Amour vache…


***

Amore con salsa agrodolce

Au cas où ta sorella venait à se plaindre
d’avoir à s’occuper, seule, de votre padre,
Tu pourras  toujours lui répondre
que cela n’est que partie remise
car tu auras plus tard, Toi, à t’occuper
de Moi beaucoup plus longtemps…*

(elle est plus jeune que lui…)

Moi, m’occuper de Toi ? Tu rêves !
Je te caserais plutôt dans une EHPAD,
ou quelque chose comme ça…

C’est cruel ce que tu viens de dire
car moi, dans la même situation,
je n’hésiterais pas à m’occuper de toi…

Toi, t’occuper de Moi ? Dieu m’en garde !
Tu le ferais sans doute à la manière de Rose,
la mère des frères Kennedy qui s’est occupée
de son hémiplégique mari Joseph Patrick,
en le torturant à petit feu avec délectation
durant de longues années, histoire
de se venger de ses infidélités passées…*
Je vais de ce pas voir avec les enfants
comment me prémunir d’un tel cauchemar !

(* Joseph P. Kennedy avait débuté à l’âge de 60 ans, avec sa jeune secrétaire de 24 ans et sous le nez de son épouse, une liaison qui devait durer 9 années.)

Non, tu n’as rien compris… 
C’est comme d’habitude,
tu ne m’as pas laissé terminer.
Quand je disais m’occuper de Toi,
je pensais EUTHANASIA
pour te faire passer de vie à trépas,
histoire d’abréger tes souffrances
et les miennes… par la même occasion.

Enki sigle

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Mieux que le cheval, la gazelle !


Cavalières ! le cheval, c’est ringard…  Tentez la gazelle !

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Albert Weisberger – Die Gazelle, revue Jugend (Munich), 1904


 

    Albert Weisberger (1878-1915) est l’un de mes illustrateurs préférés. Fondateur à Munich en 1898 avec Alfred Kubin du cercle d’artistes Sturmfackel et en 1913 du collectif Münchner Neue Secession, qui allie des peintres tels qu’Alexej von Jawlensky, Paul Klee et Alexander Kanoldt, il trouvera la mort deux années plus tard en France à la bataille de Fromelles à l’âge de 37 ans. L’article suivant de ce blog  présente une biographie de ce peintre ainsi que de nombreuses illustrations.

  • 2 peintres à la bataille de Fromelles (1915) : Albert Weisberger et Adolph Hitler ou la stupidité des Parques – nombreuses illustrations d’Albert Weisberger.


Jouer aux p’tits bateaux, qui vont sur l’eau…


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°°°
Maman, les p’tits bateaux
Qui vont sur l’eau
Mais oui, mon gros bêta
S’ils n’en avaient pas
Ils ne march’raient pas.

Allant droit devant eux
Ils font le tour du monde
Mais com’ la terre est ronde
Ils reviennent chez eux.

Va quand tu seras grand
Tu sauras comment faire
Pour lutter vaillamment
Contre la mer et le vent.
°°°

     Un déchet de bois et un bâtonnet, trois éclats de coquillages, six petits galets roulés, le tout ramassé sur la plage et voilà l’image d’un bateau à voile avec ses deux voiles, sa coque, son mat surmonté d’un drapeau et ses trois plaisanciers sagement assis sur le bastingage… Je me souviens avoir vu en Bretagne, à Quimper, la boutique d’un artiste qui exposait et vendait des réalisations étonnantes créées uniquement avec de menus objets recueillis le long des plages. Certaines de ses productions étaient de véritables œuvres d’art. J’ai tenté d’imaginer quel pouvait être le cheminement de la pensée d’un promeneur que sa déambulation le long d’une plage va conduire à fabriquer de ses mains un esquif composé de divers objets trouvés sur le sable… Deux cheminements parallèles donc, celui du corps et de la pensée qui vont à un moment se rencontrer par la découverte d’un objet futile en apparence, un simple éclat de coquillage, qui va se révéler être le point d’induction d’une projection dans l’imaginaire.


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Réceptivité   –   Assimilation

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   Un promeneur, marche le long de long de la plage, admirant le paysage ou laissant vagabonder ses pensées. Il est en vacances et a l’esprit dégagé et réceptif au décor qui l’entoure ainsi qu’aux mille  et un petits événements qui l’animent : bruissement des vagues qui déferlent sur le rivage, sautillement des oiseaux qui picorent le sable, déplacement des nuages sur la ligne d’horizon.  Soudain, une vision va effacer tout le reste : celle, sur le sable, d’une voile blanche immaculée ou, plus précisément, d’un éclat de coquillage brisé qui lui a fait penser immédiatement à une voile… Pourquoi une voile, me direz-vous, et pas mille et une autre chose ? Mais parce que tout dans cet éclat de coquillage fait penser à une voile : la forme triangulaire aux bords arrondis de la découpe, les rayures parallèles et courbes qui  font rappellent les plis, le bombement de la surface tel une toile gonflée par le vent et même la tension de ses points d’attache le long du mat et sur le pont. Cette association mentale d’un objet avec un autre objet dont la nature et la fonction n’ont à priori aucun rapport entre elles est courante chez l’homme et même chez beaucoup d’animaux. Les tortues marines qui ingurgitent des sacs plastiques qui ressemblent à des méduses en font tous les jours la triste expérience.


   Imagination                                                                                           

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    Cette reconstitution métaphorique inversée pourrait en rester là mais l’homme, et c’est là l’un des traits qui le distingue de la plupart des animaux, possède la faculté d’imagination. Qu’est-ce qu’imaginer sinon quitter la réalité et qu’est-ce que la réalité sinon ce qui se passe dans un lieu, à un moment présent. Imaginer, c’est se projeter dans un autre lieu à un autre moment pour y vivre une portion de vie que l’on a choisi et qui fait la part belle à nos désirs (même si quelques uns préfèrent imaginer le pire). Cette échappée est en général brève et la plupart des imaginatifs reviennent rapidement sur terre pour affronter de nouveau la réalité mais il arrive que certains se complaisent dans le monde imaginaire qu’ils ont créé et décident de n’en plus jamais revenir. On les affublent de différents noms : rêveurs, marginaux, fous, poètes, artistes, déviants…

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Reconstruction

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     Mais revenons à notre promeneur… une voile seule ne signifie rien car elle est inutile. Une voile voit son existence justifiée que lorsqu’elle fait partie d’un Tout qui est le navire. En dehors de cette situation, elle n’est rien d’autre qu’une masse de tissu informe posée sur le sol. Il était donc fatal que la pensée du promeneur passe de l’évocation de la simple voile à l’évocation du navire qui lui est lié et cette image, notre promeneur n’a pas eu besoin de faire l’effort de la reconstruire, telle une Vénus anadyomène, elle a jailli tout droit de la mémoire emmagasinée dans son cerveau.

Hippocampus

      On a longtemps pensé que la mémoire était emmagasinée dans un organe particulier du cerveau appelé joliment hippocampe mais on sait aujourd’hui que l’ensemble des 100 milliards de neurones que notre cerveau possède sont concernées par l’intermédiaires des synapses qui les relient entre eux et qui sont dix fois plus nombreuses. Les éléments mémorisés qui sont activés souvent par les synapses sont ceux qui remontent le plus vite à la conscience, d’autres « dorment » et attendent d’être réactivés, parfois sous l’action de la vision d’une image ou d’une structure d’image transmise par nos sens que l’association neurones-synapses a associé, à tort ou à raison, à l’un des éléments mémorisés. C’est le cas de cet éclat de coquillage dont la ressemblance à une voile de navire a produit un disfonctionnement du processus de reconnaissance, vite repéré, et interprété par notre conscience avec amusement.

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MÉMORISATION D’UN SOUVENIR : elle résulte de modifications des connexions au sein de réseaux de neurones activés par un signal. Lorsqu’une information est traitée, des protéines et des gènes sont activés dans les neurones postsynaptiques. Des protéines sont produites, acheminées vers les connexions établies entre les neurones pré et postsynaptiques. Ces protéines servent au renforcement des synapses, les sites de communication entre neurones, et à la construction de nouvelles synapses. Lors de la mémorisation d’un souvenir, un réseau spécifique de neurones s’élabore dans diverses structures cérébrales, l’hippocampe notamment, puis le souvenir se grave de la même façon dans le cortex, le lieu de stockage définitif des souvenirs. ( Crédit : Les mécanismes de la mémoire (moodle-Université de Montpellier) par Serge Laroche – c’est ICI )

Le Jeu

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     Cet envol de la pensée aurait pu s’arrêter là, c’est-à-dire à la reconstruction mentale un peu floue d’un navire tel que nous l’envisageons, vision née des expériences multiples que nous avons vécues depuis notre naissance. Pour certains, ce sera le dériveur léger des années d’apprentissage de leur enfance, pour d’autres les bateaux de pirates des films de corsaires de leur adolescence ou les rapides coursiers des mers, fins et racés, des compétitions maritimes.

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    Mais notre promeneur est en vacance, l’esprit libre et inactif au risque de s’ennuyer, prêt à bondir sur toute opportunité qui se présenterait et surtout sur celle qui ne générerait aucune contrainte mais du plaisir. Et quel est le meilleur moyen de se procurer du plaisir lorsque l’on dispose de temps libre et que l’on est pas assujetti à des tâches contraignantes ? Mais par le jeu, tout simplement, activité plaisante et gratifiante et qui offre l’occasion de s’abstraire de la réalité et de s’engager dans un espace de liberté *. À la différence de la plupart des activités humaines de la société moderne qui sont pratiquées dans le but de recevoir en retour un gain ou une compensation, le jeu est le plus souvent improductif et ne créé pas de valeur matérielle *, de plus il fait la part belle au hasard. Cette absence de conséquences matérielles de la victoire ou la défaite pour les joueurs dans une compétition où le hasard est déterminant confère au jeu un statut spécial de neutralité dans la compétition sociale et permet le « désarmement » des compétiteurs. Chaque joueur est prêt à accepter sa défaite car elle n’a aucune conséquence sur son statut personnel ou social. Dans un sens le jeu apparaît comme un « simulacre » des situations et confrontations que l’on rencontre ou que l’on rencontrera dans la vraie vie d’où son rôle dans l’apprentissage de la jeunesse en lui permettant de « tester » les futures situations de confrontation auxquelles elle sera, dans l’avenir,  confrontée. 

 * le jeu n’est pas totalement libre, il doit respecter certaines règles.
 * Parmi des jeux d’argent, certains comme le poker, ne sont pas que de hasard et constituent pour certains un métier.


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    À quel jeu a joué notre promeneur en créant un esquif à partir d’objets épars trouvés sur une plage ? Il a sans doute voulu relever une gageure, celle de réaliser en partant de presque rien, une maquette qui ressemblera ou évoquera de la manière la plus convaincante possible à son modèle, objectif qui, s’il pouvait l’atteindre, lui procurera une intense satisfaction et une grande fierté. Ce plaisir de créer va se manifester durant toute la phase de conception qui devient œuvre au sens ou l’emploie Hannah Arendt en l’opposant au travail.  On remarquera que ce comportement est celui de tout artiste. Y aurait-il dans la pratique artistique une notion de jeu le plus souvent ignorée ? Ajoutons que dans le cas de la maquette de bateau réalisée par notre promeneur, apparaît une dimension supplémentaire, celle de l’humour. Notre promeneur n’avait aucunement l’intention de réaliser un objet ressemblant de manière parfaite au modèle original imaginé du type des modèles réduit à monter que l’on trouve dans le commerce mais de réaliser une caricature amusante par la discordance entre les éléments du modèle à imiter et les objets anodins utilisés pour les représenter : déchet de bois usé pour la coque du navire, éclats rigides de coquillage pour les voiles, galets pour les passagers. Entreprise réussie.

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Actualité – Affaire Fillon : déni et beni-oui-oui


Retour au monde réel

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Épée de Damoclès et vérités alternatives

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     On connait tous l’anecdote humoristique du type qui tombe du 86e étage de l’Empire State Building et  qui, voyant passer devant ses yeux le 10e étage, déclare « Jusque là, tout va bien ! ».
     Le député UMP de l’Ain, Damien Abad, porte-parole de François Fillon, est allé encore plus loin dans l’humour en déclarant hier sur BFMTV que la mise en examen du candidat UMP à l’élection présidentielle était «la fin d’une épée de Damoclès qui était sur notre tête».

     On pensait jusque là que la mise en examen d’une personne signifiait que les juges chargés de l’affaire considéraient que l’enquête menée avait fourni suffisamment d’éléments pour considérer qu’il existait des indices graves ou concordants rendant vraisemblable que la personne concernée avait pu participer, comme auteur ou complice, à une infraction. La mise en examen constitue donc une confirmation ou une aggravation des charges qui étaient jusque là retenues contre elle. Eh bien non, on avait mal compris, pour M. Damien Abad, c’est une bonne nouvelle !

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Déliquescence

     On a doublement honte et on est écœurés, en tant que français, d’une part, par les multiples faits moralement inacceptables commis par un candidat à l’élection présidentielle, ex premier ministre qui devait faire preuve d’exemplarité, compte tenu des sacrifices qu’il exige dans sa campagne de la part de ses compatriotes et parmi ceux-ci, des moins favorisés et qui ose sans vergogne s’obstiner et s’accrocher à son désir du pouvoir, et d’autre part, et c’est peut-être le fait le plus grave, par le déni de réalité et le cynisme effronté de ses soutiens politiques et malheureusement également de quelques millions d’électeurs de la droite dure qui sont prêts à sacrifier les principes moraux et républicains pour le sauvetage de leurs intérêts immédiats. Ils portent une lourde responsabilité dans la déliquescence politique et morale croissante du pays et le renforcement du Front National. C’est le même autisme et aveuglement partisan d’une partie des démocrates qui a conduit l’Allemagne dans les bras du fascisme en 1933. Il est de peu d’importance que tous ces responsables finissent un jour dans leur chute par rencontrer le sol, le problème, c’est qu’ils entraînent avec eux le pays tout entier et font que nous sommes la risée du monde. Si l’on se fie aux sondages, il y aurait aujourd’hui 27 % des électeurs qui voteraient pour Marine Le Pen et 20 % pour Francois Fillon «envers et contre tout», soit près de la moitié des électeurs qui s’assoiraient sur les valeurs et principes humanistes et moraux des Lumières qui ont constitué dans notre histoire le socle et la fierté de notre identité française et de son apport positif au Monde et qui seraient tentés par l’aventure, le nihilisme et la régression. Cela montre la gravité de la situation et l’urgence absolue d’une réaction.

    Pour reprendre un slogan du Printemps arabe et en parlant des responsables indignes :            Qu’ils dégagent ! 


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Paul Léautaud et ses chats

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Robert Doisneau Paul Léautaud et ses chats, vers 1950

Robert Doisneau – Paul Léautaud et ses chats, vers 1950

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Lettre à un ennemi des chats

Paris, le 29 avril 1936

Monsieur,

Je lis dans les journaux l’«accident» qui vient de vous arriver. En voulant tuer un chat, vous avez tué votre enfant. J’en suis ravi. je suis enchanté. Je trouve cela parfait. Cela vous apprendra à être à ce point cruel à l’égard d’une malheureuse bête.

Encore tous mes compliments

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Lettre à Céline

    Peu avant son départ pour le Danemark, en 1944, Céline aurait reçu un mot de Paul Léautaud concernant son chat Bébert. Lettre détruite dans l’incendie du pavillon de Meudon en 1968, et que Frédéric Vitoux rapporte dans : «Bébert le chat de Louis-Ferdinand Céline» Grasset 1976 P.32.

Vous allez sans doute être liquidé à la libération, lui dit en substance le solitaire de Fontenay-aux-Roses, et vous l’aurez bien cherché et je ne verserai pas une larme, mais vous pouvez mourir en paix, sachez que je suis prêt à recueillir Bébert, qui seul m’importe.

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« Les petits trucs » : si votre façade est obscure…

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Et en plus, on économise de l’électricité…

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