et un bol manufacturé ne l’est pas…

    Alors vite, je déniche un sécateur et je pars à l’assaut du jardin — Le secret d’un beau bouquet, en-dehors de la variété et de la complémentarité de ses fleurs et feuillages, c’est la structure… Un bouquet doit être structuré — Mais c’est quoi être structuré pour un bouquet ? — Être structuré, c’est être agencé selon un certain ordre, selon une organisation qui est source d’harmonie — Si vous n’avez pas naturellement l’esprit esthético-géométrique, il suffit de regarder autour de vous et de vous inspirer de choses qui vous semblent harmonieuses — Vous ne voulez pas en faire votre métier… Alors, inutile de vouloir comprendre et tout maîtriser, contentez-vous de copier ou de vous en inspirer — Pour ma part, j’ai décidé de m’inspirer d’un feu d’artifice… Le corps du bouquet sera traité comme une explosion d’où jailliront dans toutes les directions des éléments de couleurs aux formes variées et de cette masse explosive, des fusées s’élèveront vers le ciel avant d’exploser elles-aussi mais de manière moins ostentatoire…

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Mon bouquet mis en valeur par un magnifique vase que possédaient mes amis – photo Enki

Les ingrédients ?

      Branches feuillues vert claires et odorantes de la variété « Sundance » du Choisya ternata (oranger du Mexique) — Les feuilles spectaculaires et les fleurs séchées rouge-brun de l’Hydrangea Quercifolia (hortensia à feuilles de chêne) — Pour étoffer le corps du bouquet répartir des tiges de bambous Phyllostachys auréosulcata (bambous panachés à feuilles jaunes striées de vert)  et Sasa tesselletabambous à longues et larges feuilles) — Ajouter quelques tiges fleuries séchées de sédum de couleur brune et de physalis vermillon (amour en cage) qui attireront irrésistiblement le regard — Enfin, pour terminer, faire jaillir du corps du bouquet de grandes tiges de bambous Phyllostachys auréosulcata et Sasa tesselleta entre lesquelles vous aurez inséré quelques tiges surmontées de plumeaux bruns de Miscanthis sinensis ‘Zebrinus‘, une graminées panachée.

     Prévoir 20 mn de cueillette, 10 mn de coupe et de mise en place et le tour est joué… Comme le bon vin, plus le bouquet vieilli, et plus il fait de l’effet…  À vos sécateurs ! Et si vous n’avez pas de jardin, n’allez pas tailler vos plantes dans les parcs publics, allez en forêt, vous trouverez des végétaux ressemblants à baies rouges qui conviendront tout aussi bien…

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       Voici un bouquet du même type que j’avais réalisé un mois auparavant, les grandes feuilles exotiques du haut sont celles de branches de magnolia tripetala (magnolia à feuilles de bananier) et celles du bas des feuilles de figuier.

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articles liés : d’autres bouquets…

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Après la pluie…

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Samedi 12 novembre 2016 – Rive du lac d’Annecy (photos Enki)

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l’allée des platanes, mon axis mundi

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Brume et rouille

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Promenade en forêt, matinée du samedi 26 octobre 2016 (photos Enki)

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meraviglia

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Transcender la réalité

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Les beaux jours d’automne – Un hommage au parc du château d’Hohenheim

      Pour ceux pour qui la prise de vue n’est pas aboutissement mais un point de départ pour l’inconnu et le rêve. Pour ceux qui refusent que la ligne du temps s’interrompt brutalement mais qui veulent poursuivre le voyage non plus sur la voie étroite jusque là empruntée mais en se projetant dans toutes les directions de l’espace et du temps dans une totale liberté. C’est ce que réalise Laura du côté de Stuttgart avec imagination et talent en retravaillant les épreuves de ses prises de vue. Avec elle, la réalité se transcende et un coin banal de forêt devient un Nemeton mystérieux ou une forêt enchantée. Un retour au pictorialisme en quelque sorte qui utiliserait et mettrait à profit toutes les possibilités nouvelles qu’offrent les techniques modernes numériques de retouche d’images. Je vous invite à découvrir son blog, il en vaut la peine :  Laura’s Blog, c’est  ICI   (c’est en allemand).

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détail   (cadrage réalisé par Enki)

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