Les collages poétiques surréalistes de Jacques Prévert


“Quand on sait pas dessiner, on peut faire des images avec de la colle et des ciseaux.”

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« On dit une image en termes poétiques, on peut le faire avec des ciseaux, avec des couteaux, n’importe quoi » Jacques Prévert.

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     Né en 1900 à Neuilly-sur-Seine, dans un milieu de petits bourgeois trop dévots, dont il ne cessera de moquer les obsessions et les convenances, Jacques Prévert se passionera dès son plus jeune âge pour la lecture et le spectacle. A 15 ans, après son certificat d’études, il entreprend des petits boulots. Incorporé en 1920, il rejoint son régiment. Là, il forme un trio d’amis avec « Roro », un garçon boucher d’Orléans, et Yves Tanguy. Prévert, quant à lui partira pour Istanbul où il fera la connaissance de Marcel Duhamel. De retour à Paris en 1922, il s’établi au 54, rue du Château qui sera bientôt le point de rencontre du mouvement surréaliste auquel participent Desnos, Malkine, Aragon, Leiris, Artaud sans oublier le chef de file André Breton avec lequel il finira par prendre ses dictances.

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Regards croisés : « rückenfiguren » au chapeau aux premiers temps du surréalisme belge


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Charles Corbet – Melancholia (Autochrome, 1910).

      Charles Corbet (1868-1936) est un photographe amateur belge qui a utilisé la technique de l’autochrome entre 1909 et 1914. Cette photo d’un paysage de bord de rivière ou d’étang prise au crépuscule  avec en premier plan la présence anachronique d’une « rückenfigur » (personnage vu de dos) à la manière des peintres romantiques allemands annoncent les productions à venir des peintres surréalistes belges. Charles Corbet a intitulé sa photo Melancholia, mais le terme est un peu faible pour qualifier l’atmosphère inquiétante et même morbide créée par le caractère figé du décor et l’immobilité du personnage solitaire vêtu de noir dont la tenue de ville et le chapeau apparaissent totalement anachroniques dans ce décor rural.

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René Magritte – Rêveries du promeneur solitaire, 1926

     Seize années après la photographie de son compatriote Corbet, en 1926, le peintre surréaliste Magritte reprend le thème de la « rückenfigur » au chapeau dans le tableau Rêveries du promeneur solitaire, dans laquelle un homme est représenté de dos face à un paysage sombre. On ignore s’il connaissait la photo de Corbet. Deux évolutions par rapport à cette photographie : la présence en premier plan de ce que l’on suppose être un cadavre qui rend explicite l’idée de la mort que la photographie n’avait fait qu’esquisser avec la présence de l’«eau morte» de l’étang et le remplacement du chapeau classique type « Fedora »par un chapeau melon qu’en Belgique on nomme « chapeau boule ». Le motif a été repris l’année suivante par Magritte avec Le Sens de la nuit et réutilisé par la suite à de nombreuses reprises. Pour l’artiste et critique d’art américaine Suzi Gablik, « l’homme au chapeau melon est plus un personnage livresque qu’un être humain, mais c’est un personnage débarrassé de tous les éléments qui ne lui sont pas essentiels […] il semble vivre l’histoire des idées plutôt que l’histoire du monde. Impassible et indifférent, il fixe le monde dans son regard, mais souvent son visage est détourné, désintégré ou encore caché ou masqué par des objets, comme s’il exprimait un dégoût universel qu’aucun penchant ne peut contrebalancer » (S. Gablik, Lausanne, 1978). Il est vrai qu’à la différence des tableaux de Caspar David Friedrich où le personnage de la « rückenfigur » n’est qu’esquissé et apparaît privé de tout contenu psychologique pour ne pas concurrencer la visibilité du sujet essentiel qu’est le paysage représenté, l’homme au chapeau melon de Magritte, par la précision de sa représentation et le choix du peintre de lui faire porter un chapeau cocasse qui le fonde en tant que sujet récurrent de son œuvre (représenterait-il Magritte lui-même ?), devient l’un des éléments essentiels du tableau. Chez Friedrich, le paysage existe en dehors du personnage qui le contemple alors que chez Magritte, le personnage au chapeau en fait partie intégrante et influence l’idée que nous nous en faisons.

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René Magritte – Le Chef d’œuvre ou les mystères de l’horizon, 1955

Caspar David Friedrich - Deux frères contemplent le coucher du soleil, entre 1830 et 1835 -  Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg

Caspar David Friedrich – Abendlandschaft mit zwei Männern (Paysage du soir avec deux hommes),  1830-1834 dans lequel deux silhouettes jumelles à l’ancienne portant capes et coiffées de tricornes, comme surgies du passé,  contemplent le paysage.


Illustres illustrateurs : Konstantin Kalinovich

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     Konstantin Kalynovych est un dessinateur, peintre et graveur russe né en 1959 à Novokouznetsk dans la région de Kemerovo au sud de la Sibérie. Après ses études artistiques menées à l’Académie ukrainienne d’imprimerie de Kiev, Il a réalisé une œuvre prolifique à thèmes surréaliste et ésotérique qui incorpore souvent des références à des d’œuvres anciennes célèbres. Ses Ex-libris sont particulièrement remarquables. Il a été élu membre correspondant de la Société Royale des Peintres et Graveurs en septembre 1992. Son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions dans le monde entier et il est titulaire de plusieurs prix internationaux. Pour son site officiel, c’est  ICI.

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Konstantin Kalynovych – Insomnie I

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Konstantin Kalynovych – Walking alone in the Night, 2010

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Konstantin Kalinovitch – Goodbye Avercamp V, 2014

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Konstantin Kalinovitch – Black River, 2005

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Konstantin Kalynovych – Eclipse. Oil, 12x14cm, 2009

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Konstantin Kalynovych – The White Bird. Watercolour, 21x24cm, 2007

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Konstantin Kalynovych – Chasse d’été

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Konstantin Kalynovych – Insomnie II

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Pot-pourri  –  (cliquer sur les illustrations pour les agrandir)

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Ex-libris : Le dernier tramway (I, II, III et IV)  –  (cliquer sur les illustrations pour les agrandir)

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Détournements mineurs (V)

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Quand les objets se mettent à avoir de l’humour :  les compositions surréalistes du photographe espagnol Chema Madoz

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il avait la nostalgie du puits de son enfance…

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Attaché-case d’un homme d’affaire
avant l’invention du portable…

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Le livre et son résumé

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Sa bouche est comme une agrafeuse

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Pour illuminer votre verger, la nuit…

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Comment étaient mes vacances ? – Surréalistes…

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Hommage à Chema Madoz ou « Tout est affaire de regard »

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J’ai fait du bateau
D’équerre sur cale (la Mouette rieuse)

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J’ai contemplé de beaux couchers de soleil
Angul’air (la Mouette rieuse)

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Chassé le lépidoptère rarissime (sans le trouver)

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j’ai fait de la peinture
Palette de noir 
(la Mouette rieuse)

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j’ai porté des sandales
Sandales de poilu 
(la Mouette rieuse)

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Le tout en fumant la pipe et jouant de la flute en même temps
Ceci n’est pas du pipeau 
(la Mouette rieuse en parodiant « ceci n’est pas une pipe » de Magritte)

Et vous ?  J’attends vos suggestions…

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Détournements mineurs (II)

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Quand les objets se mettent à avoir de l’humour :  les compositions surréalistes du photographe espagnol Chema Madoz.

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tong spécial jardin

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Moi, je t’offrirai
des perles de pluie
venues d’un pays
où il ne pleut pas

Jacques Brel, chanson « Ne me quitte pas« 

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C’est l’arroseuse municipale
qui fait la vaisselle chaque matin

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Voilà donc pourquoi
les lettrés chinois
sont tous chauves…

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Quoi !
Vous m’aviez bien dit
qu’une échelle double 
était bien plus stable !

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