Japon : l’esprit malin du renard à neuf queues

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      Le renard à neuf queues, ou kumiho, est une créature qui apparaît dans les contes oraux et les légendes de la Corée. On le trouve également au Japon sous le nom de kyūbi no kitsune ou simplement kyūbi) et en Chine sous le nom de jiu wei hu. En prenant de l’âge, les renards étaient censés acquérir de grands pouvoirs dont celui de contrôler les personnes, créer des illusions et se métamorphoser, apparaître dans les rêves et lire dans les pensées. On pensait au Japon que les renards gagnaient en puissance en vieillissant et gagnaient une queue de plus par siècle, les kyūbi étaient ceux qui avaient atteint les 1.000 années.   À la différence de ses formes « simples » (kitsuné au Japon ou femme-renarde), qui sont parfois considérées comme des créatures bienveillantes, le renard à neuf queues est toujours décrit comme un être malfaisant.

Peinture « d’Hokusai » (葛饰北斋) intitulée « Sangoku Yoko-Den » (三国妖狐伝) mettant en scène l’attaque d’un Renard à neuf queues (九尾狐)..png

Peinture d’Hokusai  intitulée « Sangoku Yoko-Den » mettant en scène l’attaque d’un Renard à neuf queues.

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     Aucune relation à priori avec « le chat à neuf queues » nom donné en occident à un instrument de torture qui était un fouet composé d’un manche de bois auquel étaient fixées neuf cordes ou lanières de cuir aux extrémités munies d’un nœud parfois doté d’une griffe métallique. Cet instrument que les britanniques nommaient cat o’nine rails a servi dans leur armée comme sanction disciplinaire jusqu’en 1870.

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articles et sites liés

  • Sur la place du renard dans le folklore japonais, deux articles très complets avec illustrations, Kitsune (狐),  c’est  ICI   et   ICI
  • Un article de ce blog avec illustrations  : Kitsune, l’esprit Renard au Japon, c’est  ICI

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de Gracie à l’écrivain japonais Dazai Osamu (I)…

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    Quand ma chienne Gracie ouvre sa gueule et découvre ses crocs impressionnants, je ne manque pas de penser avec effroi aux dégâts qu’occasionneraient sur l’un de mes bras ou l’une de mes jambes ses morsures.
   Le bouvier bernois est considéré comme un chien inoffensif et très doux et effectivement Gracie n’a jamais mordu personne, même dans les comportements agressifs qu’elle manifeste parfois auprès des étrangers s’approchant de la maison en se plantant pattes tendues devant l’intrus et en aboyant avec force. Lorsque, excitée par le jeu, elle saisit avec sa gueule la nourriture que vous tenez dans votre main, il arrive qu’elle vous mordille par accident mais ce n’est jamais très grave. Lorsque les jeunes enfants, inconscients de la brutalité de leurs jeux, exagèrent, elle se contente de changer de place sans manifester la moindre hostilité à leur égard.
     Et il vaut mieux que ce soit ainsi… J’ai relevé sur Internet que la pression exercée par la mâchoire d’un bouvier bernois peut atteindre plus de150 kg au cm2 (contre 65 kg pour un chien de taille moyenne). Rappelons que la pression exercée par la mâchoire d’un humain n’est que de 15 à 20 Kg et qu’il suffit d’une pression de 2 kg/cm2 pour briser un doigt et de 150 kg pour briser un bras.

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––– l’écrivain Dazai Ozamu et la gente canine : peur, morsure, haine, lâcheté et réconciliation – 

Dazai Osamu (1909-1948)°°°
      En relisant dernièrement le livre de l’auteur japonais Dazai Osamu, « Cent vues du mont Fuji » sur lequel j’ai déjà écrit par le passé un article (c’est ICI). Je suis retombé sur le passage hilarant qu’il consacre aux rapports complexes qu’il entretient avec la gent canine. Tout compte fait, Dazai Ozamu entretient avec celle-ci le même type de rapports qu’il entretient avec l’espèce humaine : incompréhension, haine, agressivité, complaisance, culpabilité, fausse indifférence. Le tout, raconté dans sa verve inimitable mélodramatique, ironique et pessimiste.

Lion-chien japonais

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     Le chien (extrait)
                                                                                                                      Pour Ima Uhei

   Avec les chiens, je suis sûr que d’une chose : sûr qu’un jour, je me ferais mordre. C’est ce qui m’attend. J’en ai la certitude. Je suis moi-même étonné d’avoir pu, jusqu’à présent, échapper à cette fatalité. Sache-le bien lecteur : c’est une bête féroce que le chien. Quand j’entends dire que certains chiens ont su faire tomber à la renverse des chevaux, ou parfois même se mesurer victorieusement à des lions, je réponds, en hochant gravement la tête que cela ne m’étonne pas. Il suffit d’observer leurs crocs acérés : ce n’est pas rien ! Regardez-les : ils font les innocents, affectent la modestie, vont fureter çà et là dans les poubelles; mais en fait, ce sont des bêtes féroces et capables de faire tomber un cheval. A tout instant, un chien peut être pris d’une rage soudaine et dévoiler sa vraie nature; mais on ne sait jamais à quel moment cela se produira. Il faut donc le tenir solidement enchaîné, sans relâcher son attention ne fut-ce qu’une seconde.
    D’ordinaire, son maître – tout simplement parce qu’il nourrit cette bête effrayante en lui faisant chaque jour l’aumône d’un peu de nourriture – lui accorde une confiance aveugle et spontanée : toutou, toutou ! Il l’appelle avec une joie insouciante, fait de ce chien un membre de sa famille à part entière et rit aux éclats en voyant le petit de trois ans lui tirer les oreilles – spectacle qui donne le frisson et l’envie de fermer les yeux ! Que se passerait-il si le chien se mettait à l’improviste à mordre l’enfant en aboyant ? On ne saurait être trop vigilant. Rien ne dit, d’ailleurs, qu’un chien ne puisse pas mordre son maître. (L’idée que jamais un chien ne puisse s’en prendre à qui le nourrit n’est qu’une superstition dangereuse et ridicule. Avec les crocs effrayants dont il est pourvu, le chien est fait pour mordre. Il est scientifiquement impossible d’affirmer qu’un chien ne mordra pas.) Comment peut-on laisser un tel monstre en liberté dans les rues ?

Crouching shi shi

    J’ai d’ailleurs un ami qui, l’an dernier, à l’automne a été victime de l’une de ces bêtes. Le pauvre ! Il se promenait innocemment, les mains dans le poches, lorsqu’il a aperçu un chien assis en travers de son chemin. Mon ami est passé à côté de lui comme si de rien n’était. La bête lui a jeté un regard mauvais; il n’en a pas moins poursuivi son chemin et l’a dépassée. Et c’est à ce moment là que, d’un coup, et avec un aboiement, le chien est venu le mordre à la jambe droite. Lamentable accident ! Et tout cela en l’espace d’une seconde…
    Mon ami d’abord stupéfait, a versé des larmes de colère. lorsqu’il m’a raconté cette histoire, je n’ai pas été surpris; je me suis contenté de hocher gravement la tête. Quand un évènement de ce genre se produit, que peut-on faire ? Rien.
    Avec sa jambe blessée, mon ami s’est traîné jusqu’à l’hôpital où il a reçu des soins. Il a dû ensuite y retourner pendant trois semaines : oui ! vingt et un jours ! Même quand la plaie était cicatrisée, on craignait qu’il ne soit porteur d’un terrible virus – celui de la rage : il a donc du se soumettre quotidiennement à des injections préventives. Engager des négociations avec le maître de ce chien, ou faire quelque chose du même genre, c’eût été trop pour quelqu’un d’aussi timoré que lui. Il s’est contenté de pousser des soupirs de résignation en déplorant sa malchance. De plus le traitement n’étant pas gratuit, loin de là, et mon ami – je regrette pour lui d’avoir à le dire – n’avait pas d’argent à gaspiller ainsi : il a fallu qu’à grand-peine il racle tous ses fonds de tiroirs. Pour une catastrophe, c’était vraiment une catastrophe.
    Et s’il avait eu le malheur d’oublier, ne fût-ce qu’une fois, son injection quotidienne ? Il aurait souffert d’hydrophobie, de fièvre, d’hallucinations; il aurait pris le faciès d’un chien et se serait mis à marcher à quatre pattes en aboyant ! Maladie terrifiante ! Quand il était encore en traitement, imagine-t-on l’état de peur, d’angoisse, dans lequel il pouvait vivre ? Endurant comme il est, il a encaissé le choc; sans faiblir, il est allé à l’hôpital pour ses piqures pendant trois fois sept : vingt et un jours d’affilée ! Et il a maintenant repris énergiquement toutes ses activités. Mais si moi, j’avais été à sa place, j’aurais tout fait pour ne pas laisser vivre ce chien. Je suis trois à quatre fois plus vindicatif que la moyenne des humains et, quand je me venge, cinq ou six fois plus violent : ce chien-là, je n’aurais pas attendu longtemps pour lui briser le crâne en morceaux et lui arracher les yeux – que j’aurais mâchés rageusement et recraché ensuite ! Et si cela n’avait pas suffi à me calmer, j’aurais empoisonné tous les chiens du voisinage.
   Vous ne faites rien, absolument rien, et voilà qu’avec un aboiement, on vient vous mordre la jambe ! C’est une façon d’agir qui est contraire à tous les usages : un acte de violence gratuite. Oh, bien sûr, on peut toujours alléguer de la stupidité de l’animal; ce comportement reste tout-de même inexcusable. On se laisse apitoyer par ces « pauvres bêtes » et on leur passe tout : impardonnable faiblesse ! Il faut les punir ! Et les punir sans pitié !
    A l’automne dernier donc, lorsque j’ai entendu ce qui était arrivé à mon ami, l’exécration que je vouais déjà aux chiens a été portée à son paroxysme : c’est devenu une haine dévorante, pareille à une flamme aux reflets bleus.

à suivre…

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–––– Shishi et chiens lIons ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

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Japon : shishi ou chien-lion

   Shishi (ou Jishi) est traduit par « lion » ou « chien-lion » mais il peut également se référer à un cerf ou un chien qui possède des propriétés magiques et le pouvoir de repousser les mauvais esprits. Une paire de shishi monte traditionnellement la garde devant les portes des sanctuaires shintoïstes et temples bouddhistes japonais.

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Topos du Fuji et pathos nippon (I) : 4 vues du mont Fuji de Dazai Osamu (1938)

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Dazai Osamu (1909-1948)Dazai Osamu (1909-1948)

le mont Fuji vue de Tokyo

le mont Fuji vue de Tokyo et d’un village voisin

me Mont Fuji vu d'un village voisin

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    Le titre de ce recueil « Cent vues du mont Fuji » est évidemment un clin d’œil de l’auteur au célèbre peintre Hokusai qui avait peint une série d’estampes de la montagne sacrée des japonais durant la période 1834-1840. A la mi-septembre 1938, sur les conseil du romancier Ibuse Masuji, Dazai Osamu fait une retraite qui allait durer soixante jours dans les montagnes de Misaka, dans la province de Kôshû (préfecture de Yamanashi), un endroit retiré du monde avec une vue extraordinaire sur le mont Fuji. Voici comment il présente dans son récit les circonstances qui l’avait conduit à effectuer ce séjour.

le surgissement du Fuji et la route de Misaka

   « Il y a trois ans, pendant l’hiver, quelqu’un m’avait révélé une terrible réaliste – quelque chose qui pour moi était inimaginable : j’en fus tout désemparé. Le soir, dans mon appartement, je me mis tout seul à vider verre sur verre. Je bus ainsi, sans dormir ne fût-ce qu’un instant. Au petit matin, je me rendis aux toilettes et là, à travers la grille de ma fenêtre, j’aperçus le Fuji : petit, tout blanc, et qui penchait un peu vers la gauche. Ce Fuji-là, je ne peux pas l’oublier. Dehors, j’entendis passer très vite à bicyclette, sur l’asphalte de la rue, le marchand de poissons : « Tiens, on voit bien le Fuji ce matin ! Brr… c’est qu’il ne fait pas chaud ! » se murmurait-il ; et moi, j’étais là, debout dans le noir, à promener ma main sur la fenêtre et à pleurer toutes les larmes de mon corps ! Je souhaite bien ne plus jamais connaître une pareille expérience !
   En 1938, au début de l’automne, désireux de prendre un nouveau départ, je me munis d’une valise – une seule – et entrepris de voyager.
    Je me rendis dans la province de Kôshû. Ce qui caractérise les montagnes de cette province, c’est l’étrange douceur de leurs lignes qui donnent l’impression de n’aller nulle part. Un certain Kojima Usui, dans sa présentation des paysages japonais, dit que « les plus incorrigibles atrabilaires cherchent asile dans ces montagnes pour se retirer du monde ». Les montagnes de cette région sont d’une certaine manière « le bas de gamme » de toutes les montagnes… Un autobus brinquebalant me conduisit en une heure de la ville de Kôfu au col de Misaka. »

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dans les montagnes de Misaka

Photo montrant l’ancienne route de Kôfu au col de Misaka :

La route de Kamakura (Misakaji) reliant le bassin de Kofu dans le sud de Shizuoka est une ancienne route qui remonte à l’Antiquité. Cette photographie montre le village de Fujinoki (aujourd’hui Misaka-machi, Fuefuki, la préfecture de Yamanashi). Fujinoki était un « Tenma-shuku » (une ville de poste où les voyageurs ont changé chevaux) sur le côté du bassin de Kofu, vers le col Misaka de la route de Kamakura. Misaka Pass est au fond à gauche, vu vers le sud du côté du bassin de Kofu.

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"Kohshu Misaka Suimen" in "Fugaku Thirty-six Scenery" by KATSUSHIKA Hokusai

Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi, vue depuis le col de Misaka.

Cette estampe fait partie des 36 vues du Mont Fuji  ( 冨嶽三十六景, Fugaku-sanjūrokkei ) depuis différents lieux et suivant les saisons, réalisées par le célèbre peintre Katsushika Hokusai (1760-1849) et qui font partie d’une série de 46 estampes éditées entre 1831-1833. Cette série est aujourd’hui très célèbre car elle marque l’intégration dans les thèmes de la tradition japonaise (la plus ancienne représentation du mont Fuji semble datée du XIe siècle) des modes de représentation occidentaux, et en particulier de la perspective utilisée dans la peinture occidentale.

A view from the observatory by Fujimi-bashi (Fuji- viewing Bridge) on Route 137

une vue prise de l’observatoire sur la route 137 (photo  Fujimi-bashi – Fuji- viewing Bridge) la composition avec les deux lignes de crête des montagnes rappelle l’estampe de Hokusai. C’est ce paysage qui met mal à l’aise Dazai Osamu parce que trop parfait et convenu…

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Le col de Misaka et la maison de thé de Tenka Chaya

    « Le col de Misaka : mille trois cents mètres au-dessus du niveau de la mer. Au sommet de ce col, une petite maison de thé : Tenka Chaya. Depuis le début de l’été, M. Ibuse Masuji était venu se retirer à l’étage de cette maison pour y écrire. Je le savais. Je voulais moi aussi y séjourner un certain temps : pourvu que cela ne dérangeât pas M. Ibuse, je souhaitais louer une chambre à côté de la sienne.
    M. Ibuse, dans sa retraite studieuse, ne vit pas d’inconvénient à m’avoir pour voisin. depuis ce jour-là, bon gré mal gré, il me fallut quotidiennement faire face au mont Fuji. Ce col, situé à un point stratégique sur la route de Kamakura reliant Kôfu à la route du Tôkaido, était considéré comme un observatoire idéal pour contempler le versant nord du Fuji : on disait même, depuis toujours, que c’était là l’un des trois plus beaux points de vue sur le Fuji; en bas le lac Kawaguchi qui déployait ses eaux comme une étendue blanche et froide; et des deux côtés du Fuji, des montagnes blotties tranquillement autour du lac, qu’elles enserraient. Au premier coup d’œil, j’avais ressenti une sorte de confusion – presque de honte. C’était vraiment une peinture comme on en trouve dans les bains publics : un décor de théâtre – tout à fait ce qu’attend le touriste : j’en fus gêné ! »

le Fuji vu du col de Misaka

le Fuji vu du col de Misaka

la maison de thé Tenka Chaya au col de Misaka où Dazai Osamu a séjourné en 1938 en compagnie d'Isube Masuji et où il a écrit son essai

la maison de thé Tenka Chaya  (maison-de-thé « au-dessous-du-ciel ») au col de Misaka où Dazai Osamu a séjourné en 1938 en compagnie d’Isube Masuji et où il a écrit son essai

la maison de thé Tenka Chaya au col de Misaka - chambre de Dazai Osamu

la maison de thé Tenka Chaya au col de Misaka – chambre de Dazai Osamu

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Japan Alps and Lake Motosu Saiko Kawaguchi and Mt Fuji from Mitsu Pass

Japan Alps and Lake Motosu Saiko Kawaguchi and Mt Fuji from Mitsu Pass

Mt Fuji of Mitsu Pass

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excursion avec M. Ibuse Masuji au col de Mitsu.

    « Deux ou trois jours après mon arrivée, M. Ibuse s’accorda une pause dans son travail, et nous décidâmes – c’était un bel après-midi – de grimper jusqu’au col de Mitsu. Ce col est à mille sept cent mètres au-dessus du niveau de la mer : un peu plus haut, donc, que celui de Misaka. La pente est très escarpée : il nous fallut ramper jusqu’au sommet – ce qui nous prit une heure environ. Me frayant un chemin, à quatre pattes, à travers le lierre, je ne donnais pas de moi-même une image très avantageuse, loin de là. M. Ibuse, parfaitement équipé pour la circonstance, se déplaçait avec agilité, mais moi, je n’avais pas de vêtement d’alpinisme : j’avais pris une veste d’intérieur réservée à la clientèle de la maison de thé, mais comme elle était trop courte, elle laissait apparaître mes jambes poilues sur plusieurs centimètres; un vieil homme qui était là m’avait prêté des tabi équipés de semelles en caoutchouc ; bref, je faisais peine à voir. J’avais bien essayé d’améliorer un peu les choses en mettant une ceinture et aussi un vieux chapeau de paille que j’avais trouvé accroché à un mur; mais je n’en paraissais que plus ridicule, et M. Ibuse, qui n’était pourtant pas du genre à mépriser les gens sur leur aspect, avait l’air un peu désolé de me voir ainsi. « Bah ! un homme, ça ne doit pas trop se soucier de son apparence ! » murmura-t-il pour me consoler, et avec une gentillesse que je n’oublierai jamais. Arrivé au sommet, nous nous trouvâmes tout d’un coup pris dans la brume. Debout au bord de la falaise, à l’endroit qui servait d’observatoire, nous aurions bien aimé contempler le panorama, mais c’était à présent totalement impossible : on ne voyait plus rien. M. Ibuse, enveloppé dans la brume, s’assit sur un rocher. A présent, il fumait tranquillement. Il lâcha un pet. Il n’avait pas l’air ravi. A l’endroit même qui servait de point de vue, il y avait, alignées, trois maisons de thé : nous en choisîmes une, à l’aspect modeste et qui était tenu par un vieux coupe afin d’aller y prendre un thé bien chaud. « Dommage ! vint nous dire la patronne, une femme âgée. Cette brume ça n’était pas de chance ! » Mais peut-être que, d’un instant à l’autre, le ciel allait se dégager : le Fuji était là, juste au-dessus de nous ! Elle alla nous chercher quelque part une grande photographie du Fuji, vint se placer au bord du précipice, tint à deux mains l’image au-dessus de sa tête aussi haut qu’elle le pût et, sans ménager sa peine, se lança dans les explications : « Le Fuji était exactement à cet endroit, faisait telle hauteur, était comme ceci, comme cela, etc. » Elle ne ménageait pas son énergie ! En sirotant notre thé et en regardant ce Fuji-là, nous éclatâmes de rire. C’était un très beau Fuji ! Nous ne regrettions même plus d’avoir été pris dans la brume. »

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Le Fuji : un nénuphar blanc

    Le surlendemain, si je ne me trompe, M. Ibuse quitta le col de Misaka; je partis avec lui pour Kôfu. Je devais, à Kôfu, être présenté à une jeune femme en vue d’un mariage éventuel. Il m’accompagna jusqu’à l’endroit où vivait cette personne, à l’écart de la ville. M. Ibuse était vêtu très simplement, en habits de montagne. Je portais un kimono d’été et une veste légère. Le jardin était rempli de roses. Accueillis par la mère, nous passâmes au salon ; nous procédâmes aux salutations de rigueur ; et la jeune personne en question arriva. Je restai d’abord sans lever les yeux sur elle. M. Ibuse et la mère discutaient comme on peut le faire entre gens du même âge, et, soudain, M. Ibuse murmura :
    – Tiens, le Fuji !
    Et il regarda au-dessus de moi. Je me retournai et regardai dans la même direction que lui. Il y avait là, suspendue dans un cadre, une photo prise par avion : le cratère du Fuji. On aurait dit un nénuphar blanc. Je l’observai un moment, repris lentement ma position initiale et jetai un coup d’œil sur mon éventuelle « future ». C’était dit : quelques fussent les difficultés à affronter, c’était elle que j’épouserais.    Tout cela grâce à cette vision du mont Fuji…
     Le même jour, M. Ibuse repartit pour Tokyo et moi, je regagnai le col de Misaka. Septembre, octobre… Jusqu’à la mi-novembre, à l’étage de la maison de thé, lentement mais sûrement, je poursuivis mon travail ; ayant pour tout interlocuteur – et jusqu’à l’épuisement ! – ce paysage que je n’aimais guère : l’une des trois plus belles vues sur le Fuji !

nénuphar blanc

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Plantes et jardins : le pin au Japon vu par Paul Claudel et d’illustres illustrateurs japonais

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     Cet article fait suite à l’article sur le même thème également publié et intitulé « Plantes et jardins : le pin au Japon vu par d’illustres illustrateurs japonais (Hiroshige, Hokusai, etc..) » que vous pouvez consulter ICI.

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Pin devant le Mont Fuji – photo Ricoh Caplio R3

Sōzaemon Nishimura

Pin devant le Mont Fuji par Sozaemon Nishimura

Hashimoto Gaho - Landscape with Autumn Moon about, 1885 - Museum of Fine Arts, Boston

Hashimoto Gaho – Landscape with Autumn Moon about, 1885 – Museum of Fine Arts, Boston

Shiro Kasamatsu - Pin sous la pluie, Kinokunizaka, in Tokyo, 1938

Shiro Kasamatsu – Pin sous la pluie, Kinokunizaka, in Tokyo, 1938

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Paul Claudel (1868-1955)

    Paul Claudel a mené de front une carrière d’écrivain et de diplomate. Après avoir été reçu premier au concours des Affaires étrangères en 1890, il est nommé dans un premier temps durant l’année 1893 aux Etats-Unis comme vice-consul à New York puis à Boston et enfin,  en novembre 1894, en Chine à Shangai. Il rentre alors en France où il séjournera de février à mai 1895 et rejoint la Chine qu’il parcourra durant l’été de la même année écrivant à cette occasion des poèmes qui formeront l’ossature de son futur recueil Connaissance de l’Est. Durant son séjour à Shangai, il composera Vers d’exil, une œuvre importante en alexandrins. Après Shangai, il est nommé en 1896 à Fuzhou, capitale du Fujian, la province qui fait face à l’île de Formose, puis en 1897 à Hankou (aujourd’hui intégrée à Wuhan) où la France possédait une concession. Au cours de l’année 1898, il visite le Japon avant de retourner à Fuzhou et cette expérience, beaucoup moins connue que son second séjour sera néanmoins importante par les réflexions qui en sont résultées sur l’architecture et la peinture japonaises et le marqueront profondément. A son retour en Chine, il écrira plusieurs textes qui évoqueront cette visite : deux articles écrits pour L’Echo de Chine : observations sur le Japon et La Vie d’Hôtel au Japon et quatre poèmes qui paraîtront plus tard dans son recueil Connaissance de l’Est : Le Pin, l’Arche d’Or dans la forêt, Le Promeneur et Ça et là, C’est le poème Le Pin qui est présenté ci après.

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LE PIN  – Paul Claudel 

jptree      L’arbre seul, dans la nature, pour une raison typifique, est vertical, avec l’homme.
    Mais un homme se tient debout dans son propre équilibre, et les deux bras qui pendent, dociles, au long de son corps, sont extérieurs à son unité. L’arbre s’exhausse par un effort, et cependant qu’il s’attache à la terre par la prise collective de ses racines, les membres multiples et divergents, atténués jusqu’au tissu fragile et sensible des feuilles, par où il va chercher dans l’air même et la lumière son point d’appui, constituent non seulement son geste, mais son acte essentiel et la condition de sa stature.
    La famille des conifères accuse un caractère propre. J’y aperçois non pas une ramification du tronc dans ses branches, mais leur articulation sur une tige qui demeure unique et distincte, et s’exténue en s’effilant. De quoi le sapin s’offre pour un type avec l’intersection symétrique de ses bois, et dont le schéma essentiel serait une droite coupée de perpendiculaires échelonnées.
    Ce type comporte, suivant les différentes régions de l’univers, des variations multiples. La plus intéressante est celle de ces pins que j’ai étudiés au Japon.
    Plutôt que la rigidité propre du bois, le tronc fait paraître une élasticité charnue. Sous l’effort du gras cylindre de fibres qu’elle enserre, la gaîne éclate, et l’écorce rude, divisée en écailles pentagonales par de profondes fissures d’où suinte abondamment la résine, s’exfolie en fortes couches. Et si, par la souplesse d’un corps comme désossé, la tige cède aux actions extérieures qui, violentes, l’assaillent, ou, ambiantes, la sollicitent, elle résiste par une énergie propre, et le drame inscrit au dessin tourmenté de ces axes est celui du combat pathétique de l’Arbre.
     Tels, le long de la vieille route tragique du Tokkaido, j’ai vu les pins soutenir leur lutte contre les Puissances de l’air. En vain le vent de l’Océan les couche : agriffé de toutes ses racines au sol pierreux, l’arbre invincible se tord, se retourne sur lui-même, et comme un homme arc-bouté sur le système contrarié de sa quadruple articulation, il fait tête, et des membres que de tous côtés il allonge et replie, il semble s’accrocher à l’antagoniste, se rétablir, se redresser sous l’assaut polymorphe du monstre qui l’accable. Au long de cette plage solennelle, j’ai, ce sombre soir, passé en revue la rangée héroïque et inspecté toutes les péripéties de la bataille. L’un s’abat à la renverse et tend vers le ciel la panoplie monstrueuse de hallebardes et d’écus qu’il brandit à ses poings d’hécatonchire ; un autre, plein de plaies, mutilé comme à coups de poutre, et qui hérisse de tous côtés des échardes et des moignons, lutte encore et agite quelques faibles rameaux ; un autre, qui semble du dos se maintenir contre la poussée, se rassoit sur le puissant contrefort de sa cuisse roidie ; et enfin j’ai vu les géants et les princes, qui, massifs, cambrés sur leurs reins musculeux, de l’effort géminé de leurs bras herculéens maintiennent d’un côté et de l’autre l’ennemi tumultueux qui les bat.

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Maruyama Ōkyo (1733-1795) – Pine Trees in Snow, between 1781 and 1789

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     Il me reste à parler du feuillage.
    Si, considérant les espèces qui se plaisent aux terres meubles, aux sols riches et gras, je les compare au pin, je découvre ces quatre caractères en elles : que la proportion de la feuille au bois est plus forte, que cette feuille est caduque, que, plate, elle offre un envers et un endroit, et enfin, que la frondaison, disposée sur les rameaux qui s’écartent en un point commun de la verticale, se compose en un bouquet unique. Le pin pousse dans des sols pierreux et secs ; par suite, l’absorption des éléments dont il se nourrit est moins immédiate et nécessite de sa part une élaboration plus forte et plus complète, une activité fonctionnelle plus grande, et, si je puis dire, plus personnelle. Obligé de prendre l’eau par mesure, il ne s’élargit point comme un calice. Celui-ci, que je vois, divise sa frondaison, écarte de tous côtés ses manipules ; au lieu de feuilles qui recueillent la pluie, ce sont des houppes de petits tubes qui plongent dans l’humidité ambiante et l’absorbent. Et c’est pourquoi, indépendant des saisons, sensible à des influences plus continues et plus subtiles, le pin montre un feuillage pérennel.
     J’ai du coup expliqué son caractère aérien, suspendu, fragmentaire. Comme le pin prête aux lignes d’une contrée harmonieuse l’encadrement capricieux de ses bois, pour mieux rehausser le charmant éclat de la nature il porte sur tout la tache de ses touffessingulières : sur la gloire et la puissance de l’Océan bleu dans le soleil, sur les moissons, et interrompant le dessin des constellations ou l’aube, sur le ciel. Il incline ses terrasses au-dessous des buissons d’azalées en flammes jusqu’à la surface des lacs bleu de gentiane, ou par-dessus les murailles abruptes de la cité impériale, jusqu’à l’argent verdi d’herbe des canaux : et ce soir où je vis le Fuji comme un colosse et comme une vierge trôner dans les clartés de l’Infini, la houppe obscure d’un pin se juxtapose à la montagne couleur de tourterelle.

Paul Claudel : Le Pin dans Connaissance de l’Est (séjour au Japon de 1898)

Pine Trees, six sided screen, by Hasegawa Tohaku (1539-1610), JapanesePine Trees, six sided screen, by Hasegawa Tohaku (1539-1610), Japanese

   Avec quelques coups de pinceau, un peintre japonais traduit la présence forte, de pins gris qui se tiennent debout dans la nuit de l’hiver. Associés à Confucius et aux immortels taoïstes, le pin est un sujet de prédilection des peintres et des poètes chinois et japonais. En raison de sa rusticité et du fait qu’il conserve ses feuilles vertes, même pendant l’hiver, le pin est devenu un symbole de longue vie, d’immortalité, de constance, de courage, de force dans l’adversité, et de fermeté face aux coups assénés par la nature ». 

Hozugawa-River-leftMaruyama Okyo – Hozu River (保津川), Edo period 1795

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    Ce travail est la dernière œuvre de Maruyama Okyo, et est constitué de 2 paires de huit panneaux pliés représentant deux aspects de la la rivière Hozu près de la ville de Okyo. Le premier ensemble représente  lune portion de rivière en amont avec son  flux violent qui déferle entre les rochers et dévale vers l’aval. Le second ensemble représente une scène plus calme qui montre le ruisseau s’écouler tranquillement en présentant divers aspects. Pour chacune des scènes un pin vert a été représenté.

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Maruyama Okyo – Hozu River (保津川), détail,  Edo period 1795

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Auspicious pines, bamboo, plum, cranes and turtles (detail), Edo period (1615 –1868), by Kano Sansetsu (1590–1651). Japan.

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Auspicious pine, bamboo, plum, crane, and turtles, Edo period (1615 –1868), by Kano Sansetsu (1590–1651). Japan

One of a pair of six-fold paper screens Japan Edo period 18th century

One of a pair of six-fold paper screens Japan Edo period 18th century

    Pins et rochers peint à l’encre et en couleur sur un fond doré. La partie inférieure du panneau est traité pour donner l’aspect de sable et de gravier. Le sujet représenté était très populaire durant les 16e et 17e siècle au Japon sous le nom de Shorin-zu byobu (forêt de pins sur panneaux). Les pins avec leur feuillage persistant sont une référence à l’immortalité.

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Fusen –  » Crane Birds & Matsu Tree « 

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Terada Seikan (1898 -?) –  » Arashiyama Valley « 

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Uezuma Yonen ( 1883 – ?) –  » Horaisan Mountain « 

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Kinryo –  » Horaisan Mountain « 

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Hashimoto Gaho (1835-1908) cerisiers en fleur et feuilles d'automne (diptych), vers 1893Hashimoto Gaho (1835-1908) cerisiers en fleur et feuilles d’automne (diptych), vers 1893

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Katsushika Hokusai - Pine tree and full Moon, 1848Katsushika Hokusai – Pine tree and full Moon, 1848

moule "Kashigata" à motif mats (pin)

moule « Kashigata » à motif mats (pin)

     Il s’agit d’un moule de pâtisserie en bois appelé « kashigata ». En japonais, le pin est appelée « matsu ». Souvent réalisé en sakura (bois de cerisier) préalablement mis à sécher 3 années avant d’être travaillé, les kashigatas ont été utilisés pour faire des confiseries séché à base de farine de riz et de sucre appelé rakugan. Cette pratique remonte au milieu du 17e siècle. Ces friandises ont été utilisés comme offrandes et des collations pour les occasions festives et même des événements malheureux. Par exemple, quand une personne décédait, les gens faisaient des bonbons ou des pâtisseries en forme de fleurs, poissons, etc qui étaient ensuite placés sur le « butsudan » (sanctuaire de famille de la maison) pour la personne décédée. Les Kashigatas ont également été utilisés dans la fabrication de wagashi (nama-gashi ou fraîchement gâteau et salut-gashi ou confiserie séché) pour les cérémonies de thé. 

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Shokei Kenko - Landscape, Sansuizu Muromachi period, late 15th-early 16th century - Museum of Fine Arts, Boston

Shokei Kenko – Landscape, Sansuizu Muromachi period, late 15th-early 16th century – Museum of Fine Arts, Boston

Unkoku Togan - Landscapes, 16th-17th century - Museum of Fine Arts, Boston

Unkoku Togan – Landscapes, 16th-17th century – Museum of Fine Arts, Boston

Sesshu Toyo - Birds in Trees, Saru taka zu byobu, 17th-18th century - Museum of Fine Arts, Boston

Sesshu Toyo – Birds in Trees, Saru taka zu byobu, 17th-18th century – Museum of Fine Arts, Boston

Soga - Hawk, 17th century - Museum of Fine Arts, Boston

Soga – Hawk, 17th century – Museum of Fine Arts, Boston

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Plantes et jardins : le pin au Japon vu par d’illustres illustrateurs japonais (Hiroshige, Hokusai,etc.)

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     Cet article fait suite à l’article sur le même thème également publié et intitulé « Plantes et jardins : le pin au Japon vu par Paul Claudel et d’illustres illustrateurs japonais«  et que vous pouvez consulter ICI.

Detail of Japanese manuscript scroll map (35 by 939 cm.) showing the Tokaido, the main land-sea route from Edo (Tokyo) to Nagasaki, with Fujiyama in the background. Kyoho period (1716- 1736).Detail of Japanese manuscript scroll map (35 by 939 cm.) showing the Tokaido, the main land-sea route from Edo (Tokyo) to Nagasaki, with Fujiyama in the background. Kyoho period (1716- 1736).

     Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō (東海道五十三次, Tōkaidō Gojūsan-tsugi?), sont une série d’estampes japonaises (ukiyo-e) créées par le peintre japonais Hiroshige après qu’il eut effectué en 1832 un voyage empruntant la route du Tōkaidō, l’axe routier principal du Japon qui reliait la capitale du shōgun, Edo (ancien nom de Tokyo), à l’ancienne capitale impériale, Kyoto. C’est la plus importante des « Cinq Routes », les cinq grandes voies du Japon (Gokaidō), créées ou développées pendant l’ère Edo pour améliorer le contrôle du pouvoir central sur l’ensemble du pays. Une trentaine de séries d’estampes ont été réalisées sur ce thème par Hiroshige, très différentes les unes des autres par leurs dimensions (format ōban ou chuban), leur traitement ou encore leur nombre (certaines séries ne comptent que quelques estampes) mais la plus connue est l’édition  Hōeidō publiée en 1833-1834.

Tokaido08_OisoHiroshigeLes 53 stations du Tokaido – 8e station,  Ōiso-juku

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HiroshigeLes 53 stations du Tokaido – 11e vue, 10e étape : Hakone

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HiroshigeLes 53 stations du Tokaido – 14e station : Yoshiwara-juku

la route du Tokaido en 1825

la route du Tokaido en 1825

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HiroshigeLes 53 stations du Tokaido – 16e station : Yui-shuku

Hiroshige - Les 53 stations du Tokaido (1833-34) - 17e station : Okitsu-juku

HiroshigeLes 53 stations du Tokaido (1833-34) – 17e station : Okitsu-juku

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  Hokusai – Sumida-gawa Sekiya no sato

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Hiroshige – Les 53 stations du Tokaido – 25e station :   Nissaka-shuku

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Hiroshige – Les 53 stations du Tokaido – 32e station :   Shirasuka-juku

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 Hokusai -Le mont Fuji, vu à travers les pins de Hodogaya, sur la route de Tôkaidô

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HiroshigeLes 53 stations du Tokaido – 46e station :  Kameyama-juku et détail : Kameyama

Utagawa Hiroshige - the Famous SIght of Mount Fuji from the series The Tôkaidô Road - The Fifty-three Stations (Tôkaidô - Gojûsan tsugi), also known as the Reisho Tôkaidô, 1847-52

Utagawa Hiroshige – the Famous SIght of Mount Fuji from the series The Tôkaidô Road – The Fifty-three Stations (Tôkaidô – Gojûsan tsugi), also known as the Reisho Tôkaidô, 1847-52

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    Les Souvenirs d’Edo (絵本江戸土産, Ehon Edo miyage?) ou Livres d’images des souvenirs d’Edo se réfèrent à deux séries indépendantes de livres illustrés (絵本, Ehon?) de scènes d’Edo (ancien nom de Tokyo) produites par des peintres ukiyo-e, montrant tant les quartiers très urbains que les paysages plus ruraux alentours :
   . première série de Nishimura Shiganaga (3 volumes) parue en 1753, complétée en 1768 par une série intitulée Ehon Zoku Edo miyage (Suite des souvenirs d’Edo) de Suzuki Harunobu ;
   . seconde série de Hiroshige et probablement son élève Hiroshige II, publiée de 1850 à 1867.
    La série publiée de 1850 à 1867 par l’éditeur Kinkōdō comporte dix volumes préfacés par un lettré et uniquement composés d’illustrations. Les quatre premiers volumes paraissent en 1850 et sont originellement identifiés par le nom des quatre vents (correspondant aux points cardinaux) plutôt que des numéros. Les volumes cinq et six sont ajoutés ensuite, puis le septième, mais les dates exactes ne sont pas connues. Les volumes huit à dix sortent après la mort de Hiroshige (1858), respectivement en 1861, 1864 et 1867. Les sept premiers volumes sont le travail de Hiroshige, tandis que les deux derniers sont attribués à Hiroshige II (Shigenobu) et le septième, non signé, pourrait également être de la main de ce dernier. Le style des peintures des trois derniers volumes est en tout cas inférieur aux premiers.
     La ville d’Edo, où est né et a vécu Hiroshige, constitue un de ses thèmes favoris tout au long de sa carrière. Contrairement à la tradition picturale, il ne se limite pas à la représentation des lieux célèbres (meisho) de la tradition poétique, mais peint aussi des lieux pour leur intérêt topographique ou historique, à la manière des meisho zue comme l’Edo meisho zue. En ce sens, les Souvenirs d’Edo préfigurent de sa célèbre série d’estampes des Cent vues d’Edo. De nombreux paysages ou compositions (plus de la moitié selon Smith) sont en effet similaires dans les deux œuvres.

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     Les Cent vues d’Edo (名所江戸百景, Meisho Edo Hyakkei) constituent, avec Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō et Les Soixante-neuf Stations du Kiso Kaidō, l’une des célèbres séries d’estampes réalisées entre 1856 et 1858 par le peintre japonais Hiroshige. Il a réalisé, en réalité, 119 estampes qui utilisent la technique de la xylographie (gravure sur bois). La série appartient au style de l’ukiyo-e, mouvement artistique portant sur des sujets populaires à destination de la classe moyenne japonaise urbaine qui s’est développée durant l’époque d’Edo (1603-1868). Plus précisément, elle relève du genre des meisho-e (« peinture de vues célèbres ») célébrant les paysages japonais, un thème classique dans l’histoire de la peinture japonaise. Son élève et fils adoptif Utagawa Hiroshige II, en a signé certaines.  (crédit Wikipedia)

Hiroshige - A great wave by the coast - Shichirigahama Beach, vers 1835Hiroshige – A great wave by the coast – Shichirigahama Beach, vers 1835

Hiroshige - Shrines in snowy mountains

Hiroshige – Shrines in snowy mountains

Hiroshige

Hiroshige, Maiko Beach in Harima Province

Hiroshige - Maiko Beach in Harima Province, colour woodbloc, 1854

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Encore une perspective inhabituelle du pavillon Kiyomizu-dō, situé dans l’enceinte du temple de Kan’ei-ji. Du pavillon, on aperçoit la terrasse au milieu de cerisiers en fleurs dont les Japonais admirent beaucoup la beauté éphémère, comme l’indique la fête dehanami. La terrasse donne sur l’étang Shinobazu no ike situé dans le parc d’Ueno dont l’eau est colorée d’un bleu très doux. En face des cerisiers se trouvent quelques grands pins dont l’un se distingue par sa curieuse forme qui le fait appeler « pin de la lune » et qui apparaît plus en détail sur la planche 89. Les proportions exagérées des pins et de la terrasse tiennent peut-être au passage au format vertical de cette scène qu’il avait peinte avec plus de réalisme dans les Souvenirs d’Edo (Ehon Edo miyage)

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 11 : le pavillon Kiyomizu et l’étang Shinobazu no ike à Ueno – Printemps (avril 1856)

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La coutume de réaliser des répliques du mont Fuji a commencé en 1780 avec la première copie réalisée à Takata-chō par des adorateurs de la montagne sacrée (Fuji Shinko). C elui-ci est d’une hauteur de 12 m érigée en 1812 et est appelée « originale ». La pente de la colline domine le côté droit et le bas de l’image d’où émerge un grand pin dont les branches remplissent toute la partie supérieure. Derrière ce premier plan apparaît un verger de cerisiers où un groupe de personnes pique-nique, tandis qu’à l’horizon se dresse le majestueux volcan considéré comme un dieu par les Japonais. Cette estampe a été incorrectement placée dans la section « printemps » puisque les cerisiers ne sont pas en fleurs et portent un feuillage aux couleurs automnales faites de cinabre. Le ciel est un subtil dégradé de rouge, passant du blanc au jaune à un bleu clair qui s’assombrit dans la partie supérieure. Fuji, écrit dans le titre 不二 (littéralement « pas deux »), est sans doute un jeu de mots sur le doublement du mont.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 25 : Le Fuji original à Meguro et sa réplique, avril 1857

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Hakkeizaka (« côte des huit vues ») est une célèbre colline située sur la baie d’Edo d’où l’on peut voir huit beaux panoramas de la campagne environnante. Le nom vient des « huit vues de Xiaoxiang » (en japonais Hakkei shosho), un célèbre thème poétique chinois introduit au xive siècle et qui sert de base iconographique pour la représentation des paysages pittoresques. Sur la colline se dresse un pin d’une étrange forme : selon la légende, le guerrier Minamoto no Yoshiie accrocha son armure dans cet arbre avant de se soumettre à un clan rival dans la province de Mutsu (actuelle préfecture d’Aomori). Hiroshige adapte la forme de l’arbre de telle façon que seul un géant aurait pu y suspendre son armure, tout en le peignant plus fin qu’en réalité. Le pin domine la partie centrale de la composition tandis que sur la baie voguent plusieurs petits voiliers. LeTōkaidō, grande route de Edo à Kyoto qui longe le littoral, est emprunté par de nombreux voyageurs comme on le voit au bas de l’image. Sous les pins, quelques personnes contemplent le panorama tout en buvant du thé ou du saké.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 26 : Le « pin pour suspendre une armure » et la pente de Hakkeizaka, mai 1856

Hiroshige (1797 - 1858) -  Japanese Woodblock Print  View from a Hilltop  Series; Souvenirs of Edo (Ehon Edo Miyage), 1850 - 1867

Hiroshige (1797 – 1858) –  variante de l’estampe précédente

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L’image montre plusieurs voyageurs s’étant arrêtés à un point de repos entre deux collines de pins sur la route qui traverse la région de Meguro, où se trouve une petite maison de thé mentionnée dans le titre. Au centre s’ouvre une large vallée qui servait autrefois de terrain pour la pratique de la fauconnerie, réservée au shogun. Meguro est à présent un quartier au sud de Tokyo. Au fond apparaît le mont Fuji derrière d’autres montagnes qui s’élèvent au-dessus de la brume, tandis que des silhouettes de pins occupent toute la partie gauche du ciel. Ce paysage était très prisé par les artistes japonais, figurant notamment dans une gravure que réalise Shiba Kokan à la fin duxviiie siècle en utilisant la perspective occidentale.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 84 : La maison de thé « de pépé » à Meguro, avril 1857

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Ce pin – déjà vu sur la onzième estampe – tient son nom de la forme inhabituelle d’une de ses branches, courbée en un cercle presque parfait. Les Japonais aiment à donner des noms à des arbres singuliers ou à la signification particulière, comme le montrent les planches 26, 61 et 110. Une fois encore, la composition est structurée à partir d’un premier plan agrandi qui guide l’œil vers le paysage, ici l’étang Shinobazu no ike et à l’arrière un quartier appartenant au puissant daimyo Maeda, seigneur de Kaga (préfecture d’Ishikawa), de nos jours occupé par l’université de Tokyo. Plus près de l’observateur, dans le coin en bas à droite, se trouvent plusieurs bâtiments parmi lesquels s’élève de nouveau un sanctuaire de couleur rouge dédié à Benten, sur une île construite à l’image de l’île de Chikubushima au nord-est de Kyoto.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 89 : « Le Pin de la Lune », Ueno, 1856

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La colline escarpée de Kōnodai qui domine la Tone-gawa – de nos jours Edo-gawa – est un important bastion de défense. Dans cette image, le côté gauche de la composition est occupé par une saillie rocheuse peinte dans un style chinois. Elle est surmontée de trois grands pins aux pieds desquels trois petits personnages conversent avec animation, donnant une bonne idée de la hauteur de la colline. Cet endroit est surtout connu grâce à une œuvre littéraire, Nansō Satomi Hakkenden (Histoire des huit chiens du Satomi de Nansō) de Kyokutei Bakin. La rivière est parcourue de barges chargées de marchandises qui vont à la ville tandis qu’à l’horizon apparaît le mont Fuji dans un ciel jaune qui signale un matin clair. La couleur bleue du haut du ciel est de nouveau marquée par le grain du bois utilisé pour l’impression.

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HiroshigeCent vues d’Edo, vue 95 de Kōnodai et de la rivière Tone-gawa

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Conformément au principe stylistique de la série, l’image est composée à partir d’un premier plan occupé par les branches d’un vieux pin supportées par des poutres en bois au travers desquelles apparaît le paysage à l’arrière-plan. Gohonmatsu (« cinq pins ») est le nom d’un quartier d’Edo qui fait référence à cinq pins séculaires plantés le long du canal Onagi-gawa en 1732 et dont il ne reste à l’époque d’Hiroshige que celui représenté ici. L’emplacement où est situé le pin appartient au daimyo d’Ayabe. Ici, l’artiste déforme la réalité pour atteindre un plus grand effet scénographique : le canal est en fait parfaitement droit et la courbe ici représentée imaginaire. L’embarcation du centre portant deux rameurs et quelques passagers est une reprise par Hiroshige d’une œuvre deKatsushika Hokusai, Coucher de soleil à travers le pont Ryōgoku (planche 22 des Trente-six vues du mont Fuji) où est reproduite avec précision le détail du passager qui trempe un mouchoir dans l’eau.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 97 : Les « cinq pins » et le canal Onagi, juillet 1856

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Le pin Kesakakematsu (« pin pour accrocher le manteau du moine ») est ainsi nommé parce que le moine Nichiren s’est un jour arrêté le long du chemin pour se reposer et a accroché son manteau à une branche de ce fameux arbre. Le pin à la forme torsadée est situé sur une langue de terre qui s’avance dans le lac au milieu à droite de l’image. Sa base est entourée d’une clôture autour de laquelle sont regroupés quelques visiteurs. Dans la partie inférieure, une boutique propose de la nourriture et des boissons le long de la route qui longe le lac et sur laquelle circulent des voyageurs. Au centre de l’image, le bleu plus foncé en forme de croissant met en évidence la profondeur du lac que survolent trois hérons. Sur la rive opposée, isolé dans la forêt, se trouve le sanctuaire Hachiman de Senzoku, puis comme d’habitude dans les paysages de Hiroshige, le fond montagneux émerge de la brume. La couleur rougeâtre de l’horizon suggère une heure tardive. Il s’agit d’une des cinq premières estampes acceptées par la censure.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 110 : « Le pin pour accrocher le manteau du moine » au lac Senzoku no ike, février 1856

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Une planche célèbre et imaginaire. Dans cette composition nocturne, sous un ciel gris bleuâtre parsemé d’étoiles, de nombreux renards dont l’haleine semble être comme autant de feux follets sont réunis au pied d’un grand micocoulier (enoki). L’attention est concentrée sur ce groupe près de l’arbre au premier plan, cependant qu’à une certaine distance apparaissent plusieurs autres renards qui se dirigent vers le premier groupe mais qui ne sont encore que de petits points lumineux perdus dans le fond de l’image. L’intense luminosité autour des renards contraste fortement avec l’obscurité nocturne et donne un effet dramatique et mystérieux à la scène. Le peintre joue sur la technique du bokashi, les dégradés de gris et l’emploi de poudre de mica, avec des surimpressions de vert pour les végétaux. Selon  une légende, les renards se réunissent avec leurs forces magiques sous cet arbre au Nouvel An pour adorer le dieu du riz (Inari), puis se rendent au sanctuaire d’Ōji Inari (ou Shōzoku Inari), où le dieu leur confie différentes tâches à accomplir pendant la nouvelle année. Le nombre de renards et la forme de leurs feux follets permettent aux paysans de prédire la prochaine récolte. Hiroshige utilise une impression en quadrichromie afin de tirer le meilleur parti de cette scène très dramatique et à l’atmosphère fantastique.

Hiroshige – Cent vues d’Edo, estampe 118 : « Renards de feu la nuit du Nouvel An sous l’arbre Enoki près d’Ōji », septembre 1857

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