meraviglia : la parade des fées


Xian he, la Grue Fée

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                        Grus japonensis – Grues de Manchourie ou grues à couronne rouge
       Ce magnifique oiseau que l’on trouve dans le Sud-Est de la Russie (en Sibérie), en Mongolie, au Nord-Est de la Chine, en Corée et au Japon est une espèce menacée. En 2016, on ne comptait plus que 1830 individus adultes alors qu’ils étaient 12.000 en 1953. Avec une taille approchant 1,60 m, une envergure de 2,40 m et un poids de 7,5 kg, c’est l’un des plus grands oiseaux du monde. En Chine, une légende selon laquelle les immortels et les défunts voyagent à dos de grue lui a donnée son nom actuel de xian he, c’est-à-dire la grue fée.


Philippe Jaccottet – 3 poèmes

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Leçons

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°°°

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C’est sur nous maintenant
comme une montagne en surplomb

Dans son ombre glacée,
on est réduit à vénérer et à vomir.

À peine ose-t-on voir.

Quelque chose s’enfonce pour détruire.
Quelle pitié
quand l’autre monde enfonce dans un corps
son coin !

N’attendez pas
que je marie la lumière à ce fer.

Le front contre le mur de la montagne
dans le jour froid
nous sommes pleins d’horreur et de pitié

Dans le jour hérissé d’oiseaux.

Philippe JaccotetLeçons, poème 10 – Poésie/Gallimard 1977

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Misère

comme une montagne sur nous écroulée.

Pour avoir fait pareille déchirure,
ce ne peut être un rêve simplement qui se dissipe.

L’homme, s’il n’était qu’un nœud d’air,
faudrait-il, pour le dénouer, fer si tranchant ?

Bourrés de larmes, tous, le front contre ce mur,
plutôt que son inconsistance,
n’est-ce pas la réalité de notre vie
qu’on nous apprend ?

Instruits au fouet

Philippe Jaccotet – Leçons, poème 12 – Poésie/Gallimard 1977

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Un simple souffle, un nœud léger de l’air,
une graine échappée aux herbes folles du temps,
rien qu’une voix qui volerait chantant
à travers l’ombre et la lumière.

s’effacent-ils : aucune trace de  blessure.
La voix tue, on dirait plutôt, un instant,
l’étendue apaisée, le jour plus pur.
Qui sommes-nous, qu’il faille ce fer dans le sang ?


Philippe Jaccotet 
– Leçons, poème 13 – Poésie/Gallimard 1977

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Se raser parmi les fleurs et les oiseaux….

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LIRIODENDRON tulipifera AUREOMARGINATUM (Tulipier de Virginie panaché)

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     Certains, pendant qu’ils se rasent le matin, ont déclaré réfléchir à comment ils pourraient devenir président de la République… Pour ma part, j’ai effectivement aussi pensé à le devenir (entre autres multiples vocations), mais c’était il y a très longtemps, à un âge où  je n’avais pas encore de poils au menton. Aujourd’hui quand je me rase, c’est tout autre chose que j’ai en tête : la fenêtre de ma salle de bains donne sur la frondaison d’un tulipier magnifique (Tulipier de Virginie panaché) qui actuellement est en pleine floraison, les fleurs en forme de petites coupelles jaunes orangées et le feuillage marginé à la découpe si particulière sont éblouissantes. Cet arbre est le terrain de jeu de nombreux oiseaux qui se poursuivent et volètent avec dextérité en évitant l’amas de branches et de feuillage à la façon des mini-croiseurs galactiques de la Guerre des Etoiles. Ils ne sont pas farouches et poursuivent leur manège à quelques mètres de moi même quand la fenêtre est ouverte. Se raser parmi les fleurs et les oiseaux… Plus besoin de penser à être président de la République…

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mardi 28 juin : Au lever, j’ai été surpris par un bruit furtif quelque part dans la maison et un peu plus tard par un fort piaillement venu de l’une des pièces. À mon arrivée un moineau s’est envolé et a commencé à visiter toutes les pièces de la maison. Je n’ai pas tenté de le capturer mais j’ai ouvert l’ensemble des portes et fenêtres. Malgré cela, à la fin de la matinée, il était toujours là à piailler sans interruption. Manifestait-il ainsi sa joie, son inquiétude ou son irritation ? Pourtant, il n’avait pas l’air particulièrement inquiet, je l’ai trouvé perché sur le battant de l’une des fenêtres ouvertes n’ayant apparemment aucunement l’intention de reprendre sa liberté. Voici la photo que j’ai pris de lui avant de le pousser gentiment vers la sortie.

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meraviglia

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Light Warriors

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Joyce Tenneson – Dasha, 1998

     «J’ai rencontré Dasha lors d’une manifestation artistique à New York et lui ai demandé si elle voulait faire partie de mon projet. À la question de savoir si elle faisait des rêves récurrents, elle m’a répondu : «Je fais ce rêve d’un oiseau blanc qui sort de mon cœur. Je me réveille toujours quand il s’envole ». Je fis moi-même un rêve semblable sur les oiseaux blancs et j’entrepris de rechercher quelques oiseaux blancs que nous pourrions utiliser pour la séance de prise de vues. J’ai dans un premier temps essayé de les faire sortir du cœur de Dasha, mais cela avait l’air artificiel. Nous avons fait alors une pause, et c’est à ce moment que les oiseaux ont atterri sur ses épaules. J’ai fait une planche de film, que j’ai immédiatement tiré. C’était fait ! J’en ai pleuré. (…) C’était un cadeau. Les oiseaux étaient comme des sentinelles. Je pense que c’est pour cela qu’elle les a vu en rêve : elle recherchait une protection, une protection spirituelle peut-être. Elle avait quitté un autre pays pour New York et elle devait se sentir vulnérable. »   Joyce Tenneson (traduction personnelle)

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Joyce Tenneson

Joyce Tenneson

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rêve d’une île

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l’île des incertitudes

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« Oceani uero intransmeabilis ultériores fines non solum non describere quis aggressus est, uerum etiam ne cuiquam licuit transfretare, quia resistente ulua et ventorum spiramine quiescente impermeabiles esse sentiantur et nulli cogniti, nisi soli ei qui eos constituit »    Jordanes, De Getarum siue Gostborum origine et rebus gestis, III, 18.

« Quand aux limites extérieures de l’Océan infranchissable, non seulement personne n’a entrepris de les décrire, mais les algues font barrière, le vent cesse de souffler, on comprend que c’est un lieu dont on ne revient pas et qui n’est connu de nul autre que de son créateur »  – Traduction d’après O. Devillers

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