Trouble dans le genre


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     Vu dans le Hall d’entrée d’une officine accueillant du public…  « Ceci n’est pas une poubelle, mais un porte-parapluie ! »
       Bigre ! Pourtant cela ressemble fortement à une poubelle…
     C’est donc un porte parapluie … Soit !  Je pensais jusqu’à présent qu’un porte-parapluie, c’était…

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    Ça,                  ça                      ou ça,                ou ça,         ou même ça…

    Ces objets sur le plan formel répondent parfaitement à leur appellation. Ils sont constitués à leur base d’un bac dont la fonction est de recueillir l’eau qui suinte du parapluie et d’une ossature qui « porte » le parapluie en le maintenant en position verticale. De ce fait  l’objet « porte-parapluie » est réduit formellement à sa plus simple expression avec une économie de matière et de moyens et le parapluie reste visible. On peut ensuite sur le plan décoratif décliner de manière infinie l’expression du support comme le montrent les exemples présentés ci-dessus dont certains sont du plus mauvais goût. Mais tous ses objets ont un dénominateur commun au niveau de leur apparence : ils « portent » et « exposent » le parapluie en laissant visible le récipient qui recueille l’eau, ce qui facilite son vidage et son entretien.

Mimésis

Platon    Dans le Timée, Platon défend l’idée que la beauté d’une œuvre ne résulte pas de son apparence superficielle mais est liée à la reproduction de l’essence et des propriétés intrinsèques de l’objet pur qu’elle représente. Ce qui compte, n’est pas ce que le spectateur perçoit et ressent, mais le souci de vérité, souci qui consiste à dépasser l’apparence sensible : « toute œuvre dont l’ouvrier aura fixé son regard sur ce qui se conserve toujours identique, utilisant un tel objet pour modèle, afin d’en reproduire l’essence et les propriétés, cette œuvre sera belle nécessairement, comme tout ce qui est ainsi accompli ». À travers les variantes formelles multiples des porte-parapluies qui constituent des ressemblances, c’est le respect rigoureux de la structure fonctionnelle de base de l’objet premier, son « essence » qui conditionne la beauté.
     La fonction d’une poubelle est différente d’un porte-parapluie, elle doit recueillir des détritus et en même temps les soustraire à la vue car le « sale » dans notre société est tabou et ne doit pas s’exposer d’où l’utilisation pour répondre à cette fonction de récipients opaques qui rendent invisible leur contenu. Dans ces récipients type poubelles, les parapluies sont « avalés » et ceux repliables de faible longueur littéralement « engloutis » deviennent invisibles. On se demande d’autre part comment le problème de l’eau au fond du récipient est résolu car l’absence de visibilité induit fatalement le manque d’entretien.

Licence contre essence
    Doit-on alors parler alors d’une éthique de l’utilisation des objets, de leur mise en forme et dans le choix formel que l’on effectue lorsqu’on décide de privilégier une apparence plutôt qu’une autre ? La licence dans ce domaine s’oppose à l’essence et ajoute à la confusion ambiante induite par le manque de repères et de sens. Un ami m’avait fait la remarque au sujet de la carrosserie d’une voiture qu’elle ressemblait selon lui plus à un réfrigérateur qu’à une voiture. Au moins il lui restait les roues et les vitres pour pouvoir la distinguer….


Détournements

     Mais peut-être faut-il tout simplement voir dans cet écriteau une manifestation d’humour du genre équivoque ou grivois à la manière de Magritte : « Ceci n’est pas une pipe »

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    Ou bien du genre provocateur et transgressif à la manière de Marcel Duchamp qui en 1917 sous le pseudonyme de «R. Mutt» présenta à une exposition à New York un urinoir en porcelaine fabriqué industriellement par la société J. L. Mott Iron Works comme une œuvre artistique appelée « Fontaine ». Les organisateurs de l’exposition apparemment totalement dénués d’humour avaient refusé, dit-on, cette œuvre pour les motifs suivants :
        . l’objet présenté était considéré comme « immoral et vulgaire ».
    . l’objet résultait d’un plagiat ou n’était qu’une « pièce commerciale pouvant avoir été réalisée par un plombier ».

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    Franchi le vestibule, je pénètre dans la salle d’attente de l’officine où trône un objet de même type que le soi-disant porte-parapluie du Hall d’entrée. Un doute existentiel s’installe alors dans mon esprit : suis-je en présence d’une poubelle ou d’un porte-parapluie ? Je n’ose y déposer le mouchoir en papier que je tiens dans ma main. Peut-être est-ce un porte-parapluie… La légèreté des gestionnaires de l’officine m’irrite au plus haut point. Comment peut-on laisser les gens se débattre ainsi dans l’ignorance et la confusion. En bonne logique, si c’était une poubelle, on aurait du l’affubler d’un panonceau « Ceci n’est pas un porte-parapluie mais une poubelle ! »


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Vraiment dérangeant de se sentir fixé par des milliers de regards…

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Le nom de la rue ? « rue des Dieux »… Parfait, y’aura pas de jaloux !

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Je suis entré
j’ai attendu,
longtemps…
très longtemps…
j’ai demandé
Y’a quelqu’un ?
Personne n’a répondu,
Personne n’est venu
alors je suis sorti.

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Lac du Bourget sous le col de Chambotte - photo Enki (IMG_0456)

Non, ce n’est pas le lac d’Annecy. C’est le lac du Bourget en montant au col de la Chambotte

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N’insistez pas, j’ai promis de ne pas dévoiler le lieu ou se situe ce petit paradis … Seul indice : en bas à droite sur la carte de France…

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Et entre deux Ô : la recherche de l’ombre…

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sous la dentelle du figuier – photo Enki

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