Jouer aux p’tits bateaux, qui vont sur l’eau…


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Maman, les p’tits bateaux
Qui vont sur l’eau
Mais oui, mon gros bêta
S’ils n’en avaient pas
Ils ne march’raient pas.

Allant droit devant eux
Ils font le tour du monde
Mais com’ la terre est ronde
Ils reviennent chez eux.

Va quand tu seras grand
Tu sauras comment faire
Pour lutter vaillamment
Contre la mer et le vent.
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     Un déchet de bois et un bâtonnet, trois éclats de coquillages, six petits galets roulés, le tout ramassé sur la plage et voilà l’image d’un bateau à voile avec ses deux voiles, sa coque, son mat surmonté d’un drapeau et ses trois plaisanciers sagement assis sur le bastingage… Je me souviens avoir vu en Bretagne, à Quimper, la boutique d’un artiste qui exposait et vendait des réalisations étonnantes créées uniquement avec de menus objets recueillis le long des plages. Certaines de ses productions étaient de véritables œuvres d’art. J’ai tenté d’imaginer quel pouvait être le cheminement de la pensée d’un promeneur que sa déambulation le long d’une plage va conduire à fabriquer de ses mains un esquif composé de divers objets trouvés sur le sable… Deux cheminements parallèles donc, celui du corps et de la pensée qui vont à un moment se rencontrer par la découverte d’un objet futile en apparence, un simple éclat de coquillage, qui va se révéler être le point d’induction d’une projection dans l’imaginaire.


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Réceptivité   –   Assimilation

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   Un promeneur, marche le long de long de la plage, admirant le paysage ou laissant vagabonder ses pensées. Il est en vacances et a l’esprit dégagé et réceptif au décor qui l’entoure ainsi qu’aux mille  et un petits événements qui l’animent : bruissement des vagues qui déferlent sur le rivage, sautillement des oiseaux qui picorent le sable, déplacement des nuages sur la ligne d’horizon.  Soudain, une vision va effacer tout le reste : celle, sur le sable, d’une voile blanche immaculée ou, plus précisément, d’un éclat de coquillage brisé qui lui a fait penser immédiatement à une voile… Pourquoi une voile, me direz-vous, et pas mille et une autre chose ? Mais parce que tout dans cet éclat de coquillage fait penser à une voile : la forme triangulaire aux bords arrondis de la découpe, les rayures parallèles et courbes qui  font rappellent les plis, le bombement de la surface tel une toile gonflée par le vent et même la tension de ses points d’attache le long du mat et sur le pont. Cette association mentale d’un objet avec un autre objet dont la nature et la fonction n’ont à priori aucun rapport entre elles est courante chez l’homme et même chez beaucoup d’animaux. Les tortues marines qui ingurgitent des sacs plastiques qui ressemblent à des méduses en font tous les jours la triste expérience.


   Imagination                                                                                           

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    Cette reconstitution métaphorique inversée pourrait en rester là mais l’homme, et c’est là l’un des traits qui le distingue de la plupart des animaux, possède la faculté d’imagination. Qu’est-ce qu’imaginer sinon quitter la réalité et qu’est-ce que la réalité sinon ce qui se passe dans un lieu, à un moment présent. Imaginer, c’est se projeter dans un autre lieu à un autre moment pour y vivre une portion de vie que l’on a choisi et qui fait la part belle à nos désirs (même si quelques uns préfèrent imaginer le pire). Cette échappée est en général brève et la plupart des imaginatifs reviennent rapidement sur terre pour affronter de nouveau la réalité mais il arrive que certains se complaisent dans le monde imaginaire qu’ils ont créé et décident de n’en plus jamais revenir. On les affublent de différents noms : rêveurs, marginaux, fous, poètes, artistes, déviants…

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Reconstruction

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     Mais revenons à notre promeneur… une voile seule ne signifie rien car elle est inutile. Une voile voit son existence justifiée que lorsqu’elle fait partie d’un Tout qui est le navire. En dehors de cette situation, elle n’est rien d’autre qu’une masse de tissu informe posée sur le sol. Il était donc fatal que la pensée du promeneur passe de l’évocation de la simple voile à l’évocation du navire qui lui est lié et cette image, notre promeneur n’a pas eu besoin de faire l’effort de la reconstruire, telle une Vénus anadyomène, elle a jailli tout droit de la mémoire emmagasinée dans son cerveau.

Hippocampus

      On a longtemps pensé que la mémoire était emmagasinée dans un organe particulier du cerveau appelé joliment hippocampe mais on sait aujourd’hui que l’ensemble des 100 milliards de neurones que notre cerveau possède sont concernées par l’intermédiaires des synapses qui les relient entre eux et qui sont dix fois plus nombreuses. Les éléments mémorisés qui sont activés souvent par les synapses sont ceux qui remontent le plus vite à la conscience, d’autres « dorment » et attendent d’être réactivés, parfois sous l’action de la vision d’une image ou d’une structure d’image transmise par nos sens que l’association neurones-synapses a associé, à tort ou à raison, à l’un des éléments mémorisés. C’est le cas de cet éclat de coquillage dont la ressemblance à une voile de navire a produit un disfonctionnement du processus de reconnaissance, vite repéré, et interprété par notre conscience avec amusement.

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MÉMORISATION D’UN SOUVENIR : elle résulte de modifications des connexions au sein de réseaux de neurones activés par un signal. Lorsqu’une information est traitée, des protéines et des gènes sont activés dans les neurones postsynaptiques. Des protéines sont produites, acheminées vers les connexions établies entre les neurones pré et postsynaptiques. Ces protéines servent au renforcement des synapses, les sites de communication entre neurones, et à la construction de nouvelles synapses. Lors de la mémorisation d’un souvenir, un réseau spécifique de neurones s’élabore dans diverses structures cérébrales, l’hippocampe notamment, puis le souvenir se grave de la même façon dans le cortex, le lieu de stockage définitif des souvenirs. ( Crédit : Les mécanismes de la mémoire (moodle-Université de Montpellier) par Serge Laroche – c’est ICI )

Le Jeu

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     Cet envol de la pensée aurait pu s’arrêter là, c’est-à-dire à la reconstruction mentale un peu floue d’un navire tel que nous l’envisageons, vision née des expériences multiples que nous avons vécues depuis notre naissance. Pour certains, ce sera le dériveur léger des années d’apprentissage de leur enfance, pour d’autres les bateaux de pirates des films de corsaires de leur adolescence ou les rapides coursiers des mers, fins et racés, des compétitions maritimes.

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    Mais notre promeneur est en vacance, l’esprit libre et inactif au risque de s’ennuyer, prêt à bondir sur toute opportunité qui se présenterait et surtout sur celle qui ne générerait aucune contrainte mais du plaisir. Et quel est le meilleur moyen de se procurer du plaisir lorsque l’on dispose de temps libre et que l’on est pas assujetti à des tâches contraignantes ? Mais par le jeu, tout simplement, activité plaisante et gratifiante et qui offre l’occasion de s’abstraire de la réalité et de s’engager dans un espace de liberté *. À la différence de la plupart des activités humaines de la société moderne qui sont pratiquées dans le but de recevoir en retour un gain ou une compensation, le jeu est le plus souvent improductif et ne créé pas de valeur matérielle *, de plus il fait la part belle au hasard. Cette absence de conséquences matérielles de la victoire ou la défaite pour les joueurs dans une compétition où le hasard est déterminant confère au jeu un statut spécial de neutralité dans la compétition sociale et permet le « désarmement » des compétiteurs. Chaque joueur est prêt à accepter sa défaite car elle n’a aucune conséquence sur son statut personnel ou social. Dans un sens le jeu apparaît comme un « simulacre » des situations et confrontations que l’on rencontre ou que l’on rencontrera dans la vraie vie d’où son rôle dans l’apprentissage de la jeunesse en lui permettant de « tester » les futures situations de confrontation auxquelles elle sera, dans l’avenir,  confrontée. 

 * le jeu n’est pas totalement libre, il doit respecter certaines règles.
 * Parmi des jeux d’argent, certains comme le poker, ne sont pas que de hasard et constituent pour certains un métier.


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    À quel jeu a joué notre promeneur en créant un esquif à partir d’objets épars trouvés sur une plage ? Il a sans doute voulu relever une gageure, celle de réaliser en partant de presque rien, une maquette qui ressemblera ou évoquera de la manière la plus convaincante possible à son modèle, objectif qui, s’il pouvait l’atteindre, lui procurera une intense satisfaction et une grande fierté. Ce plaisir de créer va se manifester durant toute la phase de conception qui devient œuvre au sens ou l’emploie Hannah Arendt en l’opposant au travail.  On remarquera que ce comportement est celui de tout artiste. Y aurait-il dans la pratique artistique une notion de jeu le plus souvent ignorée ? Ajoutons que dans le cas de la maquette de bateau réalisée par notre promeneur, apparaît une dimension supplémentaire, celle de l’humour. Notre promeneur n’avait aucunement l’intention de réaliser un objet ressemblant de manière parfaite au modèle original imaginé du type des modèles réduit à monter que l’on trouve dans le commerce mais de réaliser une caricature amusante par la discordance entre les éléments du modèle à imiter et les objets anodins utilisés pour les représenter : déchet de bois usé pour la coque du navire, éclats rigides de coquillage pour les voiles, galets pour les passagers. Entreprise réussie.

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Funny : quand un chapeau haut de forme cache une grenouille…


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« Croyances : choses que l’on tient pour vrai malgré l’évidence du contraire. »   (Joseph O’Connor)
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     « C’est l’histoire d’un type qui va chez son médecin. il porte un chapeau haut de forme. Sans un mot, il s’assied et ôte son chapeau. Le médecin aperçoit alors avec surprise qu’une grenouille est posée sur son crâne chauve. Il s’approche et constate que la grenouille est comme soudée à la peau.

— Et vous avez ça depuis longtemps ? s’étonne le praticien en s’adressant au patient.

     Mais, à son grand étonnement, c’est alors la grenouille qui lui répond :

— Oh vous savez, docteur, au tout début, ce n’était qu’une toute petite verrue sous le pied . »

Selon Bernard Werber, L’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu.

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MAIN BASSE SUR L’AMÉRIQUE

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TRUMP’S TRIUMPH

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Enki sigle

Les Fauves sont lâchés…

 


Jeudi 10 janvier 2019 : Je pensais être le premier à avoir eu cette idée mais je viens de découvrir un dessin de la même veine du caricaturiste américain Brian Adcock paru en avril 2016 dans The Independant suite à la victoire de Trump à la Primaire républicaine.

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Supporter, passe encore ! Mais porter…

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colon britannique porté par une femme au Sikkim (Bengale ouest) en 1908

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« Un curé dans l’embarras » – dessin de l’alpiniste Edward Whymper (Escalades dans les Alpes 1860-1869)

       Ces illustrations m’ont fait penser aux caricatures révolutionnaires de nos livres d’école qui montrait un homme du peuple représentant le tiers état portant sur son dos un noble  et un représentant du clergé.

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     À partir du fameux poème de Rudyard Kipling The White Man’s Burden (le fardeau de l’homme blanc) qui était une injonction intimant à l’homme blanc le devoir de civiliser et de subvenir aux besoins des populations colonisées, une caricature satirique avait été publiée dans le magazine Life du 16 mars 1899 inversant le sens initial porté par le titre du poème. Cette inversion du sens devait être reprise beaucoup plus tard par le birman U Thant lors de son discours d’introduction comme secrétaire général de l’ONU lorsqu’il fit allusion au « fardeau de l’Homme Blanc, que les peuples colonisés ont porté jusqu’alors ».

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« The White Man’s Burden (Apologies to Rudyard Kipling) – Victor Gillam, Judge du 1er avril 1899

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Merci à Zineb El Rhazoui pour son courageux combat pour l’humanité et la laïcité – Soutenons la !

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Zineb El Rhazoui  - Charlie Hebdo

Zineb El Rhazoui  – Charlie Hebdo

    Zineb El Rhazoui (marocain prononciation : [zinæb əl ɣæzwi]), née le 19 janvier 1982 à Casablanca, d’origine berbère, est une journaliste, sociologue et militante des Droits de l’homme de double nationalité franco-marocaine qui proclame son athéisme et lutte avec beaucoup d’énergie pour la laïcité. Ayant suivi des études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) d’où elle sort avec un master en sociologie des religions, elle débute dans le journalisme au Maroc au Journal hebdomadaire, titre phare et pionnier de la presse indépendante qui sera fermé par le régime en janvier 2010. Elle aura durant cette période été reporter de guerre lors de la guerre de Gaza de 2008-2009 et aura mené de nombreuses enquêtes sur les libertés individuelles et les droits de l’homme au Maroc, ce qui lui vaudra d’être arrêtée à plusieurs reprises. Elle cofonde avec le psychothérapeute Ibtissam Lachgar le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), a l’initiative du mouvement des « Dé-jeûneurs » qui a organisé des pique-niques pendant le ramadan, et participe au Mouvement du 20-Février. Elle se fait remarquer lors d’une réunion plénière d’EELV le 18 août 2011 au Maroc, par son intervention contre Driss el-Yazami, conseiller du Roi.
    Après la fermeture de son journal elle trouvera refuge en Slovénie en 2010 dans le cadre du programme International cities of refuge network (ICORN) qui redonne la liberté d’expression aux journalistes et écrivains muselés dans leur pays d’origine puis part vivre en France. Elle devient alors porte-parole de Ni putes ni soumises en septembre 2011 et écrit dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo sur le thème des religions. Elle est également professeur assistante à l’Université française d’Égypte, enseignant la méthodologie de l’écrit et de la recherche.
     Alors en vacances à l’étranger, elle échappe à la fusillade au siège de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015. Elle contribue au « Journal des survivants », qui sort en kiosques le mercredi suivant.

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Zineb El Rhazoui au centre des survivants de Charlie Hebdo à la marche républicaine du 11 janvier 2015

      Zineb El Rhazoui et son mari, l’écrivain Jaouad Benaissi sont devenus la cible de la part de fanatiques intégristes d’une fatwa relayée par des dizaines de messages sur Twitter qui ordonne leur assassinat. Des informations sur leur vie privée, leurs habitudes et leurs déplacements ont été diffusées sur le réseau social. Des syndicats et fédérations de journalistes ont dénoncé, vendredi 20 février, ces appels au meurtre : « Aujourd’hui, Zineb El Rhazoui et son mari sont visés. Les menaces sont accompagnées de la photo et d’informations sur le domicile et le lieu de travail de son mari, et diffusées sur le réseau social Twitter», explique la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
     Zineb El Rhazoui a détaillé auprès de BFMTV ce qu’elle a notamment pu trouver sur Internet : « à défaut d’une balle ou d’un explosif, ils conseillent par exemple de m’isoler et de m’écraser la tête avec des pierres, de m’égorger, de me brûler, ou à défaut de brûler ma maison. » Mais toujours combattive, la jeune femme leur répond crânement : « Mais moi je leur dit, je vous attends de pied ferme les mecs », « Même s’ils parviennent à me tuer, contre quoi ils se battent au juste?« , s’est-elle encore demandée.

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 Zineb El Rhazoui et son mari, l’écrivain Jaouad Benaissi

Publications :
      . Nouvelles du Maroc, en collaboration avec Mohamed Leftah, Abdellah Taïa, Karim Boukhari, Fadwa Islah et Abdelaziz Errachidi, nouvelles, Magellan, en partenariat avec Le Monde diplomatique, 2011.
        . Scénario de La vie de Mahomet, dessins de Charb, Les Échappés, 2013.

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    Les déclarations de Zineb El Rhazoui qui suivent sont tirées : d’un article du blog Le Monde Société sur la tuerie de Charlie Hebdo, d’une interview et d’un échange de vue réalisés par l’universitaire Guy Haarscher de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) ¹, de déclarations présentées sur le blog « Au Féminin – société – » ) ² et de divers textes et prises de position accessibles sur internet.

Charlie Hebdo

 Charlie Hebdo - 100 coups de fouets si vous n'êtes pas mort de rire      « Charlie, j’y suis entrée par mon engagement et non par mon CV de journaliste ou par une lettre de motivation bien tournée. En 2011, en plein printemps arabe, Sylvie, une ancienne de la rédaction, m’a appelée pour que je lui raconte mes combats marocains. Deux jours plus tard, je déjeunais avec Charb et Riss, qui m’ont proposé de « passer à la réunion du mercredi ».
     Pour m’embaucher, Luz a proposé de baisser son salaire, « pour que ça rentre dans le budget ». Depuis, Riss a pris coutume de me demander : « Qu’est-ce qui t’énerve le plus cette semaine ? », pour voir ce que j’ai à écrire. C’est ainsi Charlie, un journal énervé, mais qui ne se prend jamais au sérieux. Riss a survécu. Blessé, « il arrive à bouger les doigts », m’a confirmé un collègue. Il redessinera. Luz aussi est en vie, mais se sentait incapable de dessiner, jusqu’à ce qu’il nous envoie la « une » du prochain numéro, tragiquement drôle. C’est la première fois que Charlie a sa « une » dès le jeudi soir. Charlie n’a jamais été un journal comme un autre, et ne le sera fatalement plus jamais.
     Notre équipe a été décimée à la kalachnikov, parce que nous avons osé tourner l’islam en dérision. Avant que notre salle de réunion, lieu habitué aux blagues et aux éclats de rire, aux murs tapissés de dessins, ne se transforme en bain de sang, nous avons mille fois été menacés de mort. Tout le monde le savait, mais nous n’en étions pas moins haïs, conspués. Il a fallu douze cadavres pour que Charlie soit enfin compris. Avec Wolinski, Honoré et Cabu, ce sont trois symboles de la culture française qui sont partis. Quant à Bernard Maris ou Elsa Cayat, psychanalyste et chroniqueuse, ils n’avaient jamais dessiné qui que ce soit et ne se préoccupaient pas plus de Mahomet que du pape.
     Charb, lui, avait fait de Charlie son sacerdoce et sa croix, il ne vivait que pour que vive le journal. Charb a désespérément tapé à toutes les portes, jusqu’à celle de François Hollande, pour attirer l’attention sur l’inexorable disparition de Charlie par asphyxie financière. « J’ai l’impression de faire le tapin », m’avait-il confié, il y a un mois, alors que nous déjeunions ensemble. Charb vivait dans l’angoisse de voir mourir le journal et se souciait peu de sa propre mort, lui qui était sous protection policière depuis 2012.
     Si tu avais été là, mon Charb, si tu avais vu la place de la République, noire de monde, des gens en larmes qui portaient ton portrait, dans un silence monacal. Si seulement tu avais pu voir ça. Si seulement tu pouvais voir ce jour où les propositions d’aide affluent de toute part, pour que le journal vive, à tout prix. »

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Ses combats au Maroc

Pour la liberté d’expression : « J’ai choisi le blog comme moyen d’expression le jour où j’ai perdu mon travail de journaliste, qui était ma tribune. Le Journal hebdomadaire, le pionnier de la presse indépendante au Maroc, a été fermé un beau matin par les autorités. Des huissiers ont débarqué, ont mis tout le monde dehors et placé nos locaux sous scellé. Depuis je suis au chômage, mais surtout, je suis blacklistée à cause de mes opinions et de mes activités militantes. Il est impossible pour moi de trouver du travail au Maroc, et quand bien même j’en trouverais, je refuse de me soumettre au Roi comme le font les journaux partisans. Donc ma nouvelle tribune, c’est mon blog, qui est hébergé en France par Le Monde.fr. Je ne gagne pas ma vie mais je continue à dire ce que je pense. » ¹

Contre la répression : « Je suis militante des libertés individuelles, et je me suis clairement positionnée pour la laïcité. De ce fait, je subis une grosse répression de la part du régime. Le trône marocain est une monarchie sacrée de droit divin, qui tire sa légitimité du religieux. Alors forcément, la première répression que je subis, c’est celle de l’Etat. ¹
     L’année dernière j’ai été arrêtée trois fois. Jamais jugée. Le 4 juin, par exemple, à 5h 45, 15 policiers ont débarqué chez moi, où j’étais avec mon copain. Ils ont mis des préservatifs dans ma salle de bain et les ont pris en photo dans le but de me coller un procès de mœurs. Car au Maroc, les rapports sexuels hors mariage sont toujours passibles de prison (article 490 du code pénal marocain) !
     Cette peur ne m’arrête pas. Soit je vis avec, soit je quitte le pays et je renie ma marocanité. Et ça je ne peux pas. Je ne peux que m’indigner et dénoncer. »

Pour les droits des femmes » En 2003, le Roi a réformé le code de la famille, ce qui a permis de réparer certaines injustices archaïques. Mais les droits de la femme ne sont toujours pas inscrits dans la loi. La polygamie n’est pas abolie ; en tant que femme marocaine, j’hérite toujours de la moitié de mon frère (alors que je ne paye pas la moitié de mes impôts !) ; il n’y a pas d’égalité constitutionnelle, le trône du Maroc se transmettant toujours par ordre de primogéniture mâle, etc.
    Ce qui me tient à cœur aujourd’hui c’est que la femme marocaine puisse enfin marcher la tête haute dans la rue, qu’elle gagne sa citoyenneté, ne soit plus assujettie au patriarcat de l’homme ou du Roi, qu’elle gagne une égalité constitutionnelle. Et cela passera par la laïcité
    Car disons-le, ce sont les lois musulmanes qui font des femmes d’éternelles mineures. Pour moi, la clef de voute de la condition féminine au Maroc, c’est un statut personnel civique, et non pas théologique. » ¹

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Au sujet de « la responsabilité » des journalistes en matière de caricature

marrakech-jamma-el-fna-henna   « J’ai exercé le journalisme dans un pays au fonctionnement dictatorial comme le Maroc. J’ai l’habitude d’entendre ce discours. Les hommes politiques me disent qu’en cas de troubles que mes articles sur la religion suscitent, je dois en assumer la responsabilité. On comprend vite que l’objectif de cette soi-disant responsabilité du journaliste, c’est la censure. Or, le journalisme est déjà encadré par des règles déontologiques. Un journaliste ne doit absolument pas s’imposer cette logique de responsabilité qui n’incombe qu’à l’Etat. Le maintien de l’ordre doit être assuré par les pouvoirs publics. C’est la raison pour laquelle les déclarations du Premier ministre français sont scandaleuses, d’autant plus qu’elles sont formulées par un homme de gauche dans une République qui se veut la patrie des droits de l’homme. Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, a même parlé de « la Une de trop » de Charlie Hebdo ! Ces politiques ont outrepassé leurs prérogatives : ils n’ont pas vocation à faire la leçon à des journalistes indépendants et à leur dicter quand et comment ils doivent traiter une question d’actualité. » ²

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 4552552_6_5efd_zineb-el-rhazoui-journaliste-et-membre-de-la_d06c1ca358e38d0e5c60d9f3ace78ded   Il faut d’abord délimiter sur quel terrain on se situe. Si on juge ces caricatures du point de vue artistique, on a le droit de trouver ces dessins excellents ou mauvais, vulgaires ou grivois, bêtes et méchants. 
    Mais si on les juge sur le terrain du droit, est-ce que ceux qui jugent ces caricatures seraient prêts à affirmer qu’on a quand-même le droit de les faire en tant que journalistes?
Ils sont prêts à tergiverser sur la liberté de pensée et attaquent le travail de Charlie. Je comprendrais que l’on dise que ces caricatures sont de mauvais goût, chacun peut en faire la lecture qu’il veut. Mais, je pense que Charlie en a tout à fait le droit, sans entrer dans des considérations de goût. 
    Ensuite, sur le moment choisi pour publier ces dessins. Cela a été l’élément massue de nos détracteurs. Mais, que voulaient-ils que l’on fasse? On est journalistes ou on ne l’est pas. 
    Nous nous devons de commenter l’actualité comme tout le monde, mais aussi à notre façon. Et l’actualité de la semaine c’était cela: des hordes de barbus enragés qui ont tué un ambassadeur, qui ont brûlé des bâtiments au Bangladesh et à Téhéran. On ne pouvait pas manquer cela. 
     On a commenté cette actualité avec la méthode de Charlie, qui est avant tout un journal satirique. Et la caricature écorche par définition. Elle est irrévérencieuse même. Elle n’est pas là pour faire plaisir aux caricaturés ou pour les caresser dans le sens du poil. 
     On nous a également reproché de vouloir jeter de l’huile sur le feu, en mettant en danger la vie des Français vivant à l’étranger. Je pense qu’on ne peut pas faire endosser la responsabilité à des journalistes d’actes violents qui seraient commis à Tripoli ou à Kaboul.
     Il faut être clair: les seuls responsables de ces actes, ce sont leurs auteurs, pas les journalistes. En tant que journalistes, nous n’avons pas à nous substituer à une logique de responsabilité d’Etat. Ce n’est pas notre devoir. Le nôtre c’est de travailler sur l’actualité, de respecter la déontologie journalistique qui est très claire et qui est de ne pas faire d’appel à la haine, ni de diffuser de propos racistes ou ou de faire des appels à la violence, etc. Tant que nous n’enfreignons pas ces règles je ne vois pas pourquoi, nous devrions nous en priver. (Interview sur le site SlateAfrique du 27/09/2012)

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Au sujet des initiatives visant à instaurer le délit de blasphème dans le monde

 Une de Charlie Hebdo    « Ces initiatives font partie d’une stratégie globale. Les religions cherchent à se substituer aux législations civiles et laïques pour imposer leur ordre moral à l’ensemble de la société. La volonté d’instaurer le délit de blasphème fait partie d’un processus plus large où les droits des femmes sont aussi remis en cause. Il faut donc être très vigilant par rapport à ces initiatives, surtout lorsqu’on observe que Charlie Hebdo est critiqué par les responsables politiques français pour avoir caricaturé le prophète. La prochaine étape peut être d’accepter de légiférer sur le blasphème. Dans ce contexte, il est important que des journaux comme Charlie Hebdo et des écrivains comme Salman Rushdie puissent défendre ce droit au blasphème qui apparaît précisément comme cette différence fondamentale entre la démocratie et la dictature, la civilisation et la barbarie. » ²

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    Disons que c’est la ligne éditoriale de Charlie. Il a caricaturé dans des positions extrêmement délicates le pape, Jésus ou encore Nicolas Sarkozy (ex-président français). Je ne vois pas pourquoi Mahomet ferait exception.
     Il faut que les détracteurs nous disent clairement s’ils veulent que nous respections une interdiction religieuse musulmane. Je crois que, nous, en tant que journalistes satiriques français, dans un pays où, jusqu’à nouvel ordre, il n’y a pas de délit de blasphème, on a le droit de le faire. 
     Je sais que le blasphème ne fait pas plaisir à tout le monde mais il faut être conscient que ces groupuscules de barbus —qui prétendent s’exprimer au nom d’un milliard et demi de musulmans, comme moi, parce que je suis de culture musulmane, même si je suis athée, et au nom d’une majorité de musulmans croyants et peut être même pratiquants— même s’ils n’apprécient pas le contenu de Charlie, ils n’iraient jamais égorger un ambassadeur. 
     A chaque fois que nous aurons des réactions violentes, nous aurons la confirmation qu’on a là un tabou bien coriace. Et à ce moment-là, en tant que journalistes satiriques, nous aurons le choix entre deux options: soit on se couche en nous disant que c’est dangereux et qu’on ne touche plus à Mahomet, soit on se dit qu’on a le devoir de repousser les lignes de la liberté d’expression. (Interview sur le site SlateAfrique du 27/09/2012)

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Au sujet de la fatwa de condamnation à mort sur Salman Rushdie lancée par certains pays

     « Que ceux qui nous disent que l’islam est une religion de paix et de tolérance viennent nous dire comment des autorités religieuses reconnues promettent des primes à des assassins. Beaucoup d’intellectuels et de responsables politiques européens se dérobent et mettent en sourdine ce débat, parce qu’ils ont peur d’être accusés de racisme. Ils pensent que s’ils se montrent intransigeants sur la nécessité pour l’islam de respecter les règles démocratiques, ils vont passer pour d’affreux racistes. Ils se trompent complètement, car le véritable racisme, c’est le différentialisme. Je suis marocaine de culture musulmane et je n’ai pas pour autant un degré de civilisation inférieure aux Français de culture chrétienne. Le racisme consiste donc à dire que les musulmans sont différents et que les autorités françaises doivent leur permettre de respecter leurs coutumes barbares et archaïques, et ainsi les exclure de la République. » ¹

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Au sujet de la liberté religieuse que l’on pourrait opposer à la liberté d’expression

 zineb_0   « C’est un fantasme de leur part. La Cour européenne des droits de l’homme protège les droits de l’homme, mais pas Dieu ! La liberté religieuse permet surtout aux croyants d’exercer leur culte. Elle n’implique en aucun cas le droit d’être choqué par des œuvres d’art, des livres ou des films. Et dans ces cas, on est choqué que si on le veut bien, c’est-à-dire si on prend volontairement connaissance de ces œuvres « choquantes ». Personne n’a jamais contraint quiconque à lire Charlie Hebdo ni à regarder sur internet des caricatures sur le prophète. Dire qu’on porte atteinte à la liberté religieuse parce que des gens montrent des images que personne n’est obligé de regarder est un sophisme absurde. De cette manière, on construit artificiellement une tension entre liberté d’expression et liberté religieuse pour faire croire que c’est un conflit entre deux droits de l’homme. » ²

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Au sujet des risques de populisme et de racisme antimusulman

maxresdefault    « Je suis consciente que ce débat est instrumentalisé par l’extrême droite. Sous couvert de défense de la laïcité et des principes républicains, elle ne fait qu’affirmer que les musulmans n’ont pas leur place en France. Marine Le Pen est paradoxalement la seule femme politique qui a condamné clairement toute atteinte à la liberté d’expression lorsque Charlie Hebdo a publié le numéro comprenant les caricatures de Mahomet. Nous ne sommes pas dupes : Marine Le Pen a déjà intenté des procès contre Charlie Hebdo et aujourd’hui encore, elle nous poursuit pour une affiche électorale qui la représente en étron fumant. Marine Le Pen estime donc que la liberté d’expression est fondamentale et sans limites quand il s’agit de l’islam, mais extrêmement limitée quand il est question du Front national. Quand on découvre qu’un beau matin, l’extrême droite est féministe et incarne la défense de la laïcité parce que cela l’arrange bien de taper sur les musulmans, on comprend que cette posture n’a rien d’honnête ni de sincère. D’autant que l’extrême droite n’a jamais brillé tout au long de son histoire par son attachement à la cause des femmes ni à la défense de la laïcité. Dans ce contexte, il est dangereux de laisser l’extrême droite s’approprier la laïcité. Tant la droite républicaine que la gauche doivent s’emparer de la laïcité pour l’aborder sans tabou. Il faut combattre les religions lorsqu’elles cherchent à occuper l’espace public, et non pas les individus identifiés comme appartenant à une communauté religieuse. De la même manière, lorsque les religieux disent qu’il faut respecter les religions, il faut s’y opposer. Je n’ai aucun respect pour les religions parce qu’elles ne me respectent pas en tant que femme. En revanche, je respecte les personnes qui pratiquent une religion. Cette nuance est essentielle. » ²

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    le problème tel que je le vois de mon côté, c’est que beaucoup se font traiter de racistes ou d’islamophobes, dès qu’ils critiquent l’islam. D’ailleurs pour moi ce mot est un non-sens.
     C’est quoi l’islamophobie? Avoir la phobie de l’islam? C’est ridicule. J’ai grandi parmi les musulmans, c’est mon père, c’est ma famille, c’est aussi la majorité de mon entourage. Je refuse d’être qualifiée d’islamophobe parce que je critique cette religion. 
      Je connais des gens qui développent une critique très rationnelle de l’islam, mais qui ne le critiqueront jamais de peur d’être taxés de racistes. Cela aussi, c’est un racisme à l’envers. Je ne permets à personne de faire un argumentum ad hominem. Lorsque je dis quelque chose, que mon idée soit intelligente ou pas, j’exige que la personne réponde à mon idée et non pas à mes origines. (Interview sur le site SlateAfrique du 27/09/2012)

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Sa critique véhémente de Driss El Yazami, militant des Droits de l’Homme et conseiller du Roi du Maroc

Intervention véhémente de Zineb El Rhazaoui lors d’un colloque du parti Europe écologie les Verts, le 18 août 2011, à l’encontre de Driss El Yazami, militant contesté franco-marocain des droits de l’homme pour ses relations avec le roi de Maroc et ses dénégations du centre de torture de Tamara

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la plus vieille ancienne caricature antireligieuse connue en Occident

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     Dés l’apparition du christianisme, celui-ci est l’objet d’attaques de la part des religions qu’il cherche à évincer. Ces attaques sont menées sous forme littéraire, dessinée ou théâtrale, souvent sarcastique, voire satirique. Au IIe siècle, Tertullien, un écrivain de la ville de Carthage située en Afrique du Nord converti au catholicisme se plaint du fait que le dieu des chrétiens était représenté par les adversaires païens de la nouvelle religion comme un dieu-âne vêtu d’une toge, porteur d’oreilles d’âne avec un pied en sabot et tenant un livre à la main.
     Les archéologues ont effectivement retrouvé à Rome un graffiti antique des premiers temps du christianisme représentant un personnage crucifié muni d’une tête d’âne et devant lequel s’affaire un croyant avec cette inscription : « Alexamène adore Dieu ». Pouvait on alors reprocher aux adeptes des religions païennes polythéistes dont les croyances étaient menacées par l’arrivée d’un Dieu unique qui ne souffrait aucune concurrence de manifester par la dérision leur opposition à cette prétention ?

Rome - Alexamène adore Dieu

La plus ancienne caricature : Jésus-Âne  en Croix, conservée au Musée Kircher à Rome. Découverte sur le Palatin à Rome en 1857, cette caricature tracée au stylet sur le plâtre d’une maison, date du temps des persécutions. Elle représente un personnage à tête d’âne, attaché à la croix, et une autre personne dans l’attitude en usage parmi les païens pour exprimer l’adoration, avec cette inscription : « Alexamène adore son Dieu ». Ce graphite a dû être tracé par quelqu’un qui voulait tourner en ridicule une connaissance accusé d’être chrétien.

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