Film d’animation : une adaptation de « The Tempest » de William Shakespeare


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Prospero et sa fille Miranda – Prospero déclenche la tempête

    Shakespeare : The Animated Tales est une série d’animation britannique basée sur les pièces de Shakespeare créée en 1992 par la BBC. C’est l’écrivain britannique Léon Garfield (1921-1996) connu pour ses romans historiques pour enfants qui assurait la réalisations des scenarii. L »animation était réalisée par les studios russes Christmas Films et Soyuzmultifilm. Les Entre 1992 et 1994, la série a produit 12 épisodes de 26  à 30 minutes chacun basés sur les pièces suivantes : 1) A Midsummer Nights’s Dream (le songe d’une nuit d’été) – 2) The Tempest (la Tempête) – 3) Macbeth – 4) Romeo and Juliet – 5) Hamlet – 6) Twelfth Night (d’après La Nuit des rois de Shakespeare) – 7) King Richard III – 8) The Taming of the Shrew (La Mégère apprivoisée) – 9) As You Like It (Comme il vous plaira) – 10) Julius Caesar – (11) The Winter’s Tale (Le Conte d’hiver) –  12) Othello.


The Tempest sur YouTube (en anglais)

   L’épisode présenté ci-dessus est celui tiré de la pièce The Tempest, c’est le 2ème de la série et il a été co-produit par les sociétés Soyuzmultfilm à Moscou et S4C Channel 4 Wales à Cardiff. le scénariste est Léon Garfield, la Directrice artistique, Elena Livanova et le réalisateur, Stanislav Sokolov. La musique a été composée par Yuri Novikov.


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Ariel, le bon génie et le monstrueux Caliban

L’histoire

    Le duc de Milan, Prospero, a été déchu et exilé par son frère Antonio sur une île déserte en compagnie de sa fille Miranda. En possession d’un livre de magie qui lui permet d’agir sur les éléments naturels et les esprits, il va grâce à ce livre retrouver son honneur et ses biens. Deux créatures sont à son service : l’éthéré Ariel, esprit positif de l’air et du souffle de vie qu’il a libéré d’un mauvais sort infligé par la sorcière Sycorax et  le fils de cette dernière, le monstrueux Caliban, être chtonien négatif symbolisant le mal, la violence et la mort. Le film s’ouvre sur le naufrage, provoqué à l’aide d’une tempête par l’esprit Ariel sur l’ordre de Prospero, d’un navire transportant, Antonio, son frère félon responsable de ses malheurs, le fils de celui-ci, le jeune Ferdinand, le complice d’Antonio, le roi de Naples Alonso et son frère Sébastien et le vieux conseiller d’Antonio, le vénérable Gonzalo qui réprouve les actions de son maître et a aidé Prospero. En fait, le naufrage est une fiction provoquée par la magie de Prospero. Les naufragés vont tous se retrouver dans l’île où séjournent Prospero et Miranda et vont subir diverses épreuves qui s’apparentent à un parcours initiatique. La fin sera heureuse, Antonio, le frère parjure, se réconciliera avec Prospero qui retrouvera son duché, Miranda et Ferdinand tomberont amoureux l’un de l’autre et se marieront et les deux esprits Ariel et Caliban seront libérés et resteront sur leur île.

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Ferdinand et Miranda


Mondes parallèles – A propos d’une photographie remarquable de naufrage, en 1874.

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épave : à l’origine provient de l’adjectif latin expavidus qui signifie épouvanté. Cet adjectif désignait une bête terrifiée et en fuite.

Ce n’est pas la montagne qui s’avance dans la mer,
Ce sont des promontoires vivants que la mer a rejeté.
! Jonas ! ! Jonas !
Les naufrages commencent à l’intérieur des terres
Sur les galets se déverse le polluant thanatos cétacés.
Le cimetière marin.
La grande architecture d’os et de désarroi où je me trouve échouée.
                 Elvira Hernàndez – Carta de viaje, 1989

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Naufrage du Minnehaha aux Îles Scilly en 1874

Naufrage du quatre-mâts Minnehaha aux Îles Scilly en 1874 – photo John Gibson

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     Image surréaliste fascinante que constitue cette photo prise en janvier 1874 dans les Îles Scilly au large de la Cornouaille britannique par l’un des membres d’une lignée de photographes qui s’était spécialisée dans la prise de vue de naufrages, la famille Gibson. Confrontation de deux situations, de deux espaces mentaux mis en présence l’un de l’autre qui se côtoient sans se mêler. D’un côté, un monde cataclysmique créé par le déchaînement aveugle, violent et destructeur des éléments naturels où les assauts répétés des vagues sous l’effet de la tempête jette l’immense structure de bois, de gréements et de voiles sur les brisants, la secoue en tous sens tel un fétu de paille, la désarticule, la broie et finit par la précipiter dans les profondeurs de l’océan en emportant avec elle dix vies; un monde répulsif d’épouvante et de mort mais qui paradoxalement va fasciner les hommes par l’étrange sentiment mêlé de beauté sublime et d’horreur funeste qu’il suscite. De l’autre, c’est un autre monde totalement différent et même totalement opposé qui lui fait face : un monde paisible et sûr empreint de stabilité et de sérénité qui semble éloigné de tout danger et où des hommes confortablement installés sur le sol rocheux et paraissant aussi détendus que s’ils se trouvaient assis dans une salle de spectacle contemplent avec  un intérêt non dissimulé le spectacle dantesque qui, à quelques mètres de leurs yeux, s’offre à eux, …
   Ces deux mondes opposés qui se situent pourtant au même lieu et au même moment dans le système de l’espace temps, une ligne invisible les sépare, une ligne oblique virtuelle parallèle aux mâts du navire qui se sont un moment penchés vers la côte sous l’action du gite et à l’alignement des rochers plongeant dans l’océan. Franchir cette ligne invisible, c’est passer de l’autre côté du miroir, c’est passer de la vie à la mort et vice versa. C’est ce qu’on réussit  à accomplir les neufs marins miraculés qui, pour échapper aux flots montants, se sont réfugiés dans les gréements et y sont restés accrochés durant tout le reste de la nuit. Au petit matin, l’épave ayant été poussée par la marée contre la côte et les mâts s’étant heureusement penchés vers la côte, ils réussirent à atteindre la terre ferme en passant par la baume du foc… Dix autres marins, dont le capitaine, n’auront pas survécu; la plupart d’entre eux avaient été surpris par la l’irruption soudaine de l’eau alors qu’ils dormaient dans leurs couchettes….
  Comment ne pas penser, à la vue de cette image, à la condition de l’homme moderne qui, confortablement assis sur son canapé, regarde sur l’écran de la télévision le spectacle tragique du monde : catastrophes naturelles, guerres, épidémies, etc… Deux univers qui se côtoient, se font face, se tangentent mais ne se mélangent que rarement…

 naufrage du Minnehaha aux Îles Scilly, analyse

Le Minnehaha était un quatre-mâts de 845 tonnes construit en 1857 qui a été détruit le 18 Janvier 1874 sur la côte des îles Scilly au large de la Cornouaille britannique. Le navire transportait alors du guano venait du port de Callao au Pérou et se dirigeait vers Dublin. Son pilote avait confondu dans le brouillard la lumière de St Agnes et celle du Wolf Rock et pensait qu’il empruntait le chenal passant entre entre les îles Scilly et le Wolf Rock. Un vent de Nord-Ouest soufflait quand à 3 heures, le capitaine Jones donna un ordre qui ne fut pas respecté par le pilote et le navires, toutes voiles dehors, se fracassa sur les rochers à proximité de la pointe de Peninnis Head. Il coula si rapidement qu’une grande partie de l’équipage est morte noyée dans ses couchettes. Ceux qui avaient pu rejoindre le pont et monter sur les gréements et s’y réfugier jusqu’à l’orée du jour purent rejoindre la terre ferme par l’intermédiaire de la baume du foc avant et furent sauvés.. Le capitaine, le pilote et huit autres membres d’équipage se sont noyés. Le navire repose aujourd’hui à 18 m de fond. 

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Une autre vue du Minnehaha. Au tout premier plan, on distingue quelques spectateurs

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Le fondateur de la dynastie John Gibson et son fils aîné Alexander

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James Gibson à la tâche

Gibson family : Durant 125 ans (de 1872 à 1997), la famille s’est consacrée à la prise de vue photographique. C’est le patriarche John Gibson, un ancien marin devenu un photographe professionnel qui a commencé en 1860. Sa première photographie d’épave date de 1869. Depuis la famille a bravé les dangers des bancs rocheux assaillis par la mer et le vent, des vagues et du sable pour capturer des scènes envoûtantes de navires déchiquetés,  de sauvetages dramatiques de personnes et de cargaisons et des sépultures des victimes des eaux traîtresses du sud de l’Angleterre. Les fils de John, d’abord Alexander en 1865,  puis plus tard Herbert, ont rejoint l’entreprise qui a été reprise par la suite par ses fils James et Frank. Plus de 200 épaves ont été photographiées par la famille durant ces 125 années.

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