Mes Deux-Siciles : le portrait de Rosaria Schifani par la photographe antimafia Letizia Battaglia (I)

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Rosaria Schifani - photo de Letizia Battaglia, Palerme 1993

Rosaria Schifani, Palerme 1993

Cette photo magistrale réalisée en 1993 par la photographe Letizia Battaglia est celle de Rosaria Schifani, la jeune veuve de l’agent Vito Schifani, assassiné le 23 mai 1982 par la Mafia sicilienne en même temps que le juge Giovanni Falcone, membre du « pool » antimafia de Palerme, son épouse et deux autres gardes du corps.

attentat de Capaci en 1983

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Giovanni Falcone

Giovanni Falcone

   Le 23 mai 1992, trois voitures roulent à vive allure sur l’autoroute qui relie l’aéroprt de Punta Raisi à Palerme. Dans la première voiture qui ouvre la marche, trois agents de la sécurité publique, gardes du corps du juge Giovanni Falcone, membre du « Pool » antimafia de Palerme. Le conducteur est un jeune agent de 27 ans, Vito Schiffani, marié, père d’un petit garçon de quelques mois.
    Dans la seconde voiture se trouve le juge Giovanni Falcone et son épouse, Francesca Morvillo, elle même magistrate. A la hauteur du bourg de Capaci, une explosion terrible retentit : cinq quintaux d’explosifs  dissimulés sous la chaussée ont explosés projetant dans les airs à plusieurs dizaines de mètres de distance les deux véhicules de tête. Il n’y aura aucun survivant.

Francesca Morvillo, Vito Schifani, Rocco De Cillo, Antonio Montinaro

autres victimes de l’attentat : Francesca Morvillo, Vito Schifani, Rocco De Cillo, Antonio Montinaro

   Cet attentat succède à une série d’attentas qui ont coûté la vie à plusieurs juges antimafia : les juges Cerare Terranova en 1979 et Rocco Chinnici en 1983, il précède de peu celui qui sera mené à l’encontre de son ami le  juge Paolo Borsellino.
   Les exécutants de l’assassinat seront  arrêtés mais des doutes subsistent sur l’identité réelle des commanditaires et sur l’implication de certains milieux du monde politique et étatique italien de l’époque par l’intermédiaire des services secrets. Giovanni Falcone gênait, il gênait par son efficacité sur le terrain (Maxi-procès de Palerme de 1987) et il gênait une partie de la classe politique italienne qui recherchait un compromis avec la Mafia. A l’époque, le pouvoir politique était en pleine mutation, la Démocratie Chrétienne qui avait gouverné le pays depuis la fin de la guerre s’effondrait au profit d’une nouvelle formation politique, la Forza Italia d’un certain Berlusconi soupçonné par la suite de liens avec la Mafia.

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Le discours de Rosaria Schifani aux obsèques du juge Falcone

Capture d’écran 2013-12-12 à 23.03.26     Il faut visionner absolument la vidéo du discours prononcé par Rosaria Schifani dans l’église  dans la basilique de San Domenico de Palerme lors des obsèques du Juge Falcone ; elle illustre à merveille le blocage culturel et idéologique de la société sicilienne et le rôle ambigu que les instances de l’Etat et de l’Eglise font jouer à la jeune femme qui apparaît alors, comme c’est souvent le cas des femmes en Sicile, tout à la fois victime et résignée parce que gardienne de la tradition.
    D’un côté, la douleur déchirante d’une épouse et d’une mère frappée dans sa chair et anéantie, de l’autre la mise en scène et l’instrumentalisation de cette douleur par le discours convenu qu’on lui fait prononcer face au gratin ecclésiastique, politique et civil italien responsable pour une part, par lâcheté ou compromission, de la tragédie. L’attitude du prêtre présent à ses côtés qui, en bon petit soldat de l’Eglise, contrôle Rosaria en lui dictant parfois son discours, et apparemment indifférent à sa douleur, est insupportable. Il s’agissait, pour l’occasion, que Rosaria soit à sa place et joue son rôle de brave femme sicilienne : celui de la veuve ou de la mère éplorée mais prête, selon les préceptes de l’Eglise, à pardonner pour permettre la grande réconciliation du corps social; mais peut-on réconcilier les loups et les brebis ?

   Un des moments forts de son discours fut quand elle s’adressa aux assassins :     « je veux bien vous pardonner, mais à genoux ! « 

    Ce discours n’était pas le sien, Rosaria a déclaré ensuite qu’il avait été préparé par le prêtre présent auprès d’elle lors de son allocution, membre de la famille de son mari et qui les avait marié quelques années plus tôt : 

« Ce jour-là, l’autel, je l’aurais giflé. Ce pauvre Don Cesare voulait me faire dire ce qu’il voulait, et la lettre avait été préparée  plus par lui que par moi. Je suis d’accord, je suis d’accord avec le pardon, mais nous avons aussi besoin de justice, sinon cela n’a aucun sens. L’agenouillement, est-ce la réponse à la justice ? « 

   A peine deux mois plus tard, lors cette fois des obsèques des gardes du corps du juge Borsellino, eux aussi victimes d’un attentat, elle exprimera sa véritable opinion en interrompant dans un cri l’homélie à son gré trop douce du cardinal Pappalardo :

« Vous devez leur dire d’aller en enfer, qu’ils n’auront pas la vie éternelle. Plutôt qu’un sermon doux, vous devez dire : Messieurs, vous êtes mort, vous continuez à tuer, pour vous il n’y aura pas de la miséricorde de Dieu ».

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Pour le décryptage de la photo et ses correspondances avec l’art africain, les photographies de Man Ray et certains tableaux de Picasso, c’est ICI.

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Mes Deux-Siciles : le portrait de Rosaria Schifani par la photographe antimafia Letizia Battaglia (II) – Regards croisés

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Rosaria Schifani - photo de Letizia Battaglia, Palerme 1993

Rosaria Schifani, Palerme 1993

Cette photo magistrale réalisée en 1993 par la photographe Letizia Battaglia est celle de Rosaria Schifani, la jeune veuve de l’agent Vito Schifani, assassiné le 23 mai 1982 par la Mafia sicilienne en même temps que le juge Giovanni Falcone, membre du « pool » antimafia de Palerme, son épouse et deux autres gardes du corps. (voir l’article précédent portant sur les faits, c’est ICI).

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Décryptage de la photo.

   Au premier abord, la photo nous frappe par la simplicité et la rigueur de sa composition basé sur la symétrie: un axe vertical situé au centre du cadrage divise la photo en deux parties rigoureusement égales. Cet axe passe exactement au milieu du visage suivant l’arête du nez et rejoint à la base de la photo l’échancrure basse en V de la robe et la pointe du collier. La moitié gauche du visage apparaît dans la photo presque totalement plongée dans une zone d’ombre profonde, presque noire, alors que la moitié droite est elle fortement éclairée par une projection lumineuse parfaitement encadrée par la zone d’ombre et la chevelure brune.
    La partie inférieure droite du visage se détache de l’ensemble, marquée par l’ombre portée du sommet du cou, et dessine un angle aigu lumineux à la pointe dirigée vers le bas. A cet angle, répondent en écho l’angle formé par la pommette droite et un angle lumineux identique formé par le décolleté du vêtement.
Cette rigueur extrême de la composition, cette rigidité, confère au portrait l’expression d’un sentiment de gravité et de dignité.

décryptage

    L’autre élément déterminant de la photo est évidemment le fait que Rosaria a les yeux clos, élément encore renforcé par la configuration chez elle de la paupière qui apparaît fortement marquée. La bouche est légèrement entrouverte exprimant un état de détente ou d’abandon.

Capture d’écran 2013-12-13 à 07.18.09Capture d’écran 2013-12-13 à 07.21.58    Cet état pourrait être celui de la mort avec la mise en scène de la présentation d’une morte à l’intention des vivants renvoyant à la coutume sicilienne d’exposition des cadavres au public. Dans les années soixante j’avais été choqué par la coutume encore vivace à cette époque qui consistait à exposer les cadavres en bordure de rue, à la porte des demeures, entourés par les femmes de la famille éplorées et en habit de deuil et par la mise en scène qui l’accompagnait mais je pense plutôt que l’attitude de la jeune femme est l’expression d’un retrait du monde, d’un refus d’être mis en présence de la barbarie des uns, de la lâcheté des autres et d’assister à la défaite des justes. Ce faisant, elle s’isole, rentre dans sa coquille intérieure où elle va se ressourcer, retrouver des forces pour affronter de nouveau le monde… Rappelons que cette photo a été prise en 1993, l’année qui avait suivi le meurtre du juge Falcone et de son mari et qu’un nouvel attentat avait eu lieu quelque temps plus tard dont la victime était cette fois le juge Borsellino. Si cette interprétation est juste, le retrait du monde de Rosaria ne sera  pas définitif, et c’est finalement la vie qui reprendra le dessus, elle quittera la Sicile avec son fils, fondera un nouveau foyer et fera comprendre à ceux qui ne voulait voir en elle qu’une veuve éplorée qu’elle ne voulait pas être réduite à cette image allégorique.

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Regards croisés

La première fois que j’ai pris connaissance de cette photo de Letizia Battaglia , j’ai eu l’impression qu’elle m’était familière, que je l’avais déjà contemplé. J’ai mis du temps à comprendre les raisons de cette impression. Sur le plan formel, cette photo faisait écho  à des thèmes traités par plusieurs œuvres artistiques très connues dans les domaines de la peinture et de la photographie et en particulier certains clichés de Man Ray et ceratins tableaux de Picasso.

Man Ray - Noire et Blanche, 1926

Man Ray – Noire et Blanche, 1926 : dans cette photographie les thèmes traités sont ceux de l’opposition entre le noir et le blanc et les yeux clos.

   L’irruption de l’art africain et de ses masques à la forte puissnace expressive dans le domaine artistique date du début du vingtième siècle. La légende veut que le peintre Maurice de Vlaminck avait découvert dans une gargotte d’Argenteuil deux statuettes du Dahomey en bois peint et une autre, noire, originaire de Côte d’Ivoire. Vivement impressionné, il en fit l’acquisition et compléta plus tard sa collection par d’autres acquisitions. Parmi celle-ci un masque blanc du Gabon, cédé par la suite à Derain qui, à sa vue, en serait resté si l’on en croit Vlaminck « bouche bée » et qui impressionnera également vivement Picasso et de Matisse. Ambroise Vollard le lui emprunta ensuite et en fit faire un moulage en bronze par le fondeur de Maillol. C’est sur l’instigation de Matisse que Picasso ira visiter en 1907, le musée d’Ethnographie et influencé par cette visite peindra ses premières œuvres inspirées par l’art africain. Dés lors, la mode de « l’art nègre » était lancée. On s’arrachait les œuvres. L’Amérique fur également touchée par le phénomène à l’occasion du lancement à New York par le photographe Stieglitz d’une exposition consacrée à Matisse et à Picasso où figuraient des objets africains. C’est à cette occasion que l’artiste peintre et photographe américain Man Ray aurait découvert l’art africain.

masque aboulémasques baoulés

masque Baoulé

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Rosaria Schifani - photo de Letizia Battaglia, Palerme 1993

Les masques mbangu des Pende

Masque mbangu de l’ethnie Pende

    Les Pende du Congo situés à la limite du Kassaï sont connus pour leur masque dont on en distingue deux catégories: les minganji qui sont des masques d’ancêtres et les mbuya qui sont plutôt des masques évoquant des individus comme le chef, l’ensorcelé, l’amoureux, l’homme en transe etc… Les masques mbangu représentent « l’ensorcelé » et font donc parties de cette deuxième catégorie. Le masque ci-dessus fait partie des collections du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren (Belgique). Il est bicolore à l’axe de symétrie tordu. L’opposition noire et blanc fait référence aux cicatrices provoquées par les brûlures de celui qui serait tombé dans le feu lors d’une crise d’épilepsie. De plus, la distorsion du visage symbolise toutes les maladies connues. On a attribué à ce masque une influence sur les Demoiselles d’Avignon de Picasso.

Picasso - les Demoiselles d'Avignon - ExtraitPicasso – les Demoiselles d’Avignon, 1907 – Extrait

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Mes Deux-Siciles : Franco Zecchin, un photographe contre la Mafia (I).

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Franco Zecchin

«Nous nous sommes dit que nous ne pouvions plus continuer à être des témoins passifs de ces massacres: nous avons entre nos mains un outil qui pourrait être utilisé pour informer les gens et de lutter contre le phénomène en aidant à forger une nouvelle conscience. »
                   Franco Zecchin

     Originaire de Milan où il est né en 1953, Franco Zecchin a d’abord étudié la physique et obtient une maîtrise en physique nucléaire. Pourtant, c’est en tant que photographe à Palerme en Sicile qu’il débute sa vie professionnelle dans les années 70 et 80. Il a ainsi été confronté à la complexité de la société sicilienne, la dureté des conditions sociales qui prévalent dans l’île, la corruption politique et n’a cessé de dénoncer, avec ses photographies, la violence de la Mafia.

     Tout commence en 1974 lorsqu’il fait la rencontre de la photographe Letizia Battaglia, engagée en Sicile dans la lutte anti-Mafia dont il tombe amoureux, il fait alors du théâtre et travaille pour le quotidien de gauche L’Aurora.  En 1975, à peine mis le pied à Palerme, Franco, âgé à peine de 22 ans est confronté à son premier cadavre. Tout autour, la foule silencieuse pour qui cette situation représente le quotidien, hypnotisée, regarde. Le jeune photographe n’osera pas photographier. Engagé par le quotidien l’Ora, il aura, dans les années qui suivent, largement de quoi se rattraper… A cette époque, la peur règne dans la villle et l’on ose même pas prononcer le nom de Mafia… Encore moins enquêter et faire paraître des photos de ses crimes.  Il choisira de photographier le crime en noir et blanc pour préserver l’aspect dramatique de l’évènement..

Letizia Battaglia et Franco Zecchin

Letizia Battaglia et Franco Zecchin

« Notre arme était l’information et nous l’avons utilisée pour briser la transmission d’une culture diffuse du renoncement, de la soumission, du silence, de l’omertà. Nous avons montré aux jeunes la réalité dévastatrice de la mafia, en contraste avec les stéréotypes littéraires et romantiques qui alimentaient le mythe d’une mafia « bonne », qui respectait un code d’honneur, qui défendait et soutenait les plus faibles, en leur garantissant des services que l’état leur refusait. Nous avons cherché à retirer à la mafia le consensus des nouvelles générations » –  Franco Zecchin, 1966.

     En 1977, il créé avec Letizia Battaglia un Centre Culturel pour la Photographie. Trois années plus tard, en 1980, il est parmi les fondateurs du Centre de Documentation contre la Mafia « G. Impastato ». Il fait également du théâtre et réalise des films à l’hôpital psychiatrique de Palerme.  A partir de 1987 il est Directeur responsable du mensuel de culture et politique “Grandevù” édité a Palerme. En 1988 il devient membre « nominé » de l’Agence Magnum. Mais pour Franco Zecchin et Letizia Battaglia, publier quelques photos des crimes de la Mafia dans la presse ne suffit plus, la population semble s’être habituée à cette succession de crimes et ne réagit pas, dans le milieu des années 80, ils osent provoquer la Mafia dans l’un de ses fiefs les plus notoires, la ville de Corleone, et interpeller directement la population : ils exposent sur la place principale de la ville, devant l’église et juste avant la sortie de la messe les photos de victimes de l’honorable société. En quelques minutes, la place se vide de ses occupants qui ont eu peur d’être vus en train de contempler les photos. Ils continueront à exposer le résultat de leur travail partout ailleurs en Sicile, dans les écoles, les centres communautaires, dans la rue... »informer est pour moi une exigence morale », avait coutume de dire Franco Zecchin. Ces actions concoureront à la prise de conscience de la population sicilienne et italienne de la nécessité de mener une lutte contre la Mafia.

     Mais le travail Franco Zecchin ne se limite pas à des reportages sur les méfaits sanglants de la Mafia, c’est aussi un photographe sensible et plein d’humanité porté vers la rêverie et la méditation. C’est ainsi que durant son séjour en Sicile, il photographiera de manière à la fois sobre et forte la vie des humbles, de ceux « que l’on ne voit habituellement pas ». Il poursuivra cette quête de l’authenticité et de la vérité dans ses reportages ultérieurs dans le reste du monde. En 1990, il travaille sur un projet engagé socialement, en Silésie, en Pologne, en explorant la pollution et la santé publique. Ill a travaillé également en Afrique du Nord. Il donne une nouvelle orientation à son travail en quittant l’agence Magnum pour réaliser un reportage sur ​​les nomades et passer du temps avec les Touaregs.  De cette expérience sortira en 1988 un livre,

      Aujourd’hui, Franco vit en France. Son travail est publié dans de nombreux journaux et magazines respectés, y compris Le Monde, Libération, L’Expresset Le Nouvel Observateur.
    Ses photos sont incluses dans les collections du Musée International de la Photographie, le Musée d’Art Moderne de New York, la Maison Européenne de la Photographie à Paris, Rochester et dans de nombreuses collections privées

Distinctions, prix et publications
  • 1988      Prix International de Journalisme « Città di Trento », Italie.
  • Zecchin, F., Battaglia, L. Chroniques Siciliennes, (texte de Marcelle Padovani), Centre National de la Photographie, 1989, Actes Sud, 2000, ISBN 978-2-8675-4053-0
  • 2000      « Humanity photo Award 2000 », Beijing, Chine.
  • Zecchin, F. Nomades, (avec la collaboration de Pierre Bonte et Henri Guillaume), Editions de la Martinière, 1998, EAN13 : 9782732424217
  • Zecchin, F., Battaglia, L. Dovere di Cronaca, Peliti Associati, 2006, ISBN: 88 89412 26 7.

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–––– Les photos de dénonciation de la mafia –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Franco Zecchin - Carnaval à Corleone - 1985Franco Zecchin – Carnaval à Corleone – 1985

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Palerme, Italie, 1983. La femme et les filles de Benedetto Grado sur les lieux du crime. Les femmes portent déjà les vêtements de deuil pour la mort de leur fils et frère Antonio.

Franco Zecchin - Palermo, 1983 - meurtre de Paolo Amodeo.

Franco Zecchin – Palermo, 1983 – meurtre de Paolo Amodeo.

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Franco Zecchin – Palerme, 1982 – Meurtre de Domenico Di Fatta.

Franco Zecchin - Casteldaccia, 1982 - le corps de Ignazio Pedone, kidnappé, assassiné et retrouvé lié dans le coffre d'une voiture.

Franco Zecchin – Casteldaccia, 1982 – le corps de Ignazio Pedone, kidnappé, assassiné et retrouvé lié dans le coffre d’une voiture.

Franco Zecchin - Palerme 1983 - Meurtre du juge Chinnici, sa fille Elvira.

Franco Zecchin – Palerme 1983 – Meurtre du juge Chinnici, sa fille Elvira.

Franco Zecchin - Palerme 1988. Enterrement de l'agent de police Natale Mondo

Franco Zecchin – Palerme 1988. Enterrement de l’agent de police Natale Mondo

Franco Zecchin - Spéculation immobilière sur les hauteurs de Palerme, 1988

Franco Zecchin – Spéculation immobilière sur les hauteurs de Palerme, 1988

Franco Zecchin - Vito Ciancimino (à droite) premier homme politique italien condamné pour être membre de la mafia.

Franco Zecchin – Vito Ciancimino (à droite) premier homme politique italien condamné pour être membre de la mafia.

Franco Zecchin - Palerme 1983 : un accusé fait un signe de menace au photographe

Franco Zecchin – Palerme 1983 : un accusé fait un signe de menace au photographe

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–––– Photos de la Sicile profonde ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Franco Zecchin

Franco Zecchin

Palerme, Italie, 1988. La Confrérie du SS Crucifix défile à place Pretoria

Franco Zecchin - Trapani, 1978 - La procession des "Misteri".

Franco Zecchin – Trapani, 1978 – La procession des « Misteri ».

Franco Zecchin - Palerme, 1982 - Arturo Cassina, chevalier du Saint-Sépulcre.

Franco Zecchin – Palerme, 1982 – Arturo Cassina, chevalier du Saint-Sépulcre.

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Franco Zecchin – Palerme, 1985

Franco Zecchin - Palerme, 1983 - Intérieur d'une maison pauvre dans le quartier de Brabcaccio.

Franco Zecchin – Palerme, 1983 – Intérieur d’une maison pauvre dans le quartier de Brabcaccio.

Franco Zecchin - Palerme 6 juillet 1981- nterieur de la place Kalsa, dans le centre historique

Franco Zecchin – Palerme 6 juillet 1981-Intérieur de la place Kalsa, dans le centre historique

Frano Zecchin - Monreale 1979 - l'enfant qui n'est pas allé à l'école

Franco Zecchin – Monreale 1979 – l’enfant qui n’est pas allé à l’école

Franco Zecchin - Ganci (Sicile), le dimanche des Rameaux

Franco Zecchin – Ganci (Sicile), le dimanche des Rameaux

Franco Zecchin - Ustica, 1986 - Espadon dans un intérieur.

Franco Zecchin – Ustica, 1986 – Espadon dans un intérieur.

Franco Zecchin - Palermo, 1980 - Voiture populaire et familiale "Lapa".

Franco Zecchin – Palermo, 1980 – Voiture populaire et familiale « Lapa ».

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Pour en savoir plus sur Franco Zecchin et son travail sur la mafia, c’est ICI.

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Mes Deux-Siciles : Letizia Battaglia, une photographe contre la Mafia

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Letizia Battaglia

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Letizia Battaglia avec le juge Paolo Borsellino (photo Franco Zecchin)
Il sera assassiné en juillet 1992 avec tous les membres de son escorte

Letizia Battaglia est sicilienne, elle est née à Palerme en 1935 et a vécu dans son âme et dans sa chair, comme toute sicilienne, la l’omniprésence de la Mafia et sa main-mise sur la vie quotidienne de ses compatriotes. Elle se marie très tôt, à l’âge de 16 ans et aura trois filles mais le mariage se terminera par un divorce. En 1971, elle devient photo-journaliste et travaille quelques années plus tard, en 1974, un court moment à Milan. Elle y fera la connaissance du photographe Franco Zezcchin qui deviendra son compagnon et regagne très vite Palerme pour travailler pour le le journal L’Ora qui la chargera dés 1975 de photographier les meurtres pratiqués par la Mafia; elle devient alors le témoin direct de la guerre à laquelle se livrent les différentes factions de la Mafia, entre elle et contre la société. Elle déclarera plus tard que cette guerre était  » la pire des guerres civiles. L’appareil photographique m’a donné la possibilité de lutter. Avec lui, je ne pouvais pas forcément changer le monde, mais j’étais là, au coeur de la bataille ». Elle photographiera sans relâche les exactions de la Mafia, au péril de sa vie jusqu’en 1985, année où elle transpose son combat sur le champ politique en siégeant avec les Verts au conseil municipal de Palerme. Son combat portera alors sur la préservation et la réhabilitation du centre historique de la ville, théâtre d’opérations spéculatives de la part de la Mafia et durera jusqu’en 1997.
En 1993, plusieurs de ses photos mettant en scène des mafiosi et des hommes politiques seront utilisées comme preuves de la compromission de ceux-ci; ce sera le cas en particulier de l’ancien premier ministre italien Giulio Andreotti qui niait ses relations avec Tino Salvo, l’un des boss de la Mafia, et qui sera confondu par deux photographies prise par Letizia en 1979. 

Elle a été récompensée pour son œuvre par de nombreux prix : 1985 : Prix W. Eugene Smith, 1999 : Photography Lifetime Achievement des Mother Jones International Fund for Documentary Photography, 2006 : Prix Erich Salomon, 2009 : Prix Cornell Capa.

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exorciser la violence et le sang, pleurer, oser résister

Eglise Santa Chiara à Palerme : enfant jouant au tueur, 1982

Eglise Santa Chiara à Palerme : enfant jouant au tueur, 1982

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1982, jeune fille près du lieu de vente de la drogue

1982, jeune fille avec ballon près d’un lieu de vente de la drogue

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Meurtre de Giuseppe Lo Baido, 7 mars 1977

Meurtre de Giuseppe Lo Baido, 7 mars 1977

Letizia Battaglia Palermo 1988

1980, quartier Romagnolo à Palerme, la foule contemple un jeune assassiné

triple homicide d'une prostiituée etd e ses 2 complices, 1er mars 1983

Le triple meurtre de Nerina, une prostiituée et de deux de ses amis en 1982 à Palerme.
Tués pour n’avoir pas respecté les règles…

1984, le tatouage du Christ ne l'aura pas protégé. tué par ses collègues

1984, le tatouage du Christ ne l’aura pas protégé. Tué par ses complices.

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Rosaria Schifani

Portrait de Rosaria Schifani, jeune veuve de l’agent Vito Schifani assassiné par la Mafia
lors de l’attentat contre le juge Giovanni Falcone en mai 1992

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Ieri ho sofferto il dolore,

non sapevo che avesse una faccia sanguigna,
le labbra di metallo dure,
una mancanza netta d’orizzonti.
Il dolore è senza domani,
è un muso di cavallo che blocca
i garretti possenti,
ma ieri sono caduta in basso,
le mie labbra si sono chiuse
e lo spavento è entrato nel mio petto
con un sibilo fondo
e le fontane hanno cessato di fiorire,
la loro tenera acqua
era soltanto un mare di dolore
in cui naufragavo dormendo,
ma anche allora avevo paura
degli angeli eterni.
Ma se sono così dolci e costanti,
perchè l’immobilità mi fa terrore?

(Alda Merini)

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Cappaci, 1980, une femme croit que son fils a été tué

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Palerme, 1976. Son nom était Vincenzo Battaglia. Il a été tué dans la nuit, au milieu d’un tas d’ordures. Sa femme a essayé de l’aider mais n’a rien pu faire…

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1990, Palerme, la Vucciria

1990, Palerme, quartier de la Vucciria

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Reconstitution d'une scène de meurtre

Reconstitution d’une scène de meurtre

Palerme,1984. Arresto in manette e catene alla Squadra Mobile

Palerme, 1984, arrestation d’un mafieux

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Mes Deux-Siciles : Franco Zecchin, un photographe contre la Mafia (II).

–––– Le « Devoir de témoignage » par Franco Zecchin ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Franco Zecchin

     En 1975, je me suis installé à Palerme, où j’ai commencé à travailler avec Letizia Battaglia et un groupe de photographes qui suivaient les faits divers de la ville pour le journal ‘L’Ora’. À Palerme, j’aimais le bruit, la confusion qui règne dans les rues, la chaleur, la lumière, le plaisir qu’ont les gens de se rencontrer, de parler, d’organiser, de manifester. Je connaissais l’existence de la mafia, mais je ne pouvais pas encore avoir une idée précise de ce que c’était. 

     Mon premier homicide fut celui de Benedetto D’Atola, abattu le soir du 9 juillet dans le quartier de la Ziza. Je me rappelle une course folle en voiture dans le trafic de l’après-midi, une foule curieuse en cercle, certains fumaient, d’autres plaisantaient ; des femmes, des enfants, qui se frayaient un chemin vers les premiers rangs, des policiers qui mesuraient, des journalistes qui prenaient des notes, des voitures de police qui arrivaient ou repartaient sur les chapeaux de roues, un magistrat, un médecin légiste, la brigade scientifique, les photographes, le cri de désespoir des parents. Au milieu de cette confusion, le cadavre d’un homme qui, une demi-heure auparavant, était sur le point de finir sa journée normalement avec sa femme et qui s’apprêtait à monter en voiture pour rentrer à la maison. 

     Je n’ai pas pris de clichés. J’observais Letizia, qui prenait des photos, j’essayais d’apprendre les règles du métier, ce qu’on doit photographier, ou, plutôt, les images que voulaient les journaux : le lieu du crime, en panoramique, de préférence vue d’en haut ; plusieurs vues du cadavre, en gros plan, du côté de la tête, puis du côté des pieds, en liaison avec d’autres sujets qui pourraient avoir eu un rapport avec lui ou avec l’homicide (la voiture, la porte de sa maison ou de son bureau, son sac, un chapeau, un parapluie, le pistolet…); les policiers, le magistrat chargé de l’enquête, les parents, leur désespoir, les femmes qui s’évanouissent, la colère des hommes ; la reproduction de sa photo d’identité prise sur son permis de conduire ou sur un autre document qu’on aurait trouvé sur lui ; éventuellement les interrogatoires au commissariat, les gens qu’on aurait arrêtés à la suite de l’enquête. 

     Le photographe doit réussir à obtenir un bonne image, qui témoigne de ce qui s’est passé, et le raconte ; mais, en une fraction de seconde, il doit avoir la bonne lumière, une bonne composition, la mise au point bien nette, le moment précis où un visage se tourne, où un geste est expressif. Il doit concilier ces exigences, qui sont propres à la photographie, avec la nécessité d’affronter tous les obstacles qui s’interposent dans la réalisation de son travail. 

     Ce premier homicide fut suivi de nombreux autres : entre 1976 et 1993, nous en avons photographié des centaines. C’est un travail qui demande une disponibilité de 24 heures sur 24, une présence continue sur le territoire : nous avons vécu pendant des années en état d’alerte permanent, toujours prêts à interrompre toute activité, pour affronter à l’improviste des situations qui étaient souvent dramatiques. Nous travaillions dans la précarité et l’isolement : nous n’avions aucune couverture, aucune garantie sociale ; nous pouvions être volés ou agressés, sans que le journal n’intervienne. En même temps, nous pouvions être considérés comme responsables de la publication de fausses nouvelles ou d’informations déformées. Le photographe ne contrôle pas l’usage que les mass-media font de ses images. Il n’est que le premier maillon de la chaîne de l’information, la première attache nécessaire avec la réalité ; l’interprétation brute et immédiate, plongée dans le fait de ce qui s’est passé. Après lui, il y aura quelqu’un qui décidera de comment réduire cette immédiateté, en la manipulant pour construire des preuves en vue de soutenir sa vérité, et la vérité voulue par les intérêts politiques et économiques de l’éditeur. 

     L’intensification de la guerre de mafia, dont, par mon métier j’étais appelé à témoigner des effets dévastateurs, me laissait de plus en plus un sentiment de frustration. D’un côté, je me rendais compte de l’inefficacité d’une information inadaptée pour gérer ce qui était en train de se passer, bloquée par les intérêts prudents et intangibles et par les limites du média lui-même, le journal imprimé, le quotidien qui dès le lendemain ne sera plus lu. En même temps, il était nécessaire d’impliquer l’opinion publique, les jeunes, les femmes, les étudiants, les travailleurs, afin qu’ils se mobilisent contre les logiques et les pratiques mafieuses. Quand des juges, des policiers, des hommes politiques, des personnes que je connaissais et que j’appréciais pour leur engagement, ont commencé à tomber, tués parce que isolés de leurs propres collègues et de la société, qui avaient pris position contre le pouvoir mafieux, alors je n’ai plus pu continuer à faire mon métier en me retranchant, comme beaucoup le font, derrière une soi-disant « impartialité professionnelle ». 

     Le meurtre de Giuseppe Impastato a été le début d’un changement qui allait vers une utilisation politico-sociale de notre travail. Il avait été tué parce qu’on l’avait laissé seul. Je ne pouvais plus accepter que les journaux, en pleine campagne électorale et au moment de l’assassinat de Aldo Moro, fassent passer le meurtre de Impastato pour un suicide ou pour un attentat manqué. En deux années, en tant que photographe reporter, j’avais commencé à comprendre comment fonctionne la presse. Il était devenu urgent de trouver d’autres moyens pour donner au public une information libre et non polluée par des sombres intérêts politiques et économiques. Letizia Battaglia et moi-même avons été parmi les fondateurs du Centre Sicilien de Documentation « Giuseppe Impastato » : notre première initiative fut de reconstruire l’exposition que Giuseppe avait organisée avant sa mort, « Mafia et Territoire ». L’exposition a été montée sur la Place de Cinisi à l’occasion de la première manifestation nationale contre la mafia. Depuis lors, nous avons continué à produire d’autres expositions de photos et à les montrer sur les places, dans les écoles, dans les villages, dans des galeries et des musées, en Sicile, en Italie, en Europe. Notre arme était l’information, et nous l’avons utilisée pour briser la transmission d’une culture diffuse du renoncement, de la soumission, du silence, l’omertà. Nous avons montré aux jeunes la réalité de la mafia, en contraste avec les stéréotypes littéraires et romantiques qui alimentaient le mythe d’une mafia « bonne », qui respectait un code d’honneur, qui défendait et soutenait les plus faibles, en leur garantissant des services que l’État leur refusait. Nous avons cherché à retirer à la mafia le consensus des nouvelles générations. 

     Les tragédies de la mort de Falcone et de Borsellino ont provoqué de l’indignation, du découragement, de la rébellion à l’intérieur de la société civile ; l’État italien a dû réagir et a fait ce qu’il aurait dû faire depuis longtemps : l’arrestation de Totò Riina. La nouvelle alliance entre les familles mafieuses, qui a remplacé l’hégémonie du clan des « Corleone » à l’intérieur de « Cosa Nostra », a remis à l’ordre du jour les anciennes stratégies d’infiltration, de corruption, de racket et d’alliances avec le pouvoir politique. La mafia d’aujourd’hui investit ses capitaux issus du commerce de la drogue dans la finance internationale. Elle n’apparaît plus, elle n’offre plus le spectacle de la mort, elle ne met plus en scène sa terrible puissance. Les affaires préfèrent quand tout le monde se tait, quand les projecteurs des faits-divers sont éteints, quand il n’existe plus aucune possibilité d’opposition.

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Franco Zecchin - Palerme, 1982 - Homicide de G. Mineo.

Franco Zecchin – Palerme, 1982 – Homicide de G. Mineo.

Franco Zecchin - Palerme, 1982 - Meurtre du Général Dalla Chiesa, sa jeune femme et le policier Domenico Russo.

Franco Zecchin – Palerme, 1982 – Meurtre du Général Dalla Chiesa, sa jeune femme et le policier Domenico Russo.

Franco Zecchin - Palerme 1983, massacre du juge Chinnici.

Franco Zecchin – Palerme 1983, massacre du juge Chinnici.

Franco Zecchin - Capaci, 1992 - Meurtre du juge Giovanni Falcone, de sa femme et de trois agents de son escorte.

Franco Zecchin – Capaci, 1992 – Meurtre du juge Giovanni Falcone, de sa femme et de trois agents de son escorte.

Franco Zecchin - Palerme 1979 - Meurtre du journaliste Mario Francese.

Franco Zecchin – Palerme 1979 – Meurtre du journaliste Mario Francese.

Franco Zecchin - Altofonte, 1979 - Triple meurtre dans le bus pour Palerme.

Franco Zecchin – Altofonte, 1979 – Triple meurtre dans le bus pour Palerme.

Franco Zecchin - Palerme 1979 - des enfants regardent le corps d'une victime de la mafia

Franco Zecchin – Palerme 1979 – des enfants regardent le corps d’une victime de la mafia

Franco Zecchin - Palerme, 1986 - Meurtre de Sebastiano Briolotta.

Franco Zecchin – Palerme, 1986 – Meurtre de Sebastiano Briolotta.

Franco Zecchin - Palerme, 1983 - Antonio Scardina, âgé de 11 ans, tué pour avoir vu les assassins de son père.

Franco Zecchin – Palerme, 1983 – Antonio Scardina, âgé de 11 ans, tué pour avoir vu les assassins de son père.

Franco Zecchin - Canicatti, 1988 - la fille du juge Antonino Saetta à son enterrement.

Franco Zecchin – Canicatti, 1988 – la fille du juge Antonino Saetta à son enterrement.

Franco Zecchin - Capaci, 1978 - Funérailles de  Gaetano Longo, le maire démocrate-chrétien tué par la mafia.

Franco Zecchin – Capaci, 1978 – Funérailles de  Gaetano Longo, le maire démocrate-chrétien tué par la mafia.

Franco Zecchin - Cinisi, 1978 - obsèques de Giuseppe Impasto, militant communiste tué par la mafia.

Franco Zecchin – Cinisi, 1978 – obsèques de Giuseppe Impasto, militant communiste tué par la mafia.

Franco Zecchin - Palerme, 1984 - Arrestation de l'ancuen maire Vito Ciancimino.

Franco Zecchin – Palerme, 1984 – Arrestation de l’ancuen maire Vito Ciancimino.

Franco Zecchin - Palerme 1977, le premier mafieux repenti, Leonardo Vitale à son procès.

Franco Zecchin – Palerme 1977, le premier mafieux repenti, Leonardo Vitale à son procès.

Franco Zecchin - Caltanissetta, 1984 - Procès Chinnici, le mafieux Vincenzo Rabito dans une attitude de défi

Franco Zecchin – Caltanissetta, 1984 – Procès Chinnici, le mafieux Vincenzo Rabito dans une attitude de défi

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