Histoire à faire dresser les cheveux sur la tête…

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grillon

Grillon champêtre (Gryllus campestris) à l’orée de son terrier

     Il sera dit qu’aucun espace, qu’aucune créature dans le monde où nous vivons, même la créature la plus innocente ne sera à l’abri du mal, de l’horreur absolue qui peuvent surgir à tout moment et transformer une vie en cauchemar. Tenez, prenez le cas du grillon champêtre (Gryllus campestris). Qui voudrait faire du mal à une créature aussi utile par son chant qui agrémente nos oreilles les jours d’été et dont la livrée est aussi belle. Enfant, j’avais appris à connaître et à apprécier les grillons au cours de mes séjours en colonie de vacances. L’un de nos jeux favoris avec mes camarades était de repérer un grillon par son chant (en fait il ne chante pas, il stridule), se rapprocher de lui sans faire de bruit jusqu’au moment où le chant cessait. L’interruption de son chant signifiait que le grillon avait repéré notre présence et était entré dans son trou pour se cacher. Il fallait alors rechercher parmi les herbes son terrier aisément repérable car il était implanté sur un petite surface dégagée avec une entrée sablonneuse très propre. On cueillait alors une tige d’herbe rigide et longue dont on introduisait l’extrémité la plus fine dans le terrier en la faisant tourner. A tout les coups, on voyait sortir à reculons le grillon mécontent que l’on attrapait à la volée avant qu’il ne change d’avis et retourne dans son trou. On s’amusait alors un peu avec lui en organisant des courses avec d’autres de ses congénères ou on l’introduisait parfois dans le terrier d’un autre grillon pour semer la pagaille. Après les avoir gentiment tourmenté nous prenions bien soin de les relâcher car nous respections et éprouvions de la sympathie pour cet animal que l’on identifiait dans nos âmes d’enfant à un guerrier casqué à l’armure rutilante. Nous ne possédions pas alors la méchanceté d’Eric Orsenna qui, pour donner une patine ancienne à un livre trop neuf, donne cette recette scandaleuse : « Voulez-vous vieillir au plus vite un vieux document ? Placez-le dans une boîte où vous glisserez un grillon. Pauvre bête. Dans le noir, elle se sent perdue, la panique la prend, elle ne se retient plus… Rien de tel, paraît-il, que les excréments de grillon pour donner à un papier tout neuf une allure d’antiquité, c’est-à-dire d’authenticité » (Voyage au pays du coton, petit précis de mondialisation). J’espère au moins, pour ne pas ajouter au malheur du pauvre grillon, que le livre à patiner n’était pas l’un de ses livres…

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grillon 2

La stridulation est le mécanisme principal de communication acoustique chez les grillons. Il permet d’émettre une large gamme de signaux via l’utilisation des deux ailes antérieures, durcies et cornées appelées élytres qui recouvrent au repos les ailes postérieures de ces insectes. Le mouvement stridulatoire correspond au frottement des deux élytres. Chaque élytre dispose à sa face inférieure d’une râpe stridulatoire composée de dents et d’un plectrum (grattoir). Le plectrum de l’élytre gauche vient frapper les dents disposées sur la face ventrale de l’élytre droit. Deux plages membraneuses, harpe et miroir, amplifient les sons. La stridulation sert à la reproduction, la femelle choisissant, en général, le mâle dont le chant est le plus puissant,et aussi à éloigner un mâle rival (production de «combats de chant» entre mâles grillons pour la domination d’une hauteur, d’une branche, etc.)

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Si vous voulez écouter le chant du grillon…

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    C’est en lisant le dernier livre de Michel Onfray, « Cosmos », que j’ai été profondément horrifié d’apprendre le mal qui frappait ces pauvres petites bêtes qui m’avaient donné tant de joie au cours de mon enfance. Dans le chapitre 3 de son ouvrage intitulé « Le monde comme volonté et comme prédation« , le philosophe pour étayer son propos, cite le cas d’un parasite qui infeste les grillons et d’autres insectes en utilisant une stratégie extraordinaire. Il s’agit d’un ver nématomorphe qui, non content de vivre et prospérer dans le corps de l’insecte (il peut mesurer jusqu’à 70 cm de long), est doué de la faculté de manipuler le comportement de celui-ci en prenant le contrôle total de son cerveau.

    Le grillon n’est aucunement un insecte aquatique, il vit dans les bois, les prairies et les champs mais pratiquement jamais en bordure des cours d’eau. Or, les grillons qui ont été infestés par le ver parasite, à un moment du développement de ce dernier, poussés par une force irrépressible et à l’encontre de leur instinct naturel se dirigent vers des points d’eau, mare, rivière, étang, piscine, abords des toilettes ou des douches d’un camping municipal dans le but de se jeter à l’eau, ce qui équivaut pour eux à une forme de suicide. Dés qu’ils ont plongés dans l’élément liquide on voit alors sortir de leur abdomen un long ver filiforme qui s’échappe en ondulant. Le ver était arrivé à un stade de son développement où il avait besoin de l’eau pour continuer à vivre et se reproduire. Dans l’eau, le ver va pondre des oeufs qui seront ingurgités par des hôtes intermédiaires tels des escargots d’eau ou autres mollusques d’eau douce ou des insectes. Dans le corps de ceux-ci les œufs donneront naissance à des larves qui parasiteront de nouveau le grillon ou tout insecte qui absorbera l’insecte porteur et ainsi le cycle infernal se reproduira.

     Ce qui fait frémir l’homo sapiens que nous sommes, c’est que le ver réussit comme l’explique Onfray « à prendre les commandes du cerveau du grillon en modifiant son dispositif cérébral : il programme l’insecte à produire des cellules nerveuses en surnombre, dans des logiques de connexion qui ne sont pas celles du grillon mais les siennes. Ces molécules mimétiques produites par le ver sont reconnues par le système de décodage central de l’insecte. Le cerveau perturbé par les protéines ainsi fabriquées, le grillon agit à rebours de son propre intérêt, dans la perspective du seul bénéfice du ver. Les molécules du ver qui obéit à sa structure exigent du grillon soumis à sa structure de se plier à la volonté du ver qui est volonté de vie, elle aussi inscrite dans sa structure à laquelle il se conforme. »

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Attention ! la vidéo qui suit est à déconseiller pour les personnes sensibles…

Disgusting, isn’t it ?

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monster    Et moi d’imaginer évidemment le pire : que des vers puissent à la suite d’une mutation génétique parasiter l’homme, prendre le contrôle de son cerveau, le transformer en zombie et lui faire commettre des actes horribles « à l’insu de son plein gré » jusqu’au moment où l’on verrait sortir de l’abdomen des infortunés parasités des centaines de vers ondulants qui s’échapperaient pour se reproduire. Bref ! un thème pour un film d’horreur à la sauce hollywoodienne…

      En fait si l’on en croit Michel Onfray le scénario catastrophe est déjà en train de se produire, à une échelle mineure, heureusement. D’après lui, la toxoplasmose causée par un parasite nommé toxoplasma gondii affecte un tiers de la population mondiale soit près de deux milliards de personnes. Les scientifiques ont démontré que ce parasite supprime chez les petits mammifères qui en sont également atteints leur peur naturelle envers leurs prédateurs ce qui les conduit à la mort. Ils avancent l’hypothèse que les facultés mentales des humains pourraient être elles aussi touchées et que la toxoplasmose pourrait être à l’origine de certaines neuropathologies, parmi lesquelles la schizophrénie, la dépression mentale et les idées suicidaires.

Bon week-end tout de même,

Enki

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Athéisme

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Athéisme

     L’athéisme est une attitude ou une doctrine qui ne conçoit pas et nie l’existence de  quelque dieu, divinité ou entité surnaturelle que ce soit, contrairement, par exemple, au déisme et au théisme qui soutiennent ces existences, à l’agnosticisme qui refuse de prendre parti dans les débats métaphysiques considérant que personne ne peut répondre à ces questions et au panthéisme qui considère que Dieu peut exister partout dans l’univers et se confondre avec lui. C’est une position philosophique qui peut être formulée ainsi : il n’existe rien dans l’Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent un « dieu », ou « Dieu ».

La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

athéisme

Article de Pierre Haski dans le site  l’OBS Rue89 du 18/01/2015

    C’est une carte publiée en 2013 par le Washington Post, sur la base d’une étude de 2012 de l’institut de sondage Gallup. La fiabilité des données n’est sans doute pas la même d’un pays à l’autre (l’institut a interrogé 40 000 personnes dans 40 pays), mais elle donne une idée des décalages dans le monde sur une question au cœur des soubresauts actuels de la planète : l’athéisme. Selon cette étude, la moyenne mondiale de l’« athéisme convaincu » ne s’élèverait qu’à 13%, soit moitié moins qu’en France. Dans son étude, l’institut Gallup a fait la distinction entre les personnes qui se disent « religieuses », « non religieuses » et « athées convaincues ». La majorité des personnes interrogées, 59%, se dit ainsi « religieuse », 23% « non religieuse », et seulement 13% « athée convaincue ».

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GLOBAL INDEX OF RELIGION AND ATHEISM (WIN-Gallup International, 2012)

    L’étude réalisée par gallup  (c’est ICI , en anglais) fait apparaître le pourcentage de gens qui se disent « athées convaincus » dans les 40 pays sélectionnés (laissant donc une bonne partie du monde en « gris »). On notera également que la graduation va de 0 à 49,9% de la population, laissant entendre qu’elle n’est nulle part supérieure à 50%. Le champion du monde de l’athéisme est la Chine, avec 47% d’athées, sans surprise au pays du président Mao, lui-même érigé au rang de demi-dieu, même si on a constaté ces dernières années une poussée du christianisme dans toutes ses variantes, notamment évangélistes. La France, pour sa part, est quasi-championne d’Europe, en faisant apparaître 29% d’« athées convaincus », juste derrière le cas inattendu de la République tchèque avec 30% d’athées. 

    Le reste de l’Europe, l’Amérique du nord (il faut relire la note de blog d’Hélène Crié-Wiesner sur les discriminations dont souffrent les athées aux Etats-Unis), ou encore la Russie, sont dans les catégories inférieures, très minoritaire, 5 à 9%, ou 10 à 19% pour nos voisins allemands. Sans surprise, les pays majoritairement musulmans présents sur la carte sont, eux-aussi, très minoritairement athées, avec quand même 5% d’athées convaincus en Arabie saoudite, ce qui ne va pas de soi ; même si on atteint là les limites du sondage puisque l’athéisme constitue dans la plupart d’entre eux un crime de blasphème passible de la peine de mort. A noter également le faible taux d’« athéisme convaincu » dans des pays plus ouverts comme l’Inde ou l’Afrique du Sud, avec des taux inférieurs à 10%, ou carrément de 1% au Nigeria, théâtre actuel d’affrontements violents avec le groupe djihadiste Boko Haram.

Le top 10 des pays athées dans le monde (Gallup)

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Dieu, une création humaine ( un texte du site athéism.org, c’est ICI )

Blaise Pascal (1623-1662)

Blaise Pascal

     Au dilemme de décider s’il devait s’abandonner à la croyance en un dieu ou adopter un athéisme sage, Blaise Pascal opta pour l’hypothèse religieuse, un choix gage, selon lui, de meilleures garanties dans le cas d’une victoire de la thèse adverse. En effet, nul destin funeste ne conclura la vie d’un croyant si « Dieu » ne s’avère être qu’un concept purement imaginaire. Par contre, l’athée sera soumis aux pires souffrances si existe l’au-delà infernal promis par les religions. Pascal jugea donc plus astucieux d’admettre la solution divine.
    S’en remettre à « Dieu » sans exclure l’hypothèse contraire de l’athéisme ne relève pourtant pas d’une spiritualité très sûre de ses préceptes. N’admettre « Dieu » qu’en raison des tourments dont pourraient pâtir les athées témoigne en fait d’une bonne connaissance des pratiques religieuses, toujours fondées sur une mécanique articulée autour de la soumission, la récompense et la punition.
     Le pari de Pascal peut alors être inversé pour rejeter précisément la croyance en « Dieu » en vertu des souffrances endurées par l’humanité depuis des millénaires que perdure cette démission de la raison à s’inventer un ou plusieurs dieux supposés pacifiques. Abuser le croyant par des légendes absurdes pour mieux le soumettre aux dogmes et au pouvoir d’une caste, tels furent l’essence et le projet politique des doctrines religieuses.
     Christianisme, islam et, aujourd’hui, judaïsme marquent une similitude dans leur propagation guerrière qui n’a d’égale que leur refus de laisser l’individu, homme et surtout femme, décider seul de la conduite de sa propre vie pour l’assigner dans un statut éternellement infantile. Car les religions, créées, organisées et propagées par et pour les mâles, ont toujours abhorré la femme, bouc émissaire de toutes leurs perversions. Le Coran, la Bible et les textes fondateurs du bouddhisme abondent de versets signifiant à la femme sa nocivité et ne lui accordent d’utilité que la mission de son ventre.
     Mais ne s’agit-il pas là simplement d’excès inhérents à toute activité humaine? La lecture de la Bible et du Coran rejette cet ultime sauvetage: la violence religieuse est moins une extrapolation hasardeuse que la traduction en actes des multiples versets appelant au rejet et au meurtre des incroyants et des adeptes d’autres fois. On chercherait en vain dans la Bible et le Coran une théologie cohérente de la paix et de l’amour. Le judaïsme ne fait pas exception étant lui-même basé sur la notion, raciste par définition, de peuple élu.
     Les textes montrent en outre un caractère spécifiquement humain, rien de divin dans leur confection. Une soixantaine d’évangiles existaient dans les premiers siècles de la chrétienté et leurs incompatibilités contraignirent l’Église à ne conserver que les quatre actuellement vénérés. Le Coran a connu lui aussi de nombreuses versions dont certaines sont parvenues jusqu’à l’époque actuelle en dépit du saccage ordonné par Uthman. Ouvrages écrits par des communautés peu instruites, Bible et Coran ne sauraient donc surprendre par leur violence et leur pauvre contenu philosophique. Jamais les anciens grecs n’eurent à craindre la concurrence philosophique des livres dits « sacrés ».
    Les religions dépossédées de leur illusion de pureté originelle et de tolérance, reste l’hypothèse divine dont les athées seraient tenus de démontrer la fausseté. Mais pour en démontrer l’impossibilité, une définition unique de « Dieu » est préalablement nécessaire. Or chaque croyant dispose de sa propre conception de la divinité, hormis ceux, très majoritaires, ayant hérité de la religion de leurs parents par conformisme familial ou social.    L’immense variété des définitions de « Dieu » suffit à convaincre de l’incohérence du recours à une intervention irrationnelle dans les vies humaines. « Dieu » est une création humaine, pas le contraire.

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Enseigner le fait athée ! (Texte extrait du livre de Michel Onfray, La philosophie féroce, Galilée 2004). 

Michel Onfray

Michel Onfray

     Oui, je sais, je professe un antichristianisme primaire… Mais je suis preneur d’informations sur l’antichristianisme secondaire ! Chaque fois que j’ai souhaité m’entretenir avec un vendeur d’arrière-monde juif, chrétien ou musulman – ils vendent les mêmes tapis -, je n’ai rencontré que des gens doués d’une bonne mémoire, mais qui la plupart du temps mettent leur intelligence sous le boisseau… Mémoire des lieux communs enseignés et écrits dans la chair de leur enfance ; et refus de penser pour mieux entretenir leurs illusions.
     Les temps sont durs pour les athées radicaux. Ainsi faudrait-il prendre position pour ou contre l’enseignement du fait religieux à l’école. Admirez d’abord l’euphémisme : le fait religieux ! On ne dit pas le catéchisme ou l’histoire sainte, qui sentent trop l’encens et la fumée des cierges, mais le fait religieux, car la formule rappelle le fait sociologique de Durkheim, donc le parfum de craie et de tableau noir des hussards de la République !
      Dans cette école où l’on n’apprend plus à lire, à écrire et à compter – ne rêvons pas qu’on y apprenne à penser… -, où l’illettrisme ne concerne plus seulement les élèves, mais aussi une partie des enseignants, dans cette école, donc, il manquerait un enseignement, notamment celui de la religion judéo-chrétienne ! Je rêve…
      Et pour y enseigner quoi, et comment ? Un fils de Dieu qui marche sur les eaux, puis ressucite le troisième jour après crucifixon ? Qui raconterait les bobards pour les enfants que sont les interdictions d’utiliser un interrupteur électrique les jours de shabbat ? Ou qu’au paradis on boit du vin à flots, mais pas sur terre ? Un Dieu qui ouvre la mer en deux pour permettre le passage de son peuple, un autre qui réserve des vierges en quantité pour le lit du fidèle qui prend place près du Prophète après avoir trucidé un maximum d’innocents – pourvu qu’ils ne croient pas à ses balivernes ?
      Que ces histoires pour les enfants soient racontées par les familles, soit. Elles transmettent déjà assez de sottises, elles peuvent continuer sans qu’on les inquiète ! Mais que l’école s’y substitue sous prétexte de fabriquer du lien social, de rendre possible l’accès à la culture universelle ou de mettre au jour les fondations de notre civilisation, voilà autant de cache-sexes pour dissimuler le retour du prêtre à l’école.
     Au bout du compte, derrière ces fabulations apparemment inoffensives, il s’agit toujours de promouvoir la morale judéo-chrétienne ou celle des musulmans qui, sous d’apparentes divergences, enseignent une même haine de la femme, de la vie, de l’ici et maintenant, de l’infidèle, de l’incroyant ou de l’athée. Toutes justifient le passage sur terre comme une punition, une vallée de larmes, une occasion d’expier. Les trois comptabilisent chaque jour des morts infligés au nom de leurs livres saints. Au vu de l’état du monde, l’urgence me semble plutôt l’enseignement du fait athée !

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Michel Onfray et le Traité d’athéologie

Athée et fier de l’être, Salvatore Pertutti, l’homme qui a porté plainte contre la Bible et le Coran pour propos sectaire, homophobe, sexiste et appels au meurtre… 

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Je suis malade…

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Je suis malade !!!

7917-emily-the-strange-posters     Ciel ! Je l’ignorais mais je suis malade ! Un mal gravissime qui me ronge peu à peu le corps et l’esprit, un mal honteux nouvellement apparu, dont j’avais jamais entendu parler et qui s’appelle l’insécurité culturelle. Chose curieuse, il paraît que cette maladie touche une catégorie bien particulière de la population, les vilains d’extrême droite et tout ceux qu’ils influencent… Ce mal fonctionnerait donc comme le sida à ses débuts que l’on pensait toucher exclusivement les homosexuels… De là à penser que c’est une maladie envoyée par le ciel pour punir une catégorie de pécheur … « Tu es un homosexuel, je vais te punir en t’envoyant le SIDA ! », « Tu as des idées honteuses d’extrême-droite, je vais te punir en te rendant anxieux culturellement ! », « Bien fait pour toi !, Na ! ». Bon, tout n’est pas perdu, on me laisse un espoir : il parait que ça se soigne… Ce que je ne comprends pas c’est que je ne suis aucunement d’extrême-droite et que je fuis comme la peste ces gens là… La preuve ? Eh bien, quand sur un trottoir je vois venir à ma rencontre un nazi en costume de SS ou même un skinhead à l’air bovin brandissant une batte de baseball, je traverse immédiatement la rue pour l’éviter. Pour les gens du Front National, c’est devenu plus difficile de les reconnaître car ils recrutent désormais chez les ouvriers, les énarques et même les homosexuels… Il y aurait même des français d’origine musulmane qui voteraient pour eux parce qu’ils trouvent qu’il y a vraiment trop d’immigrés en France…  Alors comment ais-je pu attraper cette saloperie ? aux toilettes peut-être… pourtant je me lave consciencieusement les mains et évite de toucher les poignées de portes des WC quand je les utilise… J’ai un truc pour cela : je rentre ma main à l’intérieur de la manche de ma veste et je tourne la poignée à travers le tissu  pour éviter que mon épiderme entre en contact avec elle mais il est vrai après cela c’est la manche de la veste qui est souillée… Vous imaginez l’examen d’une poignée de porte de WC au microscope ? Un ignoble bouillon de culture ! Rien que d’y penser, ça me fait gerber… Mais peut-être attrape-t-on cette maladie par le simple fait de respirer… C’est terrifiant ! La personne bien intentionnée qui m’a diagnostiqué m’a laissé un espoir en me disant que ça pouvait se soigner et elle m’a conseillé pour cela de commencer par lire l’éditorial de Riss dans Charlie Hebdo

Riss    Connaissant Charlie Hebdo, je suis sûr que ce sera un remède de cheval. Si j’osais faire du (très) mauvais humour ( mais avec Charlie tout est permis…n’est-il pas ? ), je dirais que si le remède a de grande chance de tuer le microbe ou le virus il tuera certainement aussi le malade… Bon voyons ce que dit Riss dans son éditorial… C’est bien ce que j’imaginais, le remède n’a rien à voir avec la médecine douce ou homéopathique et Riss à son habitude ne fait pas dans la dentelle. Ce serait plutôt de la chirurgie lourde de temps de guerre avec instruments médicaux improvisés et sans anesthésie à la manière de la chirurgie du film américain MASH… En fait, on apprend dans l’éditorial de Riss que le virus de l’Insécurité culturelle est né d’une manipulation génétique pratiquée dans les laboratoires secrets de l’extrême droite et est un pur produit de la guerre bactériologique… Le virus s’attaque aux neurones introduisant dans ceux-ci la peur de l’étranger et de l’immigré ainsi qu’aux glandes surrénales qui vont alors sécréter des hormones qui vont provoquer une mise en alerte de l’organisme et du stress. Les premiers symptômes de la maladie se révèlent quand les contaminés paniquent à l’idée qu’on pourrait leur subtiliser le produit phare de leur identité culturelle, je parle du camembert : « Au secours, on m’a volé mon camembert !  » Car c’est bien connu, le camembert est avec la baguette et le croissant – Non, j’enlève le croissant…– l’expression la plus raffinée de la culture et de l’identité française. On se demande d’ailleurs pourquoi la France a choisi d’arborer aux frontons de ses bâtiments publics la devise Liberté, Egalité, Fraternité plutôt qu’un beau camembert au lait cru bien coulant…

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Il y a au moins un endroit en France où l’on a utilisé le camembert comme symbole des valeurs les plus nobles, c’est en Haute-Savoie, au Plateau des Glières avec le monument du sculpteur Gilioli

     L’éditorial de Riss est très instructif mais sans concession, j’apprends ainsi que les français touchés par le virus de l’insécurité culturelle ne brillent en général pas par leur intelligence : ce sont soit des pauvres types crédules manipulés par l’extrême-droite, des franchouillards ringards qui prennent leur camembert pour le Saint-Graal, des créatures plus proches de la gent animale que du genre humain qui se rassemblent en meutes et qu’on excite facilement en agitant un chiffon rouge, des poltrons effrayés par une couscoussière, un narguilé, une mosquée même pas belle ou une corne de gazelle (???)… Je n’en mène pas large car je comprends maintenant pourquoi j’ai attrapé cette maladie, j’appartiens en effet à au moins deux de ces catégories : je fais partie des pauvres types crédules manipulés par l’extrême-droite et des franchouillards ringards qui adorent le camembert…

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     Bon, arrêtons de rigoler et quittons la caricature pour revenir à des propos plus sérieux. Comment se fait-il que Riss, à l’instar de la majorité de la Nomentaklura politico-médiatique française, n’ait toujours pas compris qu’il était totalement contre-productif d’être dans le déni des sentiments que ressentent de manière prégnante et douloureuse une part importante de la population française. C’est caricaturer et mépriser la sensibilité et les opinions de ceux qui éprouvent une inquiétude et un mal-de-vivre face à des événements et des faits qui ne relèvent pas de leurs fantasmes mais qu’ils vivent quotidiennement que de les réduire à des crédules manipulés par l’extrême droite, des franchouillards ringards ou des membres d’une meute excités par un chiffon rouge. Cela n’a rien à voir avec un raisonnement, cela s’appelle du mépris. Riss fait partie des bien-pensants qui considèrent qu’une partie de la population française n’est pas digne d’être écoutée et prise au sérieux. Le résultat est que cette population est blessée, se sent rejetée et se tourne par réaction vers ceux qui déclarent être à son écoute, les gens du  Front National, à moins que par cette action, elle ne veuille qu’exprimer son désir de « punir » ceux qui la méprisent. Le reste de l’éditorial est à l’avenant. « Circulez, il n’y a rien à voir… » 

     Riss refuse d’aborder les problèmes réels que pose la présence grandissante de l’Islam dont le livre fondateur comporte de nombreux préceptes qui sont en opposition fondamentales avec les valeurs cardinales de la République française : liberté d’expression, égalité des sexes, laïcité et qui peuvent présenter un danger pour la société française si une frange des musulmans vivant en France en faisait une lecture littérale et intégriste. Ce qui est le cas, on est bien obligé de le reconnaître… Les événements de ces dernières semaines le prouvent. Charlie-Hebdo nous avait habitué dans le passé à plus de clairvoyance. Venant après les déclarations de Luz selon lesquelles celui-ci ne dessinerait plus désormais Mahomet (ce que personne lui reprochera après ce qu’il a vécu), l’éditorial de Riss semble être le signe d’un changement de ligne du journal vis-à-vis de l’Islam. Les fanatiques auraient-ils gagnés ? Il faut le craindre et ce serait la preuve que ceux qui sont aujourd’hui inquiets ont raison de l’être… Réduire les problèmes posés par l’immigration et la présence de l’Islam en France aux remous causés par l’arrivée du Rock n’roll et à la menace qu’il représentait alors pour le bal musette est stupide. Cela s’appelle refuser le débat et vouloir s’en tirer par une pirouette…  Traiter de problèmes aussi cruciaux et si lourds de conséquences pour l’avenir du pays et la vie de nos concitoyens de manière aussi légère est consternant. Riss ajoute ensuite finement que « L’histoire des cultures n’est qu’une succession de remises en cause de modèles culturels anciens, mais au bout du compte le résultat n’est pas forcément mauvais ». Cette phrase énonce des généralités creuses et ne veut strictement rien dire : de quelles cultures parle-t-on ? Quid des cultures qui ont été phagocytées par d’autres et se sont affaiblies au point parfois de disparaître ? Quid des guerres de religion ? Riss précise que le résultat n’est pas « forcément mauvais », on en conclut donc qu’il y a des risques qu’il puisse être mauvais… Mais alors, plutôt que d’accepter béatement le choc des cultures en souhaitant que tout va bien se passer, pourquoi ne pas reconnaître que l’inquiétude (qu’il ne faut pas confondre avec la peur) est légitime et qu’il serait peut-être temps de ne plus éluder le problème et d’y réfléchir sereinement avec responsabilité…

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à suivre… Thème d’un prochain article : le monde enchanté des bisounours…

     Il existe un monde merveilleux dans lequel tout le monde il est beau, il est gentil ou plutôt tout le monde, il sera beau, il sera gentil… Car ce monde n’existe pas encore, c’est une potentialité, une aspiration, un devenir à construire si TOUS, nous retroussons nos manches, dominons nos préjugés et nos peurs et nous ouvrons enfin à l’autre, à ses différences, à ses richesses et de cette attitude naîtra une nouvelle société, plurielle ou synthétique qui sera plus riche que l’ancienne… Alleluia ! Cette attitude d’esprit, cette aspiration s’appelle l’utopie et elle n’est nullement répréhensible car les hommes aient besoin d’utopie pour avancer,  rompre la pesanteur et l’immobilisme du repli sur soi. Je ne vais pas critiquer l’utopie, moi qui a cru longtemps à l’avènement possible d’une société sans classe dans laquelle les biens matériels et leur moyens de production et d’échange seraient mis en commun et répartis suivant les besoins de chacun. Mais l’histoire montre qu’il faut se méfier des utopies : les grands principes de liberté, égalité et fraternité de la Révolution française sont été noyés dans la Terreur et la construction du communisme s’est soldé par des dizaines de millions de victimes. Eh oui, il faut bien reconnaître que l’Enfer est pavé de bonnes intentions…

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