Enfance : le plaisir de petites peurs sans conséquence


la balance à bascule (Viou)

La balance à bascule

Capture d_écran 2017-04-09 à 01.18.50     Elle se tourna vers Ernestine, qui traînait dans la rue en se dandinant sur ses grosses jambes molles. La figure d’Ernestine était grise et grippée comme une serpillère. Elle était vieille. Moins vieille tout de même que grand-père et grand-mère qui, eux, avaient passé le temps ou l’on compte par années. Lorsque Ernestine l’eut enfin rejointe, Sylvie pénétra sous le porche. Il était très large, pour permettre le va-et-vient des camions, des chariots. Au milieu du passage, se découpait le tablier de la bascule qui servait à peser les chargements. Quand on marchait dessus, on éprouvait une légère impression de flottement, d’oscillation mécanique. Sylvie ne manquait jamais de passer sur le pont pour sentir, sous ses pieds, le vide. Cette fois encore, elle goûta le plaisir d’une petite peur sans conséquence. Sûrement, la plate-forme allait se dérober sous son poids, la précipitant dans une chute verticale au fond d’un trou noir où s’entrecroisaient des barres de fer. Comme rien ne se produisait, elle jeta un regard vers la baie vitrée, derrière laquelle se dressait le cadran blanc de la balance. L’aiguille n’avait pas bougé. « Je ne suis pas encore assez lourde, décida Sylvie. Une vraie plume. Peut-être que je n’existe pas ! » Puis, elle imagina toute la famille réunie sur le pont à bascule : grand-père, grand-mère, maman, tante Madeleine, elle-même…, Alors, sans doute l’aiguille consentirait à se déplacer. Combien de kilos représenteraient-ils, pris en semble ? Cent ? Mille ? Elle sourit à l’idée du groupe qu’ils formeraient, serrés coude à coude sous le porche, comme pour une photographie, et se dirigea résolument vers la cour. Là se trouvait la niche de Toby.        (Henri Troyat, Viou. pp.6-7)

Les plaisirs de petites peurs sans conséquence…

     Qui n’a pas joué, enfant, à « se faire peur », à se confronter au danger de l’inconnu, de l’interdit. Qui n’a pas ressenti l’attirance d’éprouver la peur, de se retrouver dans l’antichambre de l’épouvante au plus près du danger, de l’innommable, de l’irréversible.  Pour l’enfant, ce désir paradoxal, puisqu’au même moment il ressent le besoin d’être en sécurité et espère de tout ses forces que « cela n’arrivera pas » est un moyen d’apprivoiser sa  peur en mesurant le danger. L’enfance est une confrontation au monde, un apprentissage de celui-ci en vue d’acquérir une confiance en soi pour mener une vie autonome et quoi de plus angoissant que la persistance de zones d’ombre, de situations inconnues que l’on a pas appris à maîtriser. L’ignorance de ce qui nous menace et des moyens de s’en protéger est source de danger et le fait de se confronter à ce danger est le moyen trouvé par l’enfant pour  l’apprivoiser et l’exorciser. Si, pour certains la peur est un sentiment à éviter absolument : « La peur, c’est quelque chose d’effroyable, une sensation atroce, comme une décomposition de l’âme, un spasme affreux de la pensée et du coeur… » (Maupassant), pour d’autres, c’est un sentiment source de satisfaction et même de plaisir. Pour un enfant, dominer sa peur, s’accompagne souvent du plaisir délicieux qu’apportent les émotions intenses que l’on ressent au moment de la confrontation avec le danger et du sentiment de fierté que l’on éprouve après la victoire remportée sur soi-même. Mais dans ces conditions le risque est réel pour certains de développer une addiction aux émotions développées par la peur : « La peur est agréable au corps. Je sais de quoi je parle. La bouche qui se sèche, la gorge qui devient rêche, le coeur qui tape à tout casser, cette merveilleuse lucidité de l’esprit qui s’empare de vous au moment voulu… La peur n’est pas un ignoble sentiment, c’est une exquise sensation » (Louis Calaferte). Chez les enfants, cette expérience se pratique le plus souvent par l’intermédiaire du jeu. En ce sens, on peut assimiler le jeu à « se faire peur » aux rites de passage à l’état adulte auxquels on soumettait les adolescents dans certaines sociétés.

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      Dans un tout autre style et environnement, on trouve un bon exemple de cette expérience d’apprentissage du danger, propre à l’enfance, dans le roman d’Elena Ferrante, L’amie prodigieuse. Enfants, les deux héroïnes, Elena et Lila, vivent dans leur monde propre et multiplient les expériences mais à un degré supérieur frisant la provocation et le masochisme et de nature particulièrement « trash ». Sans doute le fait que l’enfance des deux fillettes se déroulent dans ce lieu de misère, de sauvagerie et de perdition qu’est le Naples des lendemains de guerre y est il pour quelque chose.

    « Quand on est au monde depuis peu de temps, il est difficile de comprendre quels sont les sentiments à l’origine de notre sentiment du désastre, et peut-être n’en ressent-on même pas la nécessité. Les grandes personnes, en attente du lendemain, évoluent dans un présent derrière lequel il y a hier, avant-hier ou tout au plus la semaine passée. Les petits ne savent pas ce que cela veut dire «hier», «avant-hier», ni même «demain», pour eux tout est ici et maintenant (…) Moi, j’étais petite et, en fin de compte, ma poupée en savait plus long que moi. Je lui parlais, elle me parlait. (…) La poupée de Lila, en revanche, avait un corps en chiffon jaunâtre rempli de sciure, et je la trouvais laide et crasseuse. Toutes deux s’épiaient, se soupesaient, toujours prêtes à se blottir dans nos bras si un orage éclatait, s’il y avait du tonnerre ou si quelqu’un de plus grand, de plus fort et aux dents plus aiguisées, voulait s’emparer d’elles.  »  Elena Ferrante, L’amie prodigieuse, pp.28-29)

    « C’était l’heure de rentrer mais nous nous attardions, occupées à mettre notre courage à l’épreuve, par défi et sans jamais nous adresser la parole. Depuis quelque temps, à l’école et en dehors, nous ne faisions que cela. Lila glissait la main, puis tout le bras, dans la gueule noire d’une bouche d’égoût, et juste après je faisais de même, le cœur battant, espérant que les cafards ne courraient pas sur la peau et que les rats ne me mordraient pas. Lila grimpait jusqu’à la fenêtre de Madame Spagnuolo, au rez-de-chaussée, se pendait à la barre de fer où passait le fil à linge, se balançait et puis se laissait glisser jusqu’au trottoir, et moi je le faisais aussitôt à mon tour, même si j’avais peur de tomber et de me faire mal. Lila s’enfonçait sous la peau l’épingle de nourrice rouillée qu’elle agit trouvée dans la rue je ne sais quand mais qu’elle gardait dans sacoche comme si c’était le cadeau d’une fée : moi j’observais la pointe de métal qui creusait un tunnel blanchâtre dans sa paume puis, quand elle l’enlevait et me la tendait, je faisais de même.
ogre     Tout à coup, elle me lança un de ses regard bien à elle, immobile, les yeux plissés, et se dirigea vers l’immeuble où habitait Don Achille. La peur me figea le sang. Don Achille, c’était l’ogre des contes, et j’avais l’interdiction absolue de l’approcher, lui parler, le regarder ou l’épier : il fallait faire comme si sa famille et lui n’existaient pas. Il était craint et haï, dans ma famille mais pas seulement, sans que je sache d’où ça venait. Mon père en parlait de telle façon que je l’avais imaginé gros, couvert de cloques violacées et constamment hors de lui, malgré ce «Don» qui évoquait au contraire, pour moi, une autorité calme; C’était un être fait de je ne sais quelle matière – fer, verre ou ortie – mais vivant, vivant avec un souffle brûlant qui lui sortait par le nez et par la bouche. je croyais que si je le voyais ne serait-ce que de loin, il me planterait dans les yeux quelque objet acéré et chauffé à blanc. Et si j’avais la folie de m’approcher de la porte de son appartement, là il me tuerait. (…)
      Je m’habituai à l’obscurité et découvris Lila assise sur la première marche des escaliers. Elle se leva et nous commençames à monter…     Elena Ferrante, L’amie prodigieuse, pp.22-27)


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Viou, d’Henri Troyat

    Dans ce roman d’Henri Troyat écrit tardivement en 1980 à l’âge de 69 ans, Viou, c’est Sylvie Lesoyeux, une petite fille de huit ans élevée par ses grands-parents dans la ville du Puy depuis la mort de son père, médecin, tué par les allemands alors qu’il soignait les maquisards lors de la libération et l’éloignement de sa mère partie à Paris pour gagner sa vie. Ce sont ses parents qui avaient inventé ce diminutif Viou, à partir d’une première appellation, Sylviou. La grand-mère de Viou est une catholique fervente, raide et distante qui lui manifeste un amour froid, le grand-père fait preuve de plus de compréhension et d’affection mais déserte dés que cela lui est possible la maison pour échapper à la présence stressante de son épouse. Dans cet ambiance pesante ponctuée par les rites des cérémonies à l’église, des visites au cimetière et la récitation des prières, Viou se réfugie dans la compagnie du chien Toby, de l’ours en peluche éclopé Casimir que lui a légué sa maman, de ses poupées et des souvenirs des moments passés en compagnie de sa maman. Son papa, dont elle n’a qu’un souvenir diffus est présent par les multiples photos exposées dans la maison de ses parents le montrant à diverses époques de sa vie et par les histoires idéalisées que raconte sa grand-mère. Le roman de Troyat montre de manière touchante, les angoisses et les émotions d’une petite fille orpheline de père et privée de sa maman et son lent cheminement pour tout à la fois se préserver du monde des adultes qu’elle juge le plus souvent injuste et incompréhensible et s’y faire une place pour exister en tant que personne.

      Viou est le premier roman d’une trilogie et sera suivi par À demain Sylvie, qui raconte la vie de la petite fille à Paris enfin réunie avec sa mère et le nouvel époux de celle-ci et Troisième bonheur qui raconte sa vie d’adulte.


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Teilhard de Chardin : Réflexion sur le bonheur

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   Afin de mieux comprendre comment se pose à nous le problème du bonheur, et pourquoi, devant lui, nous sommes amenés à hésiter, il est indispensable, pour commencer, de faire un tour d’horizon, c’est-à-dire de distinguer trois attitudes initiales, fondamentales, adoptées en fait par les hommes en face de la Vie. 
  Guidons-nous, si vous le voulez bien, par une comparaison. Supposons des excursionnistes partis pour l’escalade d’un sommet difficile ; et considérons leur groupe quelques heures avant le départ. A ce moment on peut imaginer que l’équipe se divise en trois sortes d’éléments :

1) Les uns regrettent d’avoir quitté l’auberge. La fatigue, les dangers leur paraissent disproportionnés avec l’intérêt dusuccès. Ils décident de revenir en arrière.
2) Les autres ne sont pas fâchés d’être partis. Le soleil brille, la vue est belle. Mais pourquoi monter plus haut ? Ne vaut il pas mieux jouir de la montagne là où on se trouve, en pleine prairie ou en plein bois ? Et ils s’étendent sur l’herbe ou explorent les environs, en attendant l’heure du pique-nique.
3) D’autres enfin, les vrais alpinistes, ne détachent pas leurs yeux des cimes qu’ils se sont juré d’atteindre. Et ils repartent en avant.

     Des fatigués, des bons vivants, des ardents. Trois types d’Homme que nous portons en germe, chacun au fond de nous-mêmes, et entre lesquels, en fait, se divise depuis toujours l’Humanité autour de nous.

1) Des fatigués (ou des pessimistes), d’abord.
     Pour cette première catégorie d’hommes, l’existence est une erreur ou un raté. Nous sommes mal engagés, et par conséquent il s’agit, le plus habilement possible, de quitter le jeu. Portée à l’extrême, et systématisée en doctrine savante, cette attitude aboutit à la sagesse hindoue, pour qui l’Univers est une illusion et une chaîne, ou à un pessimisme « schopenhauerien ». Mais, sous une forme atténuée et commune, la même disposition apparaît et se trahit dans une foule de jugements pratiques que vous connaissez bien. « A quoi bon chercher ?… Pourquoi ne pas laisser les sauvages à leur sauvagerie, et les ignorants à leur ignorance ? Pourquoi la Science et pourquoi la Machine ? N’est-on pas mieux étendu que debout ? mort que couché ? ». Tout ceci revient à dire, au moins implicitement, qu’il vaut mieux être moins qu’être plus, et que le mieux serait de ne pas être du tout.

2) Des bons vivants (ou des jouisseurs) ensuite.
     Pour les hommes de cette deuxième espèce, il vaut mieux certainement être que ne pas être. Mais « être », prenons y garde, prend alors un sens tout particulier. Être, vivre, pour les disciples de cette école, ce n’est pas agir, mais c’est se remplir de l’instant présent. Jouir de chaque moment et de chaque chose, jalousement, sans en rien laisser perdre, et surtout sans se préoccuper de changer de plan : en ceci consiste la sagesse. Que la satiété vienne, on se retournera sur l’herbe, on se dégourdira les jambes, on changera de point de vue ; et ce faisant, du reste, on ne se privera pas de descendre. Mais, pour et sur l’avenir on ne risque rien, à moins que, par un excès de raffinement, on s’intoxique à jouir du risque pour lui-même, que ce soit pour goûter le frémissement d’oser ou pour sentir le frisson d’avoir peur.
     Tel nous représentons-nous, sous une forme simpliste, l’ancien hédonisme païen, de l’école d’Épicure. Telle était en tout cas, il n’y a pas longtemps, dans les cercles littéraires, la tendance d’un Paul Morand, ou celle d’un Montherlant ou, beaucoup plus subtile, celle d’un Gide (celui des Nourritures Terrestres), pour qui l’idéal de la vie est de boire sans jamais étancher (mais plutôt de façon à augmenter) sa soif nullement avec l’idée de reprendre des forces, mais par souci de rester prêt à se pencher, toujours plus avidement, sur toute source nouvelle.

3) Et des ardents, enfin.
     Ceux-là, veux-je dire, pour qui vivre est une ascension et une découverte. Non seulement, pour les hommes formant cette troisième catégorie, il vaut mieux être que ne pas être, mais encore il est toujours possible, et uniquement intéressant, de devenir plus. Aux yeux de ces conquérants épris d’aventures, l’être est inépuisable, non pas à la manière gidienne, comme un joyau à facettes innombrables, qu’on peut tourner en tous sens sans se lasser, mais comme un foyer de chaleur et de lumière dont il est possible de se rapprocher toujours plus. On peut plaisanter ces hommes, les traiter de naïfs, ou les trouver gênants. Mais en attendant ce sont eux qui nous ont faits, et c’est d’eux que s’apprête à sortir la Terre de demain.

     Pessimisme et retour au Passé ; jouissance du moment présent ; élan vers l’Avenir. Trois attitudes fondamentales, je disais bien, en face de la Vie. Et par suite, inévitablement, voilà qui nous replace au coeur même de notre sujet-trois formes opposées de bonheur en présence :

1) Bonheur de tranquillité, d’abord. Pas d’ennuis, pas de risques, pas d’efforts. Diminuons les contacts-restreignons nos besoins-baissons nos lumières-durcissons notre épiderme-rentrons dans notre coquille. — L’homme heureux est celui qui pensera, sentira et désirera le moins.

2) Bonheur de plaisir, ensuite, — plaisir immobile, ou, mieux encore, plaisir incessamment renouvelé. Le but de la vie n’est pas d’agir et de créer, mais de profiter. Donc, moindre effort encore, ou juste l’effort nécessaire pour changer de coupe et de liqueur. S’étaler le plus possible, comme la feuille aux rayons du soleil-varier à chaque instant sa position pour mieux sentir : voilà la recette du bonheur.- L’homme heureux est celui qui saura savourer le plus complètement l’instant qu’il tient entre les mains.

3) Bonheur de croissance, enfin. — De ce troisième point de vue, le bonheur n’existe pas ni ne vaut par lui-même, comme un objet que nous puissions poursuivre et saisir en soi ; mais il n’est que le signe, l’effet, et comme la récompense de l’action convenablement dirigée. « Un sous-produit de l’effort », dit quelque part A. Huxley. Ce n’est donc pas assez, comme le suggère l’hédonisme moderne, de se renouveler n’importe comment pour être heureux. Nul changement ne béatifie, à moins qu’il ne s’opère en montant. — L’homme heureux est donc celui qui, sans chercher directement le bonheur, trouve inévitablement la joie, par surcroît, dans l’acte de parvenir à la plénitude et au bout de lui-même, en avant.

Bonheur de tranquillité, bonheur de plaisir, bonheur de développement.
     Entre ces trois lignes de marche, la Vie, au niveau de l’Homme, hésite et divise son courant, sous nos yeux. Pour motiver notre choix, n’y aurait-il vraiment, comme on le répète, qu’une préférence individuelle de goût et de tempérament ?
      Ou bien pouvons-nous trouver quelque part une raison, indiscutable parce que objective, de décider qu’une des trois voies est absolument la meilleure, et par conséquent la seule qui puisse authentiquement nous béatifier ?

Teilhard de Chardin : Réflexions sur le bonheur

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« j’exerce mon droit à la paresse ! »

Sérénité, plaisir, dépassement de soi = équilibre
     Pourquoi avoir à choisir entre ces trois attitudes ? Pourquoi ce que Teilhard de Chardin appelle le « bonheur » et que pour ma part je préfère appeler équilibre ou harmonie de vie ne serait-il pas composé d’un mélange de « tranquillité » que je préfère appeler sérénité si cela correspond au sentiment légitime d’un état de repos mérité, de « plaisir » et de « croissance » que je préfère appeler dépassement de soi si ce dépassement et la lutte qu’il impose est  rendu nécessaire par des raisons légitimes. Être « surhomme » à la manière nietzschéenne de temps en temps est bien assez… En tant que randonneur, puisque Teilhard de Chardin prend comme exemple pour appuyer son propos les excursionnistes, j’avoue avoir à diverses reprises renoncé à une sortie programmée, par paresse ou parce que je considérais avoir mieux affaire de même que j’ai pu persévérer stupidement dans la réalisation d’une course en montagne dans de mauvaises conditions atmosphériques ou techniques par bravade. La personnalité des êtres humains est comme la vie : multiforme, évolutive et possède une histoire. Pourquoi vouloir ranger absolument les êtres dans des catégories strictes et figées ? Les comportements sont sans doute catégoriels mais un individu peut avoir de multiples comportements en fonction du contexte, des circonstances et de ses besoins propres. C’est cette multiplicité et variété des comportements qui fait la richesse d’un être et d’une vie et leur permet de s’adapter au monde et d’évoluer. À l’inverse, c’est la stricte référence à un comportement unique qui l’appauvrit. Quant à la « béatification », suprême récompense de ceux qui ont tout sacrifié, je la laisse aux maniaques, aux fanatiques et aux saints

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