Une créature solaire


La joie de vivre en étendard

Connaissez vous Flavia Coelho ?

     Une jeune femme incroyable et irrésistible. Même que j’croyais pas qu’ça pouvait exister une fille comme ça ! Une jeune femme belle, drôle, magnétique. De la dynamite sur pattes, de l’énergie à revendre et un sourire, un sourire… un sourire qui désarme, qui entraîne, qui enjôle, qui séduit et je ne parle pas de son délicieux accent brésilien. Flavia, je vous remercie d’exister, d’être la preuve vivante qu’un être humain, sur cette terre meurtrie, où s’installe le pessimisme et de désespoir, qu’un être humain peut être animé d’une joie de vivre démesurée, plus contagieuse encore que le virus couronné. Sainte Flavia, lorsque vous chantez et remuez, vous réveilleriez les morts, feriez marcher les paralytiques et recouvrir la vue aux aveugles. Vous devriez être canonisée et, brésilienne qui avez choisi de vivre en France, devriez recevoir la légion d’honneur, devenir modèle de nos Mariannes dans nos mairies et avoir votre effigie au musée Grévin. De plus, vous détestez Bolsonaro et militez pour les droits des indigènes d’Amazonie. Alors…

     Voici trois de ses chansons que j’ai découvert sur le Net :  » La bonne nouvelle« , un live né du confinement, « Cé inventa » et « temontou« . Avec cette dernière chanson, elle m’a complètement désorienté et je ne sais plus quelle est ma droite de ma gauche ni le haut de mon bas… Il y en a des dizaines d’autres, toutes aussi entraînantes les unes que les autres. Vous aurez compris, je suis séduit !

Parce que t’es mon haut
Parce que t’es mon bas
Parce que t’es ma gauche, ma droite, mon ciel et mon trépas
Parce que c’est pour toi que j’imagine
Tous mes foutus stratagèmes
Et que t’es la seule raison d’être de ce maudit théorème
Parce que tu es tout ce que je voudrais être
Tout ce que je ne suis pas
Parce que tu es tout c’que j’aime, tout c’que j’aime (tout
c’que j’aime)
Parce que t’es mon haut
Parce que t’es mon bas
Parce que sans dessus, dessous j’sais plus quand on …,
c’est tout
Parce que t’es mon seul problème
Et mon seul remède ici-bas
Parce que t’es le poison et la cûre
C’est la seule chose dont je sois sûre
Tu es tout c’que j’aime, tout c’que j’aime
Tout c’que j’aime (Tout c’que j’aime)
Parce que t’es mon haut
Parce que t’es mon bas
Parce que t’es ma gauche, ma droite
Je sais plus où je suis quand t’es plus là
Parce que tu sais tout ce que je veux
Et aussi tout c’que j’ne veux pas
Parce que tu es tout c’que j’aime
Et tout cqu’il me restera
Parce que tu es tout ces petits riens
Qui font mon tout et c’est pas rien
Tu es tout c’que j’aime, tout c’que j’aime (Tout c’que
j’aime)
Et même si l’on s’échine
et qu’on se hante souvent
moi je sais que l’air que je respire
est plus doux quand t’es dedans
Tu es tout c’que j’aime
Tout c’que j’aime
Parce que t’es mon haut
Parce que t’es mon bas
Parce que t’es ma gauche, ma droite, mon ciel et mon trépas
Parce que tu sais tout ce que je veux
Et aussi tout c’que je n’veux pas
Parce que la seule chose qui me hante
C’est la distance jusqu’à tes bras
Tu es tout c’que j’aime, tout c’que j’aime
Tu es tout c’que j’aime, tout c’que j’aime
Oooh Aaah
Oooh Aaah
Tout c’que j’aime
Parce que tu es tout c’que j’aime, tout c’que j’aime

°°°

Et une dernière pour la route, « DNA« 


Deux chansons d’amour tristes


      C’est tout à fait par hasard en écoutant une émission diffusée par France Culture sur le thème de la jalousie en référence à un livre du philosophe Jean-Pierre Dupuy,  » La Jalousie. Une géométrie du désir « ,  que j’ai appris l’existence du chanteur et musicien brésilien Caetano Veloso. En fait je le connaissais sans en avoir conscience puisque j’appréciais depuis longtemps son interprétation de deux chansons iconiques : « Sohnos » (Rêves), une chanson brésilienne et la chanson mexicaine « Cucurrucucu paloma » dont j’avais adoré la touchante interprétation dans le film Hable con ella (Parle avec Elle) du réalisateur espagnol Pablo Almadovar. Ces deux chansons ont la particularité d’être toutes les deux des chansons tristes qui chantent la fin d’un amour. La chanson Sonhos parle d’un homme qui aime une femme passionnément et à qui celle-ci annonce soudainement qu’elle s’est éprise d’un autre homme. Contre toute attente et malgré sa souffrance, il ne se révolte pas contre cette situation et remercie sincèrement cette femme pour ce qu’elle lui a apporté et appris. (Ça existe vraiment des hommes comme ça ?). D’après Jean-Pierre Dupuy qui se considère franco-brésilien pour des raisons familiales, il semble que ce comportement va à l’encontre de la mentalité machiste des hommes de ce pays dans lequel le nombre des meurtres d’origine passionnelle (ou plutôt pathologique) l’emporterait largement sur celui de ceux liés à la drogue… Quant à la chanson Cucurrucucu paloma écrite par le chanteur compositeur mexicain Tomas Méndes en 1954, elle parle de la perte d’un être cher et de la souffrance qui en résulte.


Sonhos

Sonhos

Tudo era apenas uma brincadeira
E foi crescendo, crescendo, me absorvendo
E de repente eu me vi assim completamente seu
Vi a minha força amarrada no seu passo
Vi que sem você não há caminho, eu não me acho
Vi um grande amor gritar dentro de mim
Como eu sonhei um dia

Quando o meu mundo era mais mundo
E todo mundo admitia
Uma mudança muito estranha
Mais pureza, mais carinho mais calma, mais alegria
No meu jeito de me dar

Quando a canção se fez mais clara e mais sentida
Quando a poesia realmente fez folia em minha vida
Você veio me falar dessa paixão inesperada
Por outra pessoa

Mas não tem revolta não
Eu só quero que você se encontre
Saudade até que é bom
É melhor que caminhar vazio
A esperança é um dom
Que eu tenho em mim, eu tenho sim

Não tem desespero não
Você me ensinou milhões de coisas
Tenho um sonho em minhas mãos
Amanhã será um novo dia
Certamente eu vou ser mais feliz

Quando o meu mundo era mais mundo…


Rêves

Tout était juste une plaisanterie
Et elle a grandi, grandi
M’absorbant
Et soudain
Je me suis vu ainsi complétement à toi
J’ai vu ma force amarrée à tes pas
J’ai vu que sans toi il n’y avait pas de chemin
Je ne me trouvais pas
J’ai vu un grand amour crier à l’intérieur de moi
Comme je l’ai rêvé un jour.

Quand mon monde était plus un monde
Et tout le monde admettait
Un changement très étrange
Plus de pureté, plus de tendresse
Plus de calme, plus de joie
Dans ma façon d’être
Quand la chanson s’est fait plus claire,
Et plus triste
Quand la poésie est devenue une véritable folie dans ma vie
Tu es venue me parler de cette passion inattendue
Pour une autre personne.

Mais il n’y a pas de révolte, non
Je veux juste que tu te trouves
La mélancolie est parfois bonne
C’est mieux que de marcher vide
L’espérance est un don
Que j’ai en moi
Je l’ai, oui
Il n’y a pas de désespoir, non
Tu m’as appris des millions de choses
J’ai un rêve entre les mains
Demain sera un nouveau jour
Je vais certainement être plus heureux.

Quand mon monde était plus un monde…


Cucurrucucu paloma

     Caetano Veloso : dans cette interprétation magnifique les mots chantés que laissent échapper ses lèvres sont comme des oiseaux qui prennent leur envol dans une gracieuse lenteur. On comprend pourquoi les femmes qui l’écoutent posent sur lui un tel regard. Heureux l’homme sur qui se portent de tels regards…

Dicen que por las noches                                      Ils disent qu’il passait
Nomas se le iba en puro llorar,                           Ses nuits a pleurer
Dicen que no comia,                                               Ils disent qu’il ne mangeait pas
Nomas se le iba en puro tomar,                          Il ne faisait que boire
Juran que el mismo cielo                                      Ils jurent que le ciel lui même
Se estremecia al oir su llanto                              Se rétrécissait en écoutant ses pleurs
Como sufrio por ella,                                             Comme il a souffert pour elle
Que hasta en su muerte la fue llamando         Même dans sa mort il l’appellait
Ay, ay, ay, ay, ay, … cantaba,                                 Ay, ay, ay, ay. , ay…. il chantait
Ay, ay, ay, ay, ay, … gemia,                                    Ay, ay, ay, ay, ay…il gemissait
Ay, ay, ay, ay, ay, … cantaba,                                 Ay, ay, ay, ay, ay…. il chantait
De pasión mortal… moria                                    De passion mortelle…il mourrait
Que una paloma triste                                          Qu ‘une colombe triste
Muy de manana le va a cantar,                          Va lui chanter tot le matin
A la casita sola,                                                       A la maisonnette seule
Con sus puertitas de par en par,                       Avec ses petites portes
Juran que esa paloma                                           Ils jurent que cette colombe
No es otra cosa mas que su alma,                      N’est rien d’autre que son âme
Que todavia la espera                                           Qui attend toujours
A que regrese la desdichada                               Le retour de la malheureuse
Cucurrucucu… paloma,                                       Cucurrucucu…. colombe
Cucurrucucu… no llores,                                     Cucurrucucu…ne pleure
Las piedras jamas, paloma                                 Jamais les pierres, colombe
¡Que van a saber de amores !                            Que savent elles d’amour !
Cucurrucucu… paloma, ya no llores                Cucurrucucu…colombe, ne pleure plus


jealousy1895edvardmunchEdvard Munch – Jalousie (1897). Le peintre expressionniste norvégien que ce thème obsédait en a réalisé à partir de 1895 pas moins de 16 représentations.

La Jalousie. Une géométrie du désir

Capture d’écran 2020-06-13 à 15.21.44    Jean-Pierre Dupuy, philosophe, professeur émérite à l’Ecole Polytechnique, professeur à l’université Stanford (Californie), dans son livre  » La Jalousie. Une géométrie du désir   » (Seuil) propose une théorie générale de la jalousie en s’appuyant sur la théorie du désir mimétique défini par René Girard. France Culture, dans le cadre de l’émission La Conversation scientifique présentée par Etienne Klein, l’a invité à présenter son ouvrage.  (59 mn)

C’est   ICI.


meraviglia

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photographie : André Cypriano

André Cypriano - Eliane (1), 1999 - Rocinha, gelatin silver print (détail)

André Cypriano – Eliane, 1999 – Rocinha, gelatin silver print (détail) – l’extrait a été réalisé par moi. J’espère que l’auteur de la photo me pardonnera…

André Cypriano - Eliane (1), 1999 - Rocinha, gelatin silver print

la photo originale

André Cypriano est un photographe brésilien qui s’est attaché à montrer les images du peuple des favellas. La photo ci-dessus a été prise dans le célèbre bidonville de Rocinha à Rio de Janeiro.

Pour consulter son site, c’est  ICI

    Présenter ces photos de la manière exposée ci-dessus m’a posé un problème de conscience. Avais-je le droit de modifier l’œuvre d’un artiste, en l’occurrence cette photo d’André Cypriano pour lui faire exprimer autre chose que ce que l’auteur avait voulu lui faire exprimer ? Manifestement, Cypriano, en cadrant la photo comme il l’avait fait souhaitait affirmer le contraste entre la beauté éblouissante de la jeune fille et l’arrière-plan du bidonville de Rocinha fait de constructions misérables de bric et de broc qui partent à l’assaut de la montagne. Pour faire correspondre la photo à la thématique de l’article : meraviglia, c’est-à-dire « merveille », j’ai choisi de mettre en valeur le visage sublime de la jeune fille en gommant l’environnement qui nuisait à sa perception pleine et entière. J’ai par là-même tronqué la signification du cliché de Cypriano et lui ai fait exprimer tout autre chose. En avais-je le droit ? Une oeuvre doit elle être figée et n’appartenir de manière exclusive qu’à son auteur ou doit-elle être ouverte et permettre à ceux qui la contemple de rebondir vers tout autre chose  ? Le débat est ouvert… Le respect le plus élémentaire pour l’auteur impose néanmoins que l’on avertisse le lecteur et que l’on présente l’œuvre originale, ce que j’ai fait ici… J’aimerais recueillir vos points de vue sur ce sujet…

Enki sigle

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meraviglia

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illustre illustrateur : Emmanuel Lepage

Emmanuel Lepage et Nicolas Michel - Brésil, Fragments d'un voyage 1 (Casterman)

    Superbe portrait réalisé par ce virtuose de l’aquarelle qu’est Emmanuel Lepage, originaire de Saint-Brieuc, tombé dans le chaudron magique de la bande dessinée en rencontrant à l’âge de 13 ans le dessinateur de Spirou Jean-Claude Fournier qui lui enseignera les premiers rudiments du métier de dessinateur de bandes dessinées. Ce portrait est en-tête de couverture de son carnet de voyage  » Brésil «  qu’il a réalisé en collaboration avec son complice, l’écrivain Nicolas Michel.

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