le photographe britannique Herbert George Ponting (1870-1935) – (I) Photos du mont Fuji (1905)

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Herbert George Ponting (1870-1935)

Herbert George Ponting (1870-1935)

     Né à Salisbury dans le sud de l’Angleterre, Herbert George Ponting débute dans la vie à l’âge de 18 ans en exerçant à Liverpool la profession de son père : banquier. Après quatre années, constatant qu’il n’avait aucune vocation à exercer ce métier et attiré par les mythes de l’Ouest américain, il quitte l’Angleterre pour la Californie où il travaillera dans les mines avant d’acheter un ranch dans les années 1890. C’est en Californie qu’il rencontrera sa femme, Mary Biddle Elliott, avec laquelle il se mariera en 1895 dont il aura une fille Mildred. mais l’exploitation du ranch est un échec et Ponting se reconvertit dans le métier de photographe. Participant à des compétitions, il remportera plusieurs prix et commence à connaître un certain succès avec ses photographies stéréoscopiques. A partir de 1904, répondant à la demande nouvelle de la presse qui commence à imprimer des images photographiques, il débute une activité de reporter freelance en Asie pour des périodiques anglo-saxons couvrant des événements tels que la guerre russo-japonaise et effectuant des reportages en Birmanie, Corée, Indonésie, Chine et Inde. Quatre des plus grands magazines de Londres publieront ses photographies : le Graphic , l’Illustrated London News, le Pearson’s, et le Strand Magazine.
       En 1905, Ogawa K., un éditeur de Tokyo, lui confiera la réalisation d’un recueil de 25 photographies du Fuji San (3.776 m). Le  Fuji San est le nom japonais du volcan que les occidentaux nomment Fuji Yama ce qui est constitue une erreur car Yama signifie déjà  montagne, En fait, san est simplement la lecture sino-japonaise du caractère  (lecture issue du chinois shan), la lecture proprement japonaise (dite aussi yamato) de ce même caractère étant yama. La lecture Fuji-yama de 富士山 est donc une lecture occidentale fautive de ce que les japonais lisent Fuji-san, le mont Fuji.

couverture du livre publié par K. Ogawa, 1905

couverture du livre publié par K. Ogawa, 1905 et préface (en anglais) de Herbert G. Ponding

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Herbert G. Ponting - Fuji, la montagne sacrée du Japon – publication K. Ogawa, 1905

Herbert G. Ponting – Fuji, la montagne sacrée du Japon – publication K. Ogawa, 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Hakone K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Hakone K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Nishi-no-umi - publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Nishi-no-umi – publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Motosu Nishi-no-umi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Motosu Nishi-no-umi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu à travers les pins, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu à travers les pins, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji et le lac Motosu publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji et le lac Motosu publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Kawaguchi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Kawaguchi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji enneigé en hiver vu du lac Hakone, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji enneigé en hiver vu du lac Hakone, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le

Herbert G. Ponting – le « Kasa Fuji » (le Fuji et son ombrelle), publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji au coucher du soleil, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji au coucher du soleil, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji se mirant dans le lac Shoji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji se mirant dans le lac Shoji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji avec en premier plan la cascade Shira-Ito, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji avec en premier plan la cascade Shira-Ito, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji à travers les pins du lac Motusu, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji à travers les pins du lac Motusu, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - sur le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – sur le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting -le lac Yananaka vu du sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le lac Yananaka vu du sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - lever du soleil au sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – lever du soleil au sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponding - le Fujisan à l'aube - 1905

Herbert G. Ponding – le Fujisan à l’aube – 1905

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Regards croisés : deux photographies anciennes du Fuji San (Fuji Yama)

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Dans le pays de Yamato,
Il est notre trésor, notre dieu tutélaire.
Nos yeux ne se lassent jamais de regarder
Le pic élevé du Mont Fuji

Manyoshu (premier recueil de poésie du Japon, au VIIIe siècle)

Okinawa Soba (Rob) - Two versions of Fuji san publised by K. Ogawa - Herbert Ponting, 190

photo du Fuji San  et du lac Shoji publiée K. Ogawa – photographe Herbert Ponting, 1905.

Okinawa Soba (Rob) - Two versions of Fuji san publised by K. Ogawa - T. Enami, circa 1907 from a stereo view

photo du  Fuji San et du lac Shoji publiée K. Ogawa – vue par stéréogramme par le photographe T. Enami, vers 1907.

     Ces deux photographies prises par deux photographes différents à deux années d’intervalles et selon un cadrage différent représentent la même vue, prise rigoureusement du même endroit, du Fuji San, 3.776 m (Fuji Yama).

       C’est en 1905 que Ogawa K., un éditeur de Tokyo, publie un livre présentant vingt-cinq photos du Fuji San prises par un photographe britannique, Herbert G. Ponting. Si l’édition était de qualité irréprochable et rencontra un grand succès, les japonais critiquaient la manière dont Herbert G. Ponting avait photographié leur montagne sacrée en particulier au niveau du cadrage. Selon eux, seul un japonais avait la faculté de représenter, selon l’esprit et l’âme japonaise, le Fuji San. C’est ainsi que quelques années plus tard, en 1912, Ogawa K. rééditera le même titre mais avec vingt-quatre photos réalisées par trois photographes cette fois japonais dont il faisait partie lui-même. Les deux autres photographes étaientt son ami K. Tamamura et son ancien élève et assistant T. Enami.  

       Le photographe japonais Okinawa Soba qui a comparé le deux éditions regrette que les photographes japonais aient repris pour la plupart de leurs photos (sans doute par la volonté de leur éditeur) les vues initiales choisies par Herbert G. Ponting. Il aurait préféré qu’ils choisissent leurs thèmes en toute liberté. Pour la vue représentée ci-dessus du Fuji San en arrière-plan du lac Shoji, il déclare préférer la version de la photographie réalisée par son compatriote Enami car celui-ci a ménagé dans son cadrage un écart suffisamment important entre le sommet de la montagne et la branche d’arbre qui le coiffe, ce qui permet une meilleure visibilité du Fuji San en le détachant de son décor. Il aurait pu également ajouter que la part plus importante prise par le plan d’eau dans la photographie d’Ennemi (elle occupe 37 % de la hauteur de la photo contre 21% dans la photo de Ponting) a pour effet de mettre en valeur la montagne et que le choix d’un cadrage vertical pour la photo a pour effet d’accentuer le sentiment d’élévation que l’on ressent à la vue de celle-ci.

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  • Pour voir le contenu complet et inédit de l’édition japonaise de 1905, c’est  ICI .
  • Pour voir le contenu complet et inédit de l’édition japonaise de 1912, c’est  ICI .
  • Pour la présentation de vues comparatives des deux éditions sur flickr, c’est ICI  .
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Autres comparaisons de photos entre Herbert G. Ponting et les photographes japonais

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     Ponting n’a pas eu de chance car, au moment de sa prise de vue, e sommet du Fuji était caché par un nuage, la montagne sacrée des japonais n’apparaît ainsi pas dans toute sa splendeur mais en dehors de cette malencontreuse circonstance le photographe japonais Enami me semble avoir fait un meilleur choix que le photographe anglais en privilégiant la représentation verticale du paysage qui a pour effet ramener le Fuji au centre de la photo et de lui conférer de cette manière l’importance qu’il mérite. De la même manière les deux personnages n’apparaissent pas, comme dans la prise de vue de Ponting, « noyés » dans l’horizontalité de l’espace mais voient leur présence renforcée. Enfin, le fait de présenter la photo en mode verticale permet d’affirmer l’axe vertical de symétrie qui relie le sommet du Fuji au personnage qui se tient debout sur l’embarcation, effet accentué par le reflet de celui-ci dans l’eau du lac. On remarquera aussi que la structure verticale de l’eau donne plus d’importance à l’étendue d’eau sur laquelle le mont Fuji semble flotter, en équilibre entre l’eau et le ciel.
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       Peu de différence entre les deux photographies. Il semble que Enami a bénéficié d’une meilleure luminosité qui a permis d’accentuer le conteste entre la côte et la surface du lac. On remarquera problème récurrent chez Ponting de « coller » le sommet de la montagne au bord supérieur de la photo qui nuit à sa mise en valeur.
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     Photos également très semblables mais toujours le problème du « collage » du sommet de la montagne au bord supérieur du cadre. On a l’impression que Ponting cherche à « remplir » au maximum le cadre de sa photo. 
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     Une nouvelle fois le choix de la présentation verticale de la photo nous semble judicieux. Enami a eu raison de rapprocher les deux personnages et de les placer au centre de la composition. Peut-être aurait-il du donner un peu moins d’importance au premier plan rocheux qui emplit presque la moitié de la photon au détriment du paysage et du ciel qui le domine.

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regards croisés : au-dessus des nuages

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Japon - au-dessus des nuages

Japon – au-dessus des nuages

lever du soleil au sommet du mont Fuji (photo Okinawa Soba)

Okinawa Soba – lever du soleil au sommet du mont Fuji

Eduard Lankes - Nebelwolken, 1905

Eduard Lankes – Nebelwolken, 1905

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meraviglia

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le Fujiyama émergeant des nuages

le Fuji Yama émergeant des nuages

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A propos des premières représentations picturales de deux montagnes prestigieuses : le mont Fuji et le Mont Blanc

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Hata no Chitei, Vie illustrée du Prince Shôtoku (Shôtoku taishi eden).(Musée national de Tokyo)

Hata no Chitei, Vie illustrée du Prince Shôtoku (Shôtoku taishi eden), milieu du XIe siècle – (Musée national de Tokyo) – On distingue le prince survoler les environs du Fuji sur son petit cheval noir.

Shotoku taishi eden (Illustrated biography of Crown Prince Shotoku), fin XVIIe, début XVIIIe    Dans le domaine de la peinture, la plus ancienne représentation que l’on connaisse du mont Fuji se trouve dans la Vie illustrée du Prince Shôtoku (Shôtoku taishi eden), qui date du milieu du XIᵉ siècle. On y voit Shôtoku Taishi (574-622), le « père commun » vénéré par les sectes japonaises en train de gravir cette montagne sur un cheval noir que lui avait offert la province de Kai (l’actuelle préfecture de Yamanashi). Cette légende s’est répandue en même temps que les croyances en relation avec le prince Shôtoku et elle figure invariablement dans les nombreux autres rouleaux de peinture qui ont été consacrés par la suite à ce personnage. On peut donc dire qu’elle a contribué à graver l’image du mont Fuji dans la conscience collective du peuple japonais.
    On attribue au prince Shōtoku la première utilisation du nom Nihon qui désigne aujourd’hui le Japon. Dans une lettre qu’il aurait écrite au nom de l’impératrice Suiko destinée à l’empereur chinois Yangdi, on peut lire : « L’empereur du pays où le soleil se lève (nihon/hi iduru) envoie une lettre à l’empereur du pays où le soleil se couche. (Hi izuru no tokoro no tenshi. Hi bossuro no tokoro no tenshi. »

    Le livre XI du Konjaku-monogatari, « Comment le prince Shötoku commença à propager la Loi du Buddha en ce pays » raconte que Shôtoku-taishi aurait vécu sa dernière existence antérieure au Heng-chan, le « Pic du Sud » de la Chine : il se souvient qu’il possédait là-bas un précieux exemplaire du Sütra du Lotus contenu dans un seul volume et envoie, avec des indications précises, un messager du nom d’Ono no Imoko le lui chercher. Ce dernier lui ayant rapporté un livre qui n’était pas le sien, mais celui d’un ancien disciple, le prince s’enferme durant sept jours et sept nuits dans le Pavillon du Rêve (Yume-dono), à l’issue desquels il annonce qu’il a été lui-même prendre le volume désiré, en envoyant sur place son esprit. On apprendra plus tard de la bouche des gens du Heng-chan qu’ils ont vu venir le prince « foulant le ciel », monté sur un char attelé d’un dragon vert – symbole, pour les chinois, de la région de l’Orient – et accompagné de cinq cents suivants : rien d’étonnant à cela, puisque le prince est une forme assumée par le bodhisattva Avalokitesvara pour convertir à la Loi bouddhique le Japon, ce « petit pays de l’Est », comparé en l’occurrence à ces minuscules Etats de l’Inde qui semblaient autant de grain de millet épars (zokusangoku). Le texte précise qu’après qu’après la mort du prince, cet exemplaire du Sütra qu’il avait ainsi été chercher en esprit, disparut mystérieusement avec lui et que le volume qui fut conservé en ce monde était celui qu’Imoko avait d’abord rapporté du Heng-chan par erreur.
    Le même texte décrit également la randonnée merveilleuse, citée précédemment, entreprise par le prince pour aller inspecter les régions limitrophes du mont Fuji – cette fois, âme et corps ensemble – grâce au petit cheval noir de la province de Kai, sur le dos duquel il s’élance dans le ciel.

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Biographie illustrée du moine bouddhiste itinérant Ippen - le mont Fuji

Biographie illustrée du moine bouddhiste itinérant Ippen – le mont Fuji – Rouleau VI, section 2, 1299

   À l’époque de Kamakura (1192-1333), le mont Fuji apparaît, entre autres, dans le rouleau de peinture intitulé Légende illustrée du moine itinérant Ippen (Yûgyô shônin engi e), qui relate l’histoire du moine Ippen (1239-1289), fondateur de la secte amidiste Jishû, et de ses pérégrinations à travers le pays où il répandit son enseignement, fondé sur la récitation du nom du bouddha Amida (nenbutsu). Toutefois, on notera qu’il existe aussi dès cette époque d’autres peintures exclusivement consacrées au mont Fuji.

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Konrad-Witz-Miraculous-Catch-Of-Fish

La Pêche Miraculeuse de Konrad Witz avec en arrière-plan les Voirons, le Môle et le mont Salève vus depuis Genève, 1444

    Konrad Witz (vers 1400 – 1445/46) est un peintre suisse originaire de Souabe, né sans doute à Rottweil, mort à Bâle pendant l’hiver 1445 ou au printemps 1446. Il s’établit dans cette ville en 1431 durant le premier concile et s’y maria ; il eut cinq enfants. Il compte parmi les peintres importants du courant gothique tardif du Haut-Rhin qui influencèrent la pré-Renaissance au nord des Alpes. Konrad Witz est souvent abordé par les historiens de l’art pour des questions d’attributions, pour lesquelles il convient d’utiliser des outils d’analyse articulés autour de la question de l’excentricité en peinture. En effet, ce peintre est souvent classé parmi les artistes médiévaux, alors que l’on doit souvent se demander à son propos de quelle manière il envisage la modernité et avec quels moyens il y pénètre. Des motifs ironiques ou humoristiques ont même été relevés dans sa peinture, qui impliquent de repenser entièrement sa position dans l’histoire de l’art pour le classer plutôt dans la pré-Renaissance au nord des Alpes. (crédit Wikipedia).

     C’est à l’historien d’art bâlois D. Burckhardt que revient le mérite d’avoir tiré Konrad Witz de l’oubli (1901). C’est en effet en trouvant ce panneau de retable dans une cave du Musée archéologique de Genève en 1901, à la lumière d’une bougie, raconte Katharina Georgi, assistante scientifique du Kunstmuseum, que Daniel Burckhardt, premier curateur professionnel des collections publiques de Bâle, a redécouvert le peintre.

   Le Retable de Saint-Pierre à Genève a été réalisé en 1444, avant la Réforme. Initialement, il était composé de quatre tableaux posés au recto et au verso de deux volets se refermant sur une pièce centrale. Le retable a été réalisé pour un des autels de la cathédrale dans «un but pédagogique, esthétique et de glorification». Ouvert, il mesurait près de six mètres. Pendant la Réforme, les visages des personnages religieux ont été détruits. Et la pièce centrale a disparu. Il ne subsistent plus aujourd’hui que deux volets, peints sur les deux faces (face extérieure : l’Appel de saint Pierre et la Délivrance de saint Pierre ; face intérieure : l’Adoration des Rois et la Présentation du cardinal de Metz à la Vierge, Genève, musée d’Art et d’Histoire). Ces panneaux sont les chefs-d’œuvre de la maturité de Konrad Witz. Les figures sont toujours massives et sculpturales, mais l’artiste fait cette fois preuve d’un sentiment profond de la nature.

    Dans l’Appel de saint Pierre apparaît la première représentation topographiquement correcte d’un paysage réel de la peinture occidentale, celui de la rade de Genève avec en arrière plan le Mont Blanc. En s’approchant du tableau, le spectateur peut découvrir le lac Léman peint depuis Genève, la colline des Voirons sur la gauche, le Môle au centre devant les neiges du Mont-Blanc et le petit Salève sur la droite. La singularité de La pêche miraculeuse réside dans son réalisme. «Les bons Genevois ont dû être frappés lorsqu’ils virent pour la première fois ces hommes simples pêcher dans leur lac et le Christ marcher sur ces eaux familières pour les aider et les réconforter.» (Ernst Gombrich). Dans cette transcription biblique, les pêcheurs relèvent leurs filets et manœuvrent une barque à fond plat, comme on le fait encore aujourd’hui. Les pieux qui surgissent de l’eau sont les pilotis du faubourg du Temple de Genève. Cette peinture permet aussi de donner des informations sur la disposition des bâtiments à cette époque. Konrad Witz a représenté, sur la droite, le Château de l’Ile, l’actuelle place Bel-Air et au premier plan, la transparence de l’eau révèle l’existence d’une « carronerie », une ancienne fabrique de briques. «Une carrière d’argile a réellement existé à cet endroit, mais cette représentation confirme la présence d’une carronerie», précise le pasteur Vincent Schmid. Sur la rive opposée, le coteau de Cologny est dominé par les Voirons, la pointe du Môle, le Petit-Salève et, au fond, le mont Blanc ; au loin, une escorte de cavaliers est précédée de l’étendard aux armes de la maison de Savoie. Le paysage remplit tout le tableau, absorbant en quelque sorte l’action. Le sens de la composition générale s’allie au sentiment de la nature, à l’art de rendre la perspective aérienne. Il y a dans cette œuvre un naturalisme, une vérité historique qui représentaient au milieu du XVe siècle une puissance novatrice et une hardiesse inconnues jusque-là.

    Le spectateur sera peut-être surpris par la double représentation de Pierre, sur la barque et dans l’eau. En effet, le tableau combine deux récits évangéliques: l’apparition de Jésus au bord du lac (Jean 21) et Jésus marchant sur les eaux (Matthieu 14) mais c’était une manière courante chez les peintres médiévaux de raconter plusieurs histoires à la fois et de représenter deux fois le même personnage». Si le lac fait partie des deux scènes représentées, c’est «un élément central de la scénographie évangélique. Il se pourrait d’ailleurs que cette omniprésence du lac nous dise quelque chose du «Jésus de l’histoire». Peut-être a-t-il existé une source orale spécifique, un «Evangile du lac» que chaque évangéliste aurait plus tard décliné à sa manière dans son récit. La synthèse géniale de Konrad Witz le laisse imaginer. Ainsi, le lac représenté par Konrad Witz peut symboliser le lac de Génésareth appelé aussi mer de Galilée ou lac de Tibériade dont les rives sont fertiles et les eaux poissonneuses, «comme le lac Léman». Symboliquement, le théologien comprend les eaux du lac comme une représentation du monde des hommes. Un monde précaire, mouvant, ambivalent. L’homme peut s’y noyer ou mourir de faim pendant la traversée. Seule la barque de l’Eglise offre une protection. Les jambes de Pierre, en soutane sombre, représenté deux fois, apparaissent en transparence sous l’eau. «L’utilisation de la diffraction de la lumière est aussi une nouveauté pour l’époque».  Il n’est pas indifférent que ce tableau ait été peint pour l’évêque de la cathédrale de Genève, du nom de Saint-Pierre comme le personnage centrale Pierre», relève Vincent Schmid. Il est représenté deux fois mais incarne 3 rôles : Pierre à la pêche, Pierre implorant le salut (Matthieu) et Pierre confessant le Christ (Jean), «donc Pierre dans son humilité».
    Au premier plan, le Christ porte un manteau rouge, la couleur de la papauté (les cardinaux, censés donner leur vie et leur sang pour le Christ, étaient entièrement vêtus de rouge à partir du milieu du XIIIe siècle) il offre une impression de puissance inébranlable en contraste avec l’univers mouvant du lac. Le tableau accentue la distance entre la divinité de Dieu et l’humanité de l’homme, aboutissant presque à une forme d’inaccessibilité

(présentation tirée de l’article de Laurence Villoz de l’agence de presse protestante – explication du pasteur Vincent Schmidt)

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Topos du Fuji et pathos nippon (I) : 4 vues du mont Fuji de Dazai Osamu (1938)

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Dazai Osamu (1909-1948)Dazai Osamu (1909-1948)

le mont Fuji vue de Tokyo

le mont Fuji vue de Tokyo et d’un village voisin

me Mont Fuji vu d'un village voisin

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    Le titre de ce recueil « Cent vues du mont Fuji » est évidemment un clin d’œil de l’auteur au célèbre peintre Hokusai qui avait peint une série d’estampes de la montagne sacrée des japonais durant la période 1834-1840. A la mi-septembre 1938, sur les conseil du romancier Ibuse Masuji, Dazai Osamu fait une retraite qui allait durer soixante jours dans les montagnes de Misaka, dans la province de Kôshû (préfecture de Yamanashi), un endroit retiré du monde avec une vue extraordinaire sur le mont Fuji. Voici comment il présente dans son récit les circonstances qui l’avait conduit à effectuer ce séjour.

le surgissement du Fuji et la route de Misaka

   « Il y a trois ans, pendant l’hiver, quelqu’un m’avait révélé une terrible réaliste – quelque chose qui pour moi était inimaginable : j’en fus tout désemparé. Le soir, dans mon appartement, je me mis tout seul à vider verre sur verre. Je bus ainsi, sans dormir ne fût-ce qu’un instant. Au petit matin, je me rendis aux toilettes et là, à travers la grille de ma fenêtre, j’aperçus le Fuji : petit, tout blanc, et qui penchait un peu vers la gauche. Ce Fuji-là, je ne peux pas l’oublier. Dehors, j’entendis passer très vite à bicyclette, sur l’asphalte de la rue, le marchand de poissons : « Tiens, on voit bien le Fuji ce matin ! Brr… c’est qu’il ne fait pas chaud ! » se murmurait-il ; et moi, j’étais là, debout dans le noir, à promener ma main sur la fenêtre et à pleurer toutes les larmes de mon corps ! Je souhaite bien ne plus jamais connaître une pareille expérience !
   En 1938, au début de l’automne, désireux de prendre un nouveau départ, je me munis d’une valise – une seule – et entrepris de voyager.
    Je me rendis dans la province de Kôshû. Ce qui caractérise les montagnes de cette province, c’est l’étrange douceur de leurs lignes qui donnent l’impression de n’aller nulle part. Un certain Kojima Usui, dans sa présentation des paysages japonais, dit que « les plus incorrigibles atrabilaires cherchent asile dans ces montagnes pour se retirer du monde ». Les montagnes de cette région sont d’une certaine manière « le bas de gamme » de toutes les montagnes… Un autobus brinquebalant me conduisit en une heure de la ville de Kôfu au col de Misaka. »

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dans les montagnes de Misaka

Photo montrant l’ancienne route de Kôfu au col de Misaka :

La route de Kamakura (Misakaji) reliant le bassin de Kofu dans le sud de Shizuoka est une ancienne route qui remonte à l’Antiquité. Cette photographie montre le village de Fujinoki (aujourd’hui Misaka-machi, Fuefuki, la préfecture de Yamanashi). Fujinoki était un « Tenma-shuku » (une ville de poste où les voyageurs ont changé chevaux) sur le côté du bassin de Kofu, vers le col Misaka de la route de Kamakura. Misaka Pass est au fond à gauche, vu vers le sud du côté du bassin de Kofu.

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"Kohshu Misaka Suimen" in "Fugaku Thirty-six Scenery" by KATSUSHIKA Hokusai

Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vue depuis le col de Misaka.

Cette estampe fait partie des 36 vues du Mont Fuji  ( 冨嶽三十六景, Fugaku-sanjūrokkei ) depuis différents lieux et suivant les saisons, réalisées par le célèbre peintre Katsushika Hokusai (1760-1849) et qui font partie d’une série de 46 estampes éditées entre 1831-1833. Cette série est aujourd’hui très célèbre car elle marque l’intégration dans les thèmes de la tradition japonaise (la plus ancienne représentation du mont Fuji semble datée du XIe siècle) des modes de représentation occidentaux, et en particulier de la perspective utilisée dans la peinture occidentale.

A view from the observatory by Fujimi-bashi (Fuji- viewing Bridge) on Route 137

une vue prise de l’observatoire sur la route 137 (photo  Fujimi-bashi – Fuji- viewing Bridge) la composition avec les deux lignes de crête des montagnes rappelle l’estampe de Hokusai. C’est ce paysage qui met mal à l’aise Dazai Osamu parce que trop parfait et convenu…

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Le col de Misaka et la maison de thé de Tenka Chaya

    « Le col de Misaka : mille trois cents mètres au-dessus du niveau de la mer. Au sommet de ce col, une petite maison de thé : Tenka Chaya. Depuis le début de l’été, M. Ibuse Masuji était venu se retirer à l’étage de cette maison pour y écrire. Je le savais. Je voulais moi aussi y séjourner un certain temps : pourvu que cela ne dérangeât pas M. Ibuse, je souhaitais louer une chambre à côté de la sienne.
    M. Ibuse, dans sa retraite studieuse, ne vit pas d’inconvénient à m’avoir pour voisin. depuis ce jour-là, bon gré mal gré, il me fallut quotidiennement faire face au mont Fuji. Ce col, situé à un point stratégique sur la route de Kamakura reliant Kôfu à la route du Tôkaido, était considéré comme un observatoire idéal pour contempler le versant nord du Fuji : on disait même, depuis toujours, que c’était là l’un des trois plus beaux points de vue sur le Fuji; en bas le lac Kawaguchi qui déployait ses eaux comme une étendue blanche et froide; et des deux côtés du Fuji, des montagnes blotties tranquillement autour du lac, qu’elles enserraient. Au premier coup d’œil, j’avais ressenti une sorte de confusion – presque de honte. C’était vraiment une peinture comme on en trouve dans les bains publics : un décor de théâtre – tout à fait ce qu’attend le touriste : j’en fus gêné ! »

le Fuji vu du col de Misaka

le Fuji vu du col de Misaka

la maison de thé Tenka Chaya au col de Misaka où Dazai Osamu a séjourné en 1938 en compagnie d'Isube Masuji et où il a écrit son essai

la maison de thé Tenka Chaya  (maison-de-thé « au-dessous-du-ciel ») au col de Misaka où Dazai Osamu a séjourné en 1938 en compagnie d’Isube Masuji et où il a écrit son essai

la maison de thé Tenka Chaya au col de Misaka - chambre de Dazai Osamu

la maison de thé Tenka Chaya au col de Misaka – chambre de Dazai Osamu

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Japan Alps and Lake Motosu Saiko Kawaguchi and Mt Fuji from Mitsu Pass

Japan Alps and Lake Motosu Saiko Kawaguchi and Mt Fuji from Mitsu Pass

Mt Fuji of Mitsu Pass

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excursion avec M. Ibuse Masuji au col de Mitsu.

    « Deux ou trois jours après mon arrivée, M. Ibuse s’accorda une pause dans son travail, et nous décidâmes – c’était un bel après-midi – de grimper jusqu’au col de Mitsu. Ce col est à mille sept cent mètres au-dessus du niveau de la mer : un peu plus haut, donc, que celui de Misaka. La pente est très escarpée : il nous fallut ramper jusqu’au sommet – ce qui nous prit une heure environ. Me frayant un chemin, à quatre pattes, à travers le lierre, je ne donnais pas de moi-même une image très avantageuse, loin de là. M. Ibuse, parfaitement équipé pour la circonstance, se déplaçait avec agilité, mais moi, je n’avais pas de vêtement d’alpinisme : j’avais pris une veste d’intérieur réservée à la clientèle de la maison de thé, mais comme elle était trop courte, elle laissait apparaître mes jambes poilues sur plusieurs centimètres; un vieil homme qui était là m’avait prêté des tabi équipés de semelles en caoutchouc ; bref, je faisais peine à voir. J’avais bien essayé d’améliorer un peu les choses en mettant une ceinture et aussi un vieux chapeau de paille que j’avais trouvé accroché à un mur; mais je n’en paraissais que plus ridicule, et M. Ibuse, qui n’était pourtant pas du genre à mépriser les gens sur leur aspect, avait l’air un peu désolé de me voir ainsi. « Bah ! un homme, ça ne doit pas trop se soucier de son apparence ! » murmura-t-il pour me consoler, et avec une gentillesse que je n’oublierai jamais. Arrivé au sommet, nous nous trouvâmes tout d’un coup pris dans la brume. Debout au bord de la falaise, à l’endroit qui servait d’observatoire, nous aurions bien aimé contempler le panorama, mais c’était à présent totalement impossible : on ne voyait plus rien. M. Ibuse, enveloppé dans la brume, s’assit sur un rocher. A présent, il fumait tranquillement. Il lâcha un pet. Il n’avait pas l’air ravi. A l’endroit même qui servait de point de vue, il y avait, alignées, trois maisons de thé : nous en choisîmes une, à l’aspect modeste et qui était tenu par un vieux coupe afin d’aller y prendre un thé bien chaud. « Dommage ! vint nous dire la patronne, une femme âgée. Cette brume ça n’était pas de chance ! » Mais peut-être que, d’un instant à l’autre, le ciel allait se dégager : le Fuji était là, juste au-dessus de nous ! Elle alla nous chercher quelque part une grande photographie du Fuji, vint se placer au bord du précipice, tint à deux mains l’image au-dessus de sa tête aussi haut qu’elle le pût et, sans ménager sa peine, se lança dans les explications : « Le Fuji était exactement à cet endroit, faisait telle hauteur, était comme ceci, comme cela, etc. » Elle ne ménageait pas son énergie ! En sirotant notre thé et en regardant ce Fuji-là, nous éclatâmes de rire. C’était un très beau Fuji ! Nous ne regrettions même plus d’avoir été pris dans la brume. »

Fuji YamaAerial-view-of-snow-capped-crater-located-on-the-highest-peak-of-Mt.Fuji_°°°

Le Fuji : un nénuphar blanc

    Le surlendemain, si je ne me trompe, M. Ibuse quitta le col de Misaka; je partis avec lui pour Kôfu. Je devais, à Kôfu, être présenté à une jeune femme en vue d’un mariage éventuel. Il m’accompagna jusqu’à l’endroit où vivait cette personne, à l’écart de la ville. M. Ibuse était vêtu très simplement, en habits de montagne. Je portais un kimono d’été et une veste légère. Le jardin était rempli de roses. Accueillis par la mère, nous passâmes au salon ; nous procédâmes aux salutations de rigueur ; et la jeune personne en question arriva. Je restai d’abord sans lever les yeux sur elle. M. Ibuse et la mère discutaient comme on peut le faire entre gens du même âge, et, soudain, M. Ibuse murmura :
    – Tiens, le Fuji !
    Et il regarda au-dessus de moi. Je me retournai et regardai dans la même direction que lui. Il y avait là, suspendue dans un cadre, une photo prise par avion : le cratère du Fuji. On aurait dit un nénuphar blanc. Je l’observai un moment, repris lentement ma position initiale et jetai un coup d’œil sur mon éventuelle « future ». C’était dit : quelques fussent les difficultés à affronter, c’était elle que j’épouserais.    Tout cela grâce à cette vision du mont Fuji…
     Le même jour, M. Ibuse repartit pour Tokyo et moi, je regagnai le col de Misaka. Septembre, octobre… Jusqu’à la mi-novembre, à l’étage de la maison de thé, lentement mais sûrement, je poursuivis mon travail ; ayant pour tout interlocuteur – et jusqu’à l’épuisement ! – ce paysage que je n’aimais guère : l’une des trois plus belles vues sur le Fuji !

nénuphar blanc

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Imaginaire de la montagne au Japon : le blog « One Hundred Mountains »

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le Fujiyama émergeant des nuages

pêche au filet

     La recherche sur Internet s’apparente à la pêche au filet à main. On jette son filet le plus loin possible dans l’eau opaque et on ne sait jamais ce que celui-ci va ramener. Cette fois la pêche a été miraculeuse. J’ai ramené dans mon filet un blog magnifique (en anglais…) extraordinairement bien illustré et documenté sur le thème de la montagne au Japon et plus généralement dans le monde : c’est ICI. Son titre :

One Hundred Mountains
On and around Fukada Kyuya’s Nihon Hyakumeizan
qui signifie en français :
Cent Montagnes
Sur et Autour du livre de Kyuya Fukada  » Cent montagnes remarquables du Japan »

Fukada Kyuya

     Ce titre reprend celui d’un célèbre ouvrage écrit en 1964 par l’écrivain et montagnard japonais Kyūya Fukada : « Les 100 montagnes célèbres du Japon » (日本百名山, Nihon Hyaku-meizan) . qui dressait la liste des montagnes remarquables de son pays en se basant sur des critères de beauté de la montagne et des paysages mais également de l’altitude. Au Japon, la création de listes de montagnes remarquables n’était pas nouvelle, elle remonte à l’époque d’Edo entre les XVIIe et XIXe siècles et déjà le peintre et poète Tani Bunchō (1763-1840) avait établi une liste de 90 montagnes remarquables. Le livre de Kyūya Fukada fut un succès littéraire, en partie du au fait qu’il fut très apprécié du prince héritier Naruhito.  Depuis la parution du livre et notamment avec la popularisation de la randonnée au Japon dans les années 1980, l’ascension de ces sommets constitue un défi à relever pour de nombreux randonneurs.

Le blog est l’expression du « Project Hyakumeizan » entrepris par un « aspirant meizanologiste », comme il se qualifie, basé en Europe et qui s’appuie sur les documents de la traduction anglaise du livre de Kyūya Fukada et d’autres documents mis à disposition par la « University of Hawaii Press ».

lever du soleil au sommet du mont Fuji (photo Okinawa Soba)

lever de soleil au sommet du Fuji Yama

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ascension du Fuji yama

ascension du Fuji Yama

    Pour vous donner un avant-goût de ce que vous pourrez apprécier dans ce blog, voici un pot-pourri de quelques  photos et illustrations présentées pèle-mêle…

pour visualiser chaque image, cliquer sur celle-ci

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