Ansel Adams ou la tragédie du paysage en photographie

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Ansel Adams – The Tetons and the Snake River, 1942

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Ansel Adams – Wilderness, California. Afternoon Thunderstorm, Garnet Lake.

Ansel Adams, Clearing Winter Storm, Yosemite Valley, California, ca. 1937

Ansel Adams – Clearing Winter Storm, Yosemite Valley, California, vers 1937

Exprimer la « tragédie du paysage »

Ansel Adams     En 1834, le sculpteur français David d’Angers visite l’atelier du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich. Il découvre à cette occasion le tableau sur lequel le peintre travaille pour répondre à une commande du grand-duc Nicolas, le futur empereur de Russie et qui représente un navire brisé par les glaces. Impressionné par «l’effroyable beauté» qui émane de cette œuvre, le sculpteur français aura un mot célèbre pour définir l’art de Friedrich :  « Cet homme a découvert la tragédie du paysage ». Le photographe américain Ansel Adams (1902-1984) a lui aussi mis en scène la tragédie du paysage américain grâce à sa maîtrise de la composition et du cadrage, du choix judicieux du moment de la prise de vue et par la mise au point d’une technique de maîtrise de la profondeur de champ qui lui permettait d’atteindre une précision jusque là inégalée dans la représentation des paysages. Avant lui, les photographes ne recherchaient pas la netteté et la précision de la représentation, leur modèle de référence était la peinture et l’on considérait que la photographie ne pouvait accéder à un statut artistique que si elle simulait celle-ci et que le tirage ressemble à un tableau, c’est ainsi que plutôt que la netteté, on recherchait le « flou » que l’on obtenait par l’utilisation d’optiques spécifiques et par des techniques particulières de tirage pigmentaires. Certains photographes allaient jusqu’à raturer le négatif pour atteindre l’effet recherché. C’est ce que l’on a nommé le mouvement esthétique pictorialiste qui a fortement influencé la photographie entre 1885 et 1918. En 1902, naît à New York le groupe Photo-Secession qui sous la conduite d’Alfred Stieglitz, un ancien pictorialiste, va promouvoir un retour à à la photographie originelle sans altération optique ni maquillage esthétique afin d’exprimer de manière objective le sujet réel. Ansel Adams sera le continuateur talentueux de ce mouvement. Au même titre que les peintres de la première moitié du XIXe siècle comme Cole et Bierstadt qui ont fait découvrir au peuple américain la magnificence et le caractère sublime des grands espaces de l’Ouest de leur pays, Ansel Adams aura participé à la création du mythe du Grand Ouest et aura concouru de manière décisive à la prise de conscience du peuple américain de la nécessité de protéger et préserver cette richesse naturelle.

abbemar_1413934781_Ansel Adams, Mount McKinley and Wonder Lake

Ansel Adams – Mount McKinley and Wonder Lake, 1947

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Ansel Adams – Mount Williamson and the Sierra Nevada from Manzanar (California), 1944

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Photographie : le New-York des années 1890-1917, du pictorialisme à la photo-sécession et à l’autonomie

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Alfred Stieglitz (1864-1946)Alfred Stieglitz (1864-1946) et le mouvement de la photo-Secession

    Alfred Stieglitz a étudié la photographie en 1883 à Berlin. De ses photographies, on retiendra les très beaux clichés de New York sous la neige ou dans la brume présentées ci-après comme Winter Fifth avenueThe Flat iron (1902) ou Spring showers (1902) sur laquelle un arbre isolé et penché se détache avec précision sur un paysage flou, ou bien encore Horses (1904). De Paul Strand on retiendra le portrait saisissant d’une femme aveugle Blind(1916), de Gertrude KäsebieSpring, ou d’Edward Steichen The Flat iron(1909), une sublime épreuve à la gomme bichromatée bleu-vert qui confère au cliché la charge poétique d’un tableau impressionniste.

James Whistler; Nocturne in gray and gold — Piccadilly 1881James Whistler – Nocturne in gray and gold — Piccadilly 1881

   Ce type de photographie s’est fortement inspiré, tout au moins à ses débuts, des tableaux du peintre américain James Abbott McNeill Whistler, lui-même fortement influencé après son séjour anglais par Turner et des œuvres des peintres impressionnistes tels que Monet. A l’époque en fait, «la photographie est encore placée sous la coupe de la peinture et de la sculpture qu’elle s’applique à imiter». Ce mouvement appelé pictorialisme milite en faveur de la photographie artistique. Travaillés, retouchés, rehaussés de couleurs pour améliorer leur rendu, les clichés obtiennent alors un rendu qui estompe la réalité saisie lors du simple  déclenchement de l’obturateur.
    Mais Alfred Stieglitz finira par se libérer de cette influence et imposera la photographie comme un art à part entière… De cette volonté naîtra l’impressionnante série dédiée à «la ville de l’ambition», The City of ambition. Le célèbre Steerage («L’entrepont», 1907) est une œuvre charnière: cette photo, prise sur le pont d’un transatlantique où des candidats à l’immigration sont entassés, privilégie les cadrages extrêmement architecturés. C’est l’importance du regard qui l’emporte. 

    La première publication d’Alfred Stieglitz date de 1893 et avait pour nom American Amateur Photographer En 1896, Stieglitz revient au New York Camera Club et transforme son journal en un périodique d’art appelé Camera Work dont l’ambition est de ne publier que des œuvres d’art et non de simples photographie. En 1902, il créé le groupe  « Photo-Secession », pour obliger le monde de l’art à reconnaître la photographie « comme un moyen distinct d’expression individuelle ». Le groupe comptera parmi ses membres les photographes Edward SteichenGertrude KäsebierClarence White et Alvin Langdon Coburn. Dans le premier numéro de camera Work, Stieglitz proclama que : 

Only examples of such work as gives evidence of individuality and artistic worth, regardless of school, or contains some exceptional feature of technical merit, or such as exemplifies some treatment worthy of consideration, will find recognition in these pages.

   Camera Work aura joué un rôle important pour la reconnaissance  des photographes américains et européens d’avant-garde et était connue pour la très grande qualité de ses reproductions. Les images imprimées étaient photogravées à la main à partir des négatifs originaux. Steichen élèvera les héliogravures sur papier Japon au rang de tirages originaux, avec leurs contours veloutés et leurs noirs profonds. Camera Work a également reproduit des travaux d’art moderne comme ceux de Rodin et de Matisse. Il cessa de paraître en 1917.

Edward Steichen (1879-1973)

Edward Steichen (1879-1973)

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Alfred Steiglitz - The Terminal, 1893Alfred Steiglitz – The Terminal, 1892

Alfred Stieglitz - Winter, 1893

Alfred Stieglitz – Winter  Fifth Avenue, 1893

Alfred Stieglitz - Reflections - vers 1896

Alfred Stieglitz – Reflections – vers 1896

Alvin Langdon Coburn - Fifth Avenue

 

Alvin Langdon Coburn – Fifth Avenue

Alvin Langdon Coburn - NightLight

Alvin Langdon Coburn – NightLight

Mulberry Street by Anonymous, 1900

Mulberry Street by Anonymous, 1900 : une expression réaliste et documentaire de la rue new-yorkaise dégagée de toute intention pictorialiste.

Alfred Stieglitz - Flat iron, 1903Alfred Stieglitz – Flat iron, 1903

Steichen - The Flatiron, 1904

Edouard Steichen – The Flatiron, 1904-1905

Edward J. Steichen - the Flatiron, 1904, printed 1905

Edward J. Steichen – the Flatiron, 1904, printed 1905

Alvin Langdon Coburn - Flatiron, 1912

Alvin Langdon Coburn – Flatiron, 1912

Alvin Langdon Coburn - Flatiron building

Alvin Langdon Coburn – Flatiron building

Edward J. Steichen - Trinity Church, 1904

Edward J. Steichen – Trinity Church, 1904

Alfred Stieglitz Photographing on a Bridge by unknown,  1905

Alfred Stieglitz Photographing on a Bridge by unknown,  1905

    De 1902, année où il fonda le groupe Photo-Sécession, jusqu’à 1904, Alfred Stieglitz fut très occupé par la publication de la revue emblématique du groupe, Camera Work, le suivi des contacts avec les photographes étrangers et l’organisation d’expositions à Pittsburgh, Washington DC et à travers toute l’Europe. En 1905, Edward Steichen le persuada que les Sécessionnistes devaient disposer d’un lieu d’exposition permanent à New-York. Un local de trois petites pièces fut trouvé sur la Cinquième avenue et aménagé en lieu d’exposition. Ce local devint un laboratoire où Stieglitz mena les photographes pictorialistes vers le modernisme sous l’influence des nouveautés européennes. A l’occasion de l’inauguration de ce local à la fin de l’année 1905, Steichen créa un poster montrant une silhouette se détachant sur un plan oblique et surmonté d’un cercle doré. La composition d’esprit « fin-de-siècle », montrant un photographe revêtu d’une redingote poursuivi par un clair-de-lune pouvait exprimer l’idée d’une quête vaguement mystique.

Edward Steichen - Photo Secession poster, 1905

   De manière surprenante, dans la réalisation de ce cliché, l’inspiration de Steichen n’était ni pastorale ni crépusculaire – elle provenait d’un cliché de Stieglitz armé d’un Graflex sur un pont (faisant aussi partie de la collection Giman), pris juste avant ou après celui présenté ci-dessus. La disjonction entre les connotations romantiques du poster et celles, urbaines, industrielles du cliché reflète la dichotomie de style entre les œuvres réalisées par Steichen de la fin du XIXe siècle et  du début du vingtième siècle. Comme dans le poster, le photographe est aussi un utopiste, mais dans un langage moderne. Au milieu des piétons, le héros de l’âge de la machine secoué par les bourrasques de vent apparaît perché sur une poutrelle d’acier dans un effort pour boucher la brèche entre l’art, l’individu et la modernité. En saisissant aussi adroitement une attitude et une activité aussi symbolique, l’auteur inconnu du cliché parvient à exprimer les convictions progressistes de Stieglitz, sa croisade pour l’art moderne et sa conception grandissante d’une photographie vue comme spontanée, exprimant de manière instinctive la vie réelle et libérée de tout besoin d’un camouflage de type pictorialiste(Traduction libre Enki d’un article du site : The Metropolitan Museum of Art – [Alfred Stieglitz Photographing on a Bridge] )

Alfred Stieglitz - New-York

Alfred Stieglitz – New-York

The Steerage, 1907

The Steerage, 1907

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Alvin Langdon Coburn (1882-1966)

Alvin Langdon Coburn (1882-1966)

Alvin Langdon Coburn - Brooklyn Bridge, 1900

Alvin Langdon Coburn – Brooklyn Bridge, 1900

Alvin Langdon Coburn - Williamsburg bridge, 1909

Alvin Langdon Coburn – Williamsburg bridge, 1909

Alfred Stieglitz - untitled (hordes, Winter) - 1910

Alfred Stieglitz – untitled (hordes, Winter) – 1910

Alfred Stieglitz - New-York Old New, 1910

Alfred Stieglitz – New-York Old New, 1910

Lower Manhattan, 1911Lower Manhattan, 1911

 

Two Towers New York, 1913

Alfred Stieglitz – Two Towers New York, 1913

Paul Strand - Wall Street à New-York - 1915

Paul Strand – Wall Street à New-York – 1915

Paul Strand - ‘City Hall Park, New York, 1915

Paul Strand – City Hall Park, New York, 1915

Paul Strand - New York, Two cars, 1916

Paul Strand – New York, Two cars, 1916

Paul Strand - Blind, 1916

Paul Strand – Blind, 1916

    Paul Strand avait fait très tôt la connaissance d’Alfred Stieglitz, encore adolescent. A la différence de ses aînés , Il s’intéresse plus aux habitants et à ce qui se passe dans la rue  qu’à l’image elle-même. Il mettra ainsi au point un appareil qui lui permettra de prendre des photos à 90° pour saisir des scènes de rue de manière discrète. C’est avec ce procédé qu’il réalise la célèbre photographie de la femme aveugle. 

Paul Strand - New-York, 1917

Paul Strand – New-York, 1917

Paul Strand - New-York, 1917

Paul Strand – New-York, 1917

Paul Strand - portrait à Washington Square, 1917

Paul Strand – portrait à Washington Square, 1917

Paul Strand - yawning woman New York, 1917

Paul Strand – yawning woman New York, 1917

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Regards croisés photographie et peinture : Anne Brigman (1869-1950) ou la recherche de la symbiose avec la Nature

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MrsAnnieWBrigman_SanFranciscoCall_1908-03-06auto-portrait de Anne Brigman paru dans le San Francisco Call de 1908

     Née à Hawaï, Anne Brigman a déménagé en Californie quand elle avait seize ans. Peintre de formation, elle se tourne vers la photographie en 1902, année où Alfred Stieglitz l’invite à rejoindre le mouvement de la Photo-Secession dont elle sera le seul membre féminin. Ses clichés les plus célèbres ont été pris entre 1900 et 1920 et mettent en scène des nus féminins dans un contexte naturaliste. Anne Brigman s’est souvent représentée elle-même dans ses images. Elle retouchait ses négatifs à la peinture et au fusain pour mieux exprimer l’esprit du sujet qu’elle voulait représenter.  Vers 1929, à l’âge de 60 ans, elle  déménage à Long Beach en Californie du Sud, où elle poursuit son œuvre de manière plus abstraite et plus introspective en se concentrant sur une série de photographies représentant des érosions de sable formées par le vent ou le surf. Un an avant sa mort à Eagle Rock, près de Los Angeles, en 1950, elle a publié un livre de ses poèmes et de photographies Songs of a Pagan titrés.
     Plus récemment, ses photographies ont été considérées comme une déclaration de principes féministes, l’expression d’une aspiration à une sorte de liberté inaccessible. A une époque où le modèle de la femme américaine était la femme modeste, s’occupant de la maison et s’épanouissant dans la maternité, Anne Brigman courait la sierra en pantalon et n’hésitait pas se mettre a nu sur ses photographies. 

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Anne Brigman - Incantation - 1905

Anne Brigman – Incantation – 1905

John Martin - le barde (détail) - vers 1817

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John Martin – le barde (détail) – vers 1817

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Anne Brigman - The-Dryad - 1905

Anne Brigman – The-Dryad – 1905

préraphaélisme : nymphes

    La représentation de nymphes est l’un des thèmes les plus féconds de l’art occidental. Le tableau ci-dessus à gauche représente une « dryade » qui, dans la mythologie grecque, est une nymphe des forêts et des arbres; il a été réalisé en 1877 par l’artiste britannique Evelyn de Morgan qui appartenait au mouvement préraphaélite. Le tableau du centre, « la grotte des tempêtes » (1903), celui de gauche qui représente une « Nymphe pêchant dans un ruisseau » et celui représenté ci-dessous « la nymphe au bain » (1904) ont été peint par le peintre britannique néo-classique Edward Poynter.

Edward Poynter - le bain de la nymphe - 1904Edward Poynter – le bain de la nymphe – 1904

Anne Wigman - The Brook - 1905

Anne Wigman – The Brook – 1905

Anne Brigman - Thaw - 1906

Anne Brigman – Thaw – 1906

Anne Brigman - Pool - 1906

Anne Brigman – Pool – 1906

Paule Emile Chabas - Naïades -  Paul Emile Chabas – Naïades 

Anne Brigman - la Source - 1907

Anne Brigman – la Source – 1907

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Ingres - la source - 1820/1856

Ingres a commencé de peindre son tableau « La source » en 1820 et ne l’a terminé qu’en 1856. Le mode d’expression du tableau s’inspire de la sculpture, la nymphe semblant insérée dans une niche ce qui n’étonne pas lorsque l’on sait que Ingres était alors le chef de file du courant néo-classique. Anne Brigman aurait-elle eu connaissance au moment elle réalisait sa photographie du tableau d’Ingres réalisé un demi-siècle plus tôt ? Il ne faut pas oublier que la photographe a d’abord eu une formation de peintre et qu’elle a été fortement influencée tout au long de sa carrière par le picturialisme même lorsqu’elle faisait partie du mouvement de la Photo-sécession.

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Anne Brigman - The Bubble - 1909

Anne Brigman – The Bubble – 1909

    L’approche d’Anne Brigman à la photographie semble avoir été influencée par un étrange mélange de mythologie païenne, de romantisme européen, et de son expérience passée auprès des indigènes hawaïens. Certains voient dans le tête à tête entre la femme et l’arbre une référence mythologique à Daphné, la nymphe poursuivie par Apollon qui a été sauvée en se transformant en laurier.  D’autres artistes avaient photographié avant elle des sujets nus dans des milieux naturels mais ce qui a fait l’originalité de son œuvre, c’est le fait qu’elle semble vivre intensément ses sujets comme faisant partie intégrante de la création. Pour elle, les personnes qu’elle photographiait faisaient partie du monde naturel au même titre que les arbres et les pierres.
     «Dans toutes mes années de travail avec l’objectif», a-t-elle écrit, «j’ai rêvé et aimé travailler le corps humain – à l’incarner dans les roches et les arbres, pour qu’ils existent en faisant partie des éléments, et non en dehors d’eux. » 
      Elle chercha souvent à le faire en présentant ses personnages comme des créatures mythiques ou magiques. Elle a décrit une grande partie de son travail comme « issus des fantasmes qui ont prospéré dans les jours dorés ou de tonnerre qu’elle a vécu durant deux mois dans une partie sauvage de la Sierra où les gnomes et les elfes et les esprits des arbres se révélaient sous certaines incantations mystiques. »

Paule Emile Chabas - Matinée de septembre - vers 1912

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Paule Emile Chabas – Matinée de septembre – vers 1912

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Anne Brigman - The Lone Pine - 1908

Anne Brigman – The Lone Pine – 1908

Anne Brigman - Soul of the Blasted Pine - 1908

Anne Brigman – Soul of the Blasted Pine – autoportrait pris en 1908

Anne Brigman - Heart of the Storm - 1912

Anne Brigman – Heart of the Storm – 1912

     Ange gardien dressé protégeant ou consolant une femme recroquevillée, la tête sur son épaule entourées d’un écrin protecteurs de genévriers tourmentés. Les personnages qui  ont portent des masques apparaissent comme des archétypes plutôt que des individus. 
     Pour parvenir à un sens de l’atmosphère appropriée à la scène, Anne Brigman a modifiée son négatif à la main, en le dessinant et en grattantr le négatif avant l’impression. Elle a ainsi créé un halo au-dessus de la tête de la figure de gauche et créé des lignes dans le but de faire apparaître comme translucide le vêtement de la figure de droite.

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Anne Brigman - Souls of the weeping rock - 1910

Anne Brigman – Souls of the weeping rock – 1910

Anne Brigman - The Cleft of the Rock - 1912

Anne Brigman – The Cleft of the Rock – 1912

Anne Brigman - the water nixie - 1914

Anne Brigman – the water nixie – 1914

Anne Brigman - Storm Tree, 1915

Anne Brigman – Storm Tree, 1915

Anne Brigman - La Brise - 1910

Anne Brigman – La Brise – 1910

Long Beach from Palos Verdes, circa 1915

Long Beach from Palos Verdes, circa 1915

Sanctuary, 1921

Anne Brigman – Sanctuary – 1921

Anne Brigman - Figure in Landscape - 1923 - musée Paul Getty

Anne Brigman – Figure in Landscape – 1923 – musée Paul Getty

    Caspar_David_Friedrich_032_(The_wanderer_above_the_sea_of_fog)Dans les deux photographies présentées ci-dessus on retrouve le thème chers aux artistes romantiques et en particulier à Caspar Friedrich (le voyageur au-dessus de la mer de nuage) de la vulnérabilité de l’être humain perdu dans l’immensité de la Nature mais à la différence de Caspar Friedrich qui représente l’homme en premier plan au  niveau de l’œil de l’observateur, ce qui a pour effet de lui conférer une importance et de lui faire dominer le paysage, Anne Brigman photographie ses personnages en « plongée », à grande distance, ce qui a pour effet de les intégrer et de les fondre dans le paysage. L’homme ne se distingue plus du paysage et de la nature, il en est un des éléments parmi d’autres comme les arbres ou les rochers.

Anne BrigmanAnne Brigman

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