Motifs & trames : Japon, le thème de la vague


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Katsushika Hokusai – la Grande Vague de Kanagawa, 1829-1832

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Katsushika Hokusai – View Of The Naruto Whirlpools At Awa

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Katsushika Hokusai – Feminine Wave


Alphabets et graphies

Monde méditerranéen

    Dans Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Gilbert Durand s’appuyant sur les données d’un essai publié en 1943 (Léïa, « La symbolique des contes de fées » ) fait référence au glyphe représentatif de l’eau, la ligne ondulée ou brisée, qui serait universel et dont la prononciation « m » serait universellement attachée à ce glyphe et aurait donné les lettres de l’alphabet « n », « m » ou « w » (m inversé).


     Le hiéroglyphe égyptien pour la représentation de l’eau a la forme d’une ligne brisée régulière. L’équivalent en langage hiéroglyphique de l’ondulation de l’eau est la lettre « n », « m ». 
               Capture d’écran 2018-04-15 à 04.36.14.pngCapture d’écran 2018-04-15 à 04.37.53.pngCapture d’écran 2018-04-15 à 04.38.41.png

Capture d’écran 2018-04-15 à 23.29.16.pngEvolution du glyphe de l’eau égyptien jusqu’à son aboutissement au M latin 


Chine et Japon

   Le caractère japonais d’origine pour représenter l’eau est identique au caractère chinois (shui) qui faisait référence lui aussi à l’onde d’un cours d’eau avec un trait central  qui figurait un filet d’eau (racine primitive qui apparait dans  ou ) mais apparemment un cours d’eau agité projetant éclaboussures ou sujet à tourbillons. le caractère final avec les quatre traits latéraux qui représentent des tourbillons et expriment la vitesse de l’écoulement exprime cette origine (voir la video explicative, c’est ICI). Cette caractéristique qui distingue les caractères chinois des caractères d’origine méditerranéenne ancêtres de notre alphabet latin est peut-être la conséquence des conditions géographiques des contrées d’origine où sont nés ces premiers alphabets (zones de plaine pour la vallée utile du Nil ou de montagnes pour la Chine).

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origine et évolution du caractère chinois

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origine et variation du caractère japonais

       Il semble que les peintres et illustrateurs japonais qui utilisent également le glyphe de la ligne ondulée ou courbe pour représenter l’élément aquatique aient tenu,  comme le montre les représentations graphiques qui vont suivre, à l’instar de la graphie de leur caractère, à faire figurer le tourbillon, les éclaboussures ou l’écume des vagues qui accompagnent le mouvement de l’eau.

Enki sigle


« Pot-pourri » d’illustrations japonaises de vagues   –   cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.


Exemples d’utilisation

    Nous n’avons trouvé qu’un seul kimono dont le tissu utilise le thème de la vague. Il s’agit d’une estampe du peintre Utagawa Fusatane (1850-1899) faisant partie d’un triptyque sur le thème des plantes d’automne.

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Musique : le maître des sortilèges


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     Shigeru Umebayashi (梅林茂) est un compositeur japonais. Il fut l’un des leaders du groupe de rock new Wave japonais EX et commença à composer en 1985 après la séparation du groupe. Il est le compositeur de bandes originales de plus de 40 films japonais ou chinois parmi lesquels figurent deux célèbres morceaux présentés sur cette page  : le célèbre Yumeji’s Theme du film In the Mood for Love (2000) du réalisateur hongkongais Wong Kar-Wai et Polonaise tiré du film 2046 produit en 2004 par le même réalisateur.

     Dans les deux vidéos présentées ci-après on est saisi par l’alchimie subtile qui lie le lent déplacement des corps des acteurs à la beauté renversante à la musique ensorcelante  par ses rythmes lancinants qui accompagne leurs évolutions. Dans le clair-obscur de la nuit, les corps se croisent, se frôlent et s’éloignent donnant l’impression de ne jamais pouvoir se rencontrer, les regards s’évitent puis se confrontent pour finalement abandonner le combat et s’enfuir. La musique a sur nous les effets d’une onde puissante et douce dans laquelle nous nous sentons immergés et brassés comme dans les eaux d’un fleuve calme et puissant, symbole du temps, qui charrierait les images du passé, les images rêvées et aussi celles des occasions manquées. Une plongée dans un monde onirique comme celui d’une fumerie d’opium dont on ne pourrait se délivrer tant que durerait la musique. Un romantisme sombre et désespéré, une mélancolie poignante et en même temps un délice, un régal des yeux et des oreilles, le plaisir intense et rare et un brin masochiste causé par la captation et la soumission des sens…

Enki sigle


      L’ensorcelant Yumeji’s Theme du film  In the Mood for Love avec comme acteur Tony Leung Chiu-wai qui joue le rôle d’un journaliste qui entretient un relation amoureuse avec  sa voisine de palier, rôle pour lequel il reçut le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. C’est l’actrice Maggie Cheung, alors égérie du réalisateur, qui joue le rôle de la voisine la troublante Madame Chan.


     Ce lancinant morceau intitulé Polonaise est tiré du film 2046 avec le même acteur que dans  In the Mood for LoveTony Leung Chiu-wai qui joue cette fois le rôle de Chow, un écrivain de science-fiction en mal d’inspiration qui s’évade dans le livre qu’il tente de finir dans un lieu imaginaire, 2046, dont on ne revient jamais. Chow se souvient des femmes qui ont traversé son existence solitaire. 2046 est aussi le numéro de la chambre où il avait l’habitude de rencontrer Su Li-zhen, la seule femme qu’il ait sans doute aimée (interprétée par Maggie Cheung et Gong Li), en 1962 à Hong Kong. Quelques années plus tard, fin 1966, il s’installe dans la chambre 2047 et observe ce qui se passe à côté… Le réalisateur hongkongais Wong Kar-Wai était réputé pour ses hésitations au moment des tournages qui mettaient à rude épreuve les nerfs de ces acteurs. Au cours du tournage de 2046, l’actrice Maggie Cheung se brouillera de manière définitive avec son mentor qui en représailles coupera au montage la plupart des scènes où elle apparaîssait.


Au-dessus des nuages

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élévation

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Home, sweet home : le retour aux forêts

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Vivez parmi les arbres…  Hironaka Ogawa & Associates, 2010

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Hironaka Ogawa

arbre-à-singes    La décision de l’architecte Hironaka Ogawa d’intégrer des arbres à l’intérieur de l’espace de la maison est née d’une discussion avec son client au cours de laquelle celui-ci lui avait raconté qu’il avait l’habitude, enfant, de grimper dans les arbres pour y rester un long moment et qu’il éprouvait pour cette époque une profonde nostalgie.

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Japon : l’esprit malin du renard à neuf queues

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      Le renard à neuf queues, ou kumiho, est une créature qui apparaît dans les contes oraux et les légendes de la Corée. On le trouve également au Japon sous le nom de kyūbi no kitsune ou simplement kyūbi) et en Chine sous le nom de jiu wei hu. En prenant de l’âge, les renards étaient censés acquérir de grands pouvoirs dont celui de contrôler les personnes, créer des illusions et se métamorphoser, apparaître dans les rêves et lire dans les pensées. On pensait au Japon que les renards gagnaient en puissance en vieillissant et gagnaient une queue de plus par siècle, les kyūbi étaient ceux qui avaient atteint les 1.000 années.   À la différence de ses formes « simples » (kitsuné au Japon ou femme-renarde), qui sont parfois considérées comme des créatures bienveillantes, le renard à neuf queues est toujours décrit comme un être malfaisant.

Peinture « d’Hokusai » (葛饰北斋) intitulée « Sangoku Yoko-Den » (三国妖狐伝) mettant en scène l’attaque d’un Renard à neuf queues (九尾狐)..png

Peinture d’Hokusai  intitulée « Sangoku Yoko-Den » mettant en scène l’attaque d’un Renard à neuf queues.

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     Aucune relation à priori avec « le chat à neuf queues » nom donné en occident à un instrument de torture qui était un fouet composé d’un manche de bois auquel étaient fixées neuf cordes ou lanières de cuir aux extrémités munies d’un nœud parfois doté d’une griffe métallique. Cet instrument que les britanniques nommaient cat o’nine rails a servi dans leur armée comme sanction disciplinaire jusqu’en 1870.

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articles et sites liés

  • Sur la place du renard dans le folklore japonais, deux articles très complets avec illustrations, Kitsune (狐),  c’est  ICI   et   ICI
  • Un article de ce blog avec illustrations  : Kitsune, l’esprit Renard au Japon, c’est  ICI

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Wabi-Sabi

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Japon - Wabi-Sabi

Qu’est-ce que le Wabi-Sabi ?      c’est  ICI

Japon,  Wabi-Sabi

Japon, Wabi-Sabi

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le photographe britannique Herbert George Ponting (1870-1935) – (I) Photos du mont Fuji (1905)

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Herbert George Ponting (1870-1935)

Herbert George Ponting (1870-1935)

     Né à Salisbury dans le sud de l’Angleterre, Herbert George Ponting débute dans la vie à l’âge de 18 ans en exerçant à Liverpool la profession de son père : banquier. Après quatre années, constatant qu’il n’avait aucune vocation à exercer ce métier et attiré par les mythes de l’Ouest américain, il quitte l’Angleterre pour la Californie où il travaillera dans les mines avant d’acheter un ranch dans les années 1890. C’est en Californie qu’il rencontrera sa femme, Mary Biddle Elliott, avec laquelle il se mariera en 1895 dont il aura une fille Mildred. mais l’exploitation du ranch est un échec et Ponting se reconvertit dans le métier de photographe. Participant à des compétitions, il remportera plusieurs prix et commence à connaître un certain succès avec ses photographies stéréoscopiques. A partir de 1904, répondant à la demande nouvelle de la presse qui commence à imprimer des images photographiques, il débute une activité de reporter freelance en Asie pour des périodiques anglo-saxons couvrant des événements tels que la guerre russo-japonaise et effectuant des reportages en Birmanie, Corée, Indonésie, Chine et Inde. Quatre des plus grands magazines de Londres publieront ses photographies : le Graphic , l’Illustrated London News, le Pearson’s, et le Strand Magazine.
       En 1905, Ogawa K., un éditeur de Tokyo, lui confiera la réalisation d’un recueil de 25 photographies du Fuji San (3.776 m). Le  Fuji San est le nom japonais du volcan que les occidentaux nomment Fuji Yama ce qui est constitue une erreur car Yama signifie déjà  montagne, En fait, san est simplement la lecture sino-japonaise du caractère  (lecture issue du chinois shan), la lecture proprement japonaise (dite aussi yamato) de ce même caractère étant yama. La lecture Fuji-yama de 富士山 est donc une lecture occidentale fautive de ce que les japonais lisent Fuji-san, le mont Fuji.

couverture du livre publié par K. Ogawa, 1905

couverture du livre publié par K. Ogawa, 1905 et préface (en anglais) de Herbert G. Ponding

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Herbert G. Ponting - Fuji, la montagne sacrée du Japon – publication K. Ogawa, 1905

Herbert G. Ponting – Fuji, la montagne sacrée du Japon – publication K. Ogawa, 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Hakone K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Hakone K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Nishi-no-umi - publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Nishi-no-umi – publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Motosu Nishi-no-umi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Motosu Nishi-no-umi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu à travers les pins, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu à travers les pins, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji et le lac Motosu publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji et le lac Motosu publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji vu du lac Kawaguchi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji vu du lac Kawaguchi publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji enneigé en hiver vu du lac Hakone, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji enneigé en hiver vu du lac Hakone, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le

Herbert G. Ponting – le « Kasa Fuji » (le Fuji et son ombrelle), publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji au coucher du soleil, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji au coucher du soleil, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji se mirant dans le lac Shoji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji se mirant dans le lac Shoji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji avec en premier plan la cascade Shira-Ito, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji avec en premier plan la cascade Shira-Ito, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le Fuji à travers les pins du lac Motusu, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le Fuji à travers les pins du lac Motusu, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - sur le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – sur le sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting -le lac Yananaka vu du sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – le lac Yananaka vu du sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting - lever du soleil au sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponting – lever du soleil au sommet du mont Fuji, publié par K. Ogawa en 1905

Herbert G. Ponding - le Fujisan à l'aube - 1905

Herbert G. Ponding – le Fujisan à l’aube – 1905

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Regards croisés : deux photographies anciennes du Fuji San (Fuji Yama)

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Dans le pays de Yamato,
Il est notre trésor, notre dieu tutélaire.
Nos yeux ne se lassent jamais de regarder
Le pic élevé du Mont Fuji

Manyoshu (premier recueil de poésie du Japon, au VIIIe siècle)

Okinawa Soba (Rob) - Two versions of Fuji san publised by K. Ogawa - Herbert Ponting, 190

photo du Fuji San  et du lac Shoji publiée K. Ogawa – photographe Herbert Ponting, 1905.

Okinawa Soba (Rob) - Two versions of Fuji san publised by K. Ogawa - T. Enami, circa 1907 from a stereo view

photo du  Fuji San et du lac Shoji publiée K. Ogawa – vue par stéréogramme par le photographe T. Enami, vers 1907.

     Ces deux photographies prises par deux photographes différents à deux années d’intervalles et selon un cadrage différent représentent la même vue, prise rigoureusement du même endroit, du Fuji San, 3.776 m (Fuji Yama).

       C’est en 1905 que Ogawa K., un éditeur de Tokyo, publie un livre présentant vingt-cinq photos du Fuji San prises par un photographe britannique, Herbert G. Ponting. Si l’édition était de qualité irréprochable et rencontra un grand succès, les japonais critiquaient la manière dont Herbert G. Ponting avait photographié leur montagne sacrée en particulier au niveau du cadrage. Selon eux, seul un japonais avait la faculté de représenter, selon l’esprit et l’âme japonaise, le Fuji San. C’est ainsi que quelques années plus tard, en 1912, Ogawa K. rééditera le même titre mais avec vingt-quatre photos réalisées par trois photographes cette fois japonais dont il faisait partie lui-même. Les deux autres photographes étaientt son ami K. Tamamura et son ancien élève et assistant T. Enami.  

       Le photographe japonais Okinawa Soba qui a comparé le deux éditions regrette que les photographes japonais aient repris pour la plupart de leurs photos (sans doute par la volonté de leur éditeur) les vues initiales choisies par Herbert G. Ponting. Il aurait préféré qu’ils choisissent leurs thèmes en toute liberté. Pour la vue représentée ci-dessus du Fuji San en arrière-plan du lac Shoji, il déclare préférer la version de la photographie réalisée par son compatriote Enami car celui-ci a ménagé dans son cadrage un écart suffisamment important entre le sommet de la montagne et la branche d’arbre qui le coiffe, ce qui permet une meilleure visibilité du Fuji San en le détachant de son décor. Il aurait pu également ajouter que la part plus importante prise par le plan d’eau dans la photographie d’Ennemi (elle occupe 37 % de la hauteur de la photo contre 21% dans la photo de Ponting) a pour effet de mettre en valeur la montagne et que le choix d’un cadrage vertical pour la photo a pour effet d’accentuer le sentiment d’élévation que l’on ressent à la vue de celle-ci.

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  • Pour voir le contenu complet et inédit de l’édition japonaise de 1905, c’est  ICI .
  • Pour voir le contenu complet et inédit de l’édition japonaise de 1912, c’est  ICI .
  • Pour la présentation de vues comparatives des deux éditions sur flickr, c’est ICI  .
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Autres comparaisons de photos entre Herbert G. Ponting et les photographes japonais

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     Ponting n’a pas eu de chance car, au moment de sa prise de vue, e sommet du Fuji était caché par un nuage, la montagne sacrée des japonais n’apparaît ainsi pas dans toute sa splendeur mais en dehors de cette malencontreuse circonstance le photographe japonais Enami me semble avoir fait un meilleur choix que le photographe anglais en privilégiant la représentation verticale du paysage qui a pour effet ramener le Fuji au centre de la photo et de lui conférer de cette manière l’importance qu’il mérite. De la même manière les deux personnages n’apparaissent pas, comme dans la prise de vue de Ponting, « noyés » dans l’horizontalité de l’espace mais voient leur présence renforcée. Enfin, le fait de présenter la photo en mode verticale permet d’affirmer l’axe vertical de symétrie qui relie le sommet du Fuji au personnage qui se tient debout sur l’embarcation, effet accentué par le reflet de celui-ci dans l’eau du lac. On remarquera aussi que la structure verticale de l’eau donne plus d’importance à l’étendue d’eau sur laquelle le mont Fuji semble flotter, en équilibre entre l’eau et le ciel.
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       Peu de différence entre les deux photographies. Il semble que Enami a bénéficié d’une meilleure luminosité qui a permis d’accentuer le conteste entre la côte et la surface du lac. On remarquera problème récurrent chez Ponting de « coller » le sommet de la montagne au bord supérieur de la photo qui nuit à sa mise en valeur.
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     Photos également très semblables mais toujours le problème du « collage » du sommet de la montagne au bord supérieur du cadre. On a l’impression que Ponting cherche à « remplir » au maximum le cadre de sa photo. 
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     Une nouvelle fois le choix de la présentation verticale de la photo nous semble judicieux. Enami a eu raison de rapprocher les deux personnages et de les placer au centre de la composition. Peut-être aurait-il du donner un peu moins d’importance au premier plan rocheux qui emplit presque la moitié de la photon au détriment du paysage et du ciel qui le domine.

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meraviglia

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La quête du sourire

Kozaburo Tamamura (Okinawa) - jeune garçon mangeant une pastèque, 1900

Kozaburo Tamamura (Okinawa) – jeune garçon mangeant une pastèque, vers 1900

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