« I had a dream »


J’ai fait un rêve…

Leonora Carrington (1917-2011) - Who art Thou, White Face?.jpg

Je pagayais, de nuit, sur le lac d’Annecy…

 * Tableau de Leonora Carrington (1912-2011) – Who art Thou, White Face ?


    J’ai découvert, quelques jours après l’affichage de ce tableau surréaliste de Leonora Carrington, un tableau qui présente avec celui-ci un air de famille. Il a été peint par le peintre tchèque Wenzel Hablik (1881-1934) dont les œuvres sont associées au mouvement expressionniste allemand. On remarquera que seulement trois années séparent la réalisation de ces deux œuvres.

Wenzel Hablik - Starry Sky, Attempt, 1909

Wenzel Hablik – Starry Sky, Attempt (ciel étoilé, Tentative), 1909


Metropolis de Fritz Lang : inoubliable Brigitte Helm – II) la peur

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

capture-decran-2016-11-06-a-06-37-17

Séquence de l’enlèvement : Rotwang, l’inventeur fou, (interprété par l’acteur Rudolf Klein-Rogge) a épié dans dans les dédales de la ville souterraine la déclaration d’amour de Maria (Brigitte Helm) et de Freder (Gustav Fröhlich). Il a décidé d’enlever Maria dans le but  de la dédoubler par un robot qui prenant l’apparence de la jeune femme sèmerait le chaos parmi le peuple de la ville basse. Il attend le départ de Freder pour s’emparer de la jeune femme. Les photos qui suivent montrent le visage de Maria saisi d’une terreur  qui augmente peu à peu en intensité lorsqu’elle est poursuivie par Rotwang

I) La traque dans les souterrains

edvard-munch-le-cri-lithographie-1895

Expressionnisme : Edvard Munch – Le Cri, lithographie, 1895

II) La fuite à travers la ville

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

illustre illustrateur : Lynd Ward, graveur sur bois expressionniste – Frankenstein (1934).

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

LWCOV-C

    Lynd Ward (1905 – 1985) était un artiste américain connu pour ses gravures sur bois, en particulier, ses romans sans paroles, dans lequel il raconte une histoire entièrement par des gravures sur bois. Son style allie style Art déco et expressionnisme allemand. Il a illustré dans un style profondément troublantt et poétique  le roman de Mary Shelley Frankestein dans une édition de Harrison Smith et Robert Hass à New York, en 1934.
   

Lynd Ward - Frankenstein, 1934

lw242

QUATRIÈME LETTRE
À Madame Saville, en Angleterre

    L’événement que nous venons de vivre est si étrange que je ne peux pas m’empêcher de vous le rapporter, même s’il est probable que nous allons nous revoir avant même que cette lettre soit parvenue en votre possession.
    Lundi dernier (le 31 juillet), nous étions presque entourés par la glace qui encerclait notre navire de toutes parts, lui laissant à peine un espace où il flottait. Notre situation était extrêmement dangereuse, surtout qu’un épais brouillard nous enveloppait. Nous sommes restés sur place, espérant quelque changement, une atmosphère et un temps plus favorables.
   Vers les deux heures, le brouillard se dissipa et nous aperçûmes autour de nous d’immenses îlots de glace déchiquetés : ils semblaient ne pas avoir de bornes.
    Quelques-uns de mes compagnons se mirent à gémir et je commençais aussi à devenir inquiet, quand soudain notre attention fut attirée par un objet bizarre, de telle sorte que la situation où nous trouvions nous préoccupa moins.
    Nous distinguâmes un chariot bas, fixé sur un traîneau et tiré par des chiens, passer au nord, à la distance d’un demi-mille. Une silhouette de forme humaine, de toute apparence de stature gigantesque, était assise dans le traîneau et guidait les chiens. Avec nos télescopes, nous observâmes la rapidité de la course du voyageur, jusqu’à ce que celui-ci disparaisse parmi les enchevêtrements de glace.
    Cette circonstance nous sidéra. Nous étions – ou du moins nous pensions nous trouver à des centaines de milles de la terre. Mais cette apparition laissait supposer le contraire : en réalité nous étions moins loin que nous le croyions
     Comme nous étions entourés de glace, il ne nous fut pas possible d’en suivre les traces avec une attention plus soutenue.
    Environ deux heures après cette rencontre nous perçûmes le grondement de la mer et avant la nuit la glace se rompit et libéra le navire. Mais nous restâmes sur place jusqu’au matin de peur de heurter dans l’obscurité ces grandes masses qui dérivent, dès lors que la glace s’est brisée. j’en profitai à ce moment-là pour me reposer quelques heures.
Dans la matinée cependant, au point du jour, je montai sur le pont et trouvai tous les matelots réunis d’un seul côté du navire, comme s’ils parlaient à quelqu’un qui se trouvait dans la mer. Et en effet, un traîneau semblable à celui que nous avions vu avait dérivé vers nous pendant la nuit, sur un énorme morceau de glace. Un seul chien encore était vivant. Mais il y avait aussi un homme auquel les matelots s’adressaient pour qu’il monte à bord. Ce n’était pas, ainsi que l’autre voyageur le paraissait, un habitant sauvage d’une île inconnue mais un Européen. Lorsque j’arrivai sur le pont, le second lui dit
     – Voici notre capitaine ! Il ne vous laissera jamais périr en pleine mer.
    En m’apercevant, l’étranger m’adressa la parole en anglais, bien qu’avec un accent étranger :
    – Avant que je monte à bord de votre vaisseau, dit-il, auriez- vous la bonté de me dire de quel côté vous vous dirigez ?
    Vous devez concevoir mon étonnement en entendant la question que posait cet homme qui était plongé dans les affres et à qui mon vaisseau devait paraître comme un bien plus précieux que tous ceux que l’on rencontre sur la terre. Je lui répondis toutefois que nous allions en exploration vers le pôle Nord.
    Il parut satisfait et accepta de monter à bord. Mon Dieu, Margaret, si vous aviez vu l’homme qui capitulait ainsi pour son salut, vous auriez connu une énorme surprise !
   Ses membres étaient presque gelés et son corps était atrocement meurtri par la fatigue et la souffrance. Je n’ai jamais vu un homme dans un tel état. Nous nous efforçâmes de le conduire dans la cabine mais, dès qu’il ne fut plus en plein air, il perdit connaissance.    Nous le ramenâmes aussitôt sur le pont et, pour qu’il recouvre ses esprits, nous le frottâmes avec de l’eau de vie et fîmes en sorte qu’il en avale une faible quantité. Petit, à petit, il redonna des signes de vie. Nous l’enveloppâmes alors dans des couvertures et nous le plaçâmes près du poêle de la cuisine. Il alla progressivement de mieux en mieux et prit un peu de potage pour se revigorer.

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Lynd Ward - autoportrait, 1930

Lynd Ward – autoportrait, 1930

     Plus que tout autre illustrateur, Ward a saisi dans ses gravures l’ambivalence avec laquelle l’auteur de Frankenstein a décrit le «monstre» (également appelé «être», «créature», «démon», «démon», «misérable», et « diable »). Celui-ci apparaît  à la fois pathétique et terrifiante et son corps est à la fois athlétique et déformée. On éprouve de la pitié pour lui, de la la sympathie et l’on peut même parfois s’identifier à lui, sans pour autant vouloir lui tenir la main ou le laisser pleurer sur notre épaule….

°°°

Gravures et extraits du texte auquel elles se réfèrent

Lynd Ward - Frankenstein : Elisabeth enfant, 1934

Elisabeth enfant
   Elle avait vécu auprès de ses parents d’adoption et elle avait grandi dans cette masure, un peu comme une rose au milieu des ronces.
   Quand mon père revint de Milan, il trouva jouant à mes côtés dans le vestibule de notre demeure, une enfant plus belle qu’un chérubin, une créature dont le regard irradiait et dont les mouvements étaient plus gracieux que ceux des chamois sur les montagnes. Cette présence fut rapidement expliquée. Avec son accord, ma mère persuada les paysans qui la gardaient de lui confier la charge de l’enfant. Ils l’aimaient certes et pour eux elle avait été une bénédiction. Mais ils comprirent qu’il n’était pas juste de la laisser dans la pauvreté et le besoin au moment où la Providence lui assurait une protection plus puissante. Ils consultèrent le curé du village : il fut décidé qu’Élisabeth Lavenza viendrait habiter la maison de mes parents. Elle ne fut pas seulement une sœur pour moi mais aussi la délicieuse compagne de mes études et de mes loisirs.
Tout le monde adorait Élisabeth. L’attachement passionné, la vénération que chacun lui vouait et qui m’animait aussi furent mon orgueil et mon ravissement. La veille de son arrivé

°°°

Lynd Ward - Frankestein, 1934

La vision nocturne
    Une sueur glacée me couvrait le front, mes dents claquaient, j’étais saisi de convulsions. Puis, la lumière jaunâtre de la lune se glissa à travers les croisées de la fenêtre et j’aperçus le malheureux – le misérable monstre que j’avais créé. Il soulevait le rideau de mon lit et ses yeux, si je puis les appeler ainsi, étaient fixés sur moi. Ses mâchoires s’ouvrirent et il fit entendre des sons inarticulés, tout en grimaçant. Peut-être parlait-il mais je ne l’entendis pas. Une de ses mains était tendue, comme pour me retenir. Je pris la fuite et me précipitai vers les escaliers. Je cherchai refuge dans la cour de la maison où je passai le reste de la nuit, marchant fébrilement de long en large, aux aguets, attentif au moindre bruit, à croire qu’il annonçait chaque fois l’approche du démon à qui j’avais si piteusement donné la vie.
   Oh! Quel mortel pourrait supporter l’horreur d’une telle situation ! Une momie à qui l’on rendrait l’âme ne pourrait pas être aussi hideuse que ce misérable. Je l’avais observé avant qu’il ne fût achevé : il était laid à ce moment-là, mais quand ses muscles et ses articulations furent à même de se mouvoir, il devint si repoussant que Dante lui-même n’aurait pas pu l’imaginer.

°°°

Lynd Ward - Frankestein, 1934

L’excursion avec Henry
   Le mois de mai avait déjà commencé et j’attendais tous les jours la lettre qui fixerait la date de mon départ, quand Henry me proposa une excursion pédestre dans les environs d’Ingolstadt, afin que je puisse prendre congé du pays où j’avais si longtemps habité. J’acceptai avec plaisir cette proposition. J’aimais l’exercice physique et Clerval avait toujours été mon compagnon favori lors des randonnées que nous faisions çà et là dans mon pays natal.
    Ce furent quinze jours de pérégrinations. Ma santé et mon moral m’étaient revenus depuis longtemps, et le bon air, les avatars habituels du voyage, les discussions avec mon ami me fortifièrent plus encore. Les études m’avaient retenu à l’écart de mes semblables et j’étais devenu un être asocial. Clerval réussit à ranimer en mon cœur de meilleurs sentiments. Il m’apprit à aimer de nouveau la contemplation de la nature et le visage souriant des enfants. Excellent ami ! Comme tu m’aimais sincèrement, avec quel courage n’as-tu pas essayé d’élever mon âme au niveau de la tienne ! Des expériences égoïstes m’avaient miné l’esprit mais par ta gentillesse et ta douceur tu m’as rendu l’équilibre! Et je redevins la créature heureuse qui, il y a quelques années à peine, était aimée de tous et n’avait ni chagrin, ni souci. Lorsque j’étais heureux, la nature avait le pouvoir de m’offrir les plus exquises sensations. Cette saison était vraiment divine. 

                                                 °°°

tumblr_mj44cgsqbE1rv5690o1_500

Justine en prison
Nous entrâmes dans la cellule obscure et nous aperçûmes Justine assise sur de la paille. Ses mains étaient ligotées et sa tête reposait sur ses genoux. Elle se dressa en nous voyant entrer. Quand nous fûmes seuls avec elle, elle se jeta aux pieds d’Élisabeth et se mit à pleurer. Ma cousine pleurait aussi.
– Oh! Justine, dit-elle, pourquoi m’as-tu privée de ma dernière consolation ? Je comptais sur ton innocence et, bien que j’aie été très malheureuse, je ne le suis pas autant que maintenant.
Vous aussi vous pensez que je suis foncièrement mauvaise ? Vous vous joignez donc à mes ennemis pour m’accabler et me tenir pour une criminelle ?
Des sanglots étouffaient sa voix.
– Lève-toi ma pauvre fille, dit Élisabeth ! Pourquoi te mettre à genoux, si tu es innocente ? Je ne fais pas partie de tes ennemis. Je crois que tu n’es pas coupable, malgré toutes les charges qui pèsent sur toi, tant que je n’aurai pas entendu tes propres aveux. La rumeur, dis-tu, est fausse.
Ma chère Justine, sois assurée que rien ne pourra ébranler ma confiance en toi, excepté ta confession.
– J’ai avoué mais c’est un mensonge. 

°°°

Lynd Ward, Frankenstein, 1934

la rencontre à la Mer de Glace
    J’avais à peine parlé lorsque j’aperçus soudain, à une certaine distance, la silhouette d’un homme qui avançait vers moi à une vitesse surhumaine. Il bondissait au milieu des cratères de glace, parmi lesquels je m’étais promené avec précaution. Sa stature aussi, tandis qu’il s’approchait, semblait exceptionnelle pour un homme. J’étais troublé.
    Un brouillard passa sous mes yeux et je sentis que je perdais contenance. Mais, avec le vent glacial qui soufflait, je repris rapidement les esprits. Et je vis, lorsque la créature fut toute proche (spectacle extraordinaire et abhorré!), que c’était le monstre à qui j’avais donné la vie.
     Je tremblai de rage et d’horreur, résolu à attendre sa venue avant d’engager avec lui un mortel combat. Il approcha.
    Ses traits exprimaient une douloureuse angoisse, mêlée de dédain et de malice, alors que sa laideur atroce avait quelque chose de trop horrible pour un regard humain.
    Mais je me gardai de l’observer. La rage et la haine m’avaient tout d’abord privé de parole et je ne la retrouvai que pour exprimer ma fureur et mon abomination.

°°° 


Lynd Ward - Frankestein, 1934

Le rejet
« Je me réveillai vers midi. Encouragé par la chaleur du soleil qui brillait avec éclat sur le sol blanc, je décidai de poursuivre mon voyage. Je ramassai ce qui restait encore du repas, le fourrai dans une besace que je trouvai et m’avançai parmi les champs de nombreuses heures.
Au coucher du soleil, j’étais aux abords d’un village. Quel spectacle miraculeux! Les cabanes, les cottages charmants, les maisons imposantes éveillèrent tour à tour mon admiration. Les légumes dans les jardins, le lait et le fromage que je voyais exposés à la fenêtre de certains chalets excitèrent mon appétit. J’entrai dans l’un des plus beaux mais j’avais à peine mis le pied à l’intérieur que les enfants se mirent à crier et qu’une femme s’évanouit. Tout le village était en effervescence. Certains fuyaient, d’autres m’attaquèrent jusqu’à ce que, gravement blessé par les pierres et les autres projectiles qu’on me lançait, je me sauve dans la plaine et aille peureusement me réfugier dans une petite hutte, toute basse, et dont l’apparence, comparée aux demeures du village, était misérable.

°°°

Lynd Ward - Frankestein, 1934

La révélation de sa laideur
    «Peu à peu, je me rendis compte que les sons qu’il émettait lorsqu’il parlait étaient les mêmes que ceux qu’il émettait lorsqu’il lisait. Je supposai donc qu’il trouvait sur le papier des signes qui lui permettaient de parler et qu’il comprenait et je voulus moi aussi les connaître. Mais était-ce possible puisque je ne pouvais pas saisir les sons correspondant à ces signes ? Néanmoins, je fis de notables progrès en ce domaine mais ils n’étaient pas suffisants pour me permettre de suivre une conversation quelconque (…). J’avais une grande envie de révéler ma présence aux fermiers mais je m’apercevais bien que je ne devais rien tenter avant d’avoir réussi à maîtriser leur langage – et peut-être, en étant capable de parler, pouvais- je aussi faire oublier la difformité de ma figure, car sur ce point-là aussi j’avais appris à mesurer les différences existant entre nous.
    « J’avais admiré la perfection des corps des fermiers -leur grâce, leur beauté, la délicatesse de leur allure. Comme j’étais terrifié lorsque je voyais mon reflet dans l’eau ! La première fois, je m’étais jeté en arrière, ne pouvant pas croire que c’était moi que le miroir réfléchissait. Mais lorsque je fus pleinement convaincu que j’étais un authentique monstre, je ressentis une profonde, une humiliante amertume. Hélas ! Je ne connaissais pas tout à fait encore les conséquences fatales de ma misérable difformité ! 

°°°

tumblr_mj44cgsqbE1rv5690o1_500

Le père de Safie en prison
    Quelques mois encore avant mon arrivée, ils vivaient dans une grande et luxueuse ville nommée Paris, (…). 
    Le père de Safie avait été la cause de leur ruine. C’était un marchant turc’ Il habitait déjà Paris depuis quelques années lorsque, pour une raison que je ne pus comprendre, il avait été banni par son gouvernement. Il avait été arrêté et jeté en prison le jour même où Safie arrivait de Constantinople pour venir vivre avec lui. Il avait été jugé et condamné à mort. L’injustice de cette sentence était par trop flagrante. Tout Paris s’en était indignée. L’on prétendait que c’était moins à cause du forfait qu’il avait commis qu’on l’avait condamnée qu’à cause de sa religion et de sa, richesse.
    Par hasard, Félix avait assisté au procès. Quand il avait appris la décision de la cour, il avait été horrifié et indigné. À ce moment-là, il avait fait le vœu solennel de délivrer cet homme et de faire l’impossible pour y aboutir. Après qu’il avait plusieurs fois essayé en vain de s’introduire dans la prison, il s’était aperçu qu’une fenêtre grillagée, dans une partie non gardée du bâtiment, donnait accès à la cellule du malheureux mahométan. Celui-ci, lié avec des chaînes, attendait dans le désespoir l’exécution de l’atroce sentence.

°°° 


Lynd Ward - Frankestein, 1934Agressé par Félix
    À cet instant, j’entendis les pas de mes jeunes protecteurs. Je n’avais plus une seule seconde à perdre. Je saisis la main du vieillard et criai :
    « – Il est grand temps ! Sauvez-moi, protégez-moi ! C’est vous et votre famille, ces amis que je cherchais. Ne m’abandonnez pas alors que l’heure de mon épreuve vient de sonner !
    « – Grand Dieu ! s’exclama le vieillard. Qui êtes-vous ?
    À cet instant, s’ouvrit la porte du chalet et Félix, Safie et Agatha entrèrent. Comment décrire leur épouvante et leur stupéfaction lorsqu’ils m’aperçurent? Agatha s’évanouit. Safie, incapable de secourir son amie, se précipita hors du chalet. Félix, lui, bondit sur moi et, avec une force surhumaine, m’arracha des genoux de son père. Saisi de fureur, il me jeta sur le sol et me frappa violemment avec un bâton. J’aurais pu lui briser les membres, comme le lion en présence d’une antilope. Mais mes forces, paralysées par la fièvre, défaillirent et je me retins. Je vis qu’il allait me refrapper. Vaincu par la douleur et l’angoisse, je sortis du chalet et, dans le tumulte général, courus me cacher dans ma cabane. » 

°°°


LW161L’assassinat du petit William
    À ce moment, un léger sommeil dissipait déjà ma rancœur quand je fus réveillé par l’arrivée d’un beau garçon qui, plein d’agilité, venait en courant vers l’abri que je m’étais choisi. Et soudain, en le voyant, j’eus l’idée qu’une petite créature ne pouvait pas avoir, elle, de préjugés et qu’elle n’avait assez vécu pour connaître l’épouvante et la laideur. Aussi, si je parvenais à m’emparer de lui, si je réussissais à en faire un ami et un compagnon, je ne serais plus seul dans ce monde peuplé d’hommes’ »Obéissant à mon impulsion, je saisis le garçon au passage et l’attirai vers moi. Dès que ma physionomie lui fut révélée, il plaça ses mains devant les yeux et poussa un cri formidable. Je lui tirai énergiquement les mains du visage et lui dis :
« – Pourquoi fais-tu cela, mon enfant ? Je n’ai pas l’intention de te nuire. Écoute-moi.
    Il se débattit violemment.
« – Lâchez-moi, hurla-t-il. Monstre ! Abominable créature ! Vous voulez me manger et me mettre en pièces. Vous êtes un ogre. Laissez-moi partir ou je le dirai à mon papa.
« – Tu ne reverras plus jamais ton père, mon garçon. Tu dois venir avec moi !
« – Hideux monstre ! Laissez-moi partir. Mon papa est un syndic’ C’est M. Frankenstein’.. Il vous punira. Vous n’oserez pas me garder !
« – Frankenstein ! Tu es donc de la famille de mon ennemi, de celui envers lequel je nourris une éternelle vengeance. Tu seras ma première victime !
    L’enfant se débattait toujours et m’accablait d’injures qui me déchiraient le cœur. Je le pris à la, gorge pour le faire taire mais, en un rien de temps, il tomba mort à mes pieds.
  Je contemplai ma victime et mon cœur se gonfla d’exultation et d’un triomphe infernal. En battant des mains, je m’écriai :
« – Moi aussi, je peux créer la désolation. Mon ennemi n’est pas invulnérable. Cette mort le remplira de désespoir et mille autres misères le tourmenteront et l’annihileront !

°°°

Lynd Ward - Frankenstein, 1934

La navigation en barque sur le lac Léman.
    Souvent, après que le reste de la famille se retirait pour la nuit, je prenais une barque et passais de longues heures sur l’eau. Et parfois, toutes voiles dehors, je me laissais pousser par le vent ou alors, après avoir ramé jusqu’au milieu du lac, je laissais mon embarcation dériver et je m’abandonnais à de sombres réflexions. Quand tout était silencieux alentour, quand il ne restait que moi comme créature inquiète au milieu de ce site si beau et si merveilleux – si l’on excepte quelques chauves-souris et quelques grenouilles dont le coassement rude et continu ne se percevait qu’aux abords du rivage -, j’étais régulièrement tenté de me précipiter dans le lac afin que ses eaux puissent se refermer à jamais sur moi et sur mes malheurs. Mais j’étais retenu par la pensée de l’héroïque Élisabeth que j’aimais tendrement et dont l’existence était fondée sur la mienne. Je pensais aussi à mon père et au frère qui me restait. Pouvais-je donc, par ma désertion honteuse, les laisser exposés, sans aucun moyen de défense, à la malice de la créature que j’avais moi-même déchaînée parmi eux ? 
    Dans ces moments-là, je pleurais amèrement et je souhaitais recouvrer la paix afin d’apporter aux miens la consolation et le bonheur. Mais ce n’était pas possible. Le remords étranglait le moindre espoir.

°°°

LW187

Etats d’âme…
   Un soir, je me trouvais dans mon laboratoire. Le soleil avait disparu et la lune venait juste de se lever au-dessus de la mer. Il ne me restait plus assez de lumière pour travailler et je demeurai là, perplexe, me demandant si j’allais abandonner ma tâche pour la nuit ou si, en m’appliquant plus encore, je ne pourrais pas plus vite la mener à bonne fin. Comme je m’interrogeais, une foule de pensées vinrent m’assaillir et je me mis à réfléchir sur les conséquences de mon acte. Trois ans plus tôt, je m’étais déjà engagé dans la même voie et j’avais créé un démon dont l’effroyable barbarie m’avait déchiré le cœur et avait fait naître en moi les remords les plus amers. Et maintenant, j’étais sur le point de fabriquer une autre créature dont je ne savais pas quelles seraient les dispositions d’esprit. Elle pouvait être mille fois plus mauvaise que la première et prendre plaisir à tuer et à semer la désolation. 
    Le démon, lui, avait juré de quitter le voisinage des hommes et de se cacher dans les déserts. Mais que dire de sa compagne ? Elle qui, selon toute probabilité, allait devenir un animal doué de pensée et de raison, refuserait peut-être de se soumettre à un pacte conclu avant sa création. 

°°°

LW201

L’assassinat de Henry Clerval
   Comme il avançait le long de la grève, il avait heurté du pied quelque chose et s’était de tout son long étalé sur le sol. Ses compagnons lui avaient porté secours et, à la clarté de leur lanterne, ils s’étaient rendu compte qu’il était tombé sur le corps d’un homme mort, selon toute apparence. 
   Ils avaient d’abord cru que c’était là le cadavre d’un noyé, rejeté par la mer sur le rivage. Mais, par la suite, ils avaient remarqué que les vêtements de l’homme n’étaient pas mouillés et même que le corps n’était pas encore tout à fait froid. Ils l’avaient immédiatement transporté dans la maison d’une vieille femme qui habitait les environs et avaient essayé en vain de le ranimer. Tout semblait indiquer qu’il s’agissait d’un jeune homme qui devait avoir dans les vingt-cinq ans. À première vue, il avait été étranglé et, en dehors d’une marque de doigt noire autour du cou, on ne voyait sur lui aucune trace de violence. La première partie de cette déposition ne me concernait nullement. Mais, lorsque fut mentionnée la marque de doigt, je me souvins du meurtre de mon frère et me sentis extrêmement secoué. Mes membres tremblaient, un voile me couvrit les yeux et je dus m’appuyer sur une chaise pour me retenir.

°°°

LW217Lynd Ward - Frankestein, 1934

°°°

L’assassinat d’Elisabeth
Mais je ne découvris aucune trace de lui et je commençais déjà à supposer qu’il y avait beaucoup de chance qu’il ne mît pas sa menace à exécution, lorsque tout à coup j’entendis un cri terrible et effrayant. Il venait de la chambre où Élisabeth s’était retirée. La vérité, toute la vérité s’imposa à moi : je laissai tomber les bras et tous mes muscles se figèrent. Je sentis que mon sang se glaçait et venait chatouiller l’extrémité de mes membres. Mais cela ne dura qu’un instant. Un autre cri jaillit et je me ruai vers la chambre. 

      Grand, Dieu ! Pourquoi ne suis-je pas mort à ce moment- là ? Pourquoi suis-je ici à vous relater l’anéantissement de ma seule espérance et de la plus pure des créatures humaines ? Elle gisait, inerte et sans vie, en travers du lit, la tête pendante, les traits livides, contractés, à moitié cachés par sa chevelure. Où que je me tourne, je vois la même image – les bras ballants, étendue sur son lit nuptial, telle que le meurtrier l’avait laissée. Pourrais-je encore vivre après cela ? Hélas ! La vie est obstinée : elle se cramponne à vous même quand on la déteste. À cet instant, je perdis connaissance et m’écroulai sur le sol.

     Lorsque je retrouvai mes esprits, les gens de l’auberge m’entouraient. Leur physionomie exprimait une indicible terreur mais cette terreur-là me semblait une caricature, l’ombre des sentiments qui m’accablaient. Je m’écartai d’eux et gagnai la chambre où gisait le corps d’Élisabeth, mon amour, mon épouse, si vivante, si douce, si belle, il y a quelques minutes à peine. Elle n’était plus dans la position dans laquelle je l’avais découverte la première fois. À présent, elle avait la tête appuyée sur un bras. Un mouchoir lui couvrait le visage et le cou. J’aurais pu croire qu’elle dormait. Je me ruai sur elle et l’enlaçai avec ardeur mais la rigidité de ses membres et le froid de sa chair me disaient que je ne tenais plus entre mes bras cette Élisabeth que j’avais tant aimée et tant chérie. Sur son cou apparaissaient les traces de doigt criminelles et aucun souffle ne s’échappait de ses lèvres. Tandis que je me tenais penché sur elle, dans l’agonie du désespoir, je levai les yeux. Jusqu’à cet instant, les fenêtres de la chambre étaient sombres et j’éprouvai une espèce de panique en voyant la lueur jaune et pâle de la lune illuminer la pièce. À l’extérieur, les volets n’étaient pas mis. Avec une sensation d’horreur indescriptible, je vis à travers la fenêtre ouverte la plus hideuse, la plus abominable des figures. Une grimace tordait les traits du monstre. Il semblait se moquer et, d’un doigt immonde, me désigner le corps de ma femme. Je me précipitai vers la fenêtre, tirai m’on pistolet de ma poitrine et fis feu. 

18336e1e192e62099ca087e5d4735ff44b96c130.pjpg

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

pessimisme, cynisme et ambiguïté : Gottfried Benn, poète expressionniste et dermatologue

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Gottfried Benn (1886-1956) par Tobias FalbergGottfried Benn (1886-1956) dessin de Tobias Falberg

   Gottfried Benn est l’un des plus grands écrivain allemand. Comme beaucoup d’allemands de sa génération, il avait été profondément marqué par  la rupture majeure de la société allemande à la suite de l’effondrement national consécutif à la défaite de 1918. Fils d’un pasteur luthérien de Mansfeld (actuelle Prignitz), il étudie à Sellin, dans la région de Nouvelle Marche, et à Francfort-sur-l’Oder, avant de se tourner vers la théologie à l’université de Marbourg et la médecine militaire à l’Académie Kaiser-Wilhelm de Berlin. A l’orée de la Première Guerre mondiale il publie un court recueil de poèmes expressionnistes (Morgue, 1912). Engagé en 1914, il est envoyé pour une brève période sur le front belge, où il sert comme médecin militaire à Bruxelles. Par une étrange coïncidence, il loge dans l’ancien atelier du peintre symboliste belge Fernand Khnopff, à Saint-Gilles, au n°1 de la rue Saint-Bernard, où il écrira une grande part des poèmes présentés ci-après. Il assiste au procès et à l’exécution de l’infirmière Edith Cavell, cette infirmière britannique condamnée à être fusillée pour avoir aidé à l’évasion de centaines de soldats alliés en Belgique. Il exerce ensuite comme médecin militaire à l’hôpital Molière d’Ixelles où il soigne les prostituées puis retourne à Berlin, où il ouvre un cabinet de dermatologie et devient spécialiste des maladies vénériennes.

    Hostile à la République de Weimar, et rejetant marxisme et américanisme, Benn commence par sympathiser avec le régime nazi. Il espère que le national-socialisme exaltera son esthétique, que l’expressionnisme deviendra l’art officiel de l’Allemagne, comme le futurisme l’est en Italie. Benn est élu à la section poésie de l’Académie de Prusse en 1932 et prend la tête de cette section en février 1933. En mai, il défend le nouveau régime à la radio et signe le Gelöbnis treuester Gefolgschaft (Serment de très fidèle obédience).

     La politique culturelle du nouvel État ne prend pas la voie qu’il espérait et, en juin 1933, Hans Friederich Blunck remplace Benn à la tête de la section poésie de l’Académie. Consterné par la Nuit des Longs Couteaux, Benn retire son soutien au mouvement nazi. Il décide d’accomplir « la forme aristocratique de l’émigration » et rejoint en 1935 la Wehrmacht, où il trouve nombre d’officiers désapprouvant comme lui le régime. En mai 1936, la revue SS Das Schwarze Korps (« Le corps noir ») attaque la poésie expressionniste et expérimentale, qualifiée de dégénérée, juive, et homosexuelle. À l’été 1937, Wolfgang Willrich, un membre de la SS, dénonce Benn dans son livre Säuberung des Kunsttempels (« Nettoyage du temple de l’art »). Heinrich Himmler, cependant, intervient pour réprimander Willrich et défendre Benn sur le terrain de ses succès depuis 1933 (ses premières productions artistiques étant hors de propos). En mars 1938, le Reichsschrifttumskammer (Chambre de la littérature du Reich : corporation des auteurs nationaux-socialistes) interdit à Benn de continuer à publier.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Benn est en poste dans l’est de l’Allemagne, où il écrit des poèmes et des essais. Après la guerre, son travail est interdit par les Alliés en raison de son soutien initial à Hitler. En 1951, il obtient le prix Georg Büchner. Il meurt à Berlin-Ouest en 1956 et est enterré au cimetière de Dahlem, à Berlin.

Crédit Wikipedia

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Les poèmes de Gottfried Benn qui suivent ont été traduits par Jean-Charles Lombard (Seghers, Paris, 1965 – collection : Poètes d’aujourd’hui, n° 134 ).
Découverts sur le site fantastique Bruges-la-Morte de Joël Goffin  (rubrique Textes inédits ou pu connus) que je vous invite à visiter, c’est ICI.

 

TRAIN RAPIDE

D’un brun de cognac. D’un brun de feuillage. Brun-rouge.
Jaune malais.
Train rapide Berlin-Trelleborg et les stations de la Baltique.

Chair qui allait nue.
Jusque dans la bouche brunie par la mer.
Plénitude inclinée vers le bonheur grec.
Nostalgie de faucille : comme l’été est avancé!
L’avant-dernier jour déjà du neuvième mois!

Chaume et dernière meule languissent en nous.
Épanouissements, le sang, les lassitudes,
la présence des dahlias nous bouleverse.

Le brun des hommes se précipite sur le brun des femmes :

Une femme c’est l’affaire d’une nuit.
et encore d’une autre si cela était bien!
Oh! et puis de nouveau cet Être-face-à-soi-même!
Ces mutismes! Cet engrenage!

Une femme c’est une odeur.
Un ineffable! Dépéris, réséda.
C’est le Sud, le berger et la mer.
Sur chaque pente pèse un bonheur.
Le brun clair des femmes s’affole au brun sombre des hommes .

Retiens moi! Oh, toi! Je tombe!
Ma nuque est si lasse.
Oh, ce dernier parfum
doux et fiévreux qui monte des jardins.

Max Beckmann - frau im bett, 1932

Max Beckmann – frau im bett, 1932

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

MÈRE

Je te porte sur mon front
comme une blessure qui ne se ferme.
Elle n’est pas toujours douloureuse. Et le cœur ne s’en écoule pas mort.
Parfois seulement, je suis soudain aveugle et j’ai un goût de sang dans la bouche.
Un homme parle

Un homme parle :
Ici-bas n’est pas de consolation. Vois,
la campagne s’éveille aussi de ses fièvres.
A peine quelques dahlias étincellent encore.
Elle est là, dévastée
comme après un combat équestre. J’entends en mon sang retentir un départ.
Oh, toi, mes yeux s’enivrent déjà
de la teinte bleutée des collines lointaines, Déjà je sens un frôlement sur mes tempes. 

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

ICI-BAS N’EST PAS DE CONSOLATION

Personne ne sera ma bordure de chemin.
Laisse seulement tes fleurs se faner.
Mon chemin coule et va tout seul.

Deux mains sont une trop petite coupe.
Un cœur est une trop petite colline
pour y reposer.

Oh, toi, je vis toujours sur la plage
et sous l’avalanche des fleurs de la mer;
l’Égypte s’étale devant mon cœur,
l’Asie point peu à peu.

L’un de mes bras est toujours dans le brasier.
Cendre est mon sang. Passant devant
poitrine et ossements
je sanglote toujours mon désir d’îles tyrrhéniennes

Une vallée apparaît et des peupliers blancs
un Ilyssos aux rives de prairies,
l’Éden, Adam et une terre
de nihilisme et de musique.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

MADONE

Ne me rends pas encore!
Je me suis tant fondu en toi. Et je suis si ivre de toi. Oh, bonheur!

Le monde est mort. Clair et comblé
le ciel chante étendu au bord
des fleuves d’étoiles. Tout vient tinter en mon cœur.

Délivré au fond de lui,
né à la beauté,
le peuple pillard de mon sang chante halleluia! 

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Grosz_gross

 Grosz – Mann und Frau, 1926 

UN HOMME CHANTAIT

Un homme chantait :
J’aime une putain qui s’appelle To.
Elle est ce qu’il y a de plus brun. Oui, comme faite
de canaux pendant l’été.
Sa démarche me fouette le sang.
C’est un abîme de fleurs sauvages et sombres.
Elle est plus pure qu’un ange. Elle a des yeux de mère. J’aime une putain.
Elle s’appelle To.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

OH, NUIT

Oh, nuit, je prenais déjà de la cocaïne
et le sang circule plus vite;
le cheveu grisonne, les années fuient; je dois,
je dois une fois encore
fleurir en surabondance
avant de passer.

Oh, nuit je n’en demande pas tant;
un petit morceau de concentration,
un brouillard du soir, un gonflement
d’espace refoulé, de conscience de soi.

Papilles, lisière de cellules rouges,
va et vient plein d’odeurs
déchiré par l’averse des mots —
trop profond dans le cerveau, trop étroit dans le rêve.

Les pierres effleurent la terre,
le poisson gobe de petites ombres;
dans la naissance des choses, seul
le crâne-plumeau vacille sournoisement.

Oh, nuit, je veux à peine t’obliger!
Rien qu’un petit morceau — une agrafe
de conscience de soi — puis fleurir une fois encore
en surabondance avant de passer!

Oh, nuit, prête-moi front et cheveux;
répands-toi alentour de ce qui au jour s’est fané;
Sois celle qui, du mythe des nerfs
me rappela à la vie et au bonheur.

Oh, calme! Je sens de petites secousses
Je suis constellé —ce n’est pas une plaisanterie —
mon apparition : Moi, dieu solitaire
s’assemblant avec grandeur autour d’un tonnerre.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

FOUGÈRE

Fougère, fougère qui bruit,
annonce l’heure en bruissant;
ciel, les ciels guettent
qui peut encore être vivant.
Chacun connaît les jours
où nous voyons les lointains :
Vivre : jeter des ponts
sur des fleuves qui passent.

Fougère, fougère qui bruit,
c’est l’éternité
où l’automne et les roses
échangent un regard de mort lointaine;
alors montent aussi des mers les accords de l’inapaisé,
le reflet de vague
des plages blafardes et des récifs.

Fougère, fougère inclinant
trop profondément la musique;
ce qui meurt veut se taire :
Silence panique;
d’abord jeter les ponts,
le plateau de sang,
puis, lorsque les ponts portent,
les fleuves — où sont-ils ?

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

DÉRACINEMENT

Vagues déracinements,
solutions imposées; qui guérit
les jours et les vieillissements
de celui qui pressent et se hâte,
ayant offert son front aux massues
de tous les éclatements,
des colonnes puniques
au tombeau d’Astarté.

Même là où les balustrades
chargées de giroflées
invitent aussi l’herbe à dépérir,
jamais ne se produit –
jamais il n’arrive que les lèvres
de celui-là goûtent à ce qui se promet;
plus sombre qu’une croix, un poteau porte ces mots : « Tu sais. »

Personne n’est tout sur terre.
Dans la floraison de la lumière,
dans la prairie du Devenir,
l’âme engloutie par l’Acheron
déverse son néant
dans l’herbe, dans un nuit pythique,
comme engloutie par le meurtre,
semblant vécue avec la mort.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

HEURES, FLEUVES

Heures, fleuves, flot de la légende du passeur;
que de ciels mortels;
traînées proches, fatalement vagues,
venant du royaume où cela conflue.

Où les forêts ternies
quittent des collines morcelées,
oit des carrières de marbre à pores d’or
soufflent muettes comme lions en fosse.

Et la roche se presse à la rencontre de leur volupté
sous les lianes, la mousse,
elle est déjà sur tous les sentiers
menant à l’inévitable dissolution.

Partout un renoncement qui vieillit
cachant le visage de la métamorphose
boit la lumière qui coule
des jours naissants,

les signes obscurs, tous passagers;
au-delà des limites, on poursuit une nuit un baiser, des yeux qui étincellent,
étoiles inconnues sur des hauteurs inconnues,

mais au-delà, muet, labouré,
s’étend le royaume où cela conflue,
mers obscures, diadoques de soleil,
que de ciels si mortels.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Herbert Ploberger: Selbstbildnis mit ophtalmologischen Lehrmodellen, um 1928/30

Herbert Ploberger: Selbstbildnis mit ophtalmologischen Lehrmodellen, um 1928/30 

LE MÉDECIN

I.

La douce matérialité colle
à la lisière de mon palais comme un enduit.
Tout ce qui a pu un jour, sève et viande en décomposition
ballotter autour des os
s’évapore dans mon nez avec du lait et de la sueur.
Je sais l’odeur des putains et des madones après leurs selles, le matin au réveil,
ainsi qu’aux marées de leurs règles –
et des hommes viennent dans mon cabinet;
leur sexe est atrophié :
la femme pense qu’elle est fécondée
et fouillée pour devenir colline divine;
mais l’homme est couturé;
son cerveau braconne sur une steppe de brouillard
et sans bruit tombe sa semence.
Je vis face au corps : et au milieu colle partout le sexe.
Le crâne aussi flaire en cet endroit-là. Je le pressens.
Un jour la fente et le coup seront béants
du front jusqu’au ciel.

II

Le plus bel ornement de la création, le, cochon, l’homme —
frayez donc avec d’autres animaux!
A dix-sept ans des morpions
faisant le va-et-vient d’une sale gueule à l’autre,
maladies intestinales et pensions alimentaires, femmes et infusoires;
à quarante ans la vessie commence à perdre —
pensez-vous que c’est pour de telles malformations
que la terre a grandi de la lune au soleil — ?
Que criaillez-vous donc ?
Vous parlez d’âme — Qu’est-ce que votre âme ?
La vieille souille son lit chaque nuit —
le vieillard barbouille ses cuisses décomposées,
et vous servez de la mangeaille pour la fourrer dans l’intestin;
Pensez-vous que de bonheur les étoiles cessèrent d’éjaculer… ?
Allons donc! — D’un intestin qui se refroidit
la terre a fait gicler
comme d’autres trous le feu
une gueule de sang — :
elle vacille complaisamment
dans l’ombre le long de l’arc descendant.

III

Avec des boutons sur la peau et des dents pourries,
ça s’accouple dans un lit, se colle l’un contre l’autre,
sème le sperme dans les sillons de chair
et se prend pour un Dieu auprès d’une déesse. Et le fruit —
Très souvent il naît déjà infirme :
avec des bosses sur le dos, des lésions du pharynx,
bigle, sans testicules; par de larges brèches
s’échappent les intestins —; et même ce qui finalement jaillit
sain
à la lumière n’est pas grand-chose
et la terre tombe goutte à goutte à travers les trous
promenade — : fœtus, canaille qui s’accouple —
on se promène. On s’assoit.
On flaire son doigt.
On va chercher le raisin dans la dent. Les petits poissons rouges — !!! — !
Élévation! Ascension! Chant de la Weser!
On effleure le général. Dieu;
une cloche à fromage plantée sur le sexe —
le bon pasteur — sentiment général! —
et le soir le bouc monte la brebis.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

CURETAGE

Allongée maintenant dans la même pose
que celle où elle conçut.
Les cuisses détendues
dans l’anneau de fer.

La tête à la dérive et sans durée,
comme si elle criait :
Donne, donne, je me gargarise de ton frisson
jusqu’au plus profond de mon être.

Le corps encore fort d’un peu d’éther s’abandonne :
après nous le déluge et l’Après;
rien que toi, rien que toi…

Les cloisons tombent, tables et chaises
sont toutes pleines d’existence, folles
de saignement, folles d’une foule de désirs languissants
et d’une chute proche.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Max Beckmann

Max Beckmann – le mort

UN CADAVRE CHANTE

Un cadavre chante :

Bientôt me traverseront les champs et la vermine.
La lèvre de la campagne ronge : le mur se fissure.
La chair s’écoule. Dans les tours obscures
des membres, la terre éternelle lance un chant d’allégresse.

Délivré de mes barreaux noyés de larmes.
Délivré de la faim et de l’épée.
Et comme l’hiver les mouettes fuient
vers les eaux douces, ainsi donc : rentré chez moi.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

BenjaminDober_Benn_Medecin

Gottfried Benn, médecin militaire dans les années 1915-1917 (Hubert Roland, « La ‘colonie’ littéraire allemande en Belgique 1914-1918 », Bruxelles, Archives et Musée de la littérature, 2003, p. [425]).

Gottfried Benn, un écrivain allemand en Belgique lors du premier conflit mondial

     “Je partais à la guerre, prenais d’assaut Anvers, (…) étais longtemps à Bruxelles où Sternheim, Flake, Einstein, Hausenstein passaient leurs jours. (…) ce que je produisis comme littérature, je l’écrivis au printemps 1916 à Bruxelles. (…) un poste totalement isolé, je vivais dans une maison réquisitionnée, onze pièces, seul avec mon ordonnance; j’étais rarement en service, (…) je n’étais chargé de rien, n’étais attaché à personne, comprenais à peine la langue; j’errais dans les rues, peuple étranger; printemps étrange, trois mois absolument incomparables, nonobstant la canonnade sur l’Yser, qui ne cessait pas un seul jour, la vie se déroulait dans une atmosphère de silence et de perdition, je vivais à la limite où l’être s’effondre et où commence le Moi. Je me rappelle souvent ces semaines, elles étaient la vie, elles ne reviendront pas; tout le reste était rupture”.

    L’occupation de la Belgique par les troupes allemandes marqua le début de la Première Guerre mondiale. Il s’ensuivit l’établissement dans ce pays d’une ‘colonie de guerre’ littéraire allemande. Un de ces ‘colonisateurs’ était le lieutenant-médecin Gottfried Benn. En tant que médecin militaire sur le front, il avait participé au début de la guerre à l »assaut’ d’Anvers, dont les nationalistes allemands firent un mythe, celui d’une des grandes batailles de la guerre. Après ce fait d’armes (mi-octobre 1914), l’écrivain amateur, qui est considéré aujourd’hui comme un des plus importants représentants de l’expressionisme, travailla comme médecin spécialisé dans le traitement des maladies vénériennes et de la peau dans un hôpital pour prostituées à St. Gilles. La période passée dans la capitale belge fut créative pour Benn. De celle-ci datent, entre autres, les Rönne-Novellen (le personnage central est un médecin du nom de Rönne qui a perdu le lien avec la réalité et vit de plus en plus dans son monde). Dans un langage assez sibyllin, le médecin militaire décrivit après coup ses deux ans et deux mois passés à Bruxelles comme “la vie”, à laquelle seule la “rupture” aurait pu succéder. Il résida de façon manifestement luxueuse dans plusieurs appartements réquisitionnés, au début à sa demande avenue Louise, par la suite rue Saint-Bernard. Bénéficiant de l’autorisation de se déplacer en civil, Benn passa beaucoup de temps dans les cinémas et les cafés autour de la porte Louise.

    Menant une sorte de double vie, le médecin et auteur n’était, et de loin, pas le seul écrivain allemand à se trouver à Bruxelles pendant la Première Guerre mondiale. Benn entretenait ainsi des contacts avec le couple d’auteurs Carl et Thea Sternheim dont la villa Claire Colline à La Hulpe constituait un lieu de rencontre pour les membres de la colonie de guerre littéraire. En faisaient aussi partie l’écrivain et historien de l’art Carl Einstein, l’homme de lettres alsacien Otto Flake, le critique d’art et auteur Wilhelm Hausenstein ainsi que le directeur de la célèbre maison d’édition allemande Insel Verlag, Anton Kippenberg.

Edith Cavell (1865-1915)En tant que médecin militaire, Gottfried Benn assista aussi à l’exécution de l’infirmière britannique Edith Cavell qui avait aidé des prisonniers de guerre belges, français et anglais à fuir vers les Pays-Bas neutres. Durant le reste de sa vie, Benn justifia l’exécution de Cavell, qui était controversée même en Allemagne et qui entraîna une modification dans la procédure des conseils de guerre, comme adaptée aux temps de guerre. Cette attitude, comme aussi son style de vie insouciant, indique déjà la relation problématique et ambiguë qu’entretenait Benn envers la guerre. Dans certains textes en prose qu’il écrivit au cours de son séjour en Belgique, apparaissent encore des accents apparemment critiques vis-à-vis de la guerre, que l’auteur lui-même tenta cependant de plus en plus de désamorcer. Dans sa tragédie Étape créée en 1915, Benn se présentait encore comme un opposant à la guerre. La pièce se joue dans le milieu d’un bureau de bienfaisance d’une province occupée et dépeint comment un lieutenant-médecin devient fou face à l’attitude de son commandant qui profite de la guerre pour s’enrichir et s’impliquer dans d’autres machinations. Plus tard, Benn réduira son drame à “une création niaise et burlesque”, à “un péché de jeunesse” et tentera de le placer dans un tout autre contexte politique. Il verra alors plus la guerre comme une conséquence historiquement logique, et de ce fait nécessaire, car le fait de s’être abandonné à la technique devait inévitablement conduire à la catastrophe de la guerre moderne et industrialisée. Le médecin militaire avait acquis la conviction que chaque progrès technique déboucherait finalement sur une arme. Benn ne dirigeait donc pas sa critique contre la guerre elle-même, mais contre la croyance inconditionnelle au progrès de ses contemporains. Comme son alter ego potentiel du récit homonyme Diesterweg, le médecin fut réformé de l’armée à l’été 1917 dans des circonstances restées peu claires jusqu’à nos jours. Il élabora ensuite à Berlin une pratique pour les maladies de la peau et vénériennes.

 Au temps du national-socialisme, Gottfried Benn se distingua aussi de manière peu glorieuse. En 1933, il s’impliqua pendant une courte période dans le national-socialisme: il contribua à la mise au pas de la section Poésie de l’Académie prussienne des arts et eut par conséquent une part de responsabilités dans l’expulsion d’écrivains comme Heinrich Mann ou Alfred Döblin. Peu après néanmoins, il tomba lui-même en disgrâce auprès des nationaux-socialistes. On lui retira son autorisation d’exercer la médecine, il s’enrôla précipitamment dans la Wehrmacht dans le cadre de ce qu’on appela l’immigration intérieure, et il lui fut finalement interdit d’écrire, après que certaines de ses prises de position aient suscité le mécontentement du pouvoir en place.

Benjamin Dober
Bénévole de l’Aktion Sühnezeichen Friedensdienste (organisme allemand pour la réconciliation et la paix) au CEGES – Crédit CEGESOMA, Centre d’études et de documentation Guerre et Sociétés contemporaines.

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

A lire, le texte en ligne de la revue GERMANICA consacré à Gottfried Benn : « Double guerre : Gottfried Benn, médecin, et écrivain ? – de deux guerres » c’est ICI.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

le peintre et graveur hongrois Derkovits Gyula (1894-1934) : art et révolution (I)

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Derkovits Gyula (1894-1934) - autoportrait de 1921

Derkovits Gyula (1894-1934) – gravure sur cuivre : autoportrait de 1921

« II faut mettre I’art en harmonie avec ce que I’on a a dire, parce que l’on a forcément quelque chose à communlquer. Comme pelntre et comme homme d’aujourd’hul, je me fais un devoir d’exprimer integralement les phénomènes de notre vie et de notre société. » 

    Peintre et graphiste, cet artiste hongrois a développé un style très personnel dans les différentes tendances de l’art moderne de son époque en particulier l’expressionnismele cubisme et le constructivisme. Il a grandi dans une famille nombreuse et malgré les qualités artistiques qu’il avait manifesté lorsqu’il avait commencé à travailler chez un peintre d’enseignes, il dut travailler comme apprenti dans l’atelier de son père, un artisan charpentier. C’est pour échapper à cette contrainte qu’il se porte volontaire dans le conflit de la première guerre mondiale mais il est grièvement blessé à la face et restera paralysé de sa main gauche. Il est d’autre part atteint de tuberculose. Ses blessures lui vaudront d’être déclaré invalide de guerre et de recevoir une pension. Il reprend alors ses activités de menuisier mais partir de 1916, il vit à Budapest où il suit des cours de peinture et de gravures sur cuivre. De 1916  à 1918, il produira surtout des dessins au crayon. Déjà engagé dans des mouvements de gauche, il rencontre à Vienne des émigrants révolutionnaires et adhère en 1918 au parti communiste autrichien. Au cours de l’existence de l’éphémère République soviétique hongroise de Bela Kun en 1919, il étudie à l’Art Studio libre sous la direction de K. Kernstok. En 1923, il s’installe à Vienne où il séjournera trois années et où l’exposition de ses œuvres en 1925 connait un succès considérable. Son travail est alors fortement influencé par les expressionnistes allemands et reflètent, dans les thèmes traités, les luttes politiques alors menées à Vienne reprenant ainsi les préoccupations sociales qu’exprimaient ses premières œuvres. Sa gravure sur cuivre, auto-portrait avec Mitre Bishop (1921 Budapest, NG), montre un marteau et la faucille dans une étoile à cinq branches sur l’onglet. Mais la sentimentalité qui prévalait dans le style de ses débuts a laissé la place à un mélange de composition cubiste et expressionniste jouant sur le contraste des couleurs tout à fait particulier. L’artiste ne cherchait pas à extérioriser des sentiments, mais à communiquer des idées et à présenter des sujets bien ancrés dans la réalité. Plutôt que des considérations propres à la peinture, c’est l’élément épique et la pensée à exprimer avec ses exigences propres qui déterminait pour Derkovits le choix des sujets à traiter. La période artistique qui suivra sera de meilleure qualité, représentée par des tableaux tels que la dernière Cène, en 1922, dans lequel tous les portraits sont des autoportraits, des scènes d’idylles telle que sous un grand arbre, 1922,  portrait de sa femme, de 1923 à 1925; cavalier, 1924 blessés; Fertilité, 1928. C’est dans ce cadre qu’il réalise en 1928, « 1514 », une série de gravures sur bois inspirées par la guerre des paysans, Dózsa. Bien plus tard, il perdra le contact avec le mouvement communiste mais restera toujours attaché à ses idéaux. L’art de Derkovits a marqué une révolution dans I’histoire de la pein­ture hongroise. Les milieux officiels réactionnaires qui diri­geaient à I’époque la politique des arts ne s’y trompaient pas et cherchaient, par tous les moyens, à dissimuler I’importance de Derkovits mais, n’y parvenant pas, cherchaient à le rendre inoffensif, en distinguant en lui, de manière artificielle, I’homme et I’artiste : l’artiste était ainsi adulé, mais on condamnait et taxait de confusion son attitude humaine et Ie message politique de ses oeuvres. Ses œuvres de maturité sont Ordres » (1930), « Sleeping » (1932), « exécution » (1932), « Par les Rails » (1932) et « mère » (1934). Sa série Dózsa a été transformée en gravures sur cuivre autour de1931. Derkovits mourra en 1933 dans une pauvreté abjecte sous la dictature fasciste alliée de l’Allemagne de Miklos Horty.

Derkovits Gyula - Mère et son enfant, 1917Derkovits Gyula – Mère et son enfant, 1917

Derkovits Gyula - Dessous le grand arbre, 1922

Derkovits Gyula – Dessous le grand arbre, 1922

Derkovits Gyula - Concert bay, 1922

Derkovits Gyula – Concert, 1922

Derkovits Gyula - Le vieux cimetière, 1922

Derkovits Gyula – Le vieux cimetière, 1922

derkovits_gyula-este_ii_(alkony_a_mezon)_1922-7_157

Derkovits Gyula - la Cène, 1922

Derkovits Gyula – la Cène, 1922

Derkovits Gyula - autoportrait avec un chapeau d'évêque, 1923

Derkovits Gyula – autoportrait avec un chapeau d’évêque, 1923

Derkovits Gyula - Concert, 1924

Derkovits Gyula – Concert, 1924

Derkovits Gyula - Toits, 1926

Derkovits Gyula – Toits, 1926

Derkovits Gyula - Orgue de Barbarie (Wandering Cracheur de feu),  1927

Derkovits Gyula – Orgue de Barbarie (Wandering Cracheur de feu),  1927

Derkovits Gyula - Le Verdict, 1930

Derkovits Gyula – Le Verdict, 1930

Derkovits Gyula - Le Verdict, détail, 1930

°°°

LE « POT-POURRI »
cliquer sur chaque image pour lire la légende

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Liste des éditions de Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Lynd Ward - Frankenstein, 1934

Les éditions de Frankenstein de Mary Shelley

    Il existe d’innombrables éditions du roman de Mary Shelley. Voici la plupart des grandes éditions, rééditions et les traductions à 1996 que l’on trouve dans les bibliothèques. Tous les textes après la première et la deuxième sont basés sur l’édition 1831, sauf indication contraire. Les enregistrements audio et vidéo sont exclus, de même que les adaptations. Pour une année donnée, les textes sont classés par ordre alphabétique selon le lieu de publication, avec les traductions en anglais précédentes en langues étrangères.

  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, 3 vol. (Londres: Imprimé pour Lackington, Hughes, Harding, Mavor, et Jones, 1818). La première édition.
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, 3 vol., Par Mme. Shelly [sic], trad. J [REGLES] S [Aladin] (Paris: Corréard, 1821). Traduction en français.
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, 2 vol. (Londres: Imprimé pour G. et WB Whittaker, 1823). Une réimpression en deux volumes de l’édition 1818, sous la direction de William Godwin.
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, (Londres: Henry Colburn et Richard Bentley, 1831). Publié dans le numéro 9 dans la norme romans de la série de la Bentley; le texte est révisé, et comprend une introduction et une page de titre gravée. Reproduit en 1832, 1836, 1839, 1849.
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne. Par Mary W. Shelly [sic]. (Philadelphia: Carey, Lea & Blanchard, 1833).
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, (New York: HG Daggers, 1845).
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, (Londres: Hodgson, [1847] La Bibliothèque Parlour Un piratage réimprimé en 1856…
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, (Halifax: Milner et Sowerby, 1865).
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, (Londres:. Milner, e {ca 1870]). La Bibliothèque Cottage.
  • Frankenstein ou Le Prométhée moderne, (Boston: Sever, Francis, & Co., 1869).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres, Glasgow et New York: G. Routledge and Sons, 1882).Réimprimé en 1886, 1888.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (New York: JW Lovell, 1882).
  • Frankenstein; Ou, Le Prométhée moderne (New York: George Munro, [1883]). Mer Bibliothèque, Vol. 76, n ° 1538.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (Londres: Dicks, 1884). Anglais Bibliothèque de Dicks de la norme Works, vol. 3, n. 18-23.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: R. Worthington, 1884).
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (Chicago, New York: Belford, Clarke, 1890).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres: Routledge G. & Fils, Limitée, New York EP Dutton, 1891). Reproduit en 1899.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Mershon Company, 1893).
  • Frankenstein, ou PROMETHEUS moderne (New York: Accueil Book Company: [1893]). La Bibliothèque Premium. Reproduit en 1898 (?).
  • Frankenstein, ou PROMETHEUS moderne (Chicago: Donohue, Henneberry, 1895).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres: Gibbings; Philadelphia: Lippincott, 1897).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres: Lever Brothers, 1899).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Londres: Examen des commentaires de bureau, 189?). Penny romans populaires: No. 49 de la bibliothèque de Masterpiece.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: James Pott, 1901). Reproduit en 1910.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Chicago: Henneberry Co., 1909).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, éd. RE Dowse et DJ Palmer (London & Toronto: JM Dent & Sons, New York: EP Dutton & Co., 1912). Bibliothèque de Everyman.Frankenstein oder der neue Prométhée, trans. Heinz Widtmann (Leipzig: Altmann, 1912)> Traduction en allemand.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (Boston: Cornhill Publishing Co., 1922).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres, Toronto, New York: JM Dent & Sons, Ltd, EP Dutton & Co., 1922).
  • Frankenstein (New York: Random House, 1922).
  • Frankenstein ous le Prométhée Moderne, trans. Germain d’Hangest (Paris: la Renaissance du livre, 1922).Traduction en français.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Brentano, 1923).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (New York: Brentano, 1927).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Grosset & Dunlap, 1931).
  • Frankenstein: ou. Le Prométhée moderne (Cleveland: World Publishing Company, 1932).
  • Frankenstein (London: Readers Library Publishing Co., [1932].
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Editions illustrés Company, 1932). Illustré par Nino Carbe.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres et Toronto: JM Dent & Sons, New York: EP Dutton & Co., 1933). Réimpression de l’édition 1912 Dent / Dutton.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne, éd. Edmund Lester Pearson (New York: La éditions Club Limited, 1934). Une édition limitée de quinze cents exemplaires imprimés pour les membres du Club éditions limitées à l’imprimerie Walpole à New Rochelle, NY Illustrated par Everett Henry, de type conception par FW Goudy. Reproduit en 1953.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (New York: Harrison Smith et Robert Haas; Toronto: George J. McLeod, 1934). Illustré par Lynd Ward.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (Greenwich, dans le Connecticut: Appleby & Co., 1939).
  • Horreur Omnibus, contenant deux romans complets: Dracula, de Bram Stoker; Frankenstein, de Mary Shelley W. (New York: Grosset & Dunlap, 1939).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (New York: Books, Inc., 1940).
  • Frankenstein (New York: Caxton House, 1943). Reproduit en 1948.
  • Frankenstein (New York: New York Books, 1943).
  • Frankenstein, trans. Ranieri Cochetti (Rome: Donatello De Luigi, 1944). Traduction en italien.
  • Frankenstein (ou le Prométhée moderne) (New York: Editions de l’Armed Services, 1945).
  • Frankenstein, ous Le Prométhée moderne, trad. Eugène Rocart et Georges Cuvelier (Bruxelles: Éditions « La Boéie, » 1945). Traduction en français.
  • Frankenstein, trans. Rafael Giménez (Buenos Aires: Octrosa, 1945).
  • Frankenstein, trans. Henry Langon (Bruxelles: Le Scribe, 1946). Traduction en français.
  • Frankenstein, trans. Laura Marazul (Buenos Aires: Lautaro, 1947). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein: roman, trad. Hannah Betjeman (Monaco: Editions du Rocher, 1947). Traduction en français
  • Frankenstein oder der neue Prométhée, trans. Elisabette Lacroix (Hambourg: Johannes Angelus Keune, 1948). Traduction en allemand. Réimprimé en 1994, 1995.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Garden City, NY: Halcyon House, 1949).
  • Frankenstein (London: JM Dent; New York: EP Dutton, 1949). Réimpression de l’édition 1912 Dent / Dutton.
  • Frankenstein (London, JM Dent & Sons, Ltd, New York: EP Dutton & Co., 1951). Réimpression de l’édition 1912 Dent / Dutton.
  • Il prometeo la moderno de Frankenstein, trans. B. Tasso (Milano: Rizzoli, 1952). Traduction en italien; mise en place par Mario Praz.
  • Frankenstein (New York: Lion Books, 1953).
  • Frankenstein, trans. Giichi Shihido (Tokyo: Nihon Shuppan Kyodo Kabushiki-Gaisha, 1953). Traduction en japonais.
  • Frankenstein, trans. Nripendra Krishna Chattopadhyay (Calcutta: Deva Sahitya Kutin, 1955). Traduction en bengali.
  • Frankenstein (New York: Pyramid Books, 1957). Le premier livre de poche commercial. Reproduit en 1959, 1960, etc.
  • Frankenstein, trans. Caio Jardim (São Paulo:. Ed Universitária, 1957). Traduction en portugais.
  • Frankenstein, trans. H. Goldmann. (Poznan: Wydawnictwa Pozanskie, 1958). Traduction en polonais.
  • Frankenstein (London JM Dent; New York: EP Dutton, 1959). Nouveau format de l’édition Everyman.Reproduit en livre de poche en 1960.
  • Frankenstein (Le Caire: al-Daral-Qawmiyyah lel-Tiba’ah wa al-Nashr, 1959). Traduction en arabe.
  • Pretamanushyan, trans. M. Narayana Pilla (Kozhikode: PK Bros, 1959). Texte en malayalam.
  • El Doctor Frankenstein o El moderno Prometeo, trans. Antonio Gobernado (Madrid: Aguilar, 1959).Traduction en espagnol. Reproduit en 1966.
  • Frankenstein, trans. Monica Stolpe (Stockholm: Christofer, 1959). Traduction en suédois. Une édition suédoise du même nombre de pages a été publié (Bromma: Delta) en 1974.
  • Frankenstein, trans. Taro Shioya (Tokyo: Kodan-sha, 1959). Traduction en japonais.
  • Frankenstein (ou, Le Prométhée moderne) (Garden City, NY: Doubleday, 1960): Dolphin Books; Londres: Mayflower Books, 1960).
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (New York: Collier Books, 1960). Reproduit avec la New York: Collier Books; Londres: Collier Macmillan Publishers, en 1961.
  • Frankenstajn ili modernisation Prometej, trans. Slavka Stevovic (Belgrade: Mladjo pokolenje, 1960).Traduction en serbe.
  • Frankenstein, trans. Mazharul Haq Alui (Lucknow: [? 1960]. Nasim Book Depot, traduction en ourdou.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Avon, Connecticut: Heritage Press, 1962). Illustré par Everett Henry.
  • Frankenstein (London: Dent; New York: Dutton, 1963). Nouveau format de l’édition Everyman, avec une introduction de Robert E. Dowse et DJ Palmer. Réimprimé en 1965, 1973.
  • Frankenstein ou, PROMETHEUS moderne (New York: Airmont Books, 1963). En braille.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: New American Library, 1963).
  • Frankenstein oder der neue Prométhée, trans. Christian Barth (Munich: Heyne, 1963). Traduction en allemand. Reproduit en 1968, 1969, 1995.
  • Frankenstein (London: Transworld Publishers, 1964).
  • Frankenstein, trans. Hannah Betjeman (Lausanne Rencontre; Paris: Union Générale d’Editions, 1964).
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne, trad. Joe Ceurvost (Verviers, BEL: 1964). Traduction en français.
  • Frankenstein (New York: Dell, 1965).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: New American Library, 1965). Signet Classic.Postface de Harold Bloom.
  • Frankenstein, ili Sovremenyi Prométhées, trans. Z. Aleksandrova (Moscou: Khudozhestvennaia literatura, 1965). Avant-propos et notes par A [nna] A [rkad’evna] Elistratova.
  • Frankenstein (Barcelone: ​​Molino, 1966).
  • Frankenstein, trans. Kirsten Diemer (Copenhague: Biilmann & Eriksen, 1966). Traduction en danois.
  • Frankenstein, trans. Elisabetta Bützeberger (Milano: Corno, 1966). Traduction en italien.
  • Frankenstein, trans. Tomás Korbar (Prague:. Prace 1966 Traduction en tchèque Réédité:. Lidova nakladatelství, 1969). Reproduit en 1991.
  • Frankenstein; ou Le Prométhée moderne (New York: Bantam Books, 1967). Introduction par Robert Donald Spector.
  • Frankenstein (New York: Scholastic Book Services, 1967).
  • Frankenstein o el Moderno Prometeo, trans. Jorge Ferreiro (Mexico: Novaro, 1967). Traduction en espagnol.
  • , Trad. Eugène Rocart et Georges Cuvelier (voir 1945) (Paris: Editions de la Renaissance, 1967).Traduction en français.
  • Frankenstein, dans trois romans gothiques, éd. Peter Fairclough (Harmondsworth et New York: Penguin, 1968). Avec une introduction par Mario Praz.
  • Frankenstein (Londres: Minster Classics, 1968).
  • Frankenstein (New York: Lancer Books, 1968).
  • Frankenstein, trans. Raymonde de Gans ([Paris]: Editions de l’Erable, Genève: Editions de la Hardiegrave; re, 1968). Traduction en français. Reproduit (Genève: Ferni) en 1978.
  • Frankenstein, ovvero il prometeo moderno (Milan: Sucre, 1968). Traduction en italien.
  • Frankenstein, trans. Yamamoto Masaki (Tokyo: Kadokawa Shoten, 1968). Traduction en japonais.
  • Het monstre van Frankenstein, trans. Autres Hoog (Utrecht: Bruna, 1968). Reproduit sous ce titre en 1994.
  • Frankenstein: ou Le Prométhée moderne, éd. MK Joseph (Londres et New York: Oxford University Press, 1969). L’édition standard du texte 1831.
  • Frankenstein, trans. E. Fariñas (Barcelone: ​​Ferma, 1969). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein, cize moderný Prometeus, trans. Pavel Vilkovský (Bratislava: Tatran, 1969). Traduction en slovaque.
  • Frankenstein, trans. Hannah Betjeman (voir 1947, 1964) (Levallois-Perret: Cercle du bibliophile, 1969).Traduction en français
  • Frankenstein oder der moderne Prométhée, trans. Karl Bruno Leder et Gert Leetz (Gütersloh: Bertelsmann, Stuttgart:. Europea Buch-u Phonoklub; Vienne: Donauland, 1969). Réimprimé. (Francfort-sur-le-Main: Insel Verlag) en 1988, 1993 Traduction en allemand.
  • Frankenstein: Roman, trad. Friedrich Polakovics (Munich: Hanser, 1970). Reproduit en 1971, 1972, 1975, 1978, 1980, 1987, 1993, 1994, 1996).
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Londres et New York: Oxford University Press, 1971).
  • Frankenstein, trans. Manuel Serrat Crespo (Barcelone: ​​Bruguera, 1971). Traduction en espagnol.Reproduit en 1972, 1974, 1975, 1980, 1983, 1984, 1985, 1989, 1991, 1994, 1995, 1997.
  • Frankenþtayn, trans. Giovanni Scognamillo (Istanbul: Milliyet, 1971). Traduction en turc.
  • Frankenstein (Mexique: Juan Pablos, 1971). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein (Barcelone: ​​Editorial Mateu, 1971). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein, trans. Marion Martins Carvalho (Lisbonne: Estampa, 1972). Traduction en portugais.Reproduit en 1992.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (London: Arrow Books, 1973).
  • Frankenstein (London: Dent; New York: Dutton, 1973). Réimpression de l’édition 1912 Dent / Dutton.
  • Frankenstein sau Prometeul moderne, trad. Adriana Calinescu (Bucarest: Editura Albatros, 1973).Traduction en roumain.
  • Frankenstein: ussi Prométhée, trans. Paavo Lehtonen (Jyvaskyla Helsinki: Gummerus, 1973). Traduction en finnois. Reproduit en 1995.
  • Frankenstein, trans. Pedro Reis (Lisbonne: Amigos do Livro, 1973). Traduction en portugais.
  • Frankenstein, trans. Fernanda Pinto Rodrigues (Lisbonne: Editorial Minerva, 1973). Traduction en portugais. Reproduit en 1984, 1994, 1995.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne, éd. James Rieger (Indianapolis: Bobbs-Merrill, 1974). La première réimpression de l’édition 1818, et à long l’édition standard du roman.
  • Frankenstein ovvero il Prometeo moderno, trans. Bruno Tasso; intro. Mario Praz (Milan: Biblioteca Universale Rizzoli, 1975). Traduction en italien. Reproduit en 1994.
  • Frankenstein (Cutchogue, NY: Buccaneer Books, 1976).
  • Frankenstein (London: Sphere, 1976).
  • Frankenstein (New York: Grosset & Dunlap, 1976).
  • Illustré Frankenstein de Robert Andrew Parker (New York: CN Potter, 1976).
  • Frankenstein, trans. Joao Alves da Costa (Lisbonne: Circolo de Leitores, 1976). Traduction en portugais.Réimprimé en 1977, 1994.
  • Frankenstein, trans. R. Zavaleta (Mexique: Editores Mexicanos Unidos, 1976). Traduit en espagnol.Reproduit en 1978, 1983, 1985.
  • Frankenstein, trans. Arne Moen (Oslo: Gyldendal, 1976). Traduction en norvégien. Reproduit en 1995.
  • Le annoté Frankenstein, éd. Leonard Wolf (New York: CN Potter, distribué par Crown Publishers, 1977).
  • Frankenstein vagy un Prométheusz moderne, trad. Göncz Arpád (Budapest: Kozmosz, 1977). Traduction en hongrois. Reproduit en 1995.
  • Frankenstein, trans. Jannick Storm (Copenhague: Lademann, 1977). Traduction en danois. Réimprimé en 1986, 1994.
  • Frankenstein, trans. Anton Adiwiyoto (Jakarta: Gramedia, 1977). Traduction en indonésien.
  • Frankenstein, trans. Adriano do Vale (Lisbonne: Portugal Press, 1977). Traduction en portugais.
  • Frankenstein (New York et Scarborough, Ont. New American Library, 1978).
  • Frankenstein (New York: Dale Books, 1978).
  • Frankenstein (New York: New American Library, 1978). A Signet Classic, lié à Dracula par Bram Stoker etle Dr Jekyll et Mr. Hyde de Robert Louis Stevenson.
  • Frankenstein (Francfort-sur-le-Main: Zweitausendeins, 1978). Traduction en allemand.
  • K’o hsueh kuai jen (Hsiang-kang: Pi hui t’ou shu pan de ch’u elle, 1978). Traduction en chinois.
  • Frankenstein (Mexique: Editores Epoca, 1978). Traduction en espagnol. Reproduit en 1994.
  • Frankenstein (Mexique: Editores Mexicanos Unidos, 1978). Traduction en espagnol. Réimprimé en 1981, 1985.
  • Frankenstein (Londres: New York: Dent; Dutton, 1979). Réimprimer (avec corrections) de 1912 édition Dent / Dutton.
  • Frankenstein (West Haven, Connecticut: Pendulum, 1979).
  • Frankenstein (La Havane: Arte y Literatura, 1979). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein: ou le Prométhée moderne, trad. Germain d’Hangest (Paris: Garnier-Flammarion, 1979).Traduction en français.
  • Frankenstein, trans. Akira Usuda (Tokyo: Kokushokankokai, 1979). Traduction en japonais. Reproduit en 1981.
  • Frankenstein (Mahwah, NJ: Moulin Press, 1980).
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne, éd. MK Joseph (Oxford; New York: Oxford University Press, 1980).
  • Frankenstein: de, De Prométhée moderne, trad. Autres Hoog (Amsterdam: Loeb, 1980). Traduction en néerlandais. Reproduit en 1989.
  • Frankenstein (Toronto et de New York: Bantam Books, 1981). Introduction par Diane Johnson
  • Frankenstein o el moderno Prometeo, trans. Francisco Torres Oliver (Madrid: Alianza, 1981). Traduction en espagnol. Reproduit en 1993, 1994, 1995, 1996, 1998.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, 1818 texte, éd. James Rieger (Chicago, Londres: University of Chicago Press, 1982). Réimpression de l’édition 1974 Bobbs-Merrill, avec une nouvelle préface.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Morristown, NJ: Silver Burdett Co., 1982).
  • Frankenstein oder der neue Prométhée, trans. Ralph Tegtmeier (Bergisch Gladbach: Bastei Lübbe, 1982).Reproduit 1994, et (avec Dracula de Bram Stoker) en 1997. Traduction en allemand.
  • Frankenstein chinois (1982). Traduction en chinois.
  • Frankenstein, trans. Niels Søndergaard, 1982 (Copenhague: Apostrof, 1982). Traduction en danois.
  • Frankenstein, ossia Il moderno Prometeo, trans. Chiara Zanolli et Laura Caretti (Milan: Mondadori, 1982).Traduction en italien. Réimprimé en 1988, 1994.
  • Frankenstein (Stuttgart: Ehapa Verlag, 1982). Traduction en allemand.
  • Frankenstein, trans. Anna Pyk (Uddevalla: Niloe, 1982). Traduction en suédois. Réimprimé en 1992, 1994.
  • Frankenstein, trans. Max Schuchart (Utrecht: Het Spectrum, 1982). Traduction en néerlandais.
  • Frankenstein (Mattituck, NY: Amereon House, 1983).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Dodd, Mead, 1983). Illustré par Berni Wrightson.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (New York: Marvel Comics Group, 1983). Introduction par Stephen King.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York, Scarborough, Ont. New American Library, 1983).Signet Classic, avec une bibliographie révisée et mise à jour.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, éd. Barry Moser (Ouest Hatfield, MA: La menthe pouliot, 1983).Le texte 1818. Imprimé par Harold McGrath dans une édition limitée de 350 exemplaires. Slipcased, avec un jeu supplémentaire des illustrations dans un portefeuille.
  • Frankenstein o El Prometeu moderne, trad. Quim Monzó (Barcelone: ​​La Magrana, 1983). Traduction en catalan. Reproduit en 1984, 1985, 1986, 1987, 1994, 1995
  • Frankenshteyn, o. Promiteus ha-modernisation (Yerushalyim: Elisar, 1983). Traduction en hébreu.
  • Frankenstein oder der moderne Prométhée, trans. Ursula von Wiese (Zürich: Manesse, 1983). Traduction en allemand. Réimprimer (Munich:. Dt Taschenbuch-Verlag) en 1993.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Modern Library, 1984).
  • Frankenstein, trans. Miquel Rodriguez Cerro (Madrid: Anaya, 1984). Traduction en espagnol. Reproduit en 1987.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée des Temps modernes (Paris: Albin Michel, 1984). Traduit en français.Illustré par Berni Wrightson.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne: Le texte 1818 en trois volumes, éd. Barry Moser (Berkeley: University of California Press, 1984). Un volume réimpression de l’édition de 1983 pouliot.
  • Frankenstein, trans. Yumiko Morishita (Tokyo: Tokyosogensha, 1984). Traduction en japonais. Reproduit en 1993.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, éd. Maurice Hindle (Londres et New York: Penguin Books, 1985).
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne, éd. MK Joseph (Oxford et New York: Oxford University Press, 1985).
  • Frankenstein, trans. Fernanda Pinto Rodrigues (Mem Martins, Portugal: Publicacoes Europa-Amérique, 1985). Traduit en portugais.
  • Frankenstein (Porto Alegre, Rio Grande del Sul: L & PM Editores, 1985). Traduction en portugais.
  • Frankenstein, éd. T. Ernesto Bethancourt (Belmont, Californie: Fearon Education, 1986).
  • Frankenstein, dans trois romans gothiques, éd. Peter Fairclough (Londres et New York: Penguin Books, 1986). Réimpression de l’édition de 1968.
  • Frankenstein, ou, le Prométhée moderne (Oxford: Isis Large Print; Santa Barbara: Clio Press, 1986).Publié en gros caractères.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: New Orchard Editions, distribués aux Etats-Unis par Sterling Pub Co., 1986.). Illustré par Lynd Ward.
  • Frankenstein o el Prometeu moderne, trad. Quim Monzó (Barcelone: ​​La Magrana, 1986). Traduction en catalan. Réimprimé en 1990, 1995.
  • Frankenstein, oder, Der moderne Prométhée, trans. Christian et Ursula Grawe (Stuttgart: Reclam, 1986).Traduction en allemand. Reproduit (Rastatt: Pabel Moewig) 1990 (Düsseldorf: ECON-Taschenbuch) 1994, (Stuttgart: Reclam) 1995.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Philadelphia: Running Press, 1987).
  • Frankenstein, trans. Ana Maria Moix (Barcelone: ​​Lumen, 1987). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein oder der neue Prométhée, trans. Ana Maria Brock (Berlin: Verlag Das neue Berlin, 1987).
  • Frankenstein, o, el moderno Prometeo, trans. María Engracia Pujals (Madrid: Anaya, 1987). Traduction en espagnol. Reproduit en 1988, 1993, 1995, 1996.
  • Frankenstein, trans. Miquel Ange Gallo (Mexique: Ediciones Quinto Sol, 1987). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne: avec des essais supplémentaires et poèmes de la Twentieth Century (Washington, DC: Orchidées, 1988).
  • Frankenstein (New York: Bedrick / Blackie, London: Blackie, 1988). Illustré par Charles Keeping
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Portland House Classics Illustrated: Distribué par Crown Publishers, 1988). Illustré par Lynd Ward et Aristides Ruiz.
  • Frankenstein (New York: Tom Doherty Associates, 1988).
  • Frankenstein, éd. John Turvey et Per Dahlberg (Harlow, Essex, Angleterre: Longman, 1988).
  • Frankenstein, éd. Larry Weinberg (New York: Random House, 1988). Illustrations par Ken Barr.
  • Frankenstein (Aerie Books, 1988).
  • Frankinshtayin (Beyrouth: Maktabat Lubnan, 1988). Traduction en arabe.
  • Frankenstein, trans. Paul COUTURIAU (Monaco: Éditions du Rocher, 1988). Traduction en français.Reproduit (Paris: Gallimard) 1997.
  • Frankenstein, éd. Patrick Nobes (Oxford: Oxford University Press, 1989).
  • Frankenstein, éd. Richard Sellwood (London: Macmillan, 1989).
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne (London: Puffin, 1989).
  • Frankenstein: The Modern Prometheus, éd. Wendy Hobson (New York: P. Bedrick Books, 1989). Illustré par Caroline Eglise.
  • Frankenstein, trans. Jørn E. Albert et Thorsten Villum Hansen (Copenhague: Forum, 1989). Traduction en danois.
  • Frankenshtein, ili, Sovremennyi Prometei: roman, trad. Z. Aleksandrovoi (Moscou: la «littérature Khudozhestvennaia, » 1989). Traduction en russe.
  • Frankenstein (Poznan: Wydawnictwo Poznanskie, 1989). Traduction en polonais.
  • Frankenstein, ou, PROMETHEUS moderne (Philadelphie: Courage Books, 1990).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: New American Library, 1990). Signet Classic.
  • Frankenstein, de Mary Shelley dans le lecteur: Par « Frankenstein », Mathilda, « Contes » et récits, essais et critiques, et des Lettres, éd. Betty T. Bennett et Charles E. Robinson (New York et Oxford: Oxford University Press, 1990). L’édition 1818.
  • Frankenstein, éd. JH Brennan, trans. Alessandra Dugan (Trieste: E. Elle, 1990). Illustré par Tim vente.Traduction en italien.
  • Frankenstein (New York: Bantam Books, 1991).
  • Frankenstein; ou Le Prométhée moderne (New York: Quality Paperback Book Club, 1991). Reproduit en 1994.
  • Frankenstein cize moderný Prometeus, trans. Pavel Vilikovský (Bratislava: Taran, 1991). Traduction en tchèque.
  • Frankenstein, trans. Ma’arof Saad (Kuala Lumpur: Fajar Bakti, 1991). Traduction en malais.
  • Frankenstein, ovvero il moderno Prometeo, trans. Maria Paola Saci et Fabio Troncarelli (Milan: Garzanti, 1991). Traduction en italien.
  • Frankenstein, ovvero Il Prometeo moderno, éd. Malcolm Skey, trans. Stefania Censi (Rome: Theoria, 1991). Traduction en italien. Réédité (Milan: Bompiani) en 1994.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne (Garden Grove, CA: mondial des bibliothèques, Inc., 1991).Texte ASCII sur CD-ROM.
  • Frankenstein (London: JM Dent; Rutland, dans le Vermont: CE Tuttle, 1992). Réimpression de l’édition 1912 Dent / Dutton.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Londres: D. Campbell Publishers Ltd: Distribué par l’Random Century Group Ltd, 1992).
  • Frankenstein (New York: Knopf, distribué par Random House, 1992).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, éd. Maurice Hindle (London: Penguin, 1992).
  • Frankenstein, éd. Paddy Lyon (London: Dent, 1992).
  • Frankenstein: complet, texte faisant autorité avec biographique et historique contextes, Histoire critique et Essais de cinq perspectives critiques contemporaines, éd. Johanna M. Smith (Boston et New York: Bedford Books de presse de Saint-Martin, 1992). Reproduit Basingstoke: Macmillan, 2000.
  • Frankenstein o el Prometeu moderne, trad. Maria-Amntènia Oliver (Barcelone: ​​Edicions de l’Eixample, 1992). Traduction en catalan. réimprimé en 1993
  • Frankenstein, trans. Carme Roig i Papiol (Barcelone: ​​Barcanova, 1992). Traduction en catalan.
  • Frankenstein (New York: Barnes & Noble, 1993).
  • Frankenstein , dans Horror Classics (London: Chancellor Press, 1993).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Modern Library, 1993).
  • Frankenstein: ou le Prométhée moderne: Le texte 1818 , éd. Marilyn Butler (Londres: William Pickering; Oxford et New York: Oxford University Press, 1993). Reproduit comme Oxford World Classics, 1998.
  • Frankenstein (New York: Random House, 1993). Réimpression de l’édition 1922.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne , 2 vol. (Oxford; New York: Woodstock Books, 1993).Réimpression de 1823 ed. Taille de la page réduit à 77% de l’original; pages regroupées quatre origine à un de cette réimpression.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Ware: Wordsworth Classics, 1993). Titre de la couverture: Frankenstein.
  • Frankenstein, ou PROMETHEUS moderne (Lisle, IL: Project Gutenberg, 1993). Texte électronique.ftp://uiarchive.cso.uiuc.edu/pub/etext/gutenberg/etext93/frank11.txt
  • Frankenstein o El moderno Prometeo , [trans. Ignacio Salido Amoroso] (Madrid: Gaviota, 1993). Traduction en espagnol. Reproduit en 1994.
  • Frankenstein , trans. Chiara Belliti (Milan: Mondadori, 1993). Traduction en italien.
  • P’urangk’en syut’ain: ch’angjo ui sinbi rul yotpon han kwahakcha ui mollak , trans. Hye-gyong Chong (âme-si: P’apirusu, 1993). Traduction en coréen.
  • Le Frankenstein essentielle: y compris le roman complet de Mary Shelley , éd. Leonard Wolf (New York: Plume, 1993). Auparavant publié comme The Annotated Frankenstein .
  • Frankenstein, ou, le Prométhée moderne , éd. David Lorne Macdonald et Kathleen Dorothy Scherf (Peterborough, Ontario: Broadview Press, 1994). Le texte 1818.
  • Frankenstein (London: JM Dent; Rutland, dans le Vermont: CE Tuttle, 1994). Réimpression de l’édition 1912 Dent-Dutton.
  • Frankenstein (New York: Dover Publications, 1994).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, le texte 1818 , éd. Marilyn Butler (Oxford; New York: Oxford University Press, 1994).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Londres: Pan, 1994). Une réimpression de 1963 Signet Classic.
  • Frankenstein: ou, Le Prométhée moderne , éd. Maurice Hindle (Harmondsworth et New York: Penguin Books, 1994).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne: le texte 1818 en trois volumes , éd. Barry Moser (Berkeley: University of California Press, 1994). Un volume réimpression de l’édition de 1983 pouliot.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Avenel, NJ: Gramercy Books; Distribué par Random House Value Publishing, 1994). Illustré par Lynd Ward.
  • Le grand livre de Frankenstein , éd. Stephen Jones (New York: Carroll et Graf, 1994). Avec d’autres « contes électrisants de la création maudit. »
  • Le Frankenstein Essential , éd. Leonard Wolf (New York: Byron Preiss Multimédia, 1994). CD-ROM.
  • Frankenstein , [trans. Monserrat López] (Barcelone: ​​Ediciones B, 1994). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein , trans. Marta Pérez (Barcelone: ​​Laërte, 1994). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein , [trans. Miguel Giménez ventes] (Barcelone: ​​Ultramar DL, 1994). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein, trans. Isabel Altés Yanes (Madrid: Edicomunicación, 1994). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein ous le Prométhée moderne, trad. Joe Cuervorst (Paris: J’ai lu, 1994). Traduction en français.
  • Frankenstein: roman (Rastatt: Ullstein, 1994). Traduction en allemand.
  • Frankenstein, ovvero il Prometeo moderno (Rome: Biblioteca economica Newton, 1994). Traduction en italien.
  • Frankenstein, trans. Gerd Karin Nordlund (Stockholm: 1994). Traduction en suédois.
  • Frankenstein, trans. Masaki Yamamoto (Tokyo: Kadokawashoten, 1994). Traduction en japonais.
  • Frankenstein; ou, Le Prométhée moderne, éd. Anne K. Mellor (New York: Simon & Schuster, 1995).
  • K’o hsueh kuai jen (Hsiang-kang: Huang Kuan pan de ch’u elle (Hsiang-kang) yu hsien kung ssu, 1995).Traduction en chinois.
  • Frankenshtain o Prometeus ha-modernisation, trans. Iris Bar’am (Hod Hasharon: Astrolog, 1995).Traduction en hébreu.
  • Frankenstein (Barcelone: ​​Plaza & Janes, 1995). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein (Köln: Könemann Verlag, 1995). En anglais.
  • Frankenstein, ovvero Il Prometeo moderno, trans. Simona Fefe (Milan: Frassinelli, 1995). Traduction en italien. Réédité (Rome: Vignola) en 1996.
  • Frankenstein: ovvero, Il moderno Prometeo (Pordenone: Studio Tesi, 1995). Traduction en italien.
  • Frankenstein, trans. Franz Schrapfeneder (Vienne: Tosa Verlag, 1995). Traduction en allemand. Illustré par Christian Mogg.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (New York: Grosset & Dunlap, 1995). Illustré par Larry Schwinger.
  • Frankenstein, éd. Nora Crook (Londres, Brookfield, VT: Pickering & Chatto, 1996). L’édition la plus complète et détaillée à ce jour.
  • Frankenstein: Le texte 1818, les contextes, les réponses du dix-neuvième siècle, la critique moderne, éd.J. Paul Hunter (New York: WW Norton, 1996).
  • Frankenstein yada, Prométhée moderne, trad. Elif OEzsayar (Istanbul: Arion Yayynevi, 1996). Traduction en turc.
  • Frankenstein yada prometheus moderne, trad. Yeþim Seber (Istanbul: Mitos Yayynlary, 1996). Traduction en turc.
  • Frankenshtain, éd. Larry Weinberg; trans. Lev Dalit (Yerushalayim: Keter, 1996). Traduction en hébreu.
  • Frankenstein, [trans. JM Ortiz] (Donostia: Elkar, [1997]). Traduction en langue basque.
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne, éd. David Stevens (Cambridge: Cambridge University Press, 1998).
  • Frankenstein. Large print ed. ([Los Angeles]: Cyber ​​Classics, 1998).
  • Frankenstein, ou, le Prométhée moderne. Collectionneurs de New York Public Library ed. (New York: Doubleday, 1998).
  • Frankenstein (New York: Viking, 1998).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Princeton: Xlibris, 1998).
  • Frankenstein (Wickford, RI: North Books, 1998).
  • Frankenstein, [trans. EAB] (Barcelone: ​​Andrés Bello, [1998]). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein (Paris: Autrement, 1998). Traduction en français.
  • Frankenstein, ou, O Prometeu moderno (S o Paulo &aced;: Editora Ática, 1998). Traduction en portugais.
  • K’o hsueh kuai jen (Taipei: Wan hsiang T’u …, 1998). 2 vol. Traduction en chinois.
  • Frankenstein, tr. Pawla Kociolka (Varsovie: Muza Sa, 1998). Traduction en polonais.
  • Frankenstein, intro. Wendy Steiner (New York: Modern Library, 1999).
  • Frankenstein (New York: Playmore, Inc. et Waldmann Publishing Corp, 1999).
  • Frankenstein, ou, Le Prométhée moderne (Washington, DC: Braille International, 1999). 3 vol. En braille.
  • Frankenstein, éd. Antonio Ballestero et Silvia Caporale ([Salamanque]: Ediciones Almar, 1999). Traduction en espagnol.
  • Frankenstein: ou o moderno Prometeo, trr. Fernando R. Tato Plaza ([Vigo]: Galaxia, 2000). Traduction en espagnol.

°°°

18336e1e192e62099ca087e5d4735ff44b96c130.pjpg

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Déconstructivisme : maison sculpture Dupli.Casa près de Ludwigsburg (RFA) – architectes : J. Mayer H.

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

mayer

Jürgen Mayer H.

    Jürgen Mayer H. est le fondateur et le directeur de l’agence interdisciplinaire J. MAYER H. Architects axée sur les travaux à l’intersection de l’architecture, de la communication et des nouvelles technologies . Il a étudié à l’Université de Stuttgart, la Cooper Union et à Princeton University. Son travail a été publié et exposé dans le monde entier et fait partie des collections internationales comme le MoMA de New York et SF MoMA. Il a été récompensé par de nombreux prix, comme le Mies-van-der-Rohe Award 2003 et le Holcim Awards 2005 Bronze Europe pour le projet Metropol Parasol. Jürgen Mayer H. a enseigné à l’Université de Princeton, l’Université des Arts de Berlin, l’Université de Harvard, Kunsthochschule Berlin, l’Architectural Association de Londres et enseigne actuellement à l’Université Columbia à New York.
    Basé à Berlin, ses projets récents, outre la la villa Dupli.Casa près de Ludwigsburg, comprennent un centre étudiant à l’Université de Karlsruhe et le ADA1 immeuble de bureaux à Hambourg en Allemagne, le réaménagement de la Plaza de la Encarnación à Séville en Espagne et l’extension du parc scientifique Danfoss, Danemark. 

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Microsoft PowerPoint - Presentation1

DUPLI CASA – Villa près de Ludwigsburg, RFA

    • Cabinet d’architecte : J. MAYER H. Architects
    • Localisation : Ludwigsburg près de Stuttgart
    • fonction : maison d’habitation privée
    • Architectes chargés du projet : Georg Schmidthals, Thorsten Blatter
    • Equipe du projet : Juergen Mayer H., Simon Takasaki, Andre Santer, Sebastian Finckh
    • années de conception du projet : 2005-2008
    • années de réalisation : 2006-2008
    • superficie du terrain : 6.900 m2
    • emprise au sol de la construction : 569 m2
    • surface de plancher construite : 1.190 m2
    • nombre de niveaux : 3
    • hauteur de la construction : 12,20 m
    • Structure : béton armé, brique , charpente en bois
    • matériaux pour les murs extérieurs : béton cellulaire avec plâtre, verre
    • matériaux pour les parois et revêtements intérieurs : panneaux de bois, plâtre
    • Architecte chargé des travaux : AB Wiesler, Stuttgart
    • ingénieurs structure : Dieter Kubasch, Ditzingen und IB Rainer Klein, Sachsenheim
    • Architectes paysagistes : Büro Klaus Wiederkehr, Nürtingen
    • Photographe : David Franck

°°°

header_bg_marbach

i-Neckar1941

   Le terrain se situe en bordure de la rivière Neckar et offrait des vues spectaculaires sur la vieille ville de Marbach, la ville natale de Friedrich von Schiller. Une maison d’habitation construite en 1984 qui avait subi de nombreuses extensions et modifications depuis sa construction occupait le terrain et les concepteurs du nouveau projet proclament que la géométrie de la nouvelle construction est basée sur l’emprise au sol de l’ancienne construction et continue de s’en faire l’écho grâce à un procédé de duplication et de rotation utilisé lors de la conception et qui constituerait une forme d‘ »archéologie de la famille ».

     La villa dispose de trois étages. A chaque niveau, les volumes sont organisés en saillie à à partir du noyau central de la maison, formant des porte-à-faux et leur fenêtres sont orientées de manière à révéler des vues spécifiques du paysage et des bâtiments environnants dont le bâtiment des archives de la littérature allemande créé par l’architecte britannique David Chipperfield. Pour organiser sa construction Mayer déclare avoir réutiliser le plan de la construction ancienne et l’avoir extruder en « torsion » pour définir les niveaux supérieurs. De ce fait, les espaces intérieurs et extérieurs s’interpénètrent et leur limites apparaissent indéfinies et aléatoires.
   Juergen Mayer H. est connu pour ses bâtiments d’allure futuriste. Il travaille en numérique dés le processus de conception et a un penchant pour les architectures tourmentées et incompréhensibles à la première lecture excluant souvent la ligne droite.  L’enveloppe globale est traitée comme une peau lisse de la toiture jusqu’au sol qui évite toute rupture par des transitions douces et homogènes.

dupli_casa_jmh051108_davidfranck_5

crocodile Lego

Vaisseau interstellaire échoué à mi-pente ou reste de fossile géant aux os blanchis par le temps qui nous accueille la gueule grande ouverte toute prête à nous happer…

dupli_casa_jmh051108_davidfranck_8

L’entrée principale monumentale marquée par un auvent imposant qui se projette en avant du bâtiment est assez réussie mais quelle est la raison qui justifie pour une maison individuelle un tel traitement du porche ?. L’effet dynamique est renforcé par le fait que cet auvent est traité en porte-à-faux

dupli-casa2

En partie inférieure du terrain les trois niveaux de la construction sont visibles en totalité. Contrairement à l’impression ressentie au niveau supérieur la construction apparaît comme un agglomérat  de volumes en majorité paralélépipédiques aux bords arrondis et à toiture terrasse qui se détachent le plus souvent en porte-à-faux du noyau central. A noter le raccordement au sol du bâtiment par l’intermédiaire d’un revêtement de sol formant socle donnant l’impression que la peau de façade se prolonge sur le terrain pour « asseoir » la construction. Celle-ci apparaît alors comme un objet « posé » sur le terrain qu’on pourrait « décoller », transporter et poser ailleurs… A noter également la piscine au rez-de-chaussée à la fois ouverte et couverte par un volume en excroissance qui apparaît sur-ajouteé à la construction de base. (photos ci-dessus et ci-dessous)

dupli_casa_jmh051108_davidfranck_4

dupli_casa_jmh051108_davidfranck_7

dupli_casa_jmh051108_davidfranck_11

Tiens ! de ce côté là, les blocs de béton aux bords arrondis  empilés les uns sur les autres donnent une impression de blockhaus du mur de l’Atlantique peints en blanc avec vue sur la mer….

blockhaus20-1Blockhausinterieur-blockhaus-photographie-urbaine-architecture

Dupli_10

la maison, la nuit… Forme spectrale se détachant sur le fond sombre du terrain et de la végétation

JMAYERH_DupliCasa_08

°°°

–––– plans, coupe et vue des volumes intérieurs –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

VMM Lageplan

VMM SCHNITTE klein 080115 _ 2.

coupe transversale sur la piscine au rez-de-chaussée et sa verrière d’éclairage, sur le hall d’entrée, l’espace central se développant sur toute hauteur  au niveau 1 et sur les volumes des chambres au niveau 2

gr gg2

niveau Rez-de-chaussée avec la piscine semi-couverte et les volumes encastrés dans la pente

1600768328_jmayerh-duplicasa-24

la piscine au rez-de-chaussée

gr eg2

niveau 1er étage avec l’entrée principale (à gauche), le noyau central composé d’un vide qui s’ouvre sur toute hauteur éclairé par une verrière en plafond et une cage escalier/ascenseur et les volumes secondaires qui se projettent sur l’extérieur et qui abritent la salle de séjour, la cuisine et la salle à manger, un salon. A noter la verrière de toiture du volume fermé de la piscine. Les architectes insistent sur l’axe de l’entrée qui offre une échappée visuelle sur la vieille ville de Marbach et sur le fait que les ouvertures des volumes séjour et salon donnent sur l’espace extérieur historique Goethe/Schiller (apparemment le musée-archives de la littérature allemande).

947121423_jmayerh-duplicasa-23

    le volume salon avec en premier plan l’espace central se développant sur deux niveaux (photo ci-dessus) et offrant une vue dégagée et encadrée par les éléments obliques de la construction sur la Neckar et la vieille ville de Marbach avec l’espace Goethe/Schiller et le musée-archives de la littérature allemande (photo ci-dessous).

278674913_jmayerh-duplicasa-16

    Il est intéressant de constater sur cette photo ci-dessus qu’un encadrement de vue non rectangulaire apparaît comme marqué du sceau de l’arbitraire (cette délimitation du paysage apparaît alors comme imposée par le concepteur et peut être considérée comme gênante pour la perception en tant que cadre inadapté) alors qu’un rectangle est une figure tout aussi particulière et imposée mais est interprétée de manière conventionnelle par l’habitude de l’usage comme une forme neutre et sans effet n’interférant pas sur la perception de ce paysage, ce qui est partiellement faux.

dupli-casa3

Le volume salle à manger ouvert sur deux côtés. Où placer le buffet hérité de Grand-Mère ?

dupli-casa4

le noyau et le vide central et la verrière d’éclairage en toiture

1531940206_jmayerh-duplicasa-13

1651645488_floor-plan-03

niveau 2ème étage : c’est l’étage des chambres qui s’ordonnent par l’intermédiaire d’une coursive en mezzanine autour du noyau central composé du vide qui s’ouvre sur toute hauteur et une cage escalier/ascenseur.

272722374_jmayerh-duplicasa-21

niveau 2 des chambres : vue sur le niveau inférieur à travers le vide central à partir de la mezzanine

423921727_jmayerh-duplicasa-17

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Le point de vue d’Enki

la toile déborde de sites présentant la DupliCasa de Meyer. Ce type d’architecture atypique qualifiée de « futuriste » répond bien à la recherche du « sensationnel » qui anime la plupart d’entre eux. Tous alignent les mêmes photos de caractère hyper-réalistes du photographe David Franck, apparemment photographe officiellement choisi par l’architecte. Ces photos ont une constante :

  • ils ne présentent la construction que dans sa globalité ou dans ses détails de manière partielle sans que soit visible l’environnement même immédiat et ceci malgré le fait que la rivière Neckar et la vieille ville de Marbach sont tous proches et en particulier le bâtiment des archives de la littérature allemande de l’architecte britannique David Chipperfield. Il aurait pourtant été intéressant de montrer de quelle manière le bâtiment s’intégrait ou au contraire s’opposait à l’environnement naturel et bâti dans lequel il était bâti.
  • les portions d’espaces verts visibles sur les photographies en bordure de la construction ne montrent que des pelouses présentant un aspect et une couleur uniformes comme si elles avaient été retouchées. La maison donne l’impression d’être posée sur une pelouse parfaite totalement artificielle. Cette impression est encore renforcée lorsque la peau extérieure des façades donne l’impression de se poursuivre sur le sol à la façon d’un socle qui aurait la fonction d’en assurer le support et la stabilité.
  • les volumes bâtis apparaissent vides meublés seulement de rares meubles contemporains soigneusement alignés dont le style a été choisi pour s’accorder à l’architecture. Aucun occupant n’est visible 

    Il résulte de tous ces éléments que la maison est représentée sur ces photos, non pas comme un lieu vivant, habité par une famille qui y a imprimé sa marque et son style de vie mais comme un objet sans vie parce que non habité, une sculpture dont la fonction est d’être contemplée et admirée mais en aucun cas utilisée et vécue.
   Il est à craindre que si les architectes ont choisi pour faire connaître leur œuvre, un mode de présentation aussi froid et désincarné, c’est que cette architecture était pensée dés l’origine de la conception d’abord comme une sculpture.

Dupli_casa_original 1984

   Voyons maintenant comment les architectes expliquent le parti-pris architectural pour lequel ils ont opté pour la conception de cette construction. La plupart des sites font référence à une ancienne construction bâtie en 1981 qui a été détruite pour réaliser la nouvelle et dont les architectes auraient réutilisé le plan d’origine pour la conception des niveaux supérieurs mais en les faisant pivoter autour d’un axe comme si une construction de trois étages aux plans de niveaux identiques ou semblables avait fait l’objet d’une « torsion » circulaire. C’est ce que représente le schéma-maquette ci-dessus fournis par l’architecte.

Pikto-drehen2

Dupli_20

    Cette torsion de la construction implique, pour pouvoir en assurer la stabilité, que de les volumes qui se  retrouvent alors en situation de porte-à-faux soient repris et supportés par de nouvelles structures porteuses. Dans la logique du phénomène de torsion défendu par les architectes, ces éléments porteurs ont été conçus de forme obliques comme si certains éléments porteurs verticaux de la construction initiale avaient été étendus obliquement de manière élastique sous l’effet de la déformation. 

Dupli_21

    C’est ce qu’exprime les deux maquettes ci contre où l’on peut voir en façades des deux niveaux inférieurs les structures porteuses obliques de liaison qui semblent avoir « accompagné » la déformation du bâtiment. Ce sont ces éléments de structure obliques qui impriment à la construction une tension et un certain dynamisme formel et qui atténuent l’effet de lourdeur causé par la superposition des volumes d’habitation conçus comme des blocs massifs se détachant d’un noyau central. Cette incorporation d’éléments formels obliques dans le volume de la construction s’applique également à certains des volumes de constructions traités en saillie et en pointe.

Dupli_26

dupli_casa_jmh051108_davidfranck_9

     Que penser globalement de cette architecture ? Lorsque l’on cherche à la relier à un style ou à un  mouvement architectural passé ou présent on éprouve des difficultés à définir les critères de classification qui justifierait son intégration à l’un ou l’autre de ces mouvements. Ce qui apparaît certain, c’est qu’elle s’inscrit dans le mouvement actuel  qualifié de déconstructiviste en architecture défendu depuis les années quatre-vingt par des architectes tels que  Zaha Hadid, Rem Koolhaas et Frank Gehry, et qui cherche à se libérer des conventions techniques et culturelles pour inventer et mettre en scène des formes libres et chaotiques, imprévues mais contrôlées. On pourrait aussi le relier au mouvement expressionniste en architecture qui s’était épanoui en Allemagne au pendant la période Weimar.

Frank Gehry - usine Vitra à Weil am Rhein en RFABabelsberg_Einsteinturm

Vitra Design Museum en RFA de Frank Gehry (1989) et tour Einstein à Babelsberg de Mendelsohn (1921)

   Ce qui nous semble gênant dans le projet de la maison Dupli.Casa tel qu’il a été réalisé par le cabinet J. MAYER H. Architects est le côté « parti-pris » qui a prévalu au départ à sa conception sans s’appuyer sur une vision d’ensemble de l’architecture mise en œuvre en relation avec la vieille ville de Marbach chargée d’histoire  toute proche. L’élément déterminant qui a conditionné toute la conception architecturale du projet est une « idée » initiale, celle de la réutilisation d’une partie du plan de la construction ancienne qui occupait le terrain et sa  déclinaison pour les différents niveaux mais en la déformant et en modifiant son positionnement initial par un phénomène de « torsion ». Ceci dans le but de mettre en valeur un concept fumeux d’ « archéologie de la famille » qui doit vouloir exprimer dans l’esprit de ses défenseurs le souhait de réintégrer la nouvelle construction dans l’histoire familiale. Ceci est une plaisanterie. En fait, il nous semble que le désir premier de l’architecte était de réaliser une maison-sculpture en référence à l’architecture de type déconstructiviste actuellement à la mode et qui est la marque de fabrique de cette architecte et que la théorie de la torsion du plan initial n’est qu’un prétexte élaboré pour justifier le parti architectural adopté. On serait alors en présence d’un exemple d’œuvre artistique créée en référence à la théorie non avouée de l’art pour l’art dans laquelle la conception architecturale s’affranchit de toute contrainte sociale ou fonctionnelle qui irait à l’encontre de la créativité de l’artiste. Ce n’est pas tant l’architecture déconstructiviste qui est ici mise en cause que les dérives de certains de ses laudateurs. Il est navrant que la majorité des sites sur Internet traitant du design et de l’architecture adulent ce projet sous le prétexte qu’il est « futuriste » ou « surprenant ».

   Le résultat est un « monstre architectural » à l’image des chimères que sont ces animaux fabuleux composés de parties d’animaux de différentes espèces. C’est ainsi qu’à une façade composée de volumes d’une certaine lourdeur qui rappellent les anciens blockaus assemblés de manière agglomérante succède une façade composés des mêmes éléments traités cette fois avec des angles aigus ou une façade traitée de manière cette fois monolithique percée d’ouverture (façade en continuité de l’entrée) et que des éléments constructifs apparaissaient sur-ajoutés à la structure initiale pour compenser des manques structurels dus aux choix architecturaux initiaux et où l’espace extérieur de l’entrée est traité de manière inutilement monumentale à la manière d’une entrée de bâtiment public.

    Les photos présentées sont celles d’une construction-sculpture désincarnée sans présence humaine, il serait intéressant de savoir, après quelques années d’occupation, comment la famille occupante s’est appropriée l’espace et  vit dans l’architecture imaginée par l’architecte. Il serait également intéressant de savoir comment cette construction atypique est ressentie par les habitants de la ville voisine de Marbach.

nature_3

    On est loin avec cette maison, de l’archétype cher au philosophe Bachelard de la maison traditionnelle qui se développe de la cave au grenier sous une toiture à double pans et se rattache, véritable Axis Mundi, par la cave au monde tellurique et par la cheminée, le grenier et ses poutres, au monde du ciel. Mais cette structure de la maison étudiée par Bachelard (qui était celle où il avait vécu enfant) à partir de laquelle se déploie pour ceux qui y habite un imaginaire très particulier n’est pas la seule forme possible. Dans une architecture différente de la maison traditionnelle, il est possible de déployer un tout autre type d’imaginaire qui découlera des caractéristiques propres à cette architecture et des ouvertures qu’elle offre à la rêverie. C’est ainsi que certains habitants logeant au plus haut d’une tour d’habitation déclarent avoir le sentiment de vivre au-dessus du monde réel, dans les nuages et développent un imaginaire qui leur est propre lié à cette sensation. Les occupants d’une maison-coquillage ou d’une maison-nid développeront un imaginaire lié à l’image du cocon protecteur qui protège en épousant les formes du corps, qui est celle du foetus dans le ventre de sa mère. Les habitants d’une demeure historique vont développer pour leur part un imaginaire lié à la préservation d’un héritage historique et culturel impliquant une mission de protection et de préservation de la construction qui a résisté jusque là aux assauts du temps.   Pour une maison-sculpture qui se proclame œuvre d’art en rupture avec les formes imposées par les stéréotypes ou les modèles anciens hérités du passé, l’imaginaire de l’occupant pourra se développer à partir du sentiment exaltant d’être un précurseur en avance sur son temps et de participer à une expérience artistique enrichissante à moins qu’il juge insupportable les contraintes imposées par l’architecture qui lui a été imposée… De là les nombreuses modifications apportées par les occupants aux projets initiaux de grands architectes au grand dam des défenseurs de la préservation de la pureté architecturale. A partir du moment où les fonctions matérielles, familiales et  et sociales de bases sont assurées par l’habitat, le champ de développement des fonctions culturelles auquel il doit aussi répondre est infini et peut se déployer dans toutes les directions en fonction de la personnalité de chacun.

Capture d’écran 2013-08-05 à 14.27.56

        .
9 janvier 2014
.

°°° 

–––– Documents complémentaires ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

1387737226_diagram-01390448811_diagram-02

132016182_diagram-03

1529981953_diagram-041467330855_diagram-05

dupli_casa_jmayerhftp051108_7

 °°°

Read more : http://www.digsdigs.com/the-most-futuristic-house-design-in-the-world/#ixzz2pZ6g9y2V

[ Read More at www.homesthetics.net/unique-mansion-dupli-casa-by-j-mayer-h-architects/ © Homesthetics – Inspiring ideas for your home.]

°°°

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––