« Je me sens moins seul… »


De l’intelligence artificielle au sentiment artificiel

    Roulant l’autre jour sur l’autoroute, j’écoutais de manière distraite sur France Culture une émission  qui traitait des conséquences de la robotisation de l’outil de travail sur les rapports unissant l’homme à son travail. L’accent était mis sur le risque de déshumanisation du travail, le travailleur perdant toute initiative et se trouvant réduit à un rôle de « servant » passif de la machine et du chômage massif qui résultera d’une mécanisation à outrance. À un moment de l’émission, un participant citait le cas d’un employé qui avait travaillé jusqu’alors seul et de manière autonome dans un centre de stockage d’Amazon que l’entreprise venait de flanquer d’un robot qui accomplissait désormais une grande partie de ses tâches. Interrogé sur la manière dont il avait ressenti ce changement, l’homme avait répondu qu’il le considérait de manière positive car « il se sentait désormais moins seul…». Ainsi, il faut croire que l’on peut se sentir réconforté par la seule présence à ses côtés d’une machine sans âme sur laquelle on projette ses frustrations et ses désirs mais n’est-ce pas ainsi que fonctionne notre société de consommation qui multiplie à l’infini dans un but à la fois commercial et idéologique les succédanés censés remédier à notre mal-être… En même temps, il n’était pas apparemment venu à l’idée de cet employé que ce processus de robotisation en était qu’à ses débuts et que la prochaine étape serait l’installation d’un robot qui accomplirait à sa place l’ensemble de ses tâches.

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     Que faire de ces millions d’êtres humains restés sur le carreau quand l’ensemble de la production sera réalisée par des machines. J’ai sur ce sujet une suggestion à émettre que j’ose soumettre à nos élites : on sait que les machines deviennent de plus en plus intelligentes et sont désormais capables « d’apprendre » seules en intégrant et dépassant leurs propres erreurs. Il suffira de franchir une étape de plus dans « l’humanisation » de ces machines en les programmant de manière à ce qu’elles ressentent elles aussi des émotions et des sentiments. De ce fait, elles ne manqueront pas d’éprouver à leur tour le sentiment de solitude, seront saisies par le spleen et auront besoin, pour ne pas sombrer dans la dépression et voir leur productivité se réduire, d’un contact ou d’une présence avec lesquels elles pourront établir des relations  sociales et se remonter ainsi le moral ! Et quoi ou qui, pensez-vous, sera alors le plus apte à jouer ce rôle ? L’animal social qu’est l’homme, bien évidemment. À chaque robot sera associé un correspondant humain, attentionné et amical qui le soutiendra moralement… Les deux y trouveraient leur compte. Nul doute que la productivité mécanique augmenterait et que le chômage diminuerait de manière notable.

Enki sigle


Vous m’avez appelé, Monsieur ?

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Quel modèle de robot allez-vous choisir cette année ?

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Vintage année 1927 ou dernier modèle de l’année ?

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Robot Maria du film Metropolis et modèle Ava du film Ex Machina

All is full of love – Björk

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Metropolis de Fritz lang : inoubliable Brigitte Helm – III) le visage de la succube

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     Rotwang, l’inventeur génial et fou, a créé une créature artificielle, un robot, qui a l’apparence de Maria et qu’il veut utiliser pour créer le chaos parmi les habitants de la ville basse. Après avoir jeté le trouble parmi les habitants de la Ville Haute par une danse lascive, cette créature se rend effectivement à un réunion des travailleurs et cherche à les manipuler. Traitée de sorcière par les travailleurs, elle sera livrée au bûcher. Pour une actrice débutante âgée de seulement 19 ans, la performance de Brigitte Helm est remarquable. C’est dans ces scènes qu’elle s’est révélée une grande interprète.

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     L’idée de Fritz Lang de la fermeture de l’œil gauche du robot signe de l’imperfection de la machine qui veut imiter l’homme est géniale. Elle fait intervenir un élément d’étrangeté que l’on va retrouver tout le long du film et qui permet de distinguer la fausse Maria de la vraie.

L’harangue aux travailleurs

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la mise au bûcher

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« Die Grosse Babylone » ou la danse de la succube

 Rotwang a convié les hommes de la Ville-haute à assister à une « danse érotique ».
C’est le robot-Maria qui exécute la danse

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Doll Face, un court-métrage d’animation dérangeant de l’américain Andrew Thomas Huang

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    Après avoir obtenu un baccalauréat en beaux-arts à l’Université de Californie du Sud, Andy Huang a entrepris de réaliser en 2005 un court-métrage. Le résultat a été Doll Face qui met en scène un robot obsédé par un portrait de femme retransmis par la télévision et qui cherche, en se maquillant, à lui ressembler. Ce travail lui a permis de signer un contrat avec une société de production et de réaliser par la suite plusieurs vidéos.

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