Erika Pluhar – Hotel zur Einsamkeit, 1976


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   Chère Erika Pluhar, actrice et chanteuse autrichienne, vamp et femme fatale à ses débuts, devenue l’une des égéries des années soixante dix lorsqu’elle soutenait la révolution des œillets du Portugal et chantait de sa voix suave les chansons de Wolf Bierman, ce chanteur contestataire d’Allemagne de l’Est écartelé entre sa foi dans l’idéal communiste et la réalité tragique de ce qu’était alors la RDA et dont le moindre défaut est d’avoir eu comme belle-fille la chanteuse punk Nina Hagen. C’est aujourd’hui devenue une vieille dame de plus de quatre-vingt années, encore vive et alerte. La chanson d’Erika Pluhar  que j’ai choisi de vous présenter est Hotel zur Einsamkeit (Hôtel sur solitude), une interprétation de 1976 de la chanson française Hôtel des voyageurs crée en 1972 par le compositeur français Jacques Datin pour Serge Reggiani.

Hotel zur Einsamkeit

Auf den Stühlen welken unsere Kleider
Und der Morgen, dieser Ehrabschneider
Steht vor dem Fenster wie ein Baum
Und füllt mit Vogellärm den Raum
Die frischen Narben deiner Haut
Sind Schatten die die Sonne baut

Du träumst deinen Traum noch zu Ende
Mir zittert schon die Hand
Oh wie du lügst, wenn du schläfst
Geliebter, du mein Feind

Hotel zur Einsamkeit, Zimmer mit Bad
Blick auf den Park, und jede Nacht
Herr Sowieso, der seine Polonaise spielt
Hotel zur Einsamkeit, hier war es früher
Einmal schön, ich hasse die Erinnerung und den Selbstbetrug

Ein paar Mücken stoßen an die Decke. Plötzlich friert
Mich so, dass ich erschrecke. Die Worte möchte ich zurück,
Von gestern Abend, Stück für Stück, als ich dich bat
Nicht fortzugehen, jetzt, jetzt schäm’ ich mich so für
Mein Flehen.

Ich kann auch ohne dich leben, ich weiß bloß noch
Nicht wie. Mit der Zeit wird es sich geben
Glaub’ mir, Geliebter mein Feind

Hotel zur Einsamkeit, Zimmer mit Bad, Blick auf den Park,
Und jede Nacht Herr Sowieso, der seine Polonaise spielt
Hotel zur Einsamkeit, mein Gott, es ist wirklich wahr
Es ist das letzte Atemholen vor der Gleichgültigkeit

Die Komödie bricht hier ab. Die Helden bleiben beieinander
Und man applaudiert nicht. Ein lächerliches Wunder, so wie
Die Schauspieler nach Hause gehen, obwohl sie gerade eben
Gestorben sind
Ich bin deine Gewohnheit, bald wirst du meine Gewohnheit
Sein. Wenn ich die Koffer packe, wirst du mir auftragen
Auch deine Hemden hineinzugeben. Nie
Nie werden wir uns auf einem Bahnsteig trennen,
Einfach in verschiedene Züge einsteigen, wir sind erbärmlich
Mein Geliebter, mein Feind

Hotel zur Einsamkeit, Zimmer mit Bad, Blick auf den Park, es
Ist doch alles nicht mehr wahr, ich lieb’ dich nicht
Ich lieb’ dich doch, was ist denn noch wahr
Hotel zur Einsamkeit, Zimmer mit Bad, Block auf den Park
Und jede Nacht Herr sowieso, der seine Polonaise spielt.

Musique :  Jacques Datin


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    Rudolf Koppitz, Liane Haid, Weissensee c. 1930

    Rudolf Koppitz –  Liane Haid, Weissensee, vers 1930

     

    Rudolf Koppitz. Photograph. Österreich. Photographie. Um 1930.

       Rudolf Koppitz (1884-1936) est né dans une famille germanophone dans un petit village de Silésie, région qui faisait partie à l’époque de l’Autriche-Hongrie (aujourd’hui en Tchéquie). Il commença sa carrière de photographe en 1913 dans la mouvance pictorialiste représentant des paysages enneigés, des arbres, des vedute, des scènes paysannes romantiques et de nombreux portraits. Après son service militaire de trois années dans l’armée autrichienne en 1904 et une expérience professionnelle d’une année en dehors de la photographie, il reprendra des études de photographie à Vienne de 1911 à 1913 bénéficiant dans son école d’un poste d’assistant en photographie de portrait et paysage, ainsi qu’en retouche. Rappelé sous les drapeaux en 1914, il servira comme photographe de terrain notamment en photographie aérienne. Après la guerre, il connaîtra un grand succès avec ses célèbres photos de nus qui témoignent de son goût pour le naturisme et le culte du corps. Ses modèles sont lui-même, son épouse et des danseuses de l’Opéra de Vienne. C’est avec ces danseuses qu’il réalisera en 1925 son œuvre devenue depuis une icône de la photographie d’art : Bewegungsstudie (étude de mouvement). À partir des années trente, il délaisse le pictorialisme pour un style plus documentaire et exalte, en s’appuyant sur une savante mise en scène et en référence à l’idéologie montante du moment, l’authenticité paysanne, la beauté des corps et le caractère sublime des paysages alpins. Cette idéalisation et valorisation du passé et de la «Heimat» autrichienne seront récupérées et approfondies un peu plus tard par la propagande nationale-socialiste. Sa femme et collaboratrice Anna Arbeitlang qui ne cachera pas ses sympathies nazies après l’Anschluss continuera de diffuser son œuvre après sa mort en 1936 et photographiera la jeunesse autrichienne à la manière de sa consœur allemande Leni Riefenstahl.
      Liane Haid (1895-2000) était une ballerine et chanteuse autrichienne qui se tourna vers le cinéma d’abord muet puis parlant et devint en tournant une centaine de films la première star de cinéma autrichienne. Elle quitta l’Allemagne nazie pour la Suisse en 1942.
      Le Weissensee est un lac d’altitude de Carinthie en Autriche connu l’été pour ses activités de baignade et l’hiver par le fait qu’il offre la plus grande surface gelée des Alpes.

    Rudolf Koppitz - Vacances (Liane Haid), vers 1930

    Rudolf Koppitz – Vacances (Liane Haid), vers 1930

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    Rudolf Koppitz - Etude de mouvement, 1925

    Rudolf Koppitz – Bewegungsstudie (étude de mouvement), 1925

    Quelques autres magnifiques photos de Rudolf Koppitz, en vrac. (cliquer sur les photos pour agrandir et lire la légende)

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    Home, sweet home : villa Schnür et hangar à bateau sur le Wörthersee, Autriche (1926).

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    Les villas qui bordent le lac Wörthersee en Autriche ont donné son nom au style qui les caractérise : l’architecture du Wörthersee. Des compositeurs tels que Gustav Mahler et Johannes Brahms appréciaient déjà les jolies villas du lac Wörthersee et y trouvaient matière à inspiration.
    La Villa Schnür à Pörtschach construite en 1926 par l’architecte H. Kovatschen en est un excellent exemple. L’habitation possède deux étages et a été construite en bois. Le hangar à bateaux qui en fait partie est exceptionnel. Monté sur pilotis, il est relié à la rive part une passerelle en bois et ressemble aux constructions légères en bois du Bosphore.

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