Polyphonie du cosmos en genèse


 

Genèse

   J’ai rassemblé dans cet article un texte extraordinaire, celui du poète russe André Biély décrivant la Genèse, des images de montagne et un chant admirable, « la chanson de Solweig » du compositeur norvégien Edvard Grieg interprété par la chanteuse d’opéra russe Anna Netrebko sur un fond musical électro du groupe allemand Schiller. Voyons si la recette tiendra ses promesses…



    « Les pointes rocheuses menaçaient, surgissaient dans le ciel; s’interpellaient, composaient la grandiose polyphonie du cosmos en genèse; vertigineuses, verticales, d’énormes masses s’accumulaient les unes sur les autres, dans les abîmes escarpés s’échafaudaient les brumes; des nuages vacillaient et l’eau tombait à verse; les lignes des sommets couraient rapides dans les lointains; les doigts des pics s’allongeaient  et les amoncellements dentelés dans l’azur enfantaient de pâles glaciers, et les lignes de crêtes peignaient le ciel ; leur relief gesticulait et prenait des attitudes ; de ces immenses trônes des torrents se précipitaient en écume bouillante; une voix grondante m’accompagnait partout ; pendant des heures entières défilaient devant mes yeux des murs, des sapins, des torrents et des précipices, des galets, des cimetières, des hameaux, des ponts ; la pourpre des bruyères ensanglantait les paysages, des flocons de vapeur s’enfonçaient impérieusement dans les failles et disparaissaient, les vapeurs dansaient entre soleil et eau, fouettant ma figure, et leur nuage s’écroulait à mes pieds; parmi les éboulements du torrent, les tumultes de l’écume allaient se dissimuler sous les laits de l’eau étale ; mais par là-dessus tout frissonnait, pleurait, grondait, gémissait et, se faisant un chemin sous la couche laiteuse qui faiblissait, moussait comme fait l’eau.

     Me  voici dressé au milieu des montagnes… »

André Biely

Caspar Friedrich - Au-dessus de la Mer de Nuages, 1818


Pour les articles de ce blog d’où sont tirés ces ingrédients, c’est ici


La chanson de Solveg en électro


     Schiller est un groupe allemand de musique électronique et new-age créé en 1998 à Hambourg par Christofer von Deylen et Mirko von Schlieffen. Ce dernier quittera le groupe en 2003. Leur premier album Zeitgeist définit un style qui sera distinctif du groupe : un fond de musique électronique accentuée par une douce mélodie accompagnée le plus souvent avec un texte littéraire lu d’une voix synchrone. L’album Opus qui contient la chanson de Solveg est le 8ème du genre, il comprend des collaborations avec le hautboïste allemand Albrecht Mayer,  la pianiste française Hélène Grimaud et la chanteuse d’opéra russe Anna Netrebko.   (crédit Wikipedia)

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Remerciements à Caiçara Blogando qui m’a fait connaître cette interprétation qui ferait presque couler des larmes de sang… c’est ICI


Edvard_Grieg_portrait_(3470721810)Edvard Grieg (1843-1907)

     La chanson de Solveig est un extrait de la musique de scène composée par le compositeur norvégien Edvard Grieg pour la pièce de théâtre Peer Gynt écrite par Henrik Ibsen. La chanson  fait partie de la composition Peer Gynt, suite n° 2, opus 55 et a été jouée pour la première fois à Oslo en 1876 où elle a reçu un accueil triomphal. la pièce a été tirée d’un vieux conte norvégien et narre l’histoire d’un jeune homme de 20 ans, Peer Gynt, un anti-héros prétentieux, égoïste, menteur, volage, dévoré par l’ambition et l’orgueil qui choisit de parcourir le monde non sans avoir obtenu au préalable la promesse de sa fiancée Solveig de l’attendre jusqu’à son retour. Malheureusement tout ce qu’il entreprend échoue lamentablement et il sombre dans la déchéance. Après un naufrage, il reviendra des années plus tard vieux et pauvre retrouver la fidèle et vertueuse Solveig qui l’aura patiemment attendu durant tout ce temps. Usée par les ans et cette longue attente, elle aura le temps de le consoler dans ses bras avant qu’il ne rende le dernier soupir. Elle lui murmure alors tendrement : « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c’est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur. »

Que cela vous serve de leçon….

L’hiver peut s’enfuir, le printemps bien aimé
Peut s’écouler.
Les feuilles d’automne et les fruits de l’été,
Tout peut passer.
Mais tu me reviendras, Ô mon doux fiancé,
Pour ne plus me quitter.
Je t’ai donné mon cœur, il attend résigné,
Il ne saurait changer.

Que Dieu daigne encore dans sa grande bonté,
Te protéger,
Au pays lointain qui te tient exilé,
Loin du foyer.
Moi je t’attends ici, cher et doux fiancé,
Jusqu’à mon jour dernier.
Je t’ai gardé mon cœur, plein de fidélité,
Il ne saurait changer.


Mais peut-être préférez-vous l’interprétation classique de la soprano norvégienne Marita Solberg ?

 


 

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Edvard Grieg (1843-1907)

    Edvard Hagerup Grieg, né en 1843 à Bergen (Norvège) d’un père d’ascendance écossaise, consul britannique et d’une mère norvégienne, est un compositeur et pianiste norvégien de la période romantique. Sa découverte en 1863 du folklore norvégien et de ses danses paysannes en fera toute sa vie un militant inépuisable d’un art musical national. Il influencera Claude Debussy et Maurice Ravel. Maître de la petite forme (pièces pour piano), il composera ses œuvres les plus célèbres dans le domaine orchestral comme le Concerto pour piano en la mineur et en 1874 une musique de scène pour la pièce de théâtre Peer Gynt du dramaturge norvégien Henrik Ibsen qui connaîtra un grand succès. Des 22 numéros de cette musique, Edvard Grieg en sélectionnera huit, les arrangeant et les réorchestrant en deux suites pour orchestre symphonique. La Chanson de Solveig est l’un de ces huit morceaux.

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    La Chanson de Solveig d’Edvard Grieg a été repris dans le projet de musique électronique Schiller créé en 2013 par le musicien allemand Christopher Von Deylen et auquel a collaboré la soprano lyrique russe Anna Netrebko. Le projet Schiller combine musique électronique et musique classique en s’inspirant de plusieurs morceaux classiques. Morceau magnifique pillé sans vergogne dans un blog que j’ai découvert récemment, assoupi depuis Noël 2014 et qu’on aimerait voir se réveiller….

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Anna Netrebko

Anna Netrebko

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La Chanson de Solveig

Kanske vil der gå både Vinter og Vår                            L’hiver et le printemps passeront peut-être
Og naeste Sommer med, op det hele År                        L’été prochain aussi, toute l’année peut-être.
Men engang vil du komme, det ved jeg visst.               Mais tu viendras quand même, j’en suis certaine.
Her skal jeg nok vente, for det lovte jeg sidst.             J’attendrai encore ici, car j’en ai fait la promesse.

Gud styrke dig, hvor du i Verden går                            Dieu te garde, où que tu ailles de par le monde )
Gud glaede dig, hvis du for hans fodskammel står     Dieu te bénisse, si tu t’agenouille pour le prier.
Her skal jeg vente till du komme igjen                          J’attendrai ici jusqu’à ce que tu reviennes
Og vente du hisst oppe, vi traeffes der, min Ven !        Et attendrais-tu là-haut, nous nous y retrouverons,
                                                                                             mon ami !

J’apprécie également beaucoup la version instrumentale de ce morceau, ici interprétée par l’orchestre philharmonique slovaque.

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