Besoin d’un sourire ? d’un vrai ?

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    Ras le bol des sourires de composition, de circonstances, de politesse, des sourires fabriqués, automatiques, mécaniques, calculés, faux, intéressés, forcés, réflexes, imposés, travaillés. Nous avons besoin de recevoir — et de donner — des sourires vrais…

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meraviglia

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Nostalgie de l’enfance

Capture d’écran 2015-11-09 (détail)

     Meraviglie à n’en pas douter que ces regards et sourires complices de ces deux enfants qui nous laissent imaginer l’intensité de leur connivence. Regard à la fois interrogatif et aguicheur de la petite fille qui semble mettre au défi son camarade et le provoquer. Penchée en avant en direction du garçon au point de risquer de tomber de sa chaise (l’un de ses pieds est bloqué sur la traverse basse), elle oblige celui-ci à se pencher lui-même en arrière. Regard en retour à la fois surpris, amusé et séduit du garçon qui semble ne pas en revenir et parait se délecter avec gourmandise des paroles de son amie. Regards francs, joyeux, insouciants, libres, encore protégés de la pesanteur du monde des adultes. Une photo pleine de fraîcheur qui l’espace d’un instant fait monter en nous un sentiment de  nostalgie. Que sont-ils devenus cinquante années plus tard ?

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meraviglia

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La quête du sourire

Kozaburo Tamamura (Okinawa) - jeune garçon mangeant une pastèque, 1900

Kozaburo Tamamura (Okinawa) – jeune garçon mangeant une pastèque, vers 1900

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meraviglia

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La quête du sourire : le peuple Wodaabe au Niger

Bororo maquillé pour la Fête des Pluies

Bororo maquillé pour la Fête des Pluies

    Dans le centre du NIger, aux confins du Sahara dans la steppe du Sahel, vit un peuple nomade de 45.000 éleveurs, les peul bororo  appelés également Wodaabe ou Foulbés. Ils sont en déplacement perpétuel, poussant leurs troupeaux de zébus aux longues cornes en forme de lyre, chameaux, chèvres et moutons à la recherche de pâturages et d’eau. Malgré la présence de l’Islam, ils ont pu préserver leurs croyances animistes. Le terme wodaabe signifie « Peuple des Tabous », en référence aux règles sociales trans­mises par leurs ancêtres qui impose un code de conduite morale prônant le semteende (la retenue et la modestie), le munyal (la patience et le courage), la hakkilo (l’at­tention et la prévoyance) et le amana (la loyauté). En perpétuel déplacement, les Wodaabe ne pouvaient développer leurs activités artistiques et leur créativité sur les plans de l’architecture et de la sculpture, ils les ont reportés sur l’art corporel, le travestissement et les bijoux qu’ils expriment lors de grandes fêtes intégrant des rites de séduction. La fête la plus importante est la fête des pluies appelée la Gerewol qui a lieu en septembre ou en octobre et qui dure six jours et six nuits où cours de laquelle les clans familiaux représentés par leur plus beaux danseurs s’affrontent au cours de concours de beauté entre hommes. Le jury est composé par les jeunes filles de la tribu choisies parmi les plus belles qui vont choisir parmi les candidats les hommes les plus désirables qui deviendront des maris pour la vie ou amants d’un soir. Les candidats choisis par plusieurs femmes ont néanmoins le choix de choisir leur partenaire. Les candidats peuvent atteindre le nombre de mille. Les Wodaabe étant polygames, les hommes peuvent être les maris de quatre femmes.
     Les Bororos sont réputés pour leur beauté, le visage est ovale, le teint clair et les traits fins, le nez est mince et les dents blanches régulières. Les danseurs arborent des colliers de perles, de coquillages, d’amulettes, le tout devant faire un maximum de bruit. Sur le front ils se parent d’ une plume d’autruche. Ils s’enduisent le visage et les cheveux qui ont été tressés de beurre de karité mélangé à de l’ocre dont l’odeur a la réputation d’être aphrodisiaque. Le visage est divisé en deux par un trait médian de cou­leur jaune pour allonger le nez et la peau est décorée de points ou de damiers et de petits traits blancs, jaunes et noirs pour mettre en valeur l’éclat des yeux que le danseur doit écarquiller pour mieux en faire ressortir le blanc, des dents et souligner la forme du front et celle des pommettes. les sourcils et les lèvres sont parfaite­ment redessinées au charbon. Ces rudes pasteurs parés d’un pagne de femme se doivent de féminiser leur beauté pour la danse de la séduction. Après avoir absorbé une boisson stimulante, Les danseurs se parent de leurs plus beaux atours arborant des chapeaux coniques, une plume d’autruche sur le front, des colliers de perles, de coquillages, d’amulettes, turbans, colliers, bracelets et verroteries, le tout devant faire un maximum de bruit sensés faciliter la victoire. Ils peuvent alors entamer, devant le cercle des anciens et des femmes réunis, les danses de parade qui dureront jusqu’au lendemain. La fête est dominée par trois danses : le ruume, (danse de bienve­nue le jour),  le yaake (danse de séduction la nuit), et le geerewol (au cours de laquelle les jeunes hommes rivalisent pour le titre de beauté).

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meraviglia

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la quête du sourire : le sourire étrusque

la tête de Tums - Temple de Portonaccio de Véles, Ve siècle av. notre ère

la tête de Tums – Temple de Portonaccio de Véles, Ve siècle av. notre ère

Tête de l'Apollon de Véles, terre cuite, Vie siècle av. notre ère

Tête de l’Apollon de Véles, terre cuite, Vie siècle av. notre ère

Apollon de Véles avec ses couleurs originelles, Vie siècle av. notre ère

Apollon de Véles avec ses couleurs originelles, Vie siècle av. notre ère

    Je suis toujours profondément troublé et même, j’ose le dire, déçu par les reconstitutions de l’état originel des statues antiques. L’usure du temps a fait que nous avons été habitués à voir les vestiges de la statuaire et de l’architecture antique, qu’elles soient égyptienne, grecque ou étrusque, comme exemptes de toute décoration et fioritures dans un état où la matière qui constitue l’œuvre est restée brute dans son aspect naturel. De là s’est produit un phénomène d’extraction de l’œuvre du réel avec ses textures et ses couleurs, et de projection de celle-ci dans le domaine abstrait des idées, de l’essence et du sacré. Vision toute platonicienne s’il en est de l’œuvre d’art. Colorer le marbre brut qui à nos yeux la magnifie et lui confère un caractère sacré, c’est ramener l’œuvre d’art au réel et au profane et lui faire perdre une part de son caractère mystérieux et magique. C’est également réduire l’effet produit par la forme pure au bénéfice de l’apparence première; distrait par la profusion, l’intensité et les contrastes des couleurs, l’œil oublie ou néglige la forme. Mais alors comment les Egyptiens, les Grecs ou les Etrusques réagissaient-ils au marbre brut ? Se pouvait-il qu’ils ressentent alors une impression de manque et d’inachevé ? Fallait-il que l’œuvre d’art soit colorée et rendue réaliste pour qu’elle soit apte à provoquer chez eux une émotion et répondre ainsi à sa fonction ? J’ai peine à imaginer Phidias barbouiller de peinture ses statues ou ses bas-reliefs du Parthénon… Et pourtant, c’est ce qui a du se produire. Voici comment en 1910,  Elie Faure, le grand historien de l’art, décrivait les koroi, ces statues e l’Acropole d’Athènes découvertes quelques années plus tôt : « créatures barbarement enluminées, éblouissantes et bizarres comme des oiseaux des tropiques [ayant] la forte saveur des femmes d’Orient, fardées, parées, peut-être assez vulgaires, fascinantes, pourtant, lointaines, des êtres de conte, des animaux puérils, des esclaves gâtées ». Il les trouvaient néanmoins belles… En fait, c’est sous l’empire romain, avec les copies des statues grecques que la blancheur et la pureté de la matière ont commencées à être valorisées, la peinture symbolisant dés lors l’impureté et l’extravagance. Le Moyen Age et la Renaissance poursuivront la tendance considérant le blanc comme le symbole de la pureté et portant en lui la marque de la civilisation. Cette conception s’est prolongée jusqu’à l’époque moderne et Winckelmann pourra écrire : « un beau corps sera d’autant plus beau qu’il sera plus blanc, et, s’il est nu, paraîtra plus grand qu’il n’est dans la réalité ». Ce n’est que récemment que les archéologues ont pu, grâce à de nouvelles techniques, prouver que les statues grecques étaient peintes et retrouver leurs couleurs d’origine. Horreur ! dans l’antiquité, le rose bonbon, le vert pomme et le bleu vif étaient tendance…

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meraviglia

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la quête du sourire : le sourire de l’ange

l'ange de la cathédrale de Reims

l’ange de la cathédrale de Reims

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