Redemption Song


Capture d’écran 2019-10-18 à 01.58.00

Redemption Song de Bob Marley

    C’est en 1979 que Bob Marley écrit la chanson Redemption Song qui raconte l’histoire d’une personne enlevée et soumise à l’esclavage qui se bat pour sa liberté physique et mentale. Urprising, l’album dans lequel s’intègre cette chanson est sorti l’année suivante ne doit rien au hasard, le musicien venait d’apprendre que son cancer de l’orteil était devenu incurable et était confronté à la souffrance et à la perspective de sa mort. Redemption Song qui dans le dernier album qu’il a réalisé avec son groupe les Wailers occupe la dernière piste et qu’il a souhaité interpréter en solo à la guitare est en quelque sorte sa chanson testament.

Old pirates, yes, they rob I ;
Sold I to the merchant ships,
Minutes after they took I
From the bottomless pit.
But my hand was made strong

By the ‘and of the Almighty.
We forward in this generation
Triumphantly.
Won’t you help to sing
These songs of freedom ? –
‘Cause all I ever have :
Redemption songs ;
Redemption songs.

Emancipate yourselves from mental slavery ;
None but ourselves can free our minds.
Have no fear for atomic energy,
‘Cause none of them can stop the time.
How long shall they kill our prophets,
While we stand aside and look? Ooh !
Some say it’s just a part of it :
We’ve got to fullfil the book.

Won’t you help to sing
These songs of freedom? –
‘Cause all I ever have :
Redemption songs ;
Redemption songs ;
Redemption songs.

Emancipate yourselves from mental slavery ;
None but ourselves can free our mind.
Wo! Have no fear for atomic energy,
‘Cause none of them-a can-a stop-a the time.
How long shall they kill our prophets,
While we stand aside and look ?
Yes, some say it’s just a part of it 
We’ve got to fullfil the book.
Won’t you help to sing

These songs of freedom ? –
‘Cause all I ever had :
Redemption songs –
All I ever had :
Redemption songs :
These songs of freedom,
Songs of freedom.


Marcus Mosiah Garvey, chantre du panafricanisme

marcus-garvey-1

   On s’accorde à penser que le thème et les paroles de cette chanson ont  été inspirés par le combat du militant noir Marcus Mosiah Garvey (1887-1940), fondateur en 1914 de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA), précurseur du panafricanisme, qui a cherché à valoriser la spécificité d’être noir et milité pour le retour des descendants des anciens esclaves en Afrique. Dans l’une de ses allocutions, il déclarera : « Nous allons nous affranchir de l’esclavage mental, car tandis que d’autres pourraient nous libérer de corps, nous seuls sommes en mesure de nous libérer d’esprit. Votre esprit seul, et souverain, peut vous dicter la marche à suivre. Quiconque ne parvient pas à développer et utiliser son esprit est condamné à être l’esclave d’autrui, qui lui utilise son esprit, parce que l’homme est lié à l’homme en toutes circonstances, pour le meilleur et pour le pire. Si l’un ne parvient pas à se protéger de l’autre, l’un doit se servir de son esprit à bon escient. ». Ce n’est pas par hasard que dans sa chanson,  Bob Marley  qui s’était converti au rastafisme, religion née des théories et de l’action de Marcus Mosiah Garvey, qui connaissait bien ce prédicateur qu’il citait fréquemment, a repris dans sa chanson certaines phrases de ce discours : « Emancipate yourselves from mental slavery / None but ourselves can free our minds ». ( Libérons-nous de l’esclavage mental / Nous seuls pouvons nous libérer l’esprit.)


Capture d’écran 2019-10-18 à 03.25.55.pngJohnny Cash et Joe Strummer

La version de Johnny Cash & Joe Strummer de Redemption Song

    C’est dans des circonstances de vie ou plutôt de « fins de vie » identiques que Johnny Cash et Joe Strummer décident d’enregistrer en duo en 2002 une reprise de la chanson épitaphe de Bob Marley. Les deux hommes ont également de sérieux problèmes de santé et n’ont que peu de temps à vivre. Strummer partira le premier en décembre 2002 et Cash, neuf mois plus tard en septembre 2003.

Joe Strummer et The Mescaleros

   Joe Strummer avait également interprété cette chanson accompagné par le groupe punk The Mescaleros. Le titre paraîtra en 2003 soit après  la morts du chanteur dans l’album  Streetcore de The Mescaleros.

      Je reproduis pour ces deux versions les paroles de la chanson de Bob Marley, un peu différentes du titre initial.

Old pirates, yes they rob I, sold I to the merchant ships
Minutes after they took I from the bottomless pit
But my hand was made strong by the hand of the almighty
We forward in this generation triumphantly

Won’t you help to sing
These songs of freedom
‘Cause all I ever had
Redemption songs
Redemption songs

Emancipate yourselves from mental slavery, none but ourselves can free our minds
Have no fear for atomic energy ’cause none of them can stop the time
How long shall they kill our prophets while we stand aside and look
Some say it’s just a part of it, we’ve got to fulfill the book

So won’t you help to sing
These songs of freedom
‘Cause all I ever had
Redemption songs
Redemption songs
Redemption songs

Old pirates yes they rob I, sold I to the merchant ships
Minutes after they took I from the bottomless pit
How long shall they kill our prophets while we stand aside and look
Some say it’s just a part of it, we’ve got to fulfill the book

So won’t you help to sing
These songs of freedom
‘Cause all I ever had
These songs of freedom
‘Cause all I ever had
Redemption songs
These songs of freedom
These songs of freedom


Capture d’écran 2019-10-18 à 03.41.04.png

l’interprétation de Macy Grey

       Je remercie Caiçara de m’avoir fait connaître par son blog (c’est ICI), moi qui passait par là, cette version magnifique de Redemption Song, l’une des plus réussie que j’ai entendu, par la chanteuse américaine de soul Macy Grey dont la voix cassée envoutante « colle » parfaitement avec la mélodie et le texte de cette chanson.

      Aux dernières nouvelles, Macy Grey est en parfaite santé et déborde d’activité et de projets, et c’est tant mieux…


Yippie yi yaaaaay… Yippie yi Ohhhhh…

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Johnny Cash – (Ghost) Riders in the Sky

Johnny Cash

Johnny Cash (1932-2003)

« Si je m’habille en noir, c’est pour les pauvres et les laissés-pour-compte. (…) J’arrêterai de porter du noir quand ils inventeront une couleur plus sombre. »

Fêlures

    Ah ! quelle plaisir d’entendre la voix puissante et caverneuse tout à la fois empreinte de gravité et de douceur de Johnny Cash avec ses basses si profondes qu’elles provoquent en nous comme un ébranlement intérieur, une émotion pleine d’empathie pour celui que l’on surnommait  «l’homme en noir». À la fin de sa vie, sa voix était à l’image de son visage, marquée par les stigmates du mal-de-vivre. Cash a évolué durant toute sa vie  au plus près du vide en chantant le mal-être, le désespoir, la dépendance aux paradis artificiels mais aussi l’amour et l’espoir de la rédemption. Pour être dans le ton du personnage, un de ses fans à l’humour noir, entomologiste de son état, a trouvé amusant de l’immortaliser en donnant son nom à une nouvelle espèce de tarentule, Aphonopelma johnnycashi, à la livrée entièrement noire. Je ne suis pas sûr que l’homme en noir urait apprécié… il est intéressant de constater à l’écoute de cette chanson que le folklore des cow-boys d’Amérique rejoint parfois l’ancien fond des légendes celtiques et germaniques de la vieille Europe. La chevauchée fantastique des chevaux de l’Enfer décrite dans la chanson de Johnny Cash fait penser à la Menée Hellequin, cette horde d’esprits fantastiques et de chasseurs maudits que certaines nuits, au Moyen Âge, on croyait entendre chevaucher  dans les bois et les champs, accompagnée d’une meute de chiens hurlants.

Enki sigle

« (Ghost) Riders In The Sky »

An old cowboy went riding out one dark and windy day
Upon a ridge he rested as he went along his way
When all at once a mighty herd of red eyed cows he saw
A-plowing through the ragged sky and up the cloudy draw

Their brands were still on fire and their hooves were made of steel
Their horns were black and shiny and their hot breath he could feel
A bolt of fear went through him as they thundered through the sky
For he saw the Riders coming hard and he heard their mournful cry

Yippie yi yaaaaay
Ghost Riders in the sky

He’s riding hard to catch that herd, but he ain’t caught ’em yet
Cause they’ve got to ride forever on that range up in the sky
On horses snorting fire
As they ride on hear their cry

As the riders loped on by him he heard one call his name
If you want to save your soul from Hell a-riding on our range
Then cowboy change your ways today or with us you will ride
Trying to catch the Devil’s herd, across these endless skies

Yippie yi Ohhhhh
Yippie yi Yaaaaay
Ghost Riders in the sky
Ghost Riders in the sky
Ghost Riders in the sky

Hellequin-Lettrine°°°

Hellequin, le chasseur maudit. (Lettrine du chapitre  
sur les chasses fantastiques, dans la Normandie romanesque 
et merveilleuse d’Amélie Bosquet, 1845).

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

article lié

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––