Promenade dans un ravin ou de la difficulté d’être surhumain…

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Mercredi 25 main 2016 : promenade avec Gracie dans le ravin situé près de chez moi

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     À un quart d’heure à pied de chez moi, il existe un étroit et profond ravin creusé dans la  molasse dont les pentes sont couvertes d’une végétation luxuriante. Au fond coule un ruisseau venu de la montagne toute proche que la pente a rendu impétueux. Je m’y rend souvent pour promener ma chienne Gracie. En bordure de l’eau gazouillante, c’est le règne des fougères qui ont trouvé là un biotope idéal pour leur épanouissement. Tout autour, c’est la lutte pour la vie. Et la vie, dans cet étroit goulet où l’ombre règne en maîtresse,  c’est la lumière du soleil que l’on distingue très haut au-dessus de nos têtes, comme un bien inaccessible, entre les épaisses frondaisons. Dans ce royaume de l’ombre, il semble que chaque plante se soit fixé le but de pousser  le plus haut et le plus rapidement possible pour capter au détriment des autres le maximum de cette lumière bienfaisante et on est surpris de la hauteur vertigineuse atteinte par les arbres et de la rectilignité de leurs troncs. Mais la compétition est implacable, sur un sol rocheux où la terre arable a été distribuée avec parcimonie, les géants n’ont que peu de prise pour développer leurs racines et certains jours de tempête ils s’abattent et se couchent facilement les uns sur les autres comme dans un mikado géant. Dans ce sombre chaos de troncs renversés et de verdure luxuriante qui nous plonge dans une ambiance de forêt primaire voire équatoriale, pour un peu on serait tenté de jouer les matamores et de traverser le ravin en plein vide sur l’arbre moussu et vermoulu qui fait passerelle entre les deux rives, tel un Indiana Jones…  C’est bien tentant !

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Chiche !

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     Je n’ai pas eu le courage de traverser le ravin sur le tronc d’arbre moussu et vermoulu… Oui, c’est vraiment dur d’être surhumain. Il fut un temps où je l’aurais certainement tenté… Je me suis consolé en rejoignant une petite cascade toute proche pour contempler l’eau couler entre les pierres et les fougères et écouter religieusement sa musique. C’est pour moi comme une thérapie, j’ai forgé à ce propos un néologisme : Pêgêthérapie, du grec ancien πηγή, pêgê (« source, fontaine ») et θεραπεία, therapeía (« cure ») – voir « Histoires d’O », c’est  ICI . J’ai l’impression que mes mauvaises pensées et mes soucis sont entraînées par l’eau et le temps qui passent et vont se perdre et se dissoudre, au loin, dans les sédiments et la vase du lac.

     Vous êtes prévenus, ne remuez jamais la vase …

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photos d’Enki

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De bonne foi et de mauvaise foi : la préparation du pain à Greenpoint

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Cuisson du pain

Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.

Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.

Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.

Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.
 
Émile Verhaeren, Les Flamandes

la confection du pain en Afghanistant

la préparation du pain en Afghanistan

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Dis maman, comment sont faits les bébés ?
Les bébés ? Eh bien, on prend de la pâte à pain ou à gâteaux, on la pétrit pour en faire un petit enfant et on le fait cuire au four… Quand il est bien cuit et bien doré, on le sort, on le fait refroidir et ça fait un petit homme…
Voilà ce que me racontait ma maman sicilienne…

J’ai déjà raconté cette anecdote dans un article précédent sur les « paritàs », ces histoires métaphoriques populaires de cette grande île du sud de l’Italie (c’est ICI).

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     Je suis dans le quartier de Greenpoint à Brooklyn dans une boulangerie pâtisserie artisanale où l’on peut acheter des pâtisseries et du pain faits maison et les consommer si on le désire sur place autour d’une grande table de bois commune ou le long d’une banque haute et étroite qui borde l’atelier de fabrication des pâtisseries et le sépare de la boutique.
    Je suis justement attablé à cette banque. Deux jeunes femmes en salopettes bleues sont affairées dans l’atelier. L’une d’entre elle, une belle fille à lunettes, aux formes plantureuses malaxe la pâte avec dextérité. Il faut la voir diviser le tas informe de pâte  en portions de tailles adaptées au produits à réaliser, les mettre en forme, les pétrir et les sculpter pour leur donner la forme voulue…
    Je suis fasciné de voir ses mains se mouvoir avec grâce et précision dans une succession ininterrompue de gestes dont chacun à son utilité propre et répond à une fonction précise : soupoudrer de farine la table de bois blond, donner sa forme à la future pâtisserie en roulant la pâte tout en anticipant sur les déformations que lui apporteront la cuisson, ôter les surplus de matière, imprimer par un tapotement de l’extrémité des doigts le motif décoratif qui animera la surface de la pâtisserie. Le tout dans une rapidité et une économie de moyens extrême… Je songe à l’absence de mot adapté pour qualifier cette jeune femme. On a le choix qu’entre les substantifs boulangère, terme général et imprécis et pétrisseuse, terme purement technique; le substantif mitrone, quand à lui,  reporte à une apprentie boulangère ou pâtissière… Finalement, c’est encore le mot « plasticienne » qui lui convient le mieux car après tout sa production peut s’apparenter à une forme d’art…

boulangère étrusque, - 300 ans avant J.-C.

    Je pense alors au garçon de café que Sartre décrit dans l’Être et le Néant. Lui aussi remplissait sa tâche avec dextérité et professionnalisme mais Sartre considérait qu’il en faisait un peu trop, qu’il en rajoutait en jouant, vis à vis du public et surtout de lui-même le rôle de “garçon de café”, ceci pour “exister” car pour Sartre le propre de l’homme, c’est d’avoir une conscience qui pour échapper au néant se projette dans la réalité en jouant un rôle. C’est ce que le philosophe appelait la “mauvaise foi” que l’on peut alors définir comme un écart entre ce que l’on est et ce que l’on fait apparaître de soi-même. Nous jourrions donc tous des rôles pour échapper à l’angoisse du néant. Une variante en quelque sorte du divertissement de Pascal qui permet de s’affranchir de l’angoisse générée par la réalité de notre condition… En opposition avec l’attitude du garçon de café, être sincère avec nous-même exigerait donc un « devoir être » dans notre attitude et notre comportement avec nous-même et avec autrui.

Jean-Paul Sartre« Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d’un pas un peu trop vif, il s’incline avec un peu trop d’empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d’imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d’on ne sait quel automate, tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule , en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu’il rétablit perpétuellement d’un mouvement léger du bras et de la main. Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s’applique à enchaîner ses mouvements comme s’ils étaient des mécanismes se commandant les uns les autres, sa mimique et sa voix même semblent des mécanismes; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des choses. Il joue, il s’amuse. Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne faut pas l’observer longtemps pour s’en rendre compte : il joue à être garçon de café. Il n’y a rien là qui puisse nous surprendre : le jeu est une sorte de repérage et d’investigation. L’enfant joue avec son corps pour l’explorer, pour en dresser l’inventaire ; le garçon de café joue avec sa condition pour la réaliser.

Cette obligation ne diffère pas de celle qui s’impose à tous les commerçants : leur condition est toute de cérémonie, le public réclame d’eux qu’ils la réalisent comme une cérémonie, il y a la danse de l’épicier, du tailleur, du commissaire priseur, par quoi ils s’efforcent de persuader à leur clientèle qu’ils ne sont rien d’autre qu’un épicier, qu’un commissaire priseur, qu’un tailleur. Un épicier qui rêve est offensant pour l’acheteur, parce qu’il n’est plus tout à fait un épicier. La politesse exige qu’il se contienne dans sa fonction d’épicier, comme le soldat au garde-à-vous se fait chose-soldat avec un regard direct mais qui ne voit point, qui n’est plus fait pour voir, puisque c’est le règlement et non l’intérêt du moment qui détermine le point qu’il doit fixer (le regard « fixé à dix pas »).

Voilà bien des précautions pour emprisonner l’homme dans ce qu’il est. Comme si nous vivions dans la crainte perpétuelle qu’il n’y échappe, qu’il ne déborde et n’élude tout à coup sa condition. Mais c’est que, parallèlement, du dedans le garçon de café ne peut être immédiatement garçon de café, au sens où cet encrier est encrier, où le, verre est verre. Ce n’est point qu’il ne puisse former des jugements réflexifs ou des concepts sur sa condition. Il sait bien ce qu’elle « signifie » : l’obligation de se lever à cinq heures, de balayer le sol du débit, avant l’ouverture des salles, de mettre le percolateur en train, etc.
Il connaît les droits qu’elle comporte : le droit au pourboire, les droits syndicaux, etc. Mais tous ces concepts, tous ces jugements renvoient au transcendant. Il s’agit de possibilités abstraites, de droits et de devoirs conférés à un « sujet de droit ». Et c’est précisément ce sujet que j’ai à être et que je ne suis point. Ce n’est pas que je ne veuille pas l’être ni qu’il soit un autre. Mais plutôt il n’y a pas de commune mesure entre son être et le mien. Il est une « représentation » pour les autres et pour moi-même, cela signifie que je ne puis l’être qu’en représentation.
Mais précisément si je me le représente, je ne le suis point, j’en suis séparé, comme l’objet du sujet, séparé par rien, mais ce rien m’isole de lui, je ne puis l’être, je ne puis que jouer à l’être, c’est-à-dire m’imaginer que je le suis. Et, par là même, je l’affecte de néant. J’ai beau accomplir les fonctions de garçon de café, je ne puis l’être que sur le mode neutralisé, comme l’acteur est Hamlet, en faisant mécaniquement les gestes typiques de mon état et en me visant comme garçon de café imaginaire à travers ces gestes… Ce que je tente de réaliser c’est un être-en-soi du garçon de café, comme s’il n’était pas justement en mon pouvoir de conférer leur valeur et leur urgence à mes devoirs d’état, comme s’il n’était pas de mon libre choix de me lever chaque matin à cinq heures ou de rester au lit quitte à me faire renvoyer. »

SartreL’être et le néant

Charles Chaplin - Charlot, garcon de cafe

Charles Chaplin, imposteur singeant un garçon de café, devient donc de « bonne foi » dans sa fausse interprétation….

  J’avoue à avoir eu des difficultés à comprendre la théorie de Sartre qui rend problématique l’appropriation de toute fonction sociale puisque dans l’exercice de cette fonction, je dois m’attacher à relier ce que je ne suis pas à ce que je dois être, ce qui présente le risque « d’en faire trop » ou « pas assez » et donc de mal interpréter mon rôle.

    Si je reviens à ma boulangère, je constate qu’à ce moment présent, elle est vraiment boulangère et que son service fini, elle deviendra tout autre chose qui découlera de l’activité qui va suivre : conductrice de voiture, passagère du métro, amoureuse retrouvant son amant, maman, etc… Pourquoi parler de “mauvaise foi”, comme s’il fallait s’excuser de cette succession de rôles que la vie nous fait jouer…

boulangère étrusque, - 300 ans avant J.-C.

    Je reporte mon regard sur la jeune femme qui s’active sur sa pâte, je remarque que ce ne sont pas seulement ses mains qui agissent. Tous son corps semble accompagner le mouvement. De temps à autre, avant de s’attaquer à une nouvelle fournée, elle secoue curieusement le haut de sa colonne vertébrale pour libérer la tension qui s’était accumulée en elle lors de l’exécution de la tâche précédente qu’elle vient juste de terminer et, d’un hochement de tête, renvoie l’extrémité de ses cheveux blonds, dont le haut est enfermé dans un turban à l’ancienne, en arrière de son corps. La salopette à manches courtes dégage des bras nus et musculeux. On ne peut imaginer une femme maigre se livrant au pétrissage de la pâte. Il faut une femme bien en chair au corps puissant… A la manière d’Emile Verhaeren, je la trouve belle et sensuelle. Existe t’il un érotisme du pétrissage ? Le haut de sa salopette s’ouvre sur un décolleté discret mais suffisamment profond pour qu’on puisse constater l’absence de Tshirt ou de chemisier. Se pourrait-il qu’elle ne porte rien sous sa salopette ? Du coup le jeu de ses doigts sur la pâte prend pour moi une tout autre signification et je ne peux m’empêcher au fur et à mesure de l’exécution de sa tâche de m’identifier à la pâte qu’elle retourne, roule et façonne sous ses gestes qui se sont transformés en caresses…

    J’ai soudainement l’impression que la jeune femme s’est rendue compte de l’insistance de mon regard. Quelque chose semble s’être modifié dans l’accomplissement de ses gestes et dans son attitude. Elle me semble devenue encore plus sensuelle et plus féline… Est-ce vraiment elle qui a modifié son attitude, et dans ce cas elle ne se contenterait plus seulement de jouer le rôle de boulangère mais jouerait également celui de séductrice… ou bien est-ce moi qui, sous l’action de mon fantasme, passé du rôle de spectateur au rôle de voyeur, interprète de manière déformée et intéressée tous ses gestes…

Et que deviennent les théories de Sartre et de Pascal dans tout celà ?

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Eloge de la sagesse ou quand la philosophie se fait hara-kiri….

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Quand François Julien nous invite à poser le fardeau de la philosophe occidentale…

    Quand, passant en Chine, on se retourne vers la pensée qu’on a quittée et qu’on commence alors à la voir se profiler devant soi comme un paysage, soi-même ne l’habitant plus tout à fait,on est frappé soudain de cette voie qu’on voit traverser tout le tableau et l’ouvrir à son au-delà, y creusant la perspective, et qui jusque-là n’avait cessé d’orienter notre pensée : de ce chemin q’une quête qui n’en finit pasquête de la vérité, quête du sens. Car, en se substituant à la Vérité, le Sens prend le relais, il est la question « moderne » (ainsi, de la métaphysique, on serait passé à l’herméneutique, de l’ontologie à l’axiologie, etc.). Comme lorsqu’on dit : le sens de la vie. Une question que nous ne pouvons pas nous poser, mais dont nous mesurons, à partir de la Chine, comme elle relève d’un choix particulier (notre métaphysique du sens succédant à celle de la vérité) et dont nous voyons s’estomper la pertinence (d’ailleurs, comment la traduire en chinois ? Car on peut toujours traduire – le confort des linguistes – mais qu’est-ce que l’expression traduite réussirait à laisser passer ?) : quand on la considère à partir de la Chine, cette question du « sens de la vie », qui nous paraissait s’imposer, ne nous dit plus rien – elle ne nous parle plus. Aux yeux de la sagesse, la question du sens de la vie perd son sens. Aussi le sage ne se fixera-t-il pas plus sur elle que sur la vérité.

     Est sage, dirons-nous donc enfin, qui ne se pose plus la question du Sens (à qui ne parle plus cette alternative : le mystère ou l’absurde; elle ne lui parlera pas plus que celle du vrai ou du faux). Est sage celui pour qui, enfin, le monde et la vie vont de soi. Celui qui se contente de dire, et par là même n’a plus besoin de dire : les choses vont ainsi. Non pas « ainsi soit-il », comme dit la religion, dans sa volonté d’acquiescement; ni non plus « pourquoi en est-il ainsi ? », comme le dit la philosophie, dans un sursaut d’étonnement. Ni acceptation ni interrogation – mais « ainsi est-il ». Est sage qui parvient à réaliser que (c’) est ainsi.

François Jullien : Un sage est sans idée Ou l’autre de la philosophie – Editions du Seuil, 1998

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François Jullien, octobre 2013

Ancien élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm et agrégé de l’Université, il a étudié aux universités de Pékin et de Shanghai et a été ensuite responsable de l’Antenne française de sinologie à Hong-Kong, puis pensionnaire de la Maison franco-japonaise à Tokyo. Docteur de 3ème cycle, puis docteur d’État en études extrême-orientales. Il a été président de l’Association française des études chinoises; directeur de l’UFR Asie orientale de l’Université Paris VII; président du Collège international de philosophie, professeur à l’Université Paris Diderot et directeur de l’Institut de la pensée contemporaine et du Centre Marcel-Granet. Il est actuellement titulaire de la chaire sur l’altérité de la Fondation Maison des sciences de l’homme.

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