Sortilèges


Duo de fleurs fatales…

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Le « Duo des fleurs » (1883) est l’air le plus connu de l’opéra en trois actes Lakmé du compositeur français Léo Delibes inspiré du roman de Pierre LotiRarahu ou le Mariage de Loti (1880) et créé le 14 avril 1883 à l’Opéra-Comique de Paris qui conte l’amour tragique de Lakmé, une jeune princesse hindoue pour un officier britannique. L’air qui accompagne une scène qui se passe dans l’enceinte sacrée d’un temple que la princesse s’apprête à quitter pour aller cueillir des fleurs en compagnie de sa servante Mallika est interprété ici par les cantatrices Anna Netrebko & Elina Garanca – Les illustrations sont tirées du tableau de Francis Auburtin, Les Nymphes, la forêt et la mer (1886-1924).


Le livret

Lakmé

Viens, Mallika, les lianes en fleurs
Jettent déjà leur ombre
Sur le ruisseau sacré, qui coule calme et sombre,
Éveillé par le chant des oiseaux tapageurs !

Mallika

Oh ! maîtresse,
C’est l’heure où je te vois sourire,
L’heure bénie où je puis lire
Dans le cœur toujours fermé de Lakmé !


                           Lakmé                                  Mallika

Dôme épais le jasmin                  Sous le dôme épais où le blanc jasmin
À la rose s’assemble,                    
À la rose s’assemble,
Rive en fleurs, frais matin,         
Sur la rive en fleurs, riant au matin,
Nous appellent ensemble.          
Viens, descendons ensemble.
Ah ! glissons en suivant              
Doucement glissons; De son flot charmant
Le courant fuyant;                       
Suivons le courant fuyant;
Dans l’onde frémissante,           
Dans l’onde frémissante,
D’une main nonchalante,          
D’une main nonchalante,
Gagnons le bord,                         
Viens, gagnons le bord
Où l’oiseau chante,                      
Où la source dort.
l’oiseau, l’oiseau chante.            
Et l’oiseau, l’oiseau chante.
Dôme épais, blanc jasmin,        
Sous le dôme épais, Sous le blanc jasmin,
Nous appellent ensemble !       
Ah ! descendons ensemble !


Lakmé

Mais, je ne sais quelle crainte subite,
S’empare de moi,
Quand mon père va seul à leur ville maudite;
Je tremble, je tremble d’effroi !

Mallika

Pour que le dieu Ganeça le protège,
Jusqu’à l’étang où s’ébattent joyeux
Les cygnes aux ailes de neige,
Allons cueillir les lotus bleus.

Lakmé

Oui, près des cygnes
Aux ailes de neige,
Allons cueillir les lotus bleus

***


Cinéma

Les_Predateurs.jpg     Une séquence magnifique et torride du film « The Hunger » (Les Prédateurs) réalisé en 1983 par Tony Scott à partir du roman de Whitley Strieber mettant en scène Catherine Deneuve et Suzanne Sarendon (on y voit aussi David Bowie) utilise de manière heureuse en bande sonore ce morceau de l’opéra de Léo Delibes interprété par Anna Netrebko & Elina Garanca. Le rythme lancinant de la mélodie accompagne merveilleusement la scène d’amour entre les deux femmes, rythme qui va peu à peu être altéré par une cacophonie angoissante et s’accroître jusqu’à devenir insupportable lors de la scène finale de la morsure de la vampire (voir ci-dessous la suite).


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Dieu est fumeur de havanes…


Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve

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     Serge était vraiment un copain, pas un ami – un copain ! D’ailleurs, il me disait que je me comportais comme un garçon. Le soir, je l’accompagnais, on est beaucoup sortis ensemble à une époque où il avait une vie très difficile. Je rigolais beaucoup avec lui, il était très drôle, mais évidemment, voir un homme et une femme, Catherine Deneuve et Serge Gainsbourg sortir, presque tous les soirs, cela fait parler. Il y a toujours cette ambiguïté : moi-même, je verrais un homme et une femme sortir une, deux, trois fois ensemble, à la fin je me dirais : tiens ? Mais nos relations étaient celles de copains.

    Il ne détestait pas donner l’apparence d’une ambiguïté dans une relation avec une femme, même s’il ne la touchait pas. C’est la faiblesse de beaucoup d’hommes. Quand on leur dit : « Alors, dis donc, il paraît que »… Eh bien, ils ne démentent pas ! Les hommes ne démentent pas par vanité. […] Serge, ça le flattait de laisser planer autour de lui que toutes les femmes qui l’approchaient, il les tombait.

     C’est un homme qui a eu un mal fou à se remettre de son physique, mais aussi de son échec en tant que peintre. Ce ratage, sa laideur physique sont les deux éléments qui l’ont poussé à rechercher autre chose, et ces deux ratages ont créé une provocation qui l’a amené à construire un autre univers, à une forme de génie. Et puis je trouve qu’il avait un charme fou !

Interview de Catherine Deneuve dans Paris Match, 1997