Lorand Gaspar, poète visionnaire

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 « Solidaire des hommes et des bêtes, Solidaires des eaux, de la boue, de la roche et des champs, des forêts et forêts de constellations… »        Lorand Gaspar

« comprendre vraiment ce qu’est être ici
nuage, martinet, homme ou caillou —
c’est ainsi dans les moments les plus simples
que le dire s’enracine en son vivre —
puisse la saveur du jour dans la gorge
portée par l’ouverture trouvée,
pour d’autres parmi les herbes renaître – »

(Patmos)

     Quelle joie de découvrir un poète qui vous était jusqu’alors inconnu, un poète qui vous parait immense, virtuose dans la maniement des idées, des métaphores, des images, des mots et des sons… C’est comme un continent nouveau qui se serait soudainement révélé à vous, continent dont il va falloir longer les cotes, remonter les fleuves, pénétrer les forêts et gravir les montagnes. Et vous vous sentez honteux d’avoir ignoré si longtemps cette Atlantide.

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Biographie

    Originaire de la lointaine Transylvanie orientale, il est né à Târgu Mureș le 28 février 1925 en Roumanie. La ville a longtemps fait partie de la Hongrie mais intégrée en 1920 par le traité du Trianon à la Roumanie. C’est ainsi que Lorand Gaspar de langue maternelle hongroise, langue qui était à l’époque encore majoritaire (57%) naîtra citoyen roumain. Dans sa ville, on parle également le roumain, bien sûr (27%) mais aussi l’allemand (2%). Il expliquera plus tard que durant son enfance, il parlait couramment ces trois langues avec en plus le français que son père lui avait fait apprendre. Une importante communauté juive était également  installée dans la ville (12% de la population). C’est sans doute à cause de cette expérience du cosmopolitisme qu’il sera saisi très tôt par le démon du voyage et la quête d’horizons nouveaux. Après des études à l’Ecole polytechnique de Budapest, il est déporté en 1944 en Allemagne dans un camp de travail du Bad Wurtemberg dont il s’évade en 1945, rejoint les troupes françaises et se retrouve dans un camp en Alsace où on lui laisse le choix de rentrer en Transylvanie ou rester en France. C’est ce dernier choix qu’il opère, accomplissant ainsi l’un de ses vœux d’enfance, et aider par la communauté hongroise de France, il parviendra à mener à bien des études de médecine. Ayant acquis au cours de ses études la nationalité française et attiré par l’écriture depuis son enfance, il se pose le choix de sa langue d’écriture. il choisira le français plutôt que le hongrois expliquant plus tard qu’il ne pouvait « pas concevoir de vivre dans une langue, (…), et d’exprimer son expérience vécue dans une autre. » Après l’obtention de son diplôme de chirurgien, son premier emploi le conduira au Moyen Orient où il exercera dans les hôpitaux français de Jérusalem et de Bethléem puis de 1970 à 1995, à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis. De ses expériences de l’Orient et du désert, naîtront trois recueils de poèmes : Le Quatrième Etat de la matière (1966), Gisements (1968) et Sol absolu (1972).

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photographie de Lorand Gaspar

Et demain, pourtant, nous repartirons à la conquête du lieu sans nom, du nom imprononcé. D’où tenons-nous que seule cette possibilité, perçue brûlante dans chacune de nos molécules, peut nous rendre habitable l’épaisseur ?

Nous coucher sur la pierre nue de l’accouplement.

Chair et lumière mêlée

Approche de la parole

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        Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel – par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable – qu’aucune réponse n’est attendue ; plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole

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       Qui n’a pas ressenti que tout ce qui nous éclaire, nous ouvre à plus de vie, à une meilleure compréhension de nous-même et de l’autre, de nos désirs, de nos rapports, se traduit en fin de compte par un sentiment d’accroissement et d’élargissement ? Et je pense qu’il nous est arrivé à tous de sentir, de constater même, que la rencontre avec une œuvre d’art, l’articulation active qui se noue, immédiatement ou plus progressivement, entre elle et nous, peut nous faire accéder à plus de force et de confiance à des moments obscurs ou opaques, nous montrer une ouverture pour l’esprit, pour tous les mouvements de la vie qui tournaient en rond, ou étaient paralysés par l’adversité, par notre aveuglement.

Apprentissage

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photographie de Lorand Gaspar

De puits en puits
de bouche en bouche
nous maintenons la foi
d’un jardin profond
gisement de sèves
odeurs enfouies
bourgeonnement sous les reins de la terre
d’un puits à l’autre cependant
l’absence s’aiguisait.
L’eau fébrile de la halte
lui donnait son éclat
d’ange exterminateur.

Sol absolu

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comme si une main venait tendre
l’unique corde sur l’arc du silence
et l’autre allumer l’entrailles de la pierre —

comme si une oreille pouvait entendre
le soufflet de forge dont parle Lao tseu
ou les nappes d’eau sous les dalles du temps —

comme si le rêve pouvait résister
à l’acier du soc et du couteau
chaque jour à l’aube aiguisés —

comme si l’œil pouvait déchiffrer
la dentelle de l’eau, la vapeur qui roule
sur les bords de nos plages désertées —

Patmos

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Quelqu’un avance dans la poudre d’icônes
dans la farine jaunie des baisers du monde
et ses jambes sont ivres d’un vin lucide
que sa fatigue a tiré des ronces et des craies.

Un couteau a brillé au jardin de nageoires –
âme sans écailles jetée sur les pierres
son odeur d’herbes fraîchement coupées –
mais encore et encore le ressac broie

le duvet des ailes dans les cailloux
nous parle à bout de souffle du malheur
et la voix à jamais étonnée perfuse
l’épaisseur de sa trame décousue.

Patmos

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photographie de Lorand Gaspar

Toutes ces mers et tous ces déserts
que tu as traversés pour te perdre
près de ce puits où l’odeur secrète
de la plante avait attiré le serpent.
À présent la fraîcheur de ce mur qui se fend,
une aile qui bouge dans la pierre.
Au soir dans la chaux la vieille transhumance
que tu n’as pas nommée. Et tu sais
qu’il y a des oiseaux qui montent sans cesse

dans le vin de l’espace d’un été.
C’est déjà octobre. La voix frêle
du rouge-gorge dérape sur une eau
que le vent fait trembler –

Égée Judée

 

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Bibliographie

Poésie

  • Le quatrième état de la matière, Flammarion, 1966
  • Gisements, Flammarion, 196
  • Corps corrosifs, Fata Morgana, 1978
  • Sol absolu, Corps corrosifs et autres textes, avec un essai d’autobiographie, Poésie/Gallimard, 1982
  • Egée, Judée, suivi d’extraits de Feuilles d’observation et de La maison près de la mer, Poésie/Gallimard, 1993
  • Patmos et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 2004

Prose

  • Approche de la parole, avec un frontispice d’Henri Michaux, Gallimard, 1978 ; réédition augmentée d’Apprentissage, Gallimard, 2004
  • Feuilles d’observation, Gallimard, 1986
  • Carnet de Patmos, avec des photographies de l’auteur, Le Temps qu’il fait, 1991.
  • Arabie heureuse, réédition, revue et corrigée, de Journaux de voyage, augmenté de trois nouveaux récits, Deyrolle, 1997
  • Carnets de Jérusalem, avec des photographies de l’auteur, Le Temps qu’il fait, 1997
  • Mouvementé de mots et de couleurs, Le temps qu’il fait, texte James Sacré en 2003

Sites et articles liés

  • Revue Remue-net : « Respiration de flûte dans le poids du calcaire » – Entretien Lorand Gaspar/ Laurent Margantin, c’est  ICI.

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une petite victoire…

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The State of Palestine flag flies for the first time at U.N. headquarters, Wednesday, Sept. 30, 2015. (AP Photo/Seth Wenig)

     La Palestine était devenue un « Etat observateur non membre » de l’ONU le 29 novembre 2012 grâce à un vote historique acquis par 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions parmi les 193 pays membres de l’Assemblée. Pour le Premier ministre palestinien cette mesure symbolique constituait  « un pas sur le chemin menant la Palestine au statut de membre à part entière des Nations Unies« . Ce vote offrait pour les Palestiniens la possibilité de faire flotter leur drapeau au siège de l’ONU à New-York. Chose faite le mercredi 30 septembre quand on a vu le drapeau palestinien être hissé pour la première fois.

       Une petite avancée face au maintien scandaleux et insupportable du statu quo sur le terrain.

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l’occupation israélienne en Palestine : arbitraire, absurdité et ressentiment…

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   Une association israélienne, « Breaking the silence » créée par un ancien soldat israélien, Yehuda Shaul, qu’on ne pourra suspecter « d’antisémitisme » recueille et publie des témoignages de soldats qui dénoncent l’occupation des Territoires palestiniens. Les textes, parfois violents, sont percutants et montrent le calvaire enduré depuis des décennies par les palestiniens en proie aux vexations et aux humiliations récurrentes lors de leurs passages aux check points. Le site Rue89 a publié quatre de ces témoignages. Nous avons choisi parmi ces témoignage celui d’un soldat servant dans le Bataillon Lavi, dans les collines d’Hébron Sud en 2003, révélateur du climat fait tout à la fois d’arbitraire et d’absurdité qui accompagne l’occupation israélienne.

Témoignage

     « Il y a eu un incident dont je pense que c’est le plus… c’est le truc que je regrette le plus. C’est la pire chose que j’ai faite pendant tout mon service dans les Territoires.

      Il y avait ce type qui venait de Yatta et qui voulait passer un barrage. Il se rendait de Yatta à Hébron, à la laiterie. Il y avait un camion plein de récipients pour le lait. Je crois qu’il y avait un couvre-feu à Hébron à ce moment-là. Bref, il n’avait pas le droit de passer. Je l’ai attrapé au moment où il franchissait le barrage, c’était la troisième fois de la semaine que j’attrapais le même type – dans des circonstances différentes, mais le même type, plus ou moins au même endroit.      J’ai un peu pété les plombs, parce que je l’ai fait sortir… je lui ai dit de descendre du véhicule et tout, mais il s’est mis à protester et à crier, alors j’ai tout de suite fait deux choses : j’ai sorti les menottes et le bandeau. Je suis monté dans la jeep et je l’a amené à la porte. Il était, je ne sais pas, 10 heures du matin, quelque chose comme ça… et je l’ai relâché entre 11 heures et 1 heure du matin.        C’est-à-dire, c’était l’été… c’est-à-dire, toute la journée. Il avait genre 2 000 litres de lait avec lui et tout a tourné. Ça a duré toute la journée, il est resté à la porte avec les yeux bandés et les mains attachées.

         Quand j’y repense maintenant, j’ai honte pour deux raisons. Premièrement, pour la manière dont j’ai traité un autre être humain. Attraper un homme et prendre le contrôle de sa vie comme ça ? […] Je l’ai emmené comme un prisonnier, attaché. Et personne d’autre n’était responsable de ça. Ce n’est pas comme si j’avais reçu des ordres, vous voyez ? Non, c’est ce que j’ai décidé de faire. Et c’était acceptable. Du point de vue de tous mes supérieurs, il n’y avait pas de problème.         OK, tu as arrêté quelqu’un, voilà comment tu as traité un autre être humain, mais le fait est qu’il y avait aussi des biens, c’est-à-dire du lait. Quelque chose qui avait une valeur financière a été perdu. […]

       Ce n’est pas un terroriste, il n’était pas recherché, il ne s’en est pas pris à moi, il ne m’a pas menacé avec une arme. C’est un type normal. Quelle était l’utilité de ce que j’ai fait ? Aucune. Est-ce que ça a contribué à la sécurité de l’Etat ? Non. J’ai juste fait du mal à quelqu’un. Et ça ne va pas. »

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Massacre à Gaza !

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Bombardement à Gaza

Bombardements à Gaza

    Le 20 juillet dernier, révolté par la brutalité de l’intervention israélienne à Gaza et la complaisance du gouvernement français et du Président Hollande en particulier vis à vis de la politique d’Israël, j’avais produit un article sur ce thème et ressorti deux poèmes écrits au début de l’année 2009 à l’occasion d’une précédente intervention israélienne (c’est ICI). Dans l’article, je citais le nombre de morts alors recensés :

  • intervention israélienne à Gaza de juillet 2014 – bilan au 20 juillet 2014 : Israël : 7 morts dont 2 civils,   Palestine : 400 morts dont 80 % de civils, 2.400 blessés

   Dix jours plus tard, au moment où je rédige ce nouvel article le bilan s’est considérablement alourdi :

  • Israël : 59 morts dont 3 civils,   Palestine : 1.348 morts, près de 7.000 blessés, trois quarts de civils et 245 enfants. Six écoles de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés ont été atteintes par les bombardements israéliens qui ont fait de nombreuses victimes. L’unique centrale électrique du territoire a été touchée privant d’électricité la population d’une grande partie du territoire.

J’intitulais l’article précédent « obscénité »...

  • Obscène en effet le « tir au pigeon » d’une armée ultra-moderne suréquipée sur une population civile vulnérable.
  • Obscène en effet la logorrée froide et cynique des dirigeants israéliens qui justifient sans aucun état d’âme dans les médias leur politique insensée.
  • Obscène en effet la mauvaise fois de ce gradé israélien droit dans ses bottes qui justifie le bombardement d’une école de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (le deuxième en quelque jours) par un tir ennemi tiré à proximité et qui déclare sans rire que jamais l’armée israélienne ne tirera volontairement sur une école. A croire que les 1.348 morts de la présente intervention, en majorité des civils, l’ont été par hasard…
  • Obscène en effet la passivité des états occidentaux qui se satisfont de la situation inique et insupportable imposée au peuple palestinien à qui l’on demande de supporter sans faire de vagues sa situation et qui n’interviennent que mollement, à contre-cœur, quand Israël dépasse les bornes : « Vous pouvez agir, mais avec mesure, tout de même, n’exagérez pas trop »… Le comble de cynisme est atteint avec la déclaration du Président Obama qui exigeait l’arrêt du conflit pour « des raisons stratégiques »… Traduction : Je ne vous demande pas d’arrêter votre intervention pour des raisons humanitaires mais parce que celle-ci est contre-productive sur le plan stratégique par l’hostilité qu’elle provoque vis à vis d’Israël et ses alliés.
  • Obscène quand certains sionistes manipulateurs tentent de diaboliser toute opposition à la politique de l’état d’Israël en la faisant passer pour de l’antisémitisme.

   J’avoue qu’il est difficile de s’intéresser à la peinture, à la poésie et de vivre sereinement au moment même où chaque jour on apprend que des civils innocents dont de nombreux enfants sont déchiquetés par les bombes… Et que faire pour réagir et pour pouvoir peser sur les évènements ? Ironiquement, c’est finalement le Président Obama qui nous donne la solution : il ne nous reste plus qu’à peser sur le plan stratégique en faisant évoluer les consciences par l’information et l’alerte dans le but de faire agir les peuples afin qu’ils fassent pression sur leurs gouvernements et sur les dirigeants israéliens.

   C’est dans ce but que j’ai décidé d’ajouter à cette action collective à mener et à développer ma modeste contribution en créant un nouveau thème de réflexion sur ce blog qui s’intitulera « Palestine« . Je précise que ma position n’est pas anti-israélienne par principe. Je suis pour le droit à l’existence de l’état d’Israël dans des frontières sûres et reconnues mais cette existence ne doit pas être menée au détriment d’un autre peuple et dans le mépris des droits humains.

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drapeau israéliendrapeau palestinien

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Pour deux pays avec deux peuples en attendant un pays avec deux nations.

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Obscénité à Gaza

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  • intervention israélienne à Gaza en 2008-2009 – bilan  : Israël :  13 morts     Palestine : 1.315 morts dont 65 % de civils, parmi eux 410 enfants  et 5.285 blessés
  • intervention israélienne à Gaza de juillet 2014 – bilan au 20 juillet 2014 : Israël : 7 morts dont 2 civils,   Palestine : 400 morts dont 80 % de civils, 2.400 blessés

enfants de Gaza

Dans une poignée de secondes, ces trois enfants seront morts, tués dans leur abri de fortune dans lequel ils étaient allé se protéger, un conteneur d’une plage de Gaza, par un tir d’obus de la marine israélienne. Les militaires israéliens ont par le passé déjà été accusés par de nombreuses sources objectives et indépendantes de ne pas user du discernement nécessaire pour protéger les civils dans leurs actions militaires (voir l’article du Monde ci-dessous du 15 juillet 2009).

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Obscènité

      A l’heure où ces lignes sont écrites, des milliers de civils palestiniens errent dans les rues de Gaza sans savoir où pouvoir se protéger. Ils ont du quitter en catastrophe leur foyer sous le feu des bombes israéliennes. Les journalistes déclarent avoir vu de nombreuses victimes gisant dans les rues parmi les ruines.  L’hôpital voit son fonctionnement gêné par l’afflux des réfugiés qui n’ont trouvé que ce lieu pour se protéger des bombes. La morgue de l’hôpital est pleine et l’on ne sait plus où entreposer les corps. Parmi les victimes figurent de nombreux enfants.      
       Obscénité : Voilà le mot qui convient pour qualifier la nouvelle intervention israélienne à Gaza compte tenu de la disproportion démesurée des forces en présence et du lourd tribut payé par les civils palestiniens innocents et parmi eux par les plus vulnérables, les enfants. L’histoire se répète et le monde assiste, scandalisé et impuissant, à cette orgie de violence appuyée par un déferlement de technologie sophistiquée à l’encontre d’un peuple désarmé. Qu’on ne vienne pas nous parler des roquettes artisanales palestiniennes, ces piqures de moustiques  impuissantes à percer le cuir israélien. Quel est le bilan du tir des 1.600 roquettes qui auraient été tirées sur Israël ? un civil mort, et c’est un mort de trop, et quelques dégâts matériels. Ces tirs aveugles sont certes condamnables mais ne peuvent justifier en rien des représailles disproportionnées menées contre toute une population civile.

   La vérité est qu’Israël est en proie aujourd’hui à une folie identitaire et nationaliste qui fait fi des droits humains les plus fondamentaux et qui mine les principes moraux qui avaient présidé à la création de l’état d’Israël. La politique d’apartheid menée à l’encontre des palestiniens, le refus de consentir à ce peuple l’existence d’un état, la politique opiniâtre et cynique de confiscation des terres palestiniennes et d’instauration de nouvelles colonies dans les Territoires occupés alors même que des négociations de paix sont en cours et en dépit de l’opposition unanime de la communauté internationale, le blocus insupportable de Gaza et les obstacles dressés pour empêcher la libre circulation des personnes et des biens, montrent que les ultras qui sont au pouvoir en Israël n’ont pour objectif que de rendre impossible la vie des palestiniens (en vue sans doute de les pousser à émigrer), renforcer encore la présence israélienne en Palestine occupée pour rendre impossible ou vider de sens un état palestinien. Dans cette stratégie, tous les coups sont permis et on doit admettre que les excès constatés ne sont aucunement accidentels mais participent à une stratégie d’ensemble. Les ultras ont engagé Israël dans une fuite en avant qui sera préjudiciable à tous. L’injustice et les atrocités commises n’ont pour résultat que de renforcer les extrémistes côté palestinien.  Il est regrettable qu’une majorité d’israéliens ait aujourd’hui tourné le dos à une politique de paix et de réconciliation avec les palestiniens et se complait dans une attitude de haine et de confrontation. Il ne faut pas oublier que dans le conflit israélo-palestinien, les palestiniens sont avant tout les spoliés et les victimes. Israël se grandirait si dans le rapport de force actuel qui lui est favorable, elle tendait sincèrement la main à ce peuple qui d’une manière ou d’une autre lui est lié de manière indissoluble. Palestiniens et Israéliens sont les deux faces opposées d’une même pièce de monnaie…Veulent-ils que le conflit dure encore mille ans ?  Face à cette situation absurde et inique, on ne peut que regretter l’hypocrisie des gouvernements occidentaux qui protestent mollement du bout des lèvres et n’engagent aucune action dissuasive à l’encontre des ultras d’Israël pour des raisons stratégiques ou de politique intérieure.

femme palestinienne essayant de protéger ses oliviers - Saed Bannoura

femme palestinienne essayant de protéger ses oliviers – Saed Bannoura

Depuis 2002, sur près de 450 kilomètres un mur de séparation court entre la Cisjordanie et l’Israël. Pour le construire, l’armée israélienne a déraciné des milliers d’oliviers présents sur son tracé. Depuis, des centaines d’agriculteurs palestiniens sont coupés de leurs terres. Impossible de s’y rendre sans un laissez-passer, sésame rarement accordé par les forces de sécurité israéliennes. Pis, les vastes étendues d’oliviers sont les victimes quotidiennes d’attaques de colons israéliens vivant en Cisjordanie à proximité des Palestiniens et de leurs cultures. Des colons qui n’hésitent pas à déraciner et à brûler des arbres centenaires. En reportage en Cisjordanie, Gideon Levy, écrivain et journaliste israélien, se souvient : « Il y avait des dizaines, peut-être des centaines d’oliviers tués par la chaleur des flammes qui léchaient leur tronc. Des arbres calcinés, comme autant de preuves carbonisées étendues dans le champ. » 
Un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) en Palestine estime que, en 2013, 9 400 arbres ont été déracinés ou endommagés dans « des incidents avec les colons », 1 000 de plus qu’en 2012. « Depuis 1967, 800 000 oliviers auraient été arrachés, dont 550 000 rien qu’entre 2000 et 2008 [période de fortes tensions entre Palestiniens et Israéliens, NDLR] », rappelle Arnaud Garcette en citant les chiffres de l’organisation palestinienne ARIJ, et en précisant également que ces données, fortement politisées, devaient être prises avec précaution.
    Face à cela, les agriculteurs sont bien désarmés. La voie judiciaire ? Autant ne pas y penser. L’ONG israélienne Yesh Din rappelle qu’entre 2005 et 2013 plus de 97 % des plaintes déposées pour dénoncer des dommages sur des oliviers ont été rejetées par les autorités judiciaires israéliennes. Reste alors pour certains la voie des armes et de la vengeance. (article du Point.fr du 02/12/2013)

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Julien Salingue

Pour une analyse de la situation à Gaza, voir l’interview très éclairante de Julien Salingue, chercheur en sciences politiques,  auteur du livre A la recherche de la Palestine – au-delà du mirage d’Oslo, paru aux Editions du Cygne qui répond aux questions de RFI.
. pour l’interview, c’est ICI :     http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140720-operation-israelienne-gaza-julien-salingue-aucune-solution-militaire-netanyahu-hamas/
. pour le Blog de Julien Salingue, c’est ICI :  http://www.juliensalingue.fr/

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      En 2009, révolté par l’injustice subie par les palestiniens, j’avais écrit deux poèmes, l’un qui exprimait ma déception face à l’évolution négative des israéliens concernant l’attitude à adopter vis à vis des palestiniens et l’autre qui marquait ma révolte et mon dégoût face à l’utilisation de certains types d’armes par l’armée israélienne à Gaza. La situation actuelle fait malheureusement que ces poèmes sont de nouveau de circonstances…

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Dialogue de sourds avec Dieu

Les rêves de pierre de vos Pères
Se sont depuis longtemps évanouis
Remplacés par d’autres rêves de pierre…
Eglise contre mosquées,
mosquées contre synagogues,
Rêves de pierres contre rêves de pierres,
Est-ce là notre fatale destinée ?
Le rêve ne guide plus
le compas de vos architectes,
et la truelle de vos maçons.
Vos constructions ne sont
que murailles et forteresses.
Vos murs de béton séparent
L’olivier du moulin,
Le troupeau de l’herbe fraîche,
L’assoiffé de la source claire,
L’enfant de son école,
L’amant de sa promise.
Ne comprenez-vous pas
que les murs ont deux faces
et qu’ils enferment doublement
l’assiégé et l’assiégeant ?
Les rêves sont fleurs de vie et de désirs,
promesses de fruits et de graines fécondes.
L’arbre aux sept branches
de vos rêves est devenu stérile.
Vous n’aspirez plus qu’au repli,
qu’au culte de votre altérité,
Et vous vous énivrez,
narcissiques guerriers,
de votre dérisoire puissance.
Abandonnés, les rêves de fraternité,
Oubliée, l’innocence enfantine.
Votre peuple a été stigmatisé et nié.
Par un pervers retour des choses,
Il stigmatise à son tour et humilie.
Votre peuple avait été dépossédé,
Il vole et exproprie à son tour .
Votre peuple avait été martyrisé
De manière monstrueusement
méthodique et  scientifique.
Il martyrise et assassine à son tour,
utilisant une hyper-technologie obscène,
un petit peuple désarmé et digne.
Vous avez commis le sacrilège,
Vous le peuple victime,
de transformer vos enfants
en bourreaux….

Capture d’écran 2013-08-05 à 14.27.56

        .
12 janvier 2009
.

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Travaux pratiques

A l’école, l’enfant a fait
des travaux pratiques.
La maîtresse lui a appris
les allumettes et leur danger.
La petite boule rouge
si amusante, fichée
comme un nez de clown,
au bout de l’allumette,
c’est souvent du souffre…
Le grattoir de la boîte
contient du phosphore rouge
et de la poudre de verre.
Le frottement de l’allumette
sur le bord de la boîte
déclenche la flamme
qui se communiqué au bois.
Ensuite le bois brûle
en produisant de la fumée
et un peu de cendres.

Chacun dans la classe
a mis le feu à une allumette,
en la tenant bien par le bout,
et en faisant très attention
à ne pas se brûler !
la maîtresse a expliqué :
L’allumette est très utile
mais aussi très dangereuse !
Allumer les allumettes,
ne doit pas être un jeu.
Attention à ne pas mettre le feu !

Une bombe au phosphore,
a été envoyée d’un avion
sur la maison de l’enfant.
Il cachait sous son lit,
(un monsieur très sérieux,
à la télévision l’a dit),
un nid de terroristes …

L’enfant s’est enflammé
comme une allumette
en produisant de la fumée
et un peu de cendres
Merci Monsieur Olmert !
Merci Monsieur Barack !
Merci, Madame Livni !
pour les travaux pratiques…

Capture d’écran 2013-08-05 à 14.27.56

        .
février 2009

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Au sujet de l’intervention israélienne à Gaza en 2008-2009 

  • Article du Monde en date du 15 juillet 2009

article du Monde du 15/07/2009

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Article de Wikipedia concernant l’armement utilisé par les israéliens lors de l’intervention de 2008-2009

  • Selon le site timesonline, des obus fumigènes M825 au phosphore blanc ont été tirés par l’artillerie israélienne.
  • Selon deux médecins norvégiens (Erik Fosse et l’urgentiste Mads Gilbert), qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d’années avec l’Organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, l’armée israélienne utilise à nouveau des armes expérimentales de fabrication américaine, à base de Dense Inert Metal Explosive, développées pour le contexte d’une guerre asymétrique, et caractérisées par une puissance de souffle accru sur un rayon d’une dizaine de mètres. Cet explosif peut-être emporté par la bombe GBU-39. Ces armes causent des lésions incurables dans les tissus mous et les os des organismes vivants. Cette opinion est partagée par Marc Garlasco, un analyste militaire travaillant pour Human Rights Watch; Marc Garlasco fut contraint peu après de démissionner pour collection d’objets nazis. Disposant d’un grand pouvoir d’explosion, ces bombes ont un rayon d’action limité afin d’éviter les dommages collatéraux mais leurs éclats possèdent des effets cancérigènes et génotoxiques. Selon Mads Gilbert : « À 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées,… Ils n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire », et d’ailleurs un infirmier de l’hôpital Al-Awda dans le camp de réfugiés de Jabalya rapporte qu’il y a une grande majorité de blessés qui arrivent avec au moins un membre manquant.
  • Les moteurs des drones Hermes 450 sont fabriqués en Grande-Bretagne. Une centaine de députés anglais signent une déclaration « réclamant un embargo de toutes les ventes militaires qui pourraient être utilisées pour l’agression à Gaza et dans les territoires occupés. »
  • De manière générale l’écart technologique entre les deux camps fait que les bombardements se font, comme le dit Gideon Levy, « en toute liberté sans rencontrer aucune résistance ».

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Au sujet de l’interdiction de manifester contre l’intervention israélienne prise par le gouvernement français

  Face à la situation humanitaire insupportable subie par la population gazaouie, le gouvernement français a pris une décision courageuse… Protester contre l’intervention israélienne ? Non, vous y êtes pas … Il interdit toute manifestation de protestation pour ne pas importer le conflit israélo-palestinien sur le territoire français : « Il ne peut pas y avoir d’importation du conflit en France, il ne peut pas y avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l’ordre public ».

    Le prétexte utilisé pour justifier cette interdiction est celui des heurts qui ont opposés lors de la manifestation du 13 juillet dernier à Paris devant deux synagogues certains manifestants à des membres de la communauté juive dont de jeunes militants de la Ligue de défense juive (LDJ) et du Betar, qui ont revendiqué leur présence sur les lieux selon l’AFP. Les deux camps s’accusant mutuellement de provocation. On peut s’étonner du fait que ces deux établissements n’aient pas été isolés de la manifestation par les forces de l’ordre. Ainsi, il suffit de l’action de quelques provocateurs pour priver les français de leur droit légitime et démocratique de manifester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice flagrante et une action que certains n’hésitent pas à assimiler à un crime contre l’humanité. Désormais, il suffira qu’un groupe opposé à la tenue d’une manifestation menace d’organiser une contre-manifestation pour que celle-ci soit interdite pour « risque de trouble à l’ordre publique » ou « importation de conflit sur le sol national ». Les groupes extrémistes tels que la Ligue de défense juive et le Betar vont se frotter les mains, toute manifestation contre la politique d’Israël sera désormais interdite… La France, « pays des droits de l’homme » est le seul pays d’Europe ayant interdit de manifester, et c’est un gouvernement socialiste qui a pris cette décision… Il est vrai qu’après le refus de survol du territoire français au président bolivien Morales et le refus d’accorder l’asile politique à Edward Snowden, plus rien ne nous étonne de la part d’un pouvoir qui semble avoir abandonné toute volonté d’indépendance face aux exigences des Etats-Unis…

   Pour être juste, signalons que quelques députés et militants socialistes se sont opposés à cette mesure : Six députés socialistes ont protesté vendredi contre l’interdiction d’une manifestation pro-palestinienne samedi à Paris, et ont appelé le gouvernement à revenir sur cette décision. « Le seul camp que la France doit choisir, c’est celui de la paix. Aujourd’hui, nous refusons la décision trop hâtive du ministère de l’Intérieur et appelons le gouvernement français à lever rapidement cette interdiction de manifester », écrivent dans un communiqué les députés PS Alexis Bachelay, Yann Galut, Razzy Hammadi, Mathieu Hanotin, Pascal Cherki et Philippe Doucet« Si aucun acte antisémite et raciste ne doit être toléré dans notre République, celle-ci doit se donner les moyens de les sanctionner fermement. Mais en aucun cas, elle ne doit remettre en cause une liberté fondamentale, au travers d’une mesure d’exception que nous considérons comme disproportionnée », déclarent-ils.
    Pour sa part, dans un communiqué, Europe Écologie-Les Verts « s’insurge contre l’interdiction » et ajoute que, si elle était confirmée, la France serait « le premier pays à interdire ces manifestations. (…) Alors qu’on peut manifester à Tel-Aviv, à Berlin ou à New York pour dénoncer l’opération militaire israélienne en Palestine, les pouvoirs publics doivent permettre que ce rassemblement puisse avoir lieu dans le calme et le respect des opinions de chacun », conclut EELV.

    Le mercredi 9 juillet, François Hollande s’était entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou auprès duquel il avait souligné que la « France condamnait fermement les agressions contre Israël (…) et lui avait exprimé sa solidarité face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. » Il précisait  « qu’il appartenait au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». Le président de la République avait rappellé également « la nécessité de prévenir l’escalade des violences ». L’article du Nouvel Observateur souligne qu’il n’avait cependant pas évoqué à cette occasion les pertes civiles du côté palestinien. (extrait du Nouvel Observateur le 10/07/2014). Ces déclarations étaient irresponsables ou pour le moins maladroites car elles pouvaient être interprétées par  Netanyaou comme un blanc-seing donné à l’intervention musclée qu’il préparait contre Gaza. Dans son discours du 19 juillet à Niamey, François Hollande, face aux excès de l’intervention israélienne, s’est montré plus prudent et a abordé le problème des pertes civiles palestiniennes mais cette intervention a été pour le moins tardive.

allocution de François Hollande du 19 juillet à Niamey

allocution de François Hollande du 19 juillet à Niamey 

     « Qu’il y ait de l’émotion, qu’il y ait de la part d’une partie de nos compatriotes la volonté d’en appeler aussi au cessez-le-feu. Je peux comprendre… mais il ne peut pas y avoir d’importation du conflit en France. Il ne peut pas avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l’ordre public et c’est la raison pour laquelle le ministre de l’intérieur lorsqu’il est saisi de projets de manifestations fait en sorte soit qu’il n’y puisse pas y avoir de débordements soit que lorsqu’il y a des risques, elles ne puissent pas avoir lieu et c’est ce qui a été décidé (…) parce que nous ne pouvons pas rester indifférents lorsque nous avons des manifestations qui sont proposées et qui ont visiblement des objectifs qui ne sont pas simplement de manifester… »

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Lettre ouverte au Président de la République :

Monsieur le Président,

    J’aurais pu imaginer qu’un président socialiste, qui a occupé la fonction de premier secrétaire de son parti durant 11 années, d’un parti dont l’article 21 de ses statuts proclame qu’il est un parti internationaliste, condamne toutes les oppressions et exploitations et les formes modernes d’esclavagisme, déclare œuvrer pour le respect du droit des enfants, reconnaître pleinement le droit d’asile et combattre la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme, déclare militer pour un ordre international juste et respecté pour une coopération entre les peuples, pour une vraie politique de développement et défendre le rôle de l’ONU et des institutions internationales éprouverait naturellement une vive émotion face au drame et à l’injustice que vivent les civils gazaouis. Ceux-ci et leurs enfants en premier lieu ne sont-ils pas victimes aujourd’hui d’une agression sauvage et sanglante après avoir souffert de discriminations et de freins au développement par l’instauration d’un blocus inique et d’obstacles dressés aux actions menées par l’ONU et les organisations internationales ? Vous déclarez dans votre allocution que vous « pourriez » comprendre l’émotion suscitée par la situation actuelle et le désir d’y mettre fin. Est-ce à dire que vous n’éprouvez pas cette émotion mais que pourriez la comprendre ? Tout espoir n’est donc pas perdu, la raison est susceptible de palier à l’absence de cœur… L’adhésion aux valeurs et aux principes du socialisme n’ést-elle pas autant une affaire de cœur en tant qu’expression d’un désir profond de justice et du sentiment de solidarité qu’un engagement de la raison ?  Aujourd’hui, alors que je pensais que l’arrivée du parti socialiste au pouvoir aurait pour conséquence d’augmenter mon espace de liberté, je constate que vous m’interdisez d’exprimer mon indignation et mon exigence d’une cessation des opérations menées par Israël. Je constate également que la France est le seul pays en Europe à instaurer et appliquer une telle interdiction que même l’état d’Israël n’a pas eu l’idée d’appliquer… Qui tirera bénéfice d’une telle décision ? Certainement pas les palestiniens qui ne pourront constater l’étendue de la solidarité qui se manifeste en France à leur égard, mais l’état d’Israël à coup sûr qui reste vulnérable à l’expression du mécontentement de la communauté internationale. L’objectif énoncé d’éviter « l’importation du conflit en France » et « éviter les débordements » me semble une très mauvaise raison et ne risque au contraire que de faire naître un sentiment de révolte et exacerber les passions.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations républicaines,

L’un des 18 004 656 citoyens qui avait voté pour vous.

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