Yesterday… Mm mm mm mm mm mm mm…


Marianne, so long, so long…

Yesterday, auteurs-compositeurs : John Lennon et Paul McCartney,
interprété ici en 1965 par Marianne Faithfull

     La délicieuse et d’apparence fragile Marianne Faithfull, à la voix envoutante, au regard pur et visage d’ange dont tous les garçons de l’époque étaient amoureux, la Françoise Hardy anglaise, projetée à l’âge de 17 ans avec la chanson As Tears Go By dans le monde déjanté du rock britannique dans le sillage des Rolling Stones et qui s’adonnera avec insouciance et sans retenue aux délices et aux tourments des Paradis artificiels était une victime sacrificielle toute désignée pour démontrer à la société bien-pensante de cette époque les risques  encourus par ceux qui voulaient vivre leur vie en toute liberté en marge de la morale et des préjugés. En 1965, année de son interprétation de cette chanson qu’elle chante l’air absent, elle a 18 ans et elle vient d’épouser l’artiste et directeur de galerie d’art John Dunbar avec qui elle aura un enfant mais dont elle se séparera rapidement pour s’installer avec son fils chez Brian Jones, le guitariste des Rolling Stones chez lequel elle va s’initier à la drogue. Suivra une liaison de plusieurs années avec Mick Jagger et une dépendance à l’héroïne qui lui fera côtoyer la mort de près à l’occasion de plusieurs overdoses. Cette période des Sixties va se terminer tragiquement par la mort de Brian Jones lui aussi accro à la drogue et dépressif, retrouvé après sa rupture avec le groupe noyé dans sa piscine en juillet 1969.

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Les frères Van Eyck - l'agneau mystique (détail), 1432Les frères Van Eyck –  l’agneau mystique (détail), 1432

« Yesterday »

Yesterday all my troubles seemed so far away.
Now it looks as though they’re here to stay.
Oh, I believe in yesterday.
Suddenly I’m not half the man I used to be.
There’s a shadow hanging over me.
Oh, yesterday came suddenly.
Why she had to go, I don’t know, she wouldn’t say.
I said something wrong, now I long for yesterday.
Yesterday love was such an easy game to play.
Now I need a place to hide away.
Oh, I believe in yesterday.
Why she had to go, I don’t know, she wouldn’t say.
I said something wrong, now I long for yesterday.
Yesterday love was such an easy game to play.
Now I need a place to hide away.
Oh, I believe in yesterday.
Mm mm mm mm mm mm mm
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La photo improbable au canapé

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Année 1967 : Alain Delon, Marianne Faithfull et Mick Jagger qui boude dans son coin en attendant que ça passe, embarrassé qu’il est après s’être aperçu qu’il avait enfilé des chaussettes dépareillées. Près de quatre décennies plus tard, en 2002, dans sa chanson Song for Nico, elle traitera pourtant Alain Delon  de «con» (« And where she wants to go and will Delon be still a cunt ») en référence à sa relation avec Nico, la future égérie du Velvet Underground new-yorkais, avec laquelle il aurait eu un fils, Ari, en 1962 mais qu’il aurait refusé de reconnaître.

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Mes pérégrinations avec Lucy dans le temps et l’espace

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Lucy in the Sky with Diamonds

     Malgré une longue période de ma vie au cours de laquelle j’ai pratiqué l’alpinisme, j’ai toujours souffert de vertige et je fais parfois de mauvais rêves dans desquels je cours le risque de tomber dans le vide…    Quel rapport avec Lucy, me direz-vous ?     Eh bien, lisez, et vous verrez !

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Cellophane flowers of yellow and green
Towering over your head.
Look for the girl with the sun in her eyes
And she’s gone.
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Lucy in the sky with diamonds
Lucy in the sky with diamonds
Lucy in the sky with diamonds, ah, ah
 

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John Lennon, Yoko Ono et Julian,  le fils de John et de sa première épouse, Cynthia Powell, en 1967

Au commencement était Lucy O’Donnell, la copine de classe…

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     Nous nous souvenons tous de Lucy in the Sky with Diamonds, la célèbre chanson des Beatles de la fin des années soixante qui faisait fantasmer leur fans car ils voyaient dans les initiales du titre une référence à la drogue de synthèse qui sévissait au même moment, le L.S.D. Les autorités britanniques devaient être en proie au même fantasme puisque la chanson fut, dés sa publication au printemps 1967, interdite d’antenne sur les ondes de la B.B.C. L’histoire de la création de la chanson serait plus prosaïque et due au fils de John Lennon, Julian, alors âgé de 4 ans, qui serait revenu de l’école avec un dessin qu’il offrit à son père. Celui-ci lui ayant demandé ce qu’il représentait s’entendit répondre par Julian : « C’est ma copine Lucy, dans le ciel, avec des diamants ».

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Les découvreurs de Lucy en 1974

Arriva par hasard, notre très lointaine arrière-cousine Lucy, alias AL 288-1, la « merveilleuse »

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         Le hasard a voulu que sept années plus tard, en 1974, une équipe de paléontologues composée des français Yves Coppens et Maurice Taieb, de l’américain Donald Johanson  et d’éthiopiens prospectaient sur les bords de la rivière Awash, dans la dépression de l’Afar, au nord-est de l’Éthiopie. Le 24 novembre, Donald Johanson et l’un de ses étudiants, Tom Gray, découvrent un premier fragment de fossile sur le versant d’un ravin. Il sera suivi d’une quarantaine d’autres qui permettront de reconstituer une partie significative du squelette d’un australopithèque de sexe féminin ayant vécu il y a 3,2 millions d’années qui sera baptisé plus tard en 1978 Australopithecus afarensis. Répertoriée tout d’abord au moment de la découverte sous le nom peu sexy de code AL 288-1, la jeune femme (elle devait être âgée d’environ 25 ans au moment de sa mort) fut dans second temps prénommée Lucy, car les chercheurs écoutaient la chanson des Beatles le soir sous la tente lorsqu’ils analysaient les ossements. Les Éthiopiens, quant à eux, ont préféré l’appeler Dinqnesh qui signifie « tu es merveilleuse » en amharique.

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Espèces de la lignée des Hominines

Histoire évolutive des homininés

     L’histoire évolutive des homininés est le processus évolutif conduisant à l’apparition des humains anatomiquement modernes. Elle est centrée sur l’histoire évolutive des primates – en particulier le genreHomo, et l’émergence de l’Homo sapiens en tant qu’espèce distincte des hominidés (ou «grands singes») – sans étudier l’histoire antérieure qui a conduit aux primates. L’étude de l’évolution humaine fait intervenir de nombreuses disciplines scientifiques : l’anthropologie physique, la primatologie comparée, l’archéologie, la paléontologie, l’éthologie, la linguistique, la psychologie évolutionniste, l’embryologie et la génétique.
     Les études génétiques montrent que les primates ont divergé des autres mammifères il y a 85 millions d’années environ, au Crétacé supérieur, leurs premiers fossiles apparaissent au Paléocène, il y a environ 55 Ma.
     La famille des Hominidés a divergé de la famille des Hylobatidae (gibbon), il y a quelques 15 à 20 millions d’années, et de la sous-famille Ponginae(Orang-outan) il y a 14 Ma années environ.
     La bipédie est l’adaptation première de la ligne d’Hominini. Le premier hominidé bipède semble être soit Sahelanthropus tchadensis, soit Orrorin tugenensis. Mais, Sahelanthropus ou Orrorin peuvent plutôt être le dernier ancêtre commun entre les chimpanzés et les humains.
      Le premier membre documenté du genre Homo est l’Homo habilis qui a évolué il y a environ 2,8 millions d’années. Il est sans doute la première espèce pour laquelle il existe des preuves de l’utilisation d’outils de pierre.   (biddo.over-blog.com, févr.2016)

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Lucy, une cousine éloignée d’une lignée éteinte

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   L’étude anatomique de cette hominidée a montré qu’elle était bipède mais de manière non permanente et qu’elle montrait une attitude à vivre autant dans les arbres que sur la terre ferme de la savane arborée qui constituait alors le milieu écologique du terrain où ses ossements ont été retrouvés. Elle ne fait pas partie de nos ancêtres en ligne directe mais serait plutôt une cousine éloignée   dont la lignée aurait par la suite été interrompue. Elle constitue néanmoins un exemple du chaînon manquant qui dans l’évolution  de l’homme sépare les hominidés (ou «grands singes») qui vivaient à l’origine exclusivement dans les arbres il y a plus de 7 millions d’années de notre ancêtre direct, l’Homo habilis, qui a vécu il y a approximativement 2,5 à 1,5 millions d’années en Afrique orientale et australe et qui se distinguait du groupe des australopithèques dont faisait partie Lucy par une parfaite maîtrise de la bipèdie qu’il utilisait de manière permanente, une capacité crânienne plus développée (entre 600 et 800 cm3 contre 550 cm3), une taille un plus importante et surtout l’utilisation d’outils évolués.

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Quand l’homme descend du singe et le demi-singe tombe de l’arbre…

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        Entre 2007 et 2013, Lucy va faire du tourisme et visiter les Etats-Unis. Plusieurs grands musées américains ont en effet payé une petite fortune aux Ethiopiens pour qu’ils leur permettent d’exposer un temps les précieux fossiles. Ce sera l’occasion pour Richard Ketcham, un professeur de géologie à l’université du Texas à Austin de scanner les os de l’australopithèque et de détecter toute une série de petites fractures. Selon son compatriote John Kappelman, un anthropologue qui s’est appuyé sur l’expertise d’un chirurgien orthopédiste, le type de fracture détecté serait celui d’une « fracture de compression qui se produit quand la main touche le sol après une chute, ce qui projette les éléments de l’épaule les uns contre les autres et produit ce type de signature unique sur l’humérus» et d’avançer l’hypothèse que Lucy serait tombée d’une hauteur d’au moins 12 m, à une vitesse approchant 60 km/h. Ses pieds auraient touchés le sol les premiers, la projetant vers l’avant. Sa blessure à l’humérus montre aussi qu’elle devait être consciente durant sa chute et tenté de se protéger en mettant ses bras vers l’avant.
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         Cette version apporte de l’eau au moulin d’Yves Coppens qui a toujours défendu, contre l’avis de certains de ses confrères américains, lidée que Lucy combinait à la fois la bipédie avec un comportement arboricole, ce qui aurait été la cause de sa chute : «Elle marchait moins bien que ceux qui lui ont succédé et devait grimper moins bien que ceux qui la précédaient, et c’est malheureusement peut-être à cause de cela qu’elle est tombée». Néanmoins son confrère Maurice Taieb, l’un des découvreurs de Lucy s’inscrit en faux contre cette hypothèse faisant référence au fait que des os de buffles, chevaux et rhinocéros présents sur le site présentent les mêmes fractures; il déclare que «Si on suivait Kapperman, ces animaux se seraient également tués en tombant d’un arbre…»

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La peur de la chute selon Jack London : une peur primitive qui remonterait aux premiers âges de l’humanité

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    Quelque soit les raisons qui ont causées la mort de Lucy, nous devons admettre que la peur de la chute fait partie des angoisses fondamentales de l’homme. Dans L’Air et les Songes, le philosophe Gaston Bachelard précise que la peur de tomber possède une dimension de type anthropologique car c’est une peur primitive que l’on retrouve comme composante de peurs très variées comme la peur de l’obscurité, l’agoraphobie et la peur que l’on éprouve dans nos rêves de tomber dans de profonds abîmes. Gaston Bachelard cite à ce propos Jack London pour qui le drame de la chute onirique constitue «un souvenir de race» qui remonterait aux temps anciens où nos lointains ancêtres vivaient et dormaient dans les arbres et risquaient à tout moment de chuter dans le vide.

      Dans son essai « Avant Adam » paru en 1917, nous avons retrouvé ce texte dans lequel Jack London relate ses cauchemars d’enfants et les terreurs nocturnes de chutes qui les accompagnaient.

« Ceux-ci sont nos ancêtres, et leur histoire est la nôtre. Aussi sûrement qu’un jour, en nous balançant aux branches des arbres, nous sommes descendus sur le sol pour y marcher dans la position verticale, aussi sûrement, à une époque plus reculée encore, nous nous sommes évadés de la mer en rampant, afin de nous risquer une première fois sur la terre ferme. »

Jack London. (Correspondance de Kempton-Wace.)

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    Jack London (1876-1916)
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Mes chutes (Extrait)     

     J’ai déjà dit que, dans mes rêves, je ne voyais jamais d’êtres humains. De bonne heure, je me rendis compte de ce fait et j’en éprouvai une poignante déception. Encore tout enfant, j’avais l’impression, au sein de mes affreux cauchemars, que si je pouvais seulement y rencontrer un seul de mes semblables, je serais délivré de ces terreurs obsédantes. Cette pensée hanta mes nuits pendant des années : si seulement je pouvais trouver cet être humain, je serais sauvé !
     Cette pensée, je le répète, me poursuivait au sein même de mes rêves, car j’y découvre la preuve de l’existence simultanée de mes deux personnalités, et l’évidence d’un point de contact entre elles. Le « moi » que je retrouve dans mes rêves existait aux temps reculés, bien avant l’apparition de l’homme vivant à l’époque actuelle ; tandis que mon autre « moi », avec sa science acquise de la vie humaine, projette ses lumières sur la substance même de mes songes.

     La signification et la cause originelle de mes rêves me furent révélées seulement lorsque, devenu étudiant, je suivais les cours du collège. Jusque-là ils demeuraient dénués de sens et de cause apparente. Mais à l’Université on m’enseigna les lois de l’évolution et la psychologie et j’eus enfin l’explication de certains états mentaux tout à fait bizarres. Par exemple, une chute à travers l’espace, rêve assez commun et que tous connaissent par expérience personnelle.
     Mon professeur m’apprit que c’était là un souvenir de race, remontant à nos ancêtres primitifs qui vivaient dans les arbres. Pour eux, la possibilité de la chute restait une menace continuelle… Nombre d’entre eux perdaient la vie de cette façon, et tous firent des chutes terribles, échappant à la mort en s’agrippant aux branches tandis qu’ils dégringolaient vers le sol.
    Or, une telle chute, si elle n’était point mortelle, produisait des troubles organiques très graves et déterminait des modifications moléculaires dans les cellules du cerveau ; ces modifications se transmettaient aux cellules cérébrales procréatrices et constituaient des souvenirs raciaux. Aussi, lorsque vous et moi, endormis ou assoupis, tombons dans le vide pour reprendre conscience avec une espèce de nausée juste avant de toucher le sol, nous revivons simplement les sensations éprouvées par nos ancêtres arboricoles, gravées par des transformations cérébrales dans les souvenirs héréditaires de la race.

    Tous ces phénomènes ne sont, en somme, pas plus explicables que l’instinct. L’instinct n’est qu’une habitude tissée dans la trame de notre hérédité. Remarquons, en passant, que dans ce rêve de la chute si familière à vous, à moi et à tous les humains, jamais nous n’atteignons le sol. Atteindre le sol équivaudrait à la mort, et ceux de nos ancêtres arboricoles qui allèrent jusqu’au bout de la chute, périrent sur le coup. La secousse du choc se communiquait, il est vrai, à leurs cellules cérébrales, mais ils succombaient immédiatement, sans avoir le temps de procréer. Vous et moi sommes les descendants des privilégiés qui ne s’écrasèrent pas à terre : voilà pourquoi nous nous arrêtons toujours à mi-chemin.

     Nous en arrivons maintenant à la dissociation de notre personnalité. À l’état de veille, nous n’éprouvons jamais cette sensation de chute. Notre personnalité de veille l’ignore totalement. Donc — et cet argument est de poids — la personnalité tout à fait distincte qui tombe quand nous dormons connaît cette culbute dans le vide pour l’avoir jadis expérimentée et conservée en son souvenir, tout comme notre personnalité de veille enregistre, dans notre mémoire, les événements de notre existence quotidienne.

     Arrivé à ce point de mon raisonnement, je commençai de voir clair. Soudain la lumière m’éblouit, et je compris avec une étonnante clarté tout ce qui, jusque-là, demeurait pour moi inexplicable et contraire aux lois naturelles. Pendant mon sommeil, ce n’était pas ma personnalité de veille qui prenait soin de moi, mais une autre personnalité, possédant une science tout à fait différente et en rapport avec les phénomènes d’une vie totalement dissemblable.
    Quelle était cette personnalité ? Quand avait-elle existé ici-bas pour y avoir recueilli cette série d’expériences bizarres ? Mes rêves eux-mêmes répondent à cette question. Elle vivait dans les temps préhistoriques, au cours de cette période que nous appelons le Pléistocène moyen. Elle dégringola des arbres sans toutefois s’écraser sur le sol. Elle poussa des cris de terreur en entendant le rugissement du lion. Elle fut poursuivie par les fauves et mordue par les reptiles au venin mortel. Elle jacassa avec ses semblables dans les réunions, et dut fuir devant les Hommes du Feu, qui la maltraitaient.

    (…) ces détails demeurèrent embrouillés jusqu’au moment où me fut révélée la théorie de l’évolution. L’évolution était la clef de mes songes. Elle me fournit l’explication des divagations de mon cerveau atavique qui, moderne et normal, subissait l’influence d’un passé remontant aux premiers vagissements de l’humanité.
     Car, dans ce passé que je connais bien, l’homme n’existait pas tel que nous le voyons aujourd’hui. J’ai dû vivre la période de sa formation.

Jack London, Avant Adam (Les demi-hommes), 1907 – chap. Mes Chutes (Extraits), pp.10-15 – traduction de Louis Postif .

     Ainsi, si l’hypothèse de Richard Ketcham et John Kappelman de la chute de Lucy se trouvait confirmée, celle-ci aurait été victime de la maladresse ou de son manque d’attention durant sa période de sommeil, tous deux résultant de sa moindre expérience de la survie en milieu arboricole. Depuis l’adoption de la bipédie, les australopithèques passaient de moins en moins de temps dans les arbres et devaient les rejoindre la nuit pour se protéger des prédateurs de la savane. Ce n’est que beaucoup plus tard que grâce à l’utilisation d’outils qui deviennent des armes défensives, du feu qu’ils parvinrent à domestiquer et du développement des capacités de leur cerveau que nos ancêtres purent vivre en sécurité à découvert dans la savane. En attendant ce saut qualitatif, les différentes lignées résultant de l’évolution des hominidae ont du connaître de longues périodes d’incertitude et d’inadaptation à leur milieu au cours desquelles la plupart d’entre elles s’éteignirent. Jack London a ainsi émis l’hypothèse, dés 1907 et cela quelques années avant Jung, que les événements qui ont fondés ou régis historiquement l’évolution humaine peuvent s’inscrire dans l’inconscient humain et susciter dans les générations futures l’apparition d’images ou de sensations primordiales qui conditionnent encore aujourd’hui leurs actions et réactions.

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Article lié

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Lucy in the Sky with Diamonds – Les Beatles, 1967

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capture-decran-2016-12-03-a-17-10-51         Au fait… Lucy O’Donnell, la petite fille à l’origine du titre de la chanson des Beatles, alors âgée de 3 ans qui était en 1966 dans la même classe que Julian le fils de John Lennon et qui avait été représentée par celui-ci dans le ciel parmi des diamants dans le dessin offert à son père n’a pas eu de chance, elle est décédée d’un lupus le 22 septembre 2009 à l’âge de 46 ans.

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