dernière ballade dans le massif des Bauges avant la neige

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hameau de Mont-Derrière à Bellecombe-en-Bauges (haute-Savoie)

 

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Environs d’Annecy : retour dans le secteur des Dents de Lanfon

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John Ruskin - les dents de Lanfon - 1863

John Ruskin – les Dents de Lanfon au-dessus du lac d’Annecy – 1863

« Les montagnes sont les cathédrales de la Terre »

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IMG_4403    Aujourd’hui, dimanche 17 août nous avons décidé avec mon fils Michael de trainer nos guêtres dans le secteur des Dents de Lanfon. La journée promet d’être belle et j’ai envie de poursuivre la promenade que j’avais entamé une dizaine de jours plus tôt. La virée ne sera pas très longue et c’est en fin de matinée que nous quittons le chalet de l’Aulp, au col du même nom, au départ du sentier montant à la Tournette.

  Voici quelques clichés pris avec mon Iphone des paysages fantastiques que nous avons pu apprécier au cours des cinq heures de randonnée qui ont suivi…

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Vue de notre point de départ, le col de l'Aulp avec le spremiers contreforts de la Tournette - photo Enki (IMG_4495)

Vue de notre point de départ, le col de l’Aulp au pied des  premiers contreforts de la Tournette

le sympathique chalet La Froulaz au-dessus du col des Nantets où nous n'avons pu résister à une bière bien fraîche - photo Enki (IMG_4408)

la sympathique terrasse du chalet La Froulaz au-dessus du col des Nantets où nous n’avons pu résister à déguster une bière bien fraîche – En arrière plan la massive et fière Tournette

Vue du col de l'Aulp, du lac d'Annecy et du massif des Bauges

Vue de la Tournette, du col de l’Aulp, du lac d’Annecy et du massif des Bauges

Ce fut là que je démêlai sensiblement dans la pureté de l’air où je me trouvai la véritable cause du changement de mon humeur, et du retour de cette paix intérieure que j’avais perdue depuis si longtemps. En effet, c’est une impression générale qu’éprouvent tous les hommes, quoiqu’ils ne l’observent pas tous, que sur les hautes montagnes, où l’air est pur et subtil, on se sent plus de facilité dans la respiration, plus de légèreté dans le corps, plus de sérénité dans l’esprit. Les méditations y prennent je ne sais quel caractère grand et sublime, proportionné aux objets qui nous frappent, je ne sais quelle volupté tranquille qui n’a rien d’âcre et de sensuel. Il semble qu’en s’élevant au-dessus du séjour des hommes, on y laisse tous les sentiments bas et terrestres, et qu’à mesure qu’on approche des régions éthérées, l’âme contracte quelque chose de leur inaltérable pureté. On y est grave sans mélancolie, paisible sans indolence, content d’être et de penser : tous les désirs trop vifs s’émoussent, ils perdent cette pointe aiguë qui les rend douloureux ; ils ne laissent au fond du cœur qu’une émotion légère et douce ; et c’est ainsi qu’un heureux climat fait servir à la félicité de l’homme les passions qui font ailleurs son tourment. Je doute qu’aucune agitation violente, aucune maladie de vapeurs pût tenir contre un pareil séjour prolongé, et je suis surpris que des bains de l’air salutaire et bienfaisant des montagnes ne soient pas un des grands remèdes de la médecine et de la morale.  –   Rousseau, La Nouvelle Héloïse, lettre XXIII à Julie, 1ère partie.

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Au loin le massif des Bauges avec ses montagnes aux formes tourmentées telles les vagues agitées d’un océan en furie.

« Rien n’est logique et rien ne semble absurde comme l’océan. Cette dispersion de soi-même est inhérente à sa souveraineté et est un des éléments de son ampleur. Le flot est sans cesse pour et contre. Il ne se noue que pour se dénouer. Un des versants attaque, un autre délivre. Pas de vision comme les vagues. Comment peindre ces creux et ces reliefs alternant, réels à peine, ces vallées, ces hamacs, ces évanouissements de poitrails, ces ébauches ? Comment exprimer ces halliers de l’écume, mélanges de montagnes et de songe ? »  – Victor Hugo – L’homme qui rit.

Au-dessus du Pas de l'Aulp qui permet de franchir la barre rocheuse séparant l'alpage des Nantets et celui de l'Aulp Riant dessus - photo Enki (IMG_4430)

Au-dessus du Pas de l’Aulp qui permet de franchir la barre rocheuse séparant l’alpage des Nantets de celui de l’Aulp Riant dessus – On distingue le muret de pierres sèches qui sépare les troupeaux du vide. A gauche, Gracie tel un sphynx hiératique ou un chien-lion japonais gardien du temple…

l'Aulp Riant Dessus - IMG_4437

l’Aulp Riant Dessus et ses chalets d’alpage dominés par la Pointe de Talamarche (1850 m)

L'Aulp Riant Dessous et l'arrière des Dents de Lanfon - photo Enki (IMG_4444)

le Pas conduisant à l'Aulp Riant Dessous et la face nord des Dents de Lanfon - photo Enki (IMG_4441)

le Pas conduisant à l’Aulp Riant Dessous et la face nord des Dents de Lanfon

Col des Frêtes et faces nord des Dents de lanfon - photo Enki (IMG_4486)

Col des Frêtes et faces nord des Dents de Lanfon

Face sud des Dents de Lanfon avec en arrière-plan le Roc de Chère et lac d'Annecy - photo Enki (IMG_4462)

Face sud des Dents de Lanfon avec en arrière-plan le Roc de Chère et lac d’Annecy

Gracie admirant le paysage - IMG_4474

Gracie admirant le paysage

Dents de lanfon - sur le chemin du retour - (IMG_4465)

Sur le chemin du retour…

Dents de Lanfon - photo Enki (IMG_4479)

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Environs d’Annecy : excursion au pied de la Tournette

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   Ce vendredi 8 août, le soleil est enfin revenu. Vite, une excursion est programmée dans le massif de la Tournette…

En route vers le Col des Nantets, ravin en forêt (IMG_4168) - photo Enki

En route vers le Col des Nantets, ravin en forêt (IMG_4168) – photo Enki

Les Dents de Lanfon bien plantées sur leur gencive (IMG_4199) - photo Enki

Les Dents de Lanfon bien plantées sur leur gencive (IMG_4199) – photo Enki

Le contrefort Sud des Dents de Lanfon (IMG_4177) - photo Enki

Le contrefort Sud des Dents de Lanfon (IMG_4177) – photo Enki

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Dents de Lanfon et lac d’Annecy – vue panoramique (IMG_4196) – photo Enki

Vue panoramique sur le massif des Bauges (IMG_4191) - photo Enki

Vue panoramique sur le massif des Bauges avec le chalet La Froulaz (IMG_4191) – photo Enki

Au premier plan : le col et le chalet de l'Aulp et en arrière plan le massif des Bauges (IMG_4184) - photo Enki

Au premier plan : le col et le chalet de l’Aulp et en arrière plan le massif des Bauges (IMG_4184) – photo Enki

le menu du chalet La Froulaz au-dessus du col des Nantets (IMG_4192) - photo Enki

le menu du chalet La Froulaz au-dessus du col des Nantets (IMG_4192) – photo Enki

Avant l'ascension de la Tournette (encore en forme...) Henrik, Elisa et Mike (IMG_4166) - photo Enki

Avant l’ascension de la Tournette (encore en forme…) Henrik, Elisa, Mike et Gracie (IMG_4166) – photo Enki

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Des petits Huang Shan à deux pas de chez moi : Parmelan (Bornes), Semnoz, Roc des Bœufs (Bauges)

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Pic_-_HuangShan

 Huangshan     Connaissez vous les monts Huang, ou Huang Shan qui signifient littéralement en chinois « la montagne jaune » ? . C’est un massif montagneux granitique de la province de l’Anhui méridional, à l’est de la Chine. La région est connue pour la magnificence de ses paysages à l’aspect changeant formés d’une multitude de pics piquetés de pins aux formes tourmentées émergeant de mers de nuages et de bruines. Ces montagnes mythiques ont toujours constituées un sujet privilégié pour la peinture et la littérature chinoises traditionnelles et sont aujourd’hui une destination touristique prisée. Un million de visiteurs les visitent chaque année.  Eh bien à deux pas de chez moi, sur les bords du Lac d’Annecy, j’ai la chance d’avoir de multiples petits Huang Chang à portée de main, ou plus exactement de pieds… Il s’agit du vaste plateau de lapiaz du Parmelan (1.832 m), de l’arête du Roc des Bœufs (1.774 m) qui fait charnière entre le col de Leschaux et la vallée d’Entrevernes et du Semnoz (1.699 m) qui sont des massifs composés de roches calcaires dures formées par sédimentation pendant la période de l’urgonien (entre  -130 à -112 millions d’années) au fond de mer tropicales peu profondes. Les points de départ des randonnées pédestres permettant d’accéder à ces sommets se situent tous à environ Trois quarts d’heure d’Annecy.
pin à crochetOn y trouve, selon les sommets, des lapiaz, sortes de crevasses, fissures ou rigoles creusant la roche calcaire plus ou moins profondément, des falaises verticales de plusieurs centaines de mètres, des plateaux aux formes arrondies lorsque les couches supérieures datant de l’urgonien ont été érodées (Semnoz). A cette altitude, compte tenu des conditions difficiles résultant de l’altitude (froid, vent, ensoleillement et substrat rocheux), le pin à crochet ou pin de Briançon (pinus uncinata) est un des rares arbres encore présent. Ce sont ces pins aux formes tourmentées lorsqu’ils sont accrochés aux flancs des falaises qui donne aux lieux qu’ils ont colonisés une allure qui fait parfois penser aux pins des monts Huang Shan de Chine (pinus hwangshanensis).

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montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 par Enki -  DSC_0386montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 par Enki

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 12h 58 par Enki - DSC_0434

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 12h 58 par Enki

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 18 par Enki - DSC_0458

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 18 par Enki

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montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 27 par Enki

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 27 par Enki - DSC_0461

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 27 par Enki

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 30 par Enki - DSC_0467

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 13h 30 par Enki

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 12h 56 par Enki - DSC_0432montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 12h 56 par Enki - DSC_0431

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 12h 53 par Enki - DSC_0423

montée au Roc des Bœufs le 5 octobre 2012 à 12h 15 par Enki - DSC_0359montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 1§h 43 - DSC_0229

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 16h 50 - DSC_0254montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 16h 43 - DSC_0228

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 16h 47 - DSC_0244

Pins à crochets au Roc des Bœufs en hiver le 7 janvier 2012 – photo prise par Totoff (blog SkiTour)

Pins à crochets au Roc des Bœufs en hiver le 7 janvier 2012 – photo prise par Totoff (blog SkiTour)

Roc des Bœufs le 19 septembre 2010 à 10h 59 - photo Enki -DSC_0332 2

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 59 – photo Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 59 par Enki - DSC_0333 2

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 59 par Enki

Roc des Bœufs le 19 septembre 2010 à 10h 43 par Enki - DSC_0318 2

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 43 par Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 40 par Enki - DSC_0317 2

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 40 par Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 14 par Enki - DSC_0294

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 14 par Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 38 par Enki - DSC_0312 2

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 37 par Enki - DSC_0311 2

     

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 37 par Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 20 par Enki - DSC_0301

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 10h 20 par Enki

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 17h 12 - DSC_0296

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 17h 12 par Enki

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 16h 02 - DSC_0205

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 16h 02 par Enki – DSC_0205

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 9h 36 - DSC_0281

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 9h 36 par Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 11h 08 - DSC_0337

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 11h 08 par Enki

montée au Parmelan le 19 septembre 2010 à 11h 39 - DSC_0348

sommet du Parmelan le 19 septembre 2010 à 11h 39 par Enki

montée au Semnoz le 11 novembre 2011 à 18h 30 - DSC_0548

coucher du soleil vu du  Semnoz le 11 novembre 2011 à 18h 30 par Enki

mer de nuages sur les montagnes du HuangShan

mer de nuages sur les monts du HuangShan

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Vivre aux pieds d’une géante

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Le thème de la géante ou du géant ou d’autres personnages fabuleux qui s’inscrivent dans le paysage se retrouve dans de nombreux mythes, contes et légendes et a trouvé plus tard son prolongement dans l’imagination créatrice des artistes. Ce thème s’inscrit dans le besoin qu’éprouvait l’homme des sociétés premières d’interpréter le monde qui l’entourait à son image et à lui attribuer des caractères proprement humains. Les mythes mettant en scène des géants peuvent ainsi être interprétés comme des explications anthropomorphiques des puissances de la nature et des moyens à utiliser pour les maîtriser.

le philosophe Georges Gusdorf écrit à ce sujet :

« Nous avons cessé de voir les montagnes comme autant de géants. Mais nos mots retiennent inconsciemment les épaves fossilisées d’une vision du monde disparue, ou vidée de sa puissance directe et devenue simplement allégorique. Au primitif la montagne apparaît, sans allégorie, comme un vivant. Une vision d’unité impose la forme humaine à la totalité de l’Univers, (…) ».

Il est pour le moins inhabituel de vivre au pied d’une géante, c’est pourtant mon cas. A quelques encablures de ma maison une géante est en pâmoison, étendue de tout son long sur le sol, ses seins pointus dressés vers le ciel, la tête légèrement rejetée en arrière libérant une gorge offerte et vulnérable, le bras gauche nonchalamment déplié qui dessine à partir d’elle une courbe gracieuse.

la géante endormie du Massif des Bauges vue de la rive Est du lac d’Annecy

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J’apprécie de la voir surgir au détour du chemin imprimant soudainement au paysage un caractère chargé à la fois de sérénité et d’érotisme. Cette féminisation du paysage m’apaise et me rassure et ce sont alors les vers de Baudelaire qui me viennent alors à l’esprit :

Charles Baudelaire

Du temps que la Nature en sa verve puissante             
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement de ses terribles jeux ;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.                

Les fleurs du mal – 1857   

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Frank Frazetta, The GiantessFrank Frazetta, The Giantess

Il existe plusieurs versions traduite en anglais de ce poème. Celle présentée ci après est de William Aggeler (The Flowers of Evil – Fresno, CA : Academy Library Guild, 1954). Sept autres versions peuvent être consultée sur le site La Géante (The Giantess) by Charles Baudelaire consacré aux Fleurs du mal et à ce poème en particulier.

La géante par Seriykotik1970 – Flickr

At the time when Nature with a lusty spirit
Was conceiving monstrous children each day,
I should have liked to live near a young giantess,
Like a voluptuous cat at the feet of a queen.

I should have liked to see her soul and body thrive
And grow without restraint in her terrible games;
To divine by the mist swimming within her eyes
If her heart harbored a smoldering flame;

To explore leisurely her magnificent form;
To crawl upon the slopes of her enormous knees,
And sometimes in summer, when the unhealthy sun

Makes her stretch out, weary, across the countryside,
To sleep nonchalantly in the shade of her breasts,
Like a peaceful hamlet below a mountainside.

Il me plait à penser que la belle va un jour s’éveiller, se lever et s’ébattre avant de se diriger d’un pas lourd, les seins ballants, en direction du le lac pour se désaltérer ou se livrer à je ne sais quels jeux aquatiques qui pourraient alors menacer les rives d’un tsunami dévastateur.

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