maison de ville à Ho Chi Minh Ville au Vietnam – Nha Dan Architect, 2013 – L’architecture à grand coup de sabre…

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Il était un petit homme
qui avait une drôle de maison
Pirouette ! cacahuète !
sa maison est en carton
pirouette ! cacahuète !          
                        (chanson de ma petite enfance)

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maison de ville « Pliage Wall House »

Caractéristiques

  • dénomination : maison de ville « Pliage Wall House »
  • lieu d’implantation : Ho Chi Minh Ville, Viertnam.
  • caractéristiques du terrain :  un terrain tout en longueur et étroit bordé par les propriétés voisines.
  • maître d’œuvre : Nha Dan Architect
  • architecte d’opération : Nguyen Dinh Gioi
  • date des travaux : 2012-2013
  • équipe de design : Nguyen Van Anh, Nguyen Phan Tuan, Luong Xuan Dong
  • ingénieur structure : Do Thanh Tuan
  • surface de plancher : 104 m2
  • entreprise générale : Nha Dan construction

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   « Pliage Wall House » que l’on pourrait traduire par « Maison de papier plié », voilà comment cette maison a été surnommée, en référence sans doute à ces cocottes en papier plié, qu’enfants, nous nous amusions à réaliser. C’est sans doute la manière dont la structure porteuse oblique en béton blanc de la façade principale semble s’appuyer sur le sol sur une seule pointe qui est à l’origine de cette appellation. Ceci dit, l’architecture de cette maison ne peut être réduite à cette interprétation simpliste qui ne fait que traduire l’état d’expectative dans lequel on se trouve face à son formalisme surprenant que l’on imaginait pas rencontrer dans un pays comme le Vietnam. Construite en milieu urbain en bordure de rue sur un terrain étroit de forme rectangulaire coincé entre des constructions existantes, la maison devait impérativement se développer en hauteur pour répondre au programme fixé. Cinq niveaux ont donc été bâtis dont un en sous-sol. Comme le montre la maquette présentée ci-contre, les deux parois latérales porteuses réalisées en limite de propriété sont aveugles et l’éclairage naturel des volume intérieurs ne peut s’effectuer que par les ouvertures créées sur les façades principales les plus étroites et de manière zénithale, en toiture.

Importance du traitement spatial de la circulation verticale qui doit être convivial

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     Autant la communication entre les différents volumes et espaces fonctionnels apparaît aisée dans une maison construite de plain-pied sur un seul niveau, autant elle peut apparaître contraignante et difficile dans un maison à plusieurs niveaux. En général, dans de telles constructions, l’escalier se révèle être un « goulot d’étranglement » fastidieux à franchir par l’effort physique qu’il impose et par la médiocrité de traitement de son espace auquel est conféré un rôle purement fonctionnel et à qui est généralement dénié toute qualité d’« espace à vivre ». De là découle un traitement  « étriqué » et sans âme de l’espace de l’escalier, que l’on coince le plus souvent entre deux murs et dont on sacrifie l’éclairage naturel. Ce qui est source d’inconvénients mineurs dans une maison de deux niveaux peut vite tourner au cauchemar dans une maison de cinq niveaux. 

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     Il y avait donc nécessité absolue, si l’on voulait que l’utilisation de cet escalier s’effectue de manière non rébarbative et même agréable, que son espace soit traité de manière positive et conviviale.  L’architecte a été sur ce point exemplaire, soucieux de ne pas se limiter à un traitement « décoratif » de l’espace mais de l’inscrire tout au contraire dans une perspective plus générale embrassant l’organisation de l’espace et la structure de la construction.
    S’étant aperçu que pour chacun des niveaux à desservir l’importance de l’espace est inégal avec une hiérarchie de la progression allant du plus grand au rez-de-chaussée au plus petit au dernier niveau desservi, l’architecte a eut l’idée lumineuse de réaliser à l’intérieur de la maison et sur toute sa hauteur  une paroi de refend oblique qui a pour effet de partager en deux parties l’espace de chacun des niveaux et de créer un espace vertical  continu permettant l’inclusion de l’escalier. Cet espace s’organise ainsi :
. niveau rez-de-chaussée : grand espace garage avec escalier ouvert
. niveau 1 : espace de taille moyenne avec escalier ouvert
. niveau 2 : espace de petite taille avec escalier encloisonné

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Organisation des volées d’escalier dans l’espace de la circulation verticale

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à gauche : espace de la circulation verticale avec ses volées ouvertes et encloisonnée (accès au dernier niveau) et sa paroi oblique – à droite : lecture du volume en façade côté rue.

Fedele Fischetti (1734-1789) – Alexandre tranchant le nœud gordien

Régler son compte à l’angle droit d’un grand coup de sabre…

    Combien jubilatoire, j’imagine, a du être la pensée de l’architecte Nha Dan quand l’idée lui est soudainement venue, sous le coup d’une illumination, de trancher en biais d’un grand coup de sabre salvateur, l’ordonnancement rigide et contraignant de son architecture imposée par la dictature de l’angle droit. Tel Alexandre le Grand tranchant l’inextricable nœud gordien, il s’est affranchit des règles stériles qui bloquaient toute avancée et rendaient insolubles les problèmes qu’il avaient à résoudre. Outre la résolution du problème de la différenciation et de hiérarchisation des espaces de développement de l’escalier selon les niveaux, cette intervention a permis d’introduire un élément architectural qui singularise sur toute la façade principale l’espace dédié à la circulation verticale et qui, par son effet déstabilisant sur la structure orthogonale première, introduit une force qui dynamise qui met en mouvement l’architecture toute entière. Combien doit être agréable la « promenade architecturale », pour paraphraser Le Corbusier, dans ces volumes dégagés où les volées d’escalier se détachent et sont mises en valeur tout comme les paliers traités en mezzanine, où les perspectives sont évolutives, le tout adossé sous ce grand pan oblique qui abrite l’espace et s’y déploie en hauteur telle une aile protectrice.

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Le « coup de sabre » en façade principale

La traque opiniâtre de la lumière naturelle

     On a vu que les contraintes liées au site interdisaient la présence d’ouvertures sur les deux grandes façades latérales. Les seules possibilités d’implantations d’ouvertures se concentraient sur les deux façades en bout de construction et sur la toiture. 

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La salle de détente, située en sous-sol est éclairée naturellement par une courette anglaise végétalisée

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La toiture apparait assez complexe. Une partie est traitée en dalle terrasse accessible et une autre en toiture à deux pans abritant un espace à usage de bureau très lumineux s’ouvrant sur les terrasse et un local technique. Le volume vertical de la cage d’escalier monte jusqu’à la toiture en pente qui, au-dessus de cet espace, a été traité sous forme de verrière pour en assurer l’éclairage. Les deux coupes ci-dessus montre que la lumière naturelle venue de la toiture permet d’éclairer la plupart des niveaux inférieurs. (à gauche : toiture à 2 pans)

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Visualisation, au travers de la grande baie verticale de la façade côté rue, du palier haut de l’escalier et des verrières de toiture.

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Organisation intérieureCapture d’écran 2016-04-02 à 06.58.43

SOUS-SOL : 1.salle de détente,  2.chambre d’ami,  3.chambre domestique,  4.Rgt,  5.WC, 6.buanderie
REZ-DE-CHAUSSÉE :  1.2.3. espace séjour, salle à manger & cuisine,  4.garage,  5.WC 

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NIVEAU 1 :  1.chambres des enfants,  2.pièce d’étude,  3.sanitaires & WC
NIVEAU 2 :  1.chambre des parents,  2.dressing,  3.salle de bains & WC,  4.terrasse jardin
La surface d’emprise des niveaux 1 & 2 réservés aux chambres est réduite par rapport aux niveaux inférieurs

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l’espace douche et WC ainsi que la salle de bains des parents sont éclairés par la terrasse jardin

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NIVEAU 3 COMBLES :   1.bureau,  2.terrasse,  3.local technique
TOITURE : Deux verrières en toiture permettent d’éclairer le volume escalier et le puits de lumière central

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Le point de vue d’Enki

       Projet exemplaire que cette maison de ville conçue par Nha Dan Architect dont la qualité architecturale doit faire regretter à nombre d’architectes de ne pas l’avoir imaginé eux-mêmes… Face à un faisceau de contraintes extrêmement rigides (étroitesse du terrain, difficulté pour dispenser l’éclairage naturel) qui aurait conduit la plupart à se résigner à une architecture étriquée et stéréotypée qui n’aurait été que l’expression dans l’espace de ces contraintes, l’architecte a choisi la tactique du « coup de sabre » qui permet de rompre le nœud serré de ces contraintes qui étouffaient la création. La structure orthogonale de la construction qui semblait s’imposer au regard de la configuration du terrain a volé en éclat et ouvert la voie à une liberté de création nouvelle riche de potentialités. C’est ainsi que l’introduction de cet élément architectural singulier qu’est cette paroi oblique intérieure sur toute hauteur a eu des conséquences heureuses à la fois sur la qualité et la modularité de l’espace intérieur et sur la qualité formelle de l’architecture par la forte dynamisation qu’elle induit. Cette structure porteuse oblique qui donne l’impression en façade de reposer sur une pointe à l’instar des fragiles cocottes en papier créé un déséquilibre dans la perception et met en mouvement l’architecture toute entière. Si cette réussite esthétique n’avait été que formelle et n’avait pas été sous-tendue par des avantages fonctionnels, elle aurait été considérée comme un acte de virtuosité digne d’intérêt mais pêchant par sa gratuité, mais dans le cas de cette maison, la forme s’accorde merveilleusement avec la fonction et se trouve de cette manière légitimée par elle.

     Magnifique !

Enki sigle

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articles liés sur le même thème des maisons de villes étroites (cliquer sur les titres pour y accéder) :

Article sur le thème de l’architecture intégrant des éléments formels obliques :

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Home, sweet home : maison de ville à Gand (Belgique) – agence Dierendonck Blanke Architecten

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La  Gelukstraat house à Gand (Belgique)

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       Petite maison de ville à Gand en Flandre belge réalisée par l’agence Dierendonck Blanke Architecten en 2011. Le terrain d’accueil était minuscule et le client souhaitait agrandir sa maison existante limitrophe et créer un petit appartement destiné à la location.

localisation : Gelukstraat, 9000 Ghent (Gand), Belgique
équipe de conception : Alexander Dierendonck, Isabelle Blancke, Pieter Mouton
consultants : Arthur de Roover – Ingénierie de la construction
coût : 150.000 €
surface : 89 m2
photographie : Filip Dujardin

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Plans et coupe

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          rez-de-chaussée                                     niveau 1                                    niveau 2 combles

     La construction, coincée entre deux maisons existantes, se développe sur 3 niveaux. Le rez-de-chaussée abrite, côté rue, le vestibule d’entrée et l’escalier d’accès à l’appartement indépendant qui se développe sur les deux niveaux supérieurs et, côté jardin, un atelier relié à l’entrée de l’appartement principal situé dans la bâtiment adjacent par une petite courette. Au niveau 1 ont été aménagés l’espace séjour dans la partie la plus large du bâtiment et une petite kitchenette ouverte côté rue. Du séjour, un escalier non encloisonné permet d’accéder à l’étage supérieur (combles) où sont aménagées deux chambres et un bloc sanitaire. À noter, la généralisation des espaces ouverts par l’absence de portes de communication.

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Rez-de-chaussée

La façade côté rue et le vestibule d’entrée avec l’escalier d’accès au second appartement 

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Niveau 1 (second appartement)

Second appartement : l’espace ouvert du premier étage avec le séjour avec son escalier d’accès au niveau des chambres, sa kitchenette et sa petite terrasse côté jardin. À noter le traitement minimaliste et économique des surfaces : murs de parpaings peints et plafonds en panneaux de particules. Une porte coulissante située au sommet de l’escalier en provenance du vestibule du niveau 0 permet d’isoler l’appartement de cet espace commun. La recherche d’économie va jusqu’à laisser apparentes les canalisations verticales en provenance de la toiture et de la salle de bains, ce qui doit poser des problèmes phoniques.

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Niveau 2 des combles (second appartement)

    Les deux chambres non closes du niveau 2 (combles) séparées par le bloc central de la salle de bains. À noter l’arrivée de l’escalier dans la chambre des parents. Même traitement minimaliste et «spartiate» des surfaces qu’au niveau inférieur.

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les architectes

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       Alexander Dierendonck et Isabelle Blanke ont effectué leurs études d’architecture à l’Institut Sint-Lucas à Gand. Après quelques années de collaboration dans diverses agences d’architecture en Belgique et en France, notamment chez Dominique Perrault pour le premier et Christian de Porzamparc pour la seconde, ils ont créé leur propre agence à Gand en 2009. La devise du cabinet pourrait être « no nonsense », cette expression anglaise qui signifie à la fois sérieux, rigueur et pragmatisme. Les architectes appliquent une démarche de conception hors de tout préjugé et a priori, qu’ils soient techniques ou esthétiques. Ils envisagent le bâtiment comme une machine dans laquelle la fonction est primordiale et conditionne la définition de tout le reste. L’esthétique architecturale doit naître naturellement de l’application rigoureuse de ce principe. 

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D’autres réalisations du cabinet : centre communautaire et résidence

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le point de vue d’Enki

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     C’était jusqu’à présent au Japon et dans les pays nordiques que l’on trouvait ce type d’architecture contemporaine sans concession d’esprit minimaliste. Après analyse, l’architecture développée par l’agence Dierendonck Blanke Architecten apparaît moins provocante que l’impression première qu’elle produit. Lorsque l’on découvre cette réalisation, on est dans un premier temps surpris par le contraste violent induit par la confrontation d’une architecte délibérément contemporaine par sa forme  et les matériaux qu’elle utilise et une vénérable construction de brique traditionnelle contre laquelle elle est accolée. Mais loin de constituer un rejet, cette surprise est heureuse et l’on trouve finalement que cette architecture «trouve sa place» dans le bâti existant. Cela est du au fait qu’elle reprend dans son organisation les éléments constitutifs fondamentaux de l’architecture de ce quartier et en particulier le volume parallélépipédique que l’on retrouve dans de nombreuses maisons récentes et la taille et la proportion des ouvertures. C’est par la reprise de ces éléments architecturaux que la maison s’intègre au reste du bâti du quartier. Finalement l’effet de surprise tient au parement lisse et coloré de la façade et à la structure des ouvertures traitées sans meneaux qui affirment de manière forte la modernité. À noter la bonne maîtrise de la hauteur de la construction, ni «trop haute», ni «trop basse» qui permet de réduire son impact visuel par rapport aux deux constructions adjacentes.
    Un très beau projet, simple et sobre qui affirme sans complexe sa modernité tout en respectant l’environnement ancien dans lequel il est bâti.

Au sujet de la volonté de vouloir réduire la forme à l’expression de la fonction
    On pourrait répliquer à ce point de vue qu’il n’existe pas toujours une seule forme adaptée à une fonction et que le fait de privilégier dans ce cas une forme plutôt qu’une autre réintroduit la subjectivité dans la prise de décision de l’architecte. D’autre part les bâtiments doivent exprimer dans la cité plus que la simple réponse utilitaire à une ou plusieurs fonctions qu’ils abritent. Ce peut être l’esprit du temps, un style, une croyance ou une idéologie partagée par les utilisateurs. On ne peut donc réduire de manière absolue la forme d’une construction à des contraintes exclusivement fonctionnelles sans que cela ait pour conséquences un appauvrissement de son architecture. Le fait de privilégier l’expression formelle de la fonction par rapport aux autres exigences esthétiques ne signifie  aucunement que l’on s’est par là-même «libéré» de ces exigences gratuites mais simplement que l’on a fait un choix esthétique particulier, celui de conditionner la forme à la fonction, tout aussi subjectif que si l’on avait répondu favorablement à ces exigences.
     Les architectes auraient pu réaliser le même projet avec des murs extérieurs de briques ou traités avec un enduit de façade, le fonctionnement aurait été rigoureusement le même mais la perception architecturale aurait été tout à fait différente : le bâtiment se serait alors totalement «fondu» dans l’architecture existante et n’aurait exprimé de manière moins éclatante l’esprit de son époque.

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architectures liées

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

Article « Home, sweet home à Landskrona, Suède (2009) : une maison de ville qui s’affirme – agence Elding Oscarson » :  Il y a des moments où la vision d’un projet architectural aussi réussi, aussi exemplaire que celui conçu et réalisé par ces deux jeunes architectes dans une ville de Suède au caractère historique bien marqué, nous conduit à la lassitude et au découragement. Pourquoi, les architectes français ne peuvent-ils pas réaliser une œuvre aussi éclatante dans leur pays ?  – Quoi ? Vous voulez réaliser une construction outrageusement contemporaine au milieu d’un bâti traditionnel ? – Un parallélépipède au milieu de constructions anciennes à toitures en pente ? – Vous n’y pensez pas.

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Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

Article « maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey (2011) » : Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.

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Article « Japon – Vivre à l’abri d’une cascade, architecte Hiroshi Nakamura (2012) » : Le génie de l’architecte réside dans le fait d’avoir imaginé une paroi séparative qui permette de résoudre la contradiction sans que l’un ou l’autre des impératifs soit sacrifié. Cette paroi est constituée de l’assemblage de 6.000 blocs de verre moulé de dimensions 50mm x 235mm x 50mm. Le verre utilisé est un verre borosilicate à teneur élevée en silice très transparent et extrêmement résistant aux chocs thermiques et de faible dilatation linéaire. C’est le verre utilisé par l’industrie nucléaire pour le confinement des déchets nucléaires. 

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Home, sweet home à Landskrona, Suède (2009) : une maison de ville qui s’affirme – agence Elding Oscarson

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« La modernité, c’est le fugitif, le transitoire, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. »   – Baudelaire.

maison de ville en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

maison de ville à  Landskrona, Suède – architectes : agence Elding Oscarson. La maison, qui mesure seulement cinq mètres de large, comble une « dent creuse » dans l’alignement des maisons traditionnelle de la rue qui existait depuis plus de 50 ans. La toiture terrasse est alignée avec le faîtage de la construction voisine la plus haute.

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Les bâtiments adjacents sont de faible hauteur, mais le reste de la rue est bordée de bâtiments de différentes hauteurs, taille et de matériau de façades variées. Derrière la rangée de bâtiments se cache un monde coloré fait de murs de briques, de hangars, et de végétation.

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

     Ces deux photos présentées ci-dessus permettent de mesurer l’impact réel de la maison dans son environnement. On constate que le bâti est constitué sur les deux côtés de la rue par des constructions anciennes hétéroclites par leur taille et leurs hauteurs et de matériaux variés qui vont du bois à la brique et au béton enduit. Au loin se profile le clocher de l’une des églises de Landskrona.
  Si l’on compare la maison conçue par l’agence d’architecture Elding Oscarson avec les autres constructions de la rue, on constate :
    . que sa hauteur ne dépasse pas la hauteur des constructions les plus hautes.
    . que sa faible largeur (5 m) est plutôt inférieure à la moyenne de leurs largeurs
   . que les différences formelles portent sur la toiture traitée en terrasse alors que les toitures des
     autres maisons sont à deux pans.
 . que les ouvertures dérogent par leur proportion et leur conception aux ouvertures traditionnelles.

     Si le contraste entre l’architecture contemporaine de la maison et celle du reste de la rue est flagrant lorsqu’on la compare, en vision rapprochée, aux deux maisons adjacentes, il apparaît beaucoup moins prononcé lorsque la vision est lointaine, la masse de la maison s’intégrant alors de manière heureuse au rythme d’alternance des constructions hautes et basses de la rue. La spécificité architecturale bien marquée et visible n’est perçue aucunement comme incongrue ou négative. La maison apparaît plutôt comme un « évènement architectural » notable qui anime la rue brisant la monotonie du décor initial, au même titre que le clocher de l’église visible dans le lointain. La portée de cet « événement » ne se limite pas à son aspect esthétique, elle se déploie également sur le plan sémiologique par l’introduction de la « modernité » dans un secteur jusque là délaissé de la ville, une modernité présentée sous un aspect rationnel clair, positif et avenant.

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le nez au milieu du visage

le nez au milieu de la figure

    Il y a des moments où la vision d’un projet architectural aussi réussi, aussi exemplaire que celui conçu et réalisé par ces deux jeunes architectes dans une ville de Suède au caractère historique bien marqué, nous conduit à la lassitude et au découragement. Pourquoi, les architectes français ne peuvent-ils pas réaliser une œuvre aussi éclatante dans leur pays ?  – Quoi ? Vous voulez réaliser une construction outrageusement contemporaine au milieu d’un bâti traditionnel ? – Un parallélépipède au milieu de constructions anciennes à toitures en pente ? – Et en plus, peint en un blanc éclatant pour qu’il puisse bien se distinguer du bâti environnant ? – Vous n’y pensez pas – Mais quel genre d’architecte êtes-vous ? – Êtes-vous au moins inscrit à l’Ordre des architectes ? – Pourquoi ce projet ne peut-il être accepté ? – Je m’étonne que vous me posiez la question :  le Patrimoine, Monsieur ! Le PATRIMOINE ! notre patrimoine sacré que nous avons hérité de nos aïeux et que nous avons le devoir de préserver, de protéger des actions irresponsables de gens comme vous… Et nous le protégeons par des forteresses inexpugnables, les forteresses à la Vauban que sont nos règlements d’urbanisme ! – Mais enfin ! Vous ne voyez pas que votre architecture, elle se voit voit comme le nez au milieu de la figure ?

    Le nez au milieu de la figure… Je me suis toujours demandé pourquoi cette formule était connotée péjorativement… Imagine t’on un visage sans nez ? Il y manquerait quelque chose de fondamental, quelque chose qui fait qu’un visage est un visage et que ce visage est unique et se distingue des autres visages. Je regarde de nouveau les photos du projet des deux jeunes architectes suédois et j’imagine la même rue vidée de leur architecture : une rue devenue anonyme et banale, à qui il manquerait soudainement quelque chose; une rue où l’esprit de l’époque, la beauté de la modernité serait absents, une rue sans relief, sans aspérité,  tel un visage sans nez…

    Pourquoi la France se distingue t’elle sur ce point du reste des pays européens ? Pourquoi s’est-elle repliée frileusement sur son passé et craint-elle l’innovation et la représentation de la modernité ? Cette situation est la résultante à mon avis d’un double état de faits : d’une part le manque de culture architecturale de la plupart de nos concitoyens et de leurs élus et d’autre part un état d’esprit particulier, que l’on retrouve dans d’autres domaines de la vie publique, marqué par le manque de confiance en soi, une incapacité à affronter à la fois le présent et l’avenir, un refus d’affronter pleinement ses responsabilités. On se réfugie alors dans l’abri bétonné du passé où l’on se rassure en contemplant les vestiges de notre ancienne splendeur.

Enki signature

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le visage, avec le nez et sans le nez…

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Johan Oscarson et Jonas Elding

l’agence d’architecture Elding Oscarson est née du désir de collaboration de Johan Oscarson et Jonas Elding. Cette structure est récente mais bénéficie  d’une forte expérience accumulée lors de responsabilités antérieures assumées en Suède et au Japon pour des projets de stature locale ou internationale et appliquée à des domaines aussi divers que la conception et la réalisation de musées, théâtres, maison d’habitation, aménagements intérieurs, design. Jonas Elding était associé à Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (SANAA) à Tokyo pendant sept ans, période pendant laquelle il a dirigé la conception pour le nouveau musée d’art contemporain à New York. Johan Oscarson était associé à Sandellsandberg à Stockholm pendant sept ans, et a conduit les dessins pour Villa Nilsson et l’intérieur du siège OMX. Nous avons la volonté de poursuivre la promotion de solutions originales en architecture et en design et de voir comment nos efforts communs peuvent contribuer à apporter des innovations dans les façons de vivre et de profiter de l’espace. Nous pensons avoir atteint notre but lorsque nous nous surprenons nous-même; et quand nos projets répondent aux besoins de l’utilisateur, aux exigences du site et aux autres paramètres qui font de chaque projet un projet unique qui  s’inscrit dans la réalité et est porteur d’une histoire.

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maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

type de Projet : maison de ville
localisation : Landskrona, Suède
architecte : Elding Oscarson
ingénieur structure : Konkret
constructeur : Skånebygg
Structure : leca-masonry, metal deck slab
surface du terrain : 75 m2
surface totale : 125 m2
coût de construction : 280,000 Euro
année de réalisation : 2009
matériaux et produits :
structure : fondations en béton armé, maçonnerie en éléments composites béton/isolant polyuréthane LECA, planchers métalliques
toiture : végétalisée (sedum) avec pièces de rive en zinc
revêtement muraux : enduits et plâtre
baies  : châssis en aluminium anodisé
chauffage : pompe à chaleur avec recyclage de l’air. Chauffage par le sol dans toutes les pièces
planchers : dalles en béton précontraint avec joints mastiqués
parquet : en épicéa lavé et pigmenté
escaliers et balustrades : en acier et caillebotis métallique

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–––– le contexte, la petite ville de Lanskrona ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    Landskrona est une petite ville d’environ 30.000 habitants située à l’extrême sud de la Suède en bordure du détroit, le Öresund, qui sépare le Danemark de ce pays. La ville abrite plusieurs monuments, dont la citadelle construite pour surveiller et contrôler le détroit. Elle possède également un port maritime, un chantier naval ainsi que la première usine d’avions de Suède. La ville est pilote en matière de protection de la nature etandskrona fait partie de villes estimées par un cercle de protecteurs de nature et de l’environnement; la fondation TEM (Technology Environment Management) de l’université de Lund a donné une impulsion déterminante à la ville pour l’amélioration des techniques environnementales utilisées dans la ville.

Fourre-Tout

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–––– les plans et les volumes intérieurs –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

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L’intérieur se compose d’un espace unique, divisé par trois  planchers en acier.

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Au rez-de-chaussée, à une extrémité du jardin, une petite construction annexe distincte du bâtiment principal sert de bureau 

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articles liés

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maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey (2011)
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Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.
Le quartier de Echo Park est un quartier résidentiel situé au nord de la ville bâti sur un site vallonné. L’architecture y est disparate avec une majorité de constructions avec toitures en pente dont beaucoup font référence au style hispanique. Le terrain était primitivement occupé par une petite bâtisse construite en 1929 qui a été démolie à l’exception des murs du sous-sol qui ont été intégrés à la nouvelle structure.
Pour répondre au programme de surface fixé sur un terrain aussi étroit les architectes ont développé la maison sur trois étages et pour économiser l’espace ont supprimé les couloirs à l’intérieur du bâtiment.

Pour la suite, c’est ICI

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Japon – Vivre à l’abri d’une cascade, architecte Hiroshi Nakamura (2012)
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Le génie de l’architecte réside dans le fait d’avoir imaginé une paroi séparative qui permette de résoudre la contradiction sans que l’un ou l’autre des impératifs soit sacrifié. Cette paroi est constituée de l’assemblage de 6.000 blocs de verre moulé de dimensions 50mm x 235mm x 50mm. Le verre utilisé est un verre borosilicate à teneur élevée en silice très transparent et extrêmement résistant aux chocs thermiques et de faible dilatation linéaire. C’est le verre utilisé par l’industrie nucléaire pour le confinement des déchets nucléaires. La masse de cette paroi de verre permet de lutter efficacement contre les nuisances sonores en provenance de la rue et sa transparence permet à la lumière naturelle en provenance de l’Est d’inonder le patio et les pièces de la maison ouvertes sur celui-ci. De même la vue sur la rue est maintenue. Cette paroi composite agit comme un filtre diffractant la lumière et créant sur les parois du patio et de la maison des miroitements, des reflets et des effets de lumière variés, se modifiant en permanence. L’effet produit est celui que créerait un mur d’eau ou une cascade qui diffracterait la lumière sur les parois environnantes et déformerait les vues. C’est cette paroi que l’architecte qualifie de optical glass façade De là nait un spectacle permanent empreint de poésie qui varie selon la position du soleil, la mise en route de l’éclairage urbain et les allées et venues des véhicules qui empruntent la chaussée.

Pour la suite, c’est ICI

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Home, sweet home : maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey

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Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

la maison « Eel Nest » à Echo Park Los Angeles, CA, USA

Données

  • Maître d’œuvre : Anonymous Architectes – Simon Storey
  • charge de projet : Ben Warwas
  • localisation : Echo Park, Los Angeles, CA, USA
  • Surface de plancher : 960 pieds carrés (environ 89 m²)
  • Surface du terrain: 780 pieds carrés (environ 72 m²)
  • Chambres : 2 – Salle de bain : 1
  • Fin des travaux : mars 2011
  • Entrepreneur : Armex construction, Los Angeles
  • photographies : Steve King et Elisabeth Daniels

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maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey - photo Elisabeth Daniels

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 14 maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey

 

 

 

 

 

 

 

la maison « Eel Nest » dans son quartier

Présentation

   Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.
   Le quartier de Echo Park est un quartier résidentiel situé au nord de la ville bâti sur un site vallonné. L’architecture y est disparate avec une majorité de constructions avec toitures en pente dont beaucoup font référence au style hispanique. Le terrain était primitivement occupé par une petite bâtisse construite en 1929 qui a été démolie à l’exception des murs du sous-sol qui ont été intégrés à la nouvelle structure.
    Pour répondre au programme de surface fixé sur un terrain aussi étroit les architectes ont développé la maison sur trois étages et pour économiser l’espace ont supprimé les couloirs à l’intérieur du bâtiment.

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 8

           

       L’entrée s’effectue au rez-de-chaussée par le volume semi-enterré conservé de l’ancienne maison dans lequel ont été aménagés un petit vestibule et un garage. Du vestibule un escalier permet l’accès au niveau 1 qui abrite l’espace séjour et la cuisine ouverte qui s’ouvrent par de grandes baies vitrées sur l’espace de la rue et sur le jardin. L’escalier a été traité en claire-voie pour ne pas réduire visuellement l’espace du séjour. Le niveau supérieur est celui des chambres (au nombre de deux) et de l’unique salle de bains. L’escalier continue sa course vers la toiture terrasse aménagée en solarium. Les grandes baies vitrées des façades et la limitation des surfaces de cloisonnement permettent à la lumière d’entrer à profusion et offrent des vues variées sur la ville.
   Parce que la maison est construite en limites de propriété, le code de l’urbanisme exigeait que ses façades soient classées coupe-feu. Pour résoudre ce problème, les architectes ont revêtu la maison d’un enduit ciment pour améliorer la résistance au feu.

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L’entrée de la maison et l’escalier d’accès au premier étage

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 3maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 2

niveau 1 : l’espace séjour et la cuisine ouverte

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey  - photo Elisabeth Daniels

niveau 1 : l’espace séjour avec sa grande baie vitrée et l’escalier à claire-voie

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 9

niveau 2 : la chambre côté jardin et la salle de bains

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 6Capture d’écran 2014-07-07 à 22.24.52

niveau 3 : la toiture terrasse aménagée et son escalier d’accès. De la terrasse, on domine Los Angeles et la vue porte jusqu’au montagnes de San Gabriel et jusqu’au signe mythique d’Hollywood. 

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey - photo Elisabeth Daniels

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Home, sweet home au Japon : vivre à l’abri d’une cascade – architecte Hiroshi Nakamura (2012).

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Non ! M. Le Corbusier, la maison ne pouvait se réduire à n’être qu’une simple « machine à habiter », elle doit aussi être une porte ouverte sur le rêve….

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Optical Glass House à Hiroshima, architectes : Hiroshi Nakamura & NAP

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Hiroshi Nakamura : né à Tokyo, 1974.  Etudes d’architecture au Département d’architecture, diplômé de l’Université de Meiji en 1999. Hiroshi Nakamura a travaillé de 1999 à 2002 en tant qu’ingénieur en chef pour le célèbre architecte japonais Kengo Kuma & Associates En 2012 sa réalisation « Optical Glass House » a obtenu un prix pour l’architecture émergente. 
Prix et récompenses : Grand Prix, JCD Design Award 2006 / Grand Prix, GOOD DESIGN AWARD 2008 / attribution Shinkenchiku 2010 / Conception Vanguard 2010. Hiroshi Nakamura est classé au ARCHITECTURAL RECORD TOP parmi les 10 architectes qui comptent dans le monde (Etats-Unis).

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Information sur le projet

Nom du projet: « Optical Glass House »
fonction : maison d’habitation
conception : Hiroshi Nakamura & co sieste, ltd.
conception de structures : Moribe yasushi
structure : structure en béton armé
façades : verrez et briques de verre
toiture : traitée en terrasse
entrepreneur : société Imai
emplacement: naka-ku, Hiroshima-shi, Hiroshima, Japon
surface du terrain : 243.73 m2
superficie totale de plancher: 363.51 m2
année d’achèvement : mars 2012
crédit photographique : Koji Fujii, Nacasa & Partners.

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A_Modern_Journey_to_the_West6    L’un des contes les plus fameux de la littérature chinoise classique, Le Voyage vers l’Ouest raconte les aventures de Sun Wukong (Son Gokû en japonais) surnommé le Roi des Singes, un singe de nature espiègle né d’un rocher et doué de pouvoirs magiques. Le premier de ses exploits le montre, alors qu’il vient à peine de naître, faire franchir à une troupe de singes une cascade derrière laquelle se trouve une grotte, Huaguoshan Dongtianla Caverne Céleste du Mont des Fleurs et des Fruits dont il fera son royaume et dans laquelle il vivra un moment avec sa tribu. L’un des plus grands illustrateurs japonais, Tsukioka Yoshitoshi a réalisé une série d’estampes mettant en scène les aventures du célèbre singe et l’une d’entre elles le montre en train de traverser la cascade.

    La traversée de la cascade qui cache l’entrée d’une caverne enfermant un trésor fabuleux ou permettant à des héros de se soustraire à la traque de poursuivants est un classique de de l’imaginaire tintin_falls_6859populaire et de la littérature enfantine et nous avons tous rêvé, enfants, qu’après avoir franchi la cascade, comme le font Tintin, le capitaine Haddock et le petit indien Zorrino dans le Temple du soleil, nous retrouver dans un autre monde, un monde fabuleux, comme si nous avions traversé le miroir…

    Voici à titre d’exemple l’extrait d’un dialogue tiré d’un scénario de science-fiction dans lequel deux personnages accèdent à une caverne merveilleuse en franchissant une cascade :

Jack et Tosh entreprirent de faire le tour du lac. Le projet se révéla ambitieux car la végétation était encore plus dense. Il leur fallait par moment entrer dans l’eau le long de la berge pour pouvoir passer. Jack ne lâchait pas la main de Tosh. Elle eut rapidement l’air épuisé. Il la trouvait courageuse, car elle ne se plaignait jamais. Finalement, ils arrivèrent à la hauteur de la cascade.
– Tu sais Jack, j’espère qu’il y a quelque chose derrière, car je ne me sens pas capable de  retourner de suite où nous étions!
– Viens! Approchons-nous! lui dit-il d’un grand sourire charmeur destiné à lui redonner du courage.
Il se faufila le premier derrière les trombes d’eau, tout en se tenant aux rochers afin de ne pas se faire entraîner par quelques violentes giclées. Une fois de l’autre côté, il tendit la main à Tosh qui la saisit avec force. Jack la tira vers lui et la récupéra de l’autre côté.
Tous deux se retournèrent dans un même élan et constatèrent avec stupéfaction la beauté du lieu dans lequel ils se trouvaient.
Une immense caverne se dévoilait devant leurs yeux. Un grand lac se trouvait aussi de ce côté de la cascade. Ils s’approchèrent de l’eau et constatèrent que de la vapeur s’en échappait. Jack approcha sa main de la surface avec précaution afin d’évaluer le degré de température de l’eau. La vapeur étant loin d’être brûlante, il finit par plonger la main.
– Whaou! La température idéale! Bonjour la baignoire! s’exclama Jack.
Tosh, surprise fit de même.
– Un lac chauffé par la roche magmatique profonde! déduisit Tosh.
Alors qu’ils se redressaient, ils réalisèrent que la seule ouverture visible était celle par laquelle ils s’étaient faufilés et qui était en partie masquée par le rideau d’eau.
Pourtant, l’intérieur de la caverne était suffisamment clair. En fait, elle était baignée par une lumière douce et verte. Ce lieu était vraiment aussi beau qu’à l’extérieur! Quelle planète paradisiaque!
– Regarde les parois Jack! On dirait qu’elles sont recouvertes d’une substance fluorescente!
– Il semblerait que ce soit des algues microscopiques! On dirait qu’avec le temps, elles ont colonisé presque toutes les parois de la caverne, répondit Jack en jetant un regard circulaire.

   Ces images rêvées que la plupart d’entre nous n’ont fait qu’imaginer, elles existent dans la nature et quelques privilégiés ont pu les contempler.

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Les archétypes mêlés de la cascade et de la grotte
     Dans ce cas particulier nous nous trouvons en présence d’un double archétype, celui des eaux courantes et violentes et celui de la caverne. Les eaux violentes que Bachelard a analysé de manière remarquable dans L’eau et les rêves expriment à la fois les thèmes héraclitéens du mouvement qui anime toutes choses, de la fuite de la vie et du temps et la colère que manifeste parfois les éléments naturels et il est vrai qu’une cascade inquiète; le mouvement furieux et désordonné des eaux qui dévalent les pentes et se ruent bruyamment vers l’abîme est pour nous l’expression d’une folie destructrice qui pourrait nous emporter. Le flux de la cascade est vertical et pressé ; lorsque Héraclite compare le mouvement naturel du monde au flux régulier d’un fleuve : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », ce flux est lent au point que l’on s’en rend à peine compte, ce qui nous permet de ne pas trop nous inquiéter du temps qui passe. Notre sérénité est encore renforcée par le fait que le flux du fleuve se développe sur un plan horizontal qui est celui de la terre où nous vivons, un monde familier et rassurant. Le flux des eaux de la cascade est lui, vertical et rapide, il provient du ciel et se rue vers les profondeurs de la Terre; véritable Axis Mundi, au sens où l’entend Mircea Elliade, il nous met en relation avec les puissances cosmiques supérieures. Les cieux, même pour les esprits matérialistes que nous sommes devenus, sont encore inconsciemment le lieu qui abritent les forces supérieures qui dirigent ou exercent une influence sur nos vies, que ces puissances soient des divinités ou simplement des astres. Les profondeurs de la Terre vers lesquelles se ruent les eaux de la cascade et parfois même s’y engouffrent et disparaissent sont le domaine des puissances négatives et infernales et le séjour des morts. Nul doute que les eaux de la cascade après un long périple dans le monde souterrain finissent par rejoindre le Styx, le fleuve que Caron fait traverser aux défunts sur sa barque pour les conduire au Royaume des Morts. La cascade inquiète par le monde sacré qu’elle révèle et de là vient sans doute le sentiment de vertige que l’on éprouve lorsque l’on s’en approche. En même temps la cascade, par ses eaux claires, bouillonnantes et écumantes venues du ciel est purificatrice et c’est effectivement l’une des fonctions qu’elle assume dans les cultures chinoise et japonaise.
    La grotte, elle, premier abri de l’homme, est le refuge, elle symbolise le sein maternel, la matrice où nous avons vécu un temps en toute sécurité dans notre état fœtal et pour lequel nous éprouvons une nostalgie. Y retourner nous est interdit parce ce désir exprime un refus ou une incapacité d’assumer notre condition d’adulte et est le signe d’une régression. Franchir la cascade est une épreuve ou une initiation, c’est le signe d’une transgression ou d’un passage au même titre que l’immersion par le baptême est le signe d’un changement fondamental, d’une métamorphose. A l’intérieur de la grotte nous sommes en sécurité, le monde extérieur est là, à portée de main, mais nous nous ne le percevons que de manière déformée à la manière des ombres projetées des prisonniers de la caverne de Platon qui apparaissaient déformées sur les parois et donnaient une fausse idée de la réalité. Nous sommes dans un « entre-deux », un « autre monde » situé en dehors de l’espace et du temps et nous sommes exclu de la réalité. Mais il faudra bien qu’à un moment, comme l’a fait l’un des prisonniers de la caverne, nous nous décidions de fuir et pour cela traverser de nouveau la cascade, cette fois dans le sens inverse, et rejoindre le monde réel…

la symbolique de la cascade dans la peinture chinoise, coréenne et japonaise
   La cascade est l’un des thèmes essentiel de la peinture chinoise et ceci très tôt dés le VIIe siècle avec la dynastie des Tang. Dans le couple fondamental qui fonde le paysage formé par la montagne et l’eau, la cascade s’oppose au rocher, comme le yin et le yang. Son mouvement descendant équilibre le mouvement ascendant de la montagne et la dynamique de son flux équilibre l’immobilité et la passivité du rocher. La cascade apparaît comme le mouvement élémentaire, indompté, des « courants de forces » qui animent l’univers et qu’il convient de canaliser et de domestiquer en vue d’un profit spirituel. Certaines légendes originaires de Chine lient les carpes Koi, les cascades et les dragons. C’est en réussissant à franchir les rapides et les cascades dans les lieux appelés « les Portes du Dragon » que les carpes Koi se métamorphosent en dragons d’eau et deviennent ainsi les symboles de lutte, de courage et d’aspiration à atteindre des objectifs élevés. 

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Les rites shintoïstes de purification au Japon
  Le shintô ou « voie des Kami » (voie des dieux) est la religion indigène du Japon. Fortement marqué par son animisme originel, il voue un culte à de multiples divinités naturelles locales et se réfère à trois grandes valeurs essentielles : le culte de la nature avec laquelle il faut rechercher l’harmonie, la pureté rituelle au travers de laquelle on atteint la simplicité dans la vie et l’harmonie avec la nature. et la communion de l’homme avec les divinités, les kamis. Pour le shintoïsme, l’univers est le jeu le jeu d’énergies indestructibles apparaissant en un changement constant dans les phénomènes naturels qui sont des divinités qu’il convient de vénérer pour obtenir leurs faveurs. Parmi ces phénomènes naturels, la cascade constitue l’un des phénomènes naturels sacrés car l’eau purifie l’ascète et le régénère.

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symbolisme de la cascade glacée
   De nouveaux sports de glace sont apparus il y a une vingtaine d’année : l’ascension de cascades gelées et l’exploration des crevasses des glaciers. Avec la cascade glacée, on pourrait penser qu’Héraclite est mis en défaut puisque le flux vital qui anime la marche du monde et le corps des choses a été stoppé. Il en est rien, d’abord parce que la glaciation et l’état de repos forcé de la matière qui en résulte n’est que momentané même si ce moment peut paraître très long à l’échelle humaine. La fonte des glaces polaires causé par le réchauffement climatique met à jour, fait fondre et recycle des glaces figées depuis de très longues périodes qui libèrent des spores dont certaines ont conservé leur capacité de germination. On ne peut traverser la paroi de glace, on ne peut accéder à la grotte qu’en la contournant, le flux d’eau vivante qui se purifiait et se régénérait par l’afflux d’oxygène n’est plus qu’une masse pétrifiée, figée dans la petite mort de son endormissement. Pour le locataire de la grotte, c’est la vie qui s’est enfuie et son lieu d’accueil a désormais l’apparence d’un sépulcre. Le phénomène de distanciation avec le monde extérieur, la réalité, s’est encore amplifiée. Les contes et les légendes foisonnent de ces situations de ralentissement ou d’endormissement du cycle de la vie. C’est tantôt le soleil qui ne revient pas et qui laisse la place à une nuit éternelle, une princesse qui tombe dans un sommeil profond dont on ne peut la tirer, un royaume où le cycle des saisons s’est interrompu. Toutes ces situations ne font que reprendre le thème du mythe grec de Perséphone, enlevée par Hadès le dieu des Enfers dont la mère Déméter avait interrompu par représailles le rythme des saisons et réduit la terre à la famine. La cascade glacée est un symbole de mort. Les fées ou les reines des glaces sont en général des créatures du mal…

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La maison de la cascade d’Hiroshi Nakamura

ml_h-nakamura    Je ne sais si Hiroshi Nakamura, l’architecte qui a conçu L’optical Glass House, avait en tête des pensées et des images de ce genre lorsqu’il a élaboré son projet mais ce qui est sûr c’est que la préoccupation poétique et l’imaginaire spécifique de la culture japonaise n’était pas absents de sa démarche et ont irrigué sa pensée et ses actions : « J’ai conçu la façade de manière à ce qu’elle apparaisse comme une chute d’eau s’écoulant vers le bas, diffusant de la lumière et remplissant l’air de fraîcheur » Il a également déclaré avoir voulu créer en plein cœur d’une zone urbaine une oasis privée protégée d’où les résidents pouvaient bénéficier de l’animation créée par les mouvements de personnes et de la circulation au-delà des murs : « La vision maintenue sur le paysage urbain avec le défilé silencieux et serein des voitures et des tramways qui passent confère une richesse à la vie dans la maison ».

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L’optical Glass House dans son environnement urbain

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Un défi à relever 
    Lorsque l’on visualise le bloc d’immeubles à l’architecture banale et triste, en bordure d’une route à grande circulation génératrice de nuisances diverses et de bruit au sein duquel est venu se nicher le projet élaboré par Hiroshi Nakamura, on se dit, que pour beaucoup, le découragement aurait pu l’emporter et la tentation grande de se fondre dans la banalité ambiante. Il est tout à l’honneur de cet architecte d’avoir relevé le défi et d’avoir eu la volonté de résoudre les problèmes posés par le site en inventant pour cela des techniques sophistiquées imaginatives empreintes de poésie.

Recherche d’intégration au bâti existant
    L’architecte n’a pas cherché à singulariser sa construction de manière formelle par rapport aux autres construction. le désordre apparent de l’architecture que nous percevons au premier coup d’œil masque en fait un ordre sous-jacent définit par la succession stricte de volumes parrallélépipédiques le long de l’avenue. C’est la différence de taille entre ces volumes, immeubles de 10 étages qui côtoient des maisons individuelles d’à peine deux niveaux qui créé le trouble. Créer dans « la dent creuse » qui  devait accueillir le projet une architecture trop originale sur le plan formel ou exubérante ne faisant pas référence au parallélépipède ou au cube aurait ajouté au désordre ambiant par l’irruption dans l’alignement urbain des façades d’un corps étranger. L’architecte a donc sagement choisi d’exprimer sur la rue son architecture par un simple rectangle se rapprochant par ses proportions du carré. Cette structure s’apparente  sur le plan formel à deux constructions existantes sur le même côté de la rue : une maison adjacente et la maison située juste après l’immeuble de dix étages construit de l’autre côté. La construction se démarque néanmoins de ses voisines par le traitement violemment coloré de son soubassement qui agit comme un signal lumineux dans un décor où le gris domine et par la transparence de sa façade supérieure qui laisse deviner les silhouettes de quelques arbres, signes de la présence d’un jardin.

le défi architectural
   L’étroitesse et la petitesse du terrain (environ 244 m2) imposait de construire de limite en limite au moins en ce qui concerne les limites latérales et en hauteur (R+2). Construire en bordure même de la route comme l’avaient fait les immeubles voisins aurait conduit à pénaliser les occupants en les mettant en contact direct avec les nuisances apportées par la route : bruits, agitation, intrusion dans l’espace privé. L’architecte a donc choisi sagement de reculer de quelques mètres la façade de la maison de la limite avec la voie publique. L’espace tampon intermédiaire a été traité en patio planté et permet ainsi la présence d’un morceau de nature dans ce milieu urbain totalement minéral. Ce patio ne pouvait rester totalement ouvert sur la voie publique car il n’aurait réglé dans ce cas que très partiellement les problèmes de nuisances. Il fallait donc le clôturer afin qu’il protège l’intimité des occupants de la maison. Cet organisation de la maison en bordure ou autour d’un jardin clos isolé de la voie publique est d’ailleurs le plan classique des maisons traditionnelles au Japon. Le problème était qu’avec cette solution traditionnelle, la maison et le patio étaient nettement séparés de la rue, privés de son animation et d’une partie de la lumière naturelle. Les désirs des occupants apparaissaient contradictoires : vouloir à la fois s’isoler de la voie publique et de ses nuisances et en même temps s’ouvrir sur celle-ci pour pouvoir bénéficier de l’apport de lumière naturelle et de son animation…

Une idée géniale
    Le génie de l’architecte réside dans le fait d’avoir imaginé une paroi séparative qui permette de résoudre la contradiction sans que l’un ou l’autre des impératifs soit sacrifié. Cette paroi est constituée de l’assemblage de 6.000 blocs de verre moulé de dimensions 50mm x 235mm x 50mm. Le verre utilisé est un verre borosilicate à teneur élevée en silice très transparent et extrêmement résistant aux chocs thermiques et de faible dilatation linéaire. C’est le verre utilisé par l’industrie nucléaire pour le confinement des déchets nucléaires. La masse de cette paroi de verre permet de lutter efficacement contre les nuisances sonores en provenance de la rue et sa transparence permet à la lumière naturelle en provenance de l’Est d’inonder le patio et les pièces de la maison ouvertes sur celui-ci. De même la vue sur la rue est maintenue. Cette paroi composite agit comme un filtre diffractant la lumière et créant sur les parois du patio et de la maison des miroitements, des reflets et des effets de lumière variés, se modifiant en permanence. L’effet produit est celui que créerait un mur d’eau ou une cascade qui diffracterait la lumière sur les parois environnantes et déformerait les vues. C’est cette paroi que l’architecte qualifie de optical glass façade De là nait un spectacle permanent empreint de poésie qui varie selon la position du soleil, la mise en route de l’éclairage urbain et les allées et venues des véhicules qui empruntent la chaussée. C’était le but recherché par Hiroshi Nakamura qui souhaitait réaliser une maison qui ne serait pas refermée sur elle-même, totalement coupée de la vile et de la nature mais au contraire ouverte sur le monde.

Aspect du mur côté rue, effets d’ombres portées et tâches lumineuses changeantes sur les murs mitoyens du patio et sur les parois des pièces donnant sur celui-ci

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Capture d’écran 2014-06-13 à 10.45.21composition de la structure et fabrication des briques de verre
   La paroi de verre forme un carré de !,6 m de côté et pèse au total 13 tonnes. Elle ne pouvait assurer sa stabilité de manière indépendante et a du être maintenue par l’incorporation d’une trame métallique et supportée par une poutre en partie supérieure. Chaque brique de verre a donc été percée de 2 trous qui permettent le passage de  75 tiges d’acier inoxydable suspendues au cadre en béton armé et en acier et a nécessité pour sa stabilité l’incorporation de  75 tiges d’acier inoxydable suspendues à un cadre en béton armé et en acier. La poutre de support, si elle avait été construite uniquement en béton aurait été massive et aurait nuit à l’effet de légèreté recherché. Ses dimensions ont été réduites au minimum par l’utilisation d’une structure composite en acier et béton précontraint. Les contraintes latérales ont été également réduites par l’incorporation de barres en acier plat de dimensions 40 x 4 mm. Ces barres sont logées à l’intérieur des blocs de verre pour les rendre invisibles et ainsi un joint d’étanchéité de 6 mm. Le résultat est une façade transparente, vue du jardin ou de la rue produisant des effets optiques inattendus dans l’espace intérieur.

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Processus de fabrication et de montage des briques de verre

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organisation de la maison : coupe et plans

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coupe longitudinale

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plan du Rez-de-chaussée : garage, hall d’entrée, chambre d’appoint, salle de jeu

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Volume de l’entrée au rez-de-chaussée, le bassin du patio du niveau 1 a son fond vitré qui permet un éclairage zénithal de ce volume et la projection des ombres portées des arbres sur les parois.

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niveau 1 : patio, séjour, salle à manger, cuisine, buanderie – photos ci-dessous : patio, séjour et salle à manger

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le séjour/salon est totalement ouvert sur le patio/oasis et n’est protégé contre les éléments extérieurs  que par un léger rideau de métal à parement réalisé par pulvérisation cathodique.

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niveau 2 : 3 chambres et salles de bains

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la magie opère aussi à l’extérieur

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Optical Glass House by Hiroshi Nakamura & NAP – video YouTube

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L’avis d’Enki

    Les maisons contemporaines sont à l’image de la vie que la majorité de nos concitoyens qui vivent dans les villes mène désormais : une vie le plus souvent coupée de la nature et d’où les signes de l’existence et de la présence du Cosmos se réduisent de plus en plus. Dans nos villes, l’excès d’éclairage artificiel a fait disparaître les étoiles. Les berges des cours d’eau ont été canalisées et les plus petits d’entre eux ont été enterrés et recouverts de béton. Nous passons une grande partie de notre temps dans notre voiture, dans les transports en commun et dans des espaces clos et confinés pour nous protéger de tout ce que nous jugeons négatif ou excessif dans les effets du climat. Dans certains immeubles, les baies ne peuvent plus s’ouvrir, économie d’énergie et conditionnement de l’air oblige. Le vent, le courant d’air sont proscrits, l’air même que nous respirons peut être un ennemi.  Les habitants des grandes villes ne connaissent que rarement le bonheur de flâner le long d’un ruisseau et de jouir du spectacle des auréoles formées par la chute des gouttes de pluie sur un plan d’eau. La Nature a été évacuée de notre environnement direct et n’est la plupart du temps présente que sous une forme abâtardie. La plupart de nos maisons sont des espaces aseptisés, des « machines à habiter » comme les désignait Le Corbusier tout juste bons à satisfaire nos besoins physiques fondamentaux. En même temps, les liens entre le lieu d’habitation et la Cité s’est distendu et le lien social se délie. la ville, pour ses habitants n’apparaît plus comme le lieu des échanges sociaux mais comme un lieu de nuisances dont il faut se protéger.
   L’architecte japonais Hiroshi Nakamura a choisi de lutter contre cette réduction et cet appauvrissement. Dans une situation difficile presque désespérée résultant de la médiocrité de l’environnement ambiant – une route à grande circulation source de nuisances multiples bordée d’immeubles de dix étages à l’architecture le plus souvent médiocre –, il a réalisé une construction qui, au-delà de la performance technique et architecturale, se veut un acte de foi et de confiance dans la vie, une vie qui ne serait plus étriquée et amputée de ses relations avec la nature et la cité, mais une vie pleine, ouverte, embrassant le monde dans sa totalité. La nature, tout d’abord, Hiroshi Nakamura a réussi à la rendre omniprésente grâce à des symboles et des signes puissants visibles de toutes les pièces. L’espace tampon séparant la maison de la rue est plus qu’un patio, l’architecte magicien a réussi à en faire une oasis, une oasis de verdure, de calme et de fraîcheur où l’eau et la lumière ruissellent, un havre de paix tout en maintenant un lien visuel avec le monde minéral plein d’agitation et livré à une fureur bruyante qui l’encercle.

David contre Goliath

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   Le premier des défis à relever concernait le problème posé par l’intégration d’une construction de petite dimension dans l’alignement des grands immeubles de bureaux ou d’habitation bordant cette voie routière à grande circulation. L’architecte a choisi une solution qui lui permet tout à la fois de s’intégrer dans le bâti existant en réutilisant le vocabulaire architectural mis en œuvre sur le site et de s’en démarquer par le choix des matériaux et des couleurs et dans ce choc des deux architectures, c’est le petit David qui, grâce à ses facultés inventives en matière de technologie et d’esthétisme, sort vainqueur de la confrontation qui l’opposait aux Goliaths.

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La paroi magique
     C’est bien de magie qu’il est question : imaginez une paroi de verre qui bloque le son, filtre et réfracte la lumière, métamorphose les images en provenance de la rue en un jeu mouvant de formes et de couleurs imprécises, une paroi translucide dont on ne sait plus si elle est de verre ou si elle est constituée d’un mur d’eau figé, d’une cascade qui aurait été soudainement gelée ou pétrifiée. Cette paroi magique apparaît comme un immense kaléidoscope qui projette en permanence sur toutes les parois du patio et de la maison, murs, sols, plafonds, des reflets d’ombre et de lumière, des tâches colorées mouvantes et changeantes dans un spectacle continu. Cette paroi ne constitue pas une barrière infranchissable contre la ville, elle agit comme un filtre magique qui ne laisse passer les images qu’après les avoir lissées, rendues inoffensives et bienveillantes. L’effet de « chute d’eau » produit par  la paroi de verre est suggestif au point que Hiroshi Nakamura lui-même va jusqu’à déclarer que cette paroi a un effet de « rafraichissement » du patio.

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Les jardins
   Le jardin-patio constitue avec la paroi de verre contre laquelle il est adossé, un espace naturel tampon entre la maison et la ville. Avec la paroi de verre qui s’apparente à une cascade, la présence d’arbres et un plan d’eau sur la surface duquel se reflète les jeux de lumière provenant de la paroi de verre, il symbolise la nature dans tous ses états. Ce jardin  est visible depuis toutes les chambres, et le caractère translucide de la paroi de verre permet aux occupants de la maison de visualiser le défilé silencieux et serein des voitures et des tramways qui passent sur la voie urbaine.
    Un deuxième jardin se développant sur deux niveaux est situé à l’arrière de la maison.

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Le jardin-patio « oasis » : un jardin symbolique, à travers les quelques érables et végétaux plantés ce sont les forêts montagneuses profondes du Japon que les habitants ont en tête, la paroi de verre translucide représentent pour eux les cascades sacrées protectrices et purificatrices, le bassin représente les lacs et les eaux dormantes. On est surpris de le pas voir la présence d’un rocher à la forme remarquable comme on les trouve habituellement dans les jardins Zen…

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Le bassin des sortilèges
    La paroi verticale et ses effets se projette et se double sur le plancher horizontal du patio en se mirant dans l’eau d’un bassin. Ce bassin est l’objet d’un sortilège : il est sans fond et à travers lui on distingue, à partir du jardin-patio, le vestibule de l’entrée de la maison au rez-de-chaussée. A l’inverse, lorsque l’on se trouve dans le vestibule du rez-de-chaussée, on distingue par transparence la végétation du patio et la cascade figée. Celle ci projette sur la surface de l’eau du bassin et jusqu’au sol du vestibule ses miroitements et ses reflets. Lorsque le temps est à la pluie, les gouttes d’eau qui heurtent la surface du plan d’eau créent de multiples effets d’auréoles visibles par le haut à partir du séjour du niveau 1 et du patio mais aussi depuis le bas, en plafond, à partir du vestibule du rez-de-chaussée. Ces auréoles sont visibles une nouvelle fois sur le sol du vestibule par projection.
 La mise en scène de l’entrée dans la maison dans le passage dans le vestibule  sous le plan d’eau du jardin-patio dont les miroitements lumineux se reflètent sur les parois s’apparente à la traversée mythique de la cascade qui ouvre la voie à la caverne. La pénétration dans la maison est ainsi investie d’une haute valeur symbolique.

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la danse des voiles
     Comment perçoit-on le mieux l’effet poétique du vent dans une maison ? Par son action sur les rideaux. Dans la maison de la cascade, la pièce de séjour s’ouvre totalement sur le patio-jardin dont elle n’est séparée que par un rideau transparent de métal léger réalisé par pulvérisation cathodique que le moindre souffle d’air fait flotter. Lorsqu’il se replie, le rideau révèle une seconde paroi de blocs de verre à l’arrière de la salle, qui borde l’escalier central qui relie les différents niveaux. Lorsque l’on voit le léger voile danser sous l’action du vent on pense irrésistiblement au tableau intitulé « Vent de la mer » que le peintre André Wyeth a peint en 1947.

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le vent marin d’André Wyeth et le rideau métallique transparent de l’Optical Glass House

Enki signature °°
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le 4 juin 2014

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Sujet lié : voir l’article La maison sur la cascade de Frank Lloyd Wright (1936-1939). C’est ICI

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