Illustres illustrateurs : lunes à la une


Gustaf Fjæstad - Moonlight over the Racken
Gustaf Fjæstad (peintre suédois 1868-1948) – Moonlight over the Racken

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Ken Faulks (peintre canadien né en 1964) – Full moon

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Tom Thomson (peintre canadien proche du Groupe des Sept 1877-1917)
Hot Summer Moonlight, 1915

Tom Thomson (1877-1917) - Moonlight, 1915.png
Tom Thomson (peintre canadien 1877-1917) – Moonlight, 1915

Karl Schmidt-Rottluff -  Mond über der Küste, 1956.jpg
Karl Schmidt-Rottluff (peintre expressionniste allemand 1884-1976)
Mond über der Küste, 1956


Regards croisés – on a marché sur la lune


      « Labor omnia vincit » : En 1902, George Méliès réalise l’un des premiers film de science-fiction « Le Voyage dans la lune » avec une mise en scène burlesque – Extrait du film original sans son ajouté. Depuis, une version remasterisée et colorée a été réalisée.

      Vingt sept années plus tard, en 1929, le dernier film muet de Fritz Lang « Frau im Mond » adapté du roman de son épouse Thea von Harbou Une femme dans la Lune montre également mais de manière plus réaliste les premiers pas de l’homme sur la lune.
     Le très beau fond musical utilisé dans la video est de Elizabeth Bernholz (née Elizabeth Walling) alias Gazelle Twin  depuis 2009, une artiste britannique adepte de la dark pop, des sons électroniques et du surréalisme.

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      Soixante-sept  années après le film de George Méliès, le 20 juillet 1969 :  Neil Armstrong est le premier homme à avoir posé réellement son pied sur le sol lunaire, il déclare « C’est un petit pas pour un homme, un pas de géant pour l’humanité »


la nuit fait de la résistance

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l’aube naissante

Capture d’écran 2016-07-31 à 19.16.53

30 juillet 2016, 5h 32 – photo Enki

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lac d’Annecy, ces derniers jours… (photos Enki)

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photo Enki (IMG_9941)

une pépite luit au fond du fleuve

Aurore - photo Enki (IMG_0060)

Aurore

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Poésie chinoise : trois poèmes de Li-Taï-Po (643-706)

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Li-Po

Li Taï-Po (643-706)

     Li Bai, ou Li Po, ou Li Taï-Po, ou Li Tai-Bai est l’un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang. Sa poésie se caractérise par sa spontanéité et porte la marque du taoïsme, mêlant rêve et réalité. Outre les thèmes taoïstes, ses poèmes traitent de l’alcool, des femmes et de la nature sauvage. Il a laissé plus de mille poèmes.

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The Drunken Li Bai

Croyez-moi

Impatient de devenir un pur esprit,
le bouddhiste Song-Tsè
a édifié un bûcher sur le mont Kin-hoa
et s’est brûlé vif.

De son vivant, Ngan-Ki a pu atteindre le Pong-laï.
Ces personnages connaissent une félicité parfaite.

Soit ! Mais quel mal ils se sont donné !
Vous pouvez arriver au même résultat
en allant chercher dans votre cave
une bouteille de bon vin.

Li-Taï-Po

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Petite fête intime

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Je prends un flacon de vin
Et je vais le boire parmi les fleurs,
Nous sommes toujours trois,
Comptant mon ombre et mon amie la lune

Heureusement que la lune ne sait pas boire
Et que mon ombre n’a jamais soif 

Quand je chante, la lune m’écoute en silence.
Quand je danse, mon ombre danse aussi.

Après tout festin les convives se séparent.
Je ne connais pas cette tristesse
Lorsque je regagne ma demeure,
La lune m’acompagne et mon ombre me suit.

Li-Taï-Po

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Capture d’écran 2015-07-19 à 17.00.46

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La montagne de la porte céleste

Comme un sabre,
Le fleuve Ts’ou a fendu la montagne
Cette jonque d’or, là-bas, sur le fleuve… Non
C’est la lune qui se lève

Li-Taï-Po (643-706)

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l’arbre prodigieux, un conte d’Henri Gougaud

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photo Joakim Eskilden

L’arbre prodigieux

    Dans un pays aride s’élevait autrefois un arbre prodigieux.

    Sur la plaine, on ne voyait que lui, largement déployé entre les blés et le ciel. Personne ne savait son âge. Des femmes stériles venaient parfois le supplier de les rendre fécondes, les hommes en secret cherchaient auprès de lui des réponses à des questions inexprimables, mais personne jamais ne goûtait à ses fruits. Ils étaient pourtant magnifiques, si luisants et dorés le long de ses deux branches maîtresses qu’ils attiraient les mains et les bouches des enfants ignorants.

    Eux seuls osaient les désirer. On leur apprenait alors l’étrange et vieille vérité. La moitié de ses fruits était empoisonnée. Or tous, bons ou mauvais, étaient d’aspect semblable. Des deux branches ouvertes en haut du tronc énorme, l’une portait la mort, l’autre portait la vie, mais on ne savait laquelle nourrissait et laquelle tuait. Et donc on regardait, mais on ne touchait pas. Vint un été trop chaud, puis un automne sec, puis un hiver glacial.

    La famine envahit le pays. Seul sur la plaine, l’arbre demeura immuable. Aucun de ses fruits n’avait péri. Les gens, voyant ce vieux père miraculeusement rescapé des bourrasques, s’approchèrent de lui, indécis et craintifs. Ils se dirent qu’il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s’ils goûtaient aux merveilles dorées qui luisaient parmi les feuilles, et la certitude de mourir de faim, s’ils n’y goûtaient pas.

    Comme ils se laissaient aller en discussions confuses, un homme dont le fils ne vivait plus qu’à peine osa soudain s’avancer. Sous la branche de droite il cueillit un fruit, le croqua et resta debout, le souffle bienheureux. Alors tous à sa suite se bousculèrent et se gorgèrent des fruits sains de la branche de droite qui repoussèrent aussitôt, à peine cueillis, parmi les verdures bruissantes.

   Les hommes s’en réjouirent infiniment. Huit jours durant ils festoyèrent, riant de leurs effrois passés. Ils savaient désormais où étaient les rejetons malfaisants de cet arbre : sur la branche de gauche.

   Leur vint une rancune haineuse. À cause de la peur qu’ils avaient eu d’elle, ils avaient failli mourir de faim. Ils la jugèrent bientôt aussi inutile que dangereuse. Un enfant étourdi pouvait un jour se prendre à ses fruits mortels que rien ne distinguait des bons. Ils décidèrent donc de la couper au ras du tronc, ce qu’ils firent avec une joie vengeresse.

   Le lendemain tous les bons fruits de la branche de droite étaient tombés et pourrissaient dans la poussière. L’arbre amputé de sa moitié mauvaise n’offrait plus au grand soleil qu’un feuillage racorni. Son écorce avait noirci.

   Les oiseaux l’avaient fui. Il était mort.

   Henri Gougaud

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