Anthropomorphisme et anthropocentrisme au XVIIe siècle – La philosophie de la Nature vue par Jean-Baptiste-René Robinet, philosophe naturaliste


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       Le XVIIe siècle a été qualifié comme étant celui de la « renaissance scientifique » et de « la première révolution biologique » par suite des remises en cause dans diverses disciplines scientifiques des théories aristotéliciennes. C’est le siècle où l’on voit éclore des Académies à but culturel telles que l’Académie Française fondée par Richelieu en 1635, l’Accademia dei Lincei créée à Rome en 1603 par le prince Federigo Cesi où se rencontreront philosophes, médecins et scientifiques. De nombreux ouvrages vont alors être produits qui apporteront un éclairage nouveau sur l’origine des espèces, leur fonctionnement et leur développement.

     En 1768 paraît, publié à Amsterdam, un livre dont le titre est Considérations philosophiques de la gradation des formes de l’être, ou les essais de la nature qui apprend à faire l’homme (Texte en lignequi anticipe la théorie de l’évolution des espèces telle qu’elle se cristallisera presque un siècle plus tard dans les travaux de Darwin (De l’origine des espèces, 1859). Son auteur est un philosophe naturaliste français du nom de Jean-Baptiste-René Robinet (1735-1820) qui sera l’un des continuateurs de l’Encyclopédie de Diderot. Sur le frontispice de l’ouvrage est représentée une figure allégorique, celle sans doute de la connaissance entrant résolument dans une grotte représentant l’obscurantisme. L’allégorie tient dans sa main droite un miroir qui semble réfléchir la lumière solaire, celle de la connaissance, vers un groupe de puttis dont l’un, assis sur une colonne brisée, semble affairé à apprendre l’écriture (il tient un cahier et une plume), l’histoire (représentée par un colonne tronquée), la géographie (le globe terrestre). L’un des puttis semble quant à lui vouloir retenir l’allégorie par sa robe, ce qui semble dire que la recherche de la vérité n’est pas sans danger.

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    Dans son ouvrage De la Nature paru en 1761 (Texte en ligne), Robinet avait déjà formulé l’idée que les organismes vivants se transformaient de manière à former une chaîne ininterrompue conduisant à la construction d’une forme parfaite au contenu parfait : l’Homme, idée qu’il développera ensuite dans ses Considérations philosophiques de la gradation des formes de l’être, ou les essais de la nature qui apprend à faire l’homme (1768) et dans son Parallèle de la condition et des facultés de l’homme avec la condition et les facultés des autres animaux (1769).

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      « Dans la suite prodigieusement variée des animaux inférieurs à l’homme, je vois la Nature en travail avancer en tâtonnant vers cet Être excellent qui couronne son œuvre. Quelque imperceptible que soit le progrès qu’elle fait à chaque pas, c’est-à-dire à chaque production nouvelle, à chaque variation réalisée du dessein primitif, il devient très sensible après un certain nombre de métamorphoses. […] Lorsqu’on étudie la machine humaine, cette multitude immense de systèmes combinés en un seul, cette énorme quantité de pièces, de ressorts, de puissances, de rapports, de mouvements, dont le nombre accable l’esprit, quoiqu’il n’en connaisse que la moindre partie, on ne s’étonne pas qu’il ait fallu une si longue succession d’arrangements et de déplacements, de compositions et de dissolutions, d’additions et de suppressions, d’altérations, d’oblitérations, de transformations de tous les genres, pour amener une organisation aussi savante et aussi merveilleuse»

Image & texte : Considérations philosophiques de la gradation des formes de l’être, ou les essais de la nature qui apprend à faire l’homme, 1768, pp. 3-5


  Le texte présenté ci-après est un extrait de diverses parties de l’ouvrage Considérations philosophiques de la gradation des formes de l’être, ou les essais de la nature qui apprend à faire l’homme paru en 1768 ( Texte en ligne)

CHAPITRE I

    Tous les Etres ont été conçus et formés d’après un dessein unique dont ils sont des variations gradués à l’infini. De ce prototype, et des métamorphoses considérées comme autant de progrès vers la forme la plus excellente de l’Être, qui est la forme humaine. (p.1)

    La Nature n’est qu’un seul acte. Cet acte comprend les phénomènes passés, présents et futurs; la permanence fait la durée des choses.
    Quand je contemple la multitude d’innombrables individus épars sur la surface de la terre, dans ses entrailles et dans son atmosphère, quand je compare la pierre à la plante, la plante à l’insecte, l’insecte au reptile, le reptile au quadrupède, j’aperçois au travers des différences qui caractérisent chacun d’eux, des rapports d’analogie qui me persuadent qu’ils ont été conçus et formés d’après un dessein unique dont ils sont des variations graduées à l’infini. Ils m’offrent tous des traits frappants de ce modèle, de cet exemplaire original, de ce prototype, qui, en se réalisant, a revêtu successivement les formes infiniment multipliées et différenciées, sous lesquelles l’Être se manifeste à nos yeux. (p.2)

Apoxyomène, IIe siècle av. J.-C., Croatie

    À la tête de cette grande échelle des habitants de la terre, parait l’homme, le plus parfait de tous : il réunit, non pas toutes les qualités des autres, mais tout ce qu’elles ont de compatible en une même essence, élevé à un plus haut degré de perfection. C’est le chef-d’œuvre de la Nature, que la progression graduelle des Êtres devait avoir pour dernier terme; au moins nous le prenons ici pour le dernier, parce que c’est à lui que se termine notre échelle naturelle des Êtres. (p.3)

illustrations : Apoxyomène, IIe siècle av. J.-C., Croatie

Losinj_Apoxyomenos_glowa    Autant il y a de variations intermédiaires du prototype à l’homme, autant je compte d’essais de la Nature qui, visant au plus parfait, ne pouvait y parvenir que par cette suite innombrable d’ébauches. Car la perfection naturelle consiste dans l’unité combinée avec la plus grande variété possible : c’est donc l’extrême de la variation de la forme originale, qui peut donner la forme la plus parfaite; et, cet extrême terminant la série des variations intermédiaires, il fallait épuiser celle-ci pour avoir ce dernier terme.

    La Nature ne pouvait réaliser la forme humaine qu’en combinant de toutes les manières imaginables chacun des traits qui devaient y entrer. Si elle eût sauté une seule combinaison, ils n’auraient point eu ce juste degré de convenance qu’ils ont acquis en passant par toutes les nuances.
      Sous ce point de vue, je me figure chaque variation de l’enveloppe du prototype, comme une étude de la forme humaine que la Nature méditait; et je crois pouvoir appeler la collection de ces études, l’apprentissage de la Nature, ou les essais de la Nature qui apprend à faire l’homme. […] (p.4)


Le prototype et son évolution : la métamorphose

      Le prototype est un modèle qui représente l’Être réduit à ses moindres termes : c’est un fond inépuisable de variations. Chaque variation réalisée, donne un Être, et peut être appelée une métamorphose du prototype, ou plutôt de la première enveloppe qui en a été la première réalisation. Le prototype est un principe intellectuel qui ne s’altère qu’en le réalisant dans la matière. (P.6)

Exemples :

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Évolution de l’habitat depuis l’abri rocheux aux huttes faites de branchages, ossements et peaux.

  • Une caverne, une grotte, une hutte de sauvage, une cabane de berger, une maison, un palais, peuvent être considérées comme des variations graduées d’un même plan d’architecture qui commença à s’exécuter par les moindres éléments possibles. Une hutte de sauvage, une cabane de berger, une maison, ne font point un Escurial, un Louvre; mais elles en peuvent être regardées comme des types plus ou moins éloignés, en ce que celles-là comme ceux-ci se rapportent à un même dessein primitif, et qu’ils sont tous le produit d’une même idée plus ou moins développées. (…) (P.6)
  • Une pierre, un chêne, un cheval, un singe, un homme, sont des variations graduées du prototype qui a commencé à se réaliser par les moindres éléments possibles. Une pierre, un chêne, un cheval, ne sont point des hommes; mais ils en peuvent être regardés comme des types plus ou moins grossiers en ce qu’ils se rapportent à un même dessein primitif, et qu’ils sont tous le produit d’une même idée plus ou moins développée. On trouve dans la pierre et dans la plante, les mêmes principes essentiels à la vie, que dans la machine humaine : toute la différence consiste dans la combinaison de ces principes, le nombre, la proportion, l’ordre, et la forme des organes. (P.7)

la méthode

     Envisageant la suite des individus, quelque nom qu’on leur donne, comme autant de progrès de l’Être vers l’humanité, nous allons les comparer d’abord à la forme humaine tant extérieure qu’intérieure, ou à l’homme physique, puis aux facultés d’un ordre supérieur, c’est-à-dire l’homme doué de raison.
   Cette nouvelle manière de contempler la Nature et ses productions, qui les rappelle toutes à une seule idée génératrice du monde, est fondée sur le principe de continuité qui lie toutes les parties de ce grand tout. Chaque mécanisme, pris en particulier, ne tend proprement et immédiatement qu’à produire celui qu’il engendre en effet; mais la somme de ces mécanismes tend au dernier résultat, et nous prenons ici l’homme pour le dernier résultat, afin de nous borner aux Êtres terrestres, les seuls à notre portée. (p.7)


CHAPITRE II

Où l’on recherche si c’est la matière ou la force qui constitue le fond de l’Être.

Se nourrir, se développer et se reproduire

   Toute la matière est organique, vivante, animale. Une matière inorganique, morte, inanimée, est une chimère, une impossibilité.
    Se nourrir, se développer, se reproduire, font les effets généraux de l’activité vitale ou animale, inhérente à la matière.
    Réaliser ces trois choses, nutrition, accroissement, reproduction, avec le plus et le moins d’appareil possible, c’est pour ainsi dire le problème universel que la Nature avait à résoudre. L’homme en est la solution la plus élégante, la plus sublime, la plus compliquée; celle où l’érudition éclate avec le plus de pompe et de date… (p.8)


Le futur : vers un Être parfait dématérialisé ?

    Au sommet de l’échelle on trouve un Être qui ne paraît plus avoir avec la matière que les rapports généraux et communs de l’étendue, de la solidité, de l’impénétrabilité, etc., tant la perfection du principe actif qui fait proprement son existence, l’élève au dessus de la portion de matière qui lui sert d’organe.
   La progression n’est pas finie. Il ne peut y avoir des formes plus subtiles, des puissances plus actives, que celles qui composent l’homme. La force pourrait bien encore le défaire insensiblement de toute matérialité pour commencer un nouveau monde… mais nous ne devons pas nous égarer dans les vastes régions du possible.
    Que ce soit la force ou la matière qui constitue le fond de l’Être, il est toujours sûr que tout Être a une forme et de l’activité. L’ensemble de la Nature offre donc à notre contemplation deux grands objets : la progression des forces et le développement des formes. (P.12)


CHAPITRES III à XXXV (3 à 35)

    Les chapitres III à XXXV (35)  du livre présentent les ébauches de formes humaines des fossiles comme des expériences tentées par la Nature pour accéder à l’excellence. Les pierres sont considérées par Robinet comme des créatures vivantes à part entière mais simplifiées à l’extrême à qui leur structure ne permet pas de mener une vie extérieure comme celle des animaux et des plantes mais devait leur permettre un vie intérieure. Il ne semble pas que le philosophe naturaliste est compris la vraie nature des fossiles, vestiges minéralisés de créatures anciennement vivantes. Quand bien même, il l’aurait su, cela ne l’aurait pas empêché de maintenir sa théorie pour les minéraux qui, par leur forme, se rapprochent des organes humains comme la tête, les oreilles, le nez, le pied et les organes sexuels. Pour Robinet, ces formes ne peuvent être issues du hasard, elles expriment un « dessein », celui de la Nature de tendre dans ses réalisations à la la structure et à la forme parfaite, celle de l’Homme. 

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Minéraux représentant des Figures analogues à certaines parties du corps de l’homme

     La Nature commença à préparer, dans le moindre arôme, ce chef-d’œuvre de mécanique qui ne devait être porté à la perfection qu’après un nombre infini de combinaisons. Si elle ne faisait pas encore des têtes, ni des bras, ni des mains, ni des pieds, ni des chairs, ni des os, ni des muscles, elle travaillait les matériaux; elle était occupée à d’autres formes moins composées qui, par une gradation imperceptible, devaient amener celles-là […]

    Mais dira-t-on, que voyez-vous dans une pierre qui soit analogue au cœur et aux poumons de l’animal ?

     Je conviens que l’analogie est au-delà de nos sens. Est-ce une raison pour refuser de l’admettre ? […]
      Quand nous ne retrouverions ni utricules ni trachées dans le minéraux, tout ce qu’on en pourrait légitimement conclure, c’est qu’un appareil organique plus simple suffit à ce degré de l’Être.
      De quelle finesse, de quelle simplicité ne doivent pas être le sortantes d’une vie si simple dans des corps aussi purs que l’or et le diamant ? Leur extrême ténuité les dérobe à nos ans, et nous ne saurions nous foirer une idée de leur structure. Parce que nos yeux et nos microscopes, beaucoup meilleurs que nos yeux, ne le aperçoivent point, nous en nions la réalité. C’est outrager la Nature, que de renfermer ainsi la réalité de l’Être dans la sphère étroite de nos sens, ou de nos instruments.
      Persuadé que les fossiles vivent, sinon d’une vie extérieure, parce qu’ils manquent peut-être de membres et de sens, ce que je n’oserais pourtant assurer, au moins d’une vie interne, enveloppée mais très réelle en son espèce, quoique beaucoup en dessous de celle de l’animal endormi, et de la plante; je n’ai garde de leur refuser les organes nécessaires aux fonctions de leur économie vitale; et de quelque forme qu’ils aient, je la conçois comme un progrès vers la forme de leur analogues dans les végétaux, dans les insectes, dans les grands animaux, et finalement dans l’homme. (p. 15 à 18)

    En contemplant l’Être dans les pierres, nous devons donc nous souvenir que, pour atteindre ce degré, il a passé par un nombre et une variété de transformations qui excèdent la force de l’imagination la plus vaste, et qui toutes préparaient de loin la forme humaine. (p.37)

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Minéraux représentant des Figures analogues à des organes sexuels : Priapolite représentant un pénis et ses testicules (fig.1), Hysterapetra représentant la vulve d’une femme (fig.2 & 3)


CHAPITRES XXXVI (36) à  XLII (42)

Ces chapitres présentent les ébauches de formes humaines adoptées par les plantes

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Mandragora mas. mandragore - Histoire des plantes de Denis Dodart (1634-1717), gravure 1668-1699

Mandragora mas. mandragore – Histoire des plantes de Denis Dodart (1634-1717), gravure 1668-1699

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Mandragores – Hortus Sanitatis de Mayence, 1485


CHAPITRE LI (51)

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Conque de Venus – Concha Venera (Planche II, fig.4)

Conqua Venerea par Jean Baptiste René Robinet


CHAPITRE LVIII (58) et LIX (59) – Poissons Anthropomorphos

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Chapitre LXXVIII (78), LXXXIII (83) & LXXXVI (86)

Espèce de Sirène pêchée en Westfrise, femmes marines et femme marine de Paris en 1758

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CHAPITRE LXXXIV (84)

Poisson-femme appelé par les Espagnols Pece-rhuger

Pece Muger, sive piscis (andropomorphus) - Redi Francesco (1626-1697) - Experimenta círca res diversas naturales, speciatim illas, Quae ex Indiis adseruntur

Redi Francesco (1626-1697) – pece Muger, sive piscis (andropomorphus)

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chapitres CVI (106) à CXVII (117)

   Cette partie du livre décrit les différentes races humaines qui peuplent le monde, imaginaires ou réelles (certains sont décrits comme portant une queue…), décrivant leurs apparences diverses et leurs comportements et coutumes telle que les explorateurs ou voyageurs les ont décrites à leur retour en Europe en insistant sur les faiblesses et les tares de leur constitution qui laisse supposer qu’ils ne se situent qu’à une phase intermédiaire et imparfaite de l’évolution qui a aboutit à l’homme parfait. L’homme parfait, la version la plus achevée du grand dessein de la Nature sera décrit au chapitre suivant dans la personne de l’homme Grec et de ses apparentés qui est présenté comme la quintessence de la beauté parfaite.


Chapitre CXVIII (118) : Les Italiens, les Turcs, les Grecs, les Circassiens et les Géorgiens

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Statue d’Hercule en marbre attribuée à Phidias

Les canons de la beauté parfaite

    Au centre des différentes nations nommées dans les deux Chapitres précédents, on trouve les Italiens, les Turcs, les Grecs, les Circassiens et les Géorgiens. Ces peuples sont, sans contredit, les plus belles races de l’espèce humaine. Ils jouissent de tous les avantages naturels. C’est chez eux qu’il faut aller contempler le chef-d’œuvre de la Nature, les plus belles formes et la structure la plus excellente sous le plus beau ciel.

   Dans les belles provinces d’Italie, dit M. Wickelmann, on voit peu de ces figures ignobles que l’on rencontre à chaque pas au delà des Alpes. Les traits y sont partout nobles et bien marqués; la forme du visage y est ordinairement grande et pleine, et parfaitement proportionnée dans toute ses parties. Cette beauté de forme est frappante jusque dans le bas peuple. La tête du dernier artisan pourrait-être placée dans les compositions héroïque; et il serait pas difficile de trouver parmi les femmes de la dernière classe du peuple, même dans les villages les moins considérable, un modèle pour faire une Junon. Naples, qui jouit, plus que les autres provinces d’Italie, d’un ciel doux et tempéré, produit en quantité ces formes dignes de servir de modèle au beau idéal, c’est-à-dire au beau naturel, épuré, élevé jusqu’à la perfection divine. Si les Italiens, dit un anglais, sont seuls capables, parmi les modernes, de peindre la beauté, c’est qu’ils ont la base de ce talent dans les belles figures qu’ils ont continuellement sous les yeux : cette contemplation assidue du beau naturel fait qu’ils le copient avec tant de vérité. On voit peu de visages grêlés en Italie.

58819b1f022cb832aaeb73f3da227c7e--classical-period-romans    C’est dans leur propre pays que les Artistes Grecs prirent les modèles de ces statues dont nous admirons les fragments, et qui, toutes mutilées qu’elles sont, serviront éternellement de règles pour les belles proportions. Dans l’ancienne Grèce, il y avait des jeux publics où les jeunes hommes venaient disputer le prix de la beauté. Les prêtres de plusieurs Dieux, ne pouvaient être que des adolescents qui eussent mérité ce prix. Il y avait de semblables fêtes instituées pour les jeunes filles à Sparte, à Lesbos, à Paros. Polybe dit qu’aucune autre Nation ne pouvait être égalée aux Grecs pour la beauté. On ne trouve point parmi eux de nez écrasé, celui de tous les défauts qui défigure le plus un visage. Un célèbre anatomiste a observé que les têtes des Grecs et des Turcs ont la forme de l’ovale d’une plus belle proportion que les têtes des allemands et des flamands. Les Artistes Grecs fixèrent les idées de la beauté d’après les modèles de leur nation, et ces idées ont été universellement adoptées partout où les arts ont fleuri. On en retrouve les traits dans les mêmes contrées, ainsi que dans la Circassie et la Géorgie. On y retrouve le profil Grec, le premier caractère de la beauté du visage, qui n’admet qu’un enfoncement très doux et très léger entre le front et le nez; on y retrouve les sourcils des Grâces, ce sont ceux des femmes Circassiennes, qui, par la finesse et la subtilité des poils, ne semblent être qu’un filet de soie recourbé; ce front modérément grand, poli, et également courbe dans tous les points qui se répondent; les yeux et les mains de la Pallas de Phidias; la taille riche et noble de la Vénus Grecque; cette sublime harmonie de toutes les parties du corps qui frappe dans l’Antinoüs et dans Niobé. un trait de beauté remarquable dans les femmes Géorgiennes, Circassiennes et Turques, c’est la rondeur pleine du menton sans apparence de fossette. Cette fossette n’est en effet qu’un agrément accidentel qu’on ne trouve ni dans Niobé, ni dans les filles, ni dans la Pallas que possède le Cardinal Albani, ni dans l’Apollon du Bevédère.

    Le sang de Géorgie est si universellement beau qu’on ne trouve pas un laid visage dans ce pays, et la Nature a répandu sur la plupart des femmes des grâces qu’on ne voit pas ailleurs, elles sont grandes, bien faites, extrêmement déliées à la ceinture, elles ont le visage charmant. Les hommes sont aussi fort beaux. Les femmes, dit Struys, sont fort belles et fort blanches en Circassie, et elles ont le plus beau teint et les plus belles couleurs du monde; le front grand et uni, les yeux grands, doux et pleins de feu, le nez bien fait, les lèvres merveilles, la bouche riante et petite, et le menton comme il doit être pour achever un parfait ovale; elles ont le cou et la gorge parfaitement bien faits, la taille grande et aisée, les cheveux du plus beau noir : il est rare de trouver en Turquie des bossus ou des boiteux; les hommes y sont aussi beaux que les Géorgiens ou les Circassiens, les femmes y sont belles, bien faites et sans défaut. Il n’y a femme de Laboureur ou de paysan en Asie, dit Belon, qui n’ait le teint frais comme une rose, la peau délicate et blanche, si polie et si bien tendue qu’il semble toucher du velours. Cette peau douce, satinée et transparente est un don précieux de la température du climat. Les femmes Grecques sont peut-être encore plus belles que les Turques; ou plutôt il faudrait avoir des idées bien pures de la beauté pour décider laquelle de ces nations mérite la pomme. Les habitants de Isle de l’Archipel partagent aussi les avantages de la beauté avec leurs voisins. (p.188 à 191)


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Actualité : théorie de l’évolution ou quand les obscurantismes se rejoignent…

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  dessin de Boligan

      De plus en plus de sympathisants républicains ne croient pas à la théorie de l’évolution. En cinq ans, parmi les personnes qui se déclarent républicaines, le pourcentage de celles qui disent adhérer aux théories modernes de l’évolution a baissé de 11 points, pour atteindre aujourd’hui 43 %, selon une étude du Pew Research Center. A l’inverse, cette proportion n’a quasiment pas varié chez les démocrates, atteignant 67 %. « C’est un nouveau signe du fossé de plus en plus large qui sépare les deux partis », commente l’hebdomadaire Christian Science MonitorMême en tenant compte de l’éducation, de la race ou de l’engagement religieux, l’étude montre une nette accentuation des différences partisanes, souligne l’hebdomadaire. Quand le Pew Research Center a commencé à mesurer les différences entre les sympathisants des deux partis sur des questions de valeurs en 1987, la différence moyenne était de 10 points. En 2012, elle atteignait 18 points. C’est principalement au cours des mandats de George W. Bush et Barack Obama que ces écarts se sont creusés.
    Les plus sceptiques sur l’évolution restent les évangéliques protestants blancs, qui constituent une puissante force politique conservatrice et jouent un rôlé clé dans le mouvement ultraconservateur du Tea Party. Près des deux tiers d’entre eux rejettent purement et simplement la théorie de l’évolution et affirment que « les hommes et les autres êtres vivants ont existé de tout temps sous leur forme actuelle », contre un tiers des Américains dans leur ensemble.
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La montée du créationnisme musulman par Salman Hameed

Les populations des pays musulmans ne sont pas hostiles à la science, mais elles rejettent globalement la théorie de l’évolution. En cause : une confusion entre darwinisme et matérialisme, habilement entretenue par des intégristes très actifs.

Début 2007, biologistes et anthropologues des universités américaines ont reçu en cadeau un ouvrage de 850 pages qu’ils n’avaient pas demandé : l’ Atlas de la Création, écrit par un musulman créationniste, Adnan Oktar sous le pseudonyme d’Harun Yahya. Un envoi analogue avait été fait en France un an auparavant. Cette campagne est un signe : ces vingt dernières années, la controverse au sujet de l’enseignement de l’évolution s’est surtout développée aux États-Unis, mais la prochaine grande bataille à ce sujet devrait se dérouler dans le monde musulman c’est-à-dire dans les pays à majorité musulmane, mais aussi dans les pays où il y a de fortes minorités musulmanes. Ces pays constituent un terreau fertile pour le refus de l’évolution en raison de la faiblesse du niveau d’éducation et de l’absence de connaissances suffisantes des idées évolutionnistes. Par ailleurs, il existe déjà un mouvement créationniste islamique dont l’influence devient de plus en plus grande .

L’évolution biologique reste un concept relativement nouveau pour la majorité des musulmans, et aucun débat sérieux sur sa compatibilité avec la religion n’a encore eu lieu. Il est probable que l’opinion publique se formera sur cette question dans les dix prochaines années, en raison de l’élévation du niveau d’éducation dans le monde musulman et de l’importance croissante des sciences biologiques.

Tout comme il n’existe pas d’islam monolithique, il n’y a pas non plus d’opinion « officielle » sur l’évolution. En effet, il existe dans le Coran des versets qui parlent de la création de l’Univers, ainsi que des êtres vivants sur Terre, mais les détails spécifiques n’y sont souvent pas exposés. Par exemple, la narration de la création dans le Coran comporte une version de la création en 6 jours. La longueur de chaque jour n’est cependant pas précisée de manière claire. Un des jours a été défini comme « ayant la durée de mille ans, selon votre calcul » ou comme « un jour dont la durée est de cinquante mille ans ». L’ambiguïté qui en résulte laisse ouverte la possibilité d’une Terre très vieille. En fait, le créationnisme « Jeune-Terre » * est absent du monde musulman, et l’idée d’un Univers âgé de milliards d’années est communément acceptée. Au sujet de l’évolution biologique, les universitaires musulmans, ainsi que les écrivains célèbres soutiennent des opinions diverses qui représentent un large spectre d’idées culturelles et politiques, de la Turquie laïque jusqu’à la monarchie conservatrice d’Arabie saoudite en passant par les diasporas musulmanes d’Europe et des États-Unis.

La plupart du temps, l’opposition à l’évolution n’est pas liée à un verset du Coran en particulier, mais plutôt à la menace sociale et culturelle que cette théorie représente pour les musulmans. Adnan Oktar a largement emprunté sa « science » à l’Institute for Creation Research et, plus récemment, au mouvement du « dessein intelligent » aux États-Unis. Son organisation, basée en Turquie, a produit des documentaires anti-évolutionnistes, des centaines de pamphlets, des livres, et les a rendus accessibles au téléchargement gratuit sur son site Internet. Comme l’idée d’une Terre ancienne n’est pas controversée parmi les musulmans, il installe sans difficulté le créationnisme biologique dans un Univers âgé de milliards d’années. Son opposition se focalise plutôt sur le risque social et culturel posé par l’évolution qui se traduit par une tendance au matérialisme et à l’athéisme.

Théorie ou idéologie

 Certains éminents universitaires musulmans enseignant dans des institutions occidentales rejettent aussi l’évolution. Par exemple, Seyyed Hossein Nasr, professeur d’études islamiques à l’université George Washington, considère la théorie de l’évolution comme une idéologie : « La théorie de l’évolution est le piquet de la tente qu’est le modernisme. Si elle venait à tomber par terre, la tente entière s’écroulerait sur la tête du modernisme. Par conséquent, on la conserve en tant qu’idéologie et non en tant que théorie scientifique qui a été prouvée . »

Beaucoup d’autres, toutefois, acceptent des interprétations diverses de l’évolution. Souvent, ils trouvent une justification de leur acceptation dans le contexte du Coran ou en attribuant la théorie à des philosophes musulmans de l’époque médiévale. Par exemple, le philosophe et poète indien Mohammed Iqbal, alors qu’il avait approuvé à contrecoeur l’évolution, en crédita Al-Jahiz, un philosophe du IXe siècle, et qualifia le penseur du XIe siècle Ibn-Maskwaih de « premier penseur musulman à apporter une théorie claire et profondément moderne en beaucoup de points sur l’origine de l’homme ». De fait, quelques philosophes musulmans du Moyen Âge ont développé des théories connues à leur époque sur l’origine commune des espèces, mais aucun n’a postulé de mécanisme semblable à la sélection naturelle.

Cependant, la plupart du temps, ces approches excluent l’évolution humaine. Certains ont toutefois emprunté des voies ingénieuses pour réconcilier l’islam avec les preuves de l’existence d’anciennes espèces d’hominidés. Par exemple, Maurice Bucaille, célèbre dans le monde musulman pour son livre affirmant qu’une grande partie des découvertes scientifiques modernes avaient déjà été mentionnées dans le Coran, accepte l’évolution animale jusqu’aux premières espèces d’hominidés. Il conçoit ensuite séparément une autre branche d’évolution des hominidés qui conduirait aux humains modernes. Ces idées évolutionnistes sont bien loin de la théorie de l’évolution acceptée par les biologistes du monde entier.

Par ailleurs, de nombreux universitaires biologistes et médecins musulmans acceptent l’évolution de façon similaire aux scientifiques religieux orientaux. Bien qu’ils soient peu nombreux, cette population éduquée représente une minorité qui peut influencer les décisions politiques.

On ne connaît que très peu l’opinion générale sur la science dans les pays musulmans, et encore moins celle sur la question spécifique de l’évolution. Une enquête récente sur l’acceptation de l’évolution par la population dans 34 pays inclut un pays musulman, la Turquie. L’étude a révélé qu’environ 25 % des Turcs sont d’accord avec l’énoncé « Les êtres humains comme on les connaît se sont développés à partir d’espèces animales antérieures », ce qui est bien au-dessous du chiffre atteint aux États-Unis 40 %. Ce résultat est on ne peut plus inquiétant quand on sait que la Turquie est l’un des pays musulmans les plus éduqués et l’un des plus laïcs.

Récemment, une étude sociologique analysant les comportements religieux dans des pays musulmans Indonésie, Pakistan, Égypte, Malaisie, Turquie, et Kazakhstan comportait une question sur l’évolution comme un exemple d’idée qui contredit une « conviction religieuse fondamentale largement partagée par les musulmans ». Les personnes interrogées devaient répondre à la question : « Êtes-vous d’accord ou non avec la théorie de l’évolution établie par Darwin ? » Seuls 16 % des Indonésiens, 14 % des Pakistanais, 8 % des Égyptiens, 11 % des Malaisiens, et 22 % des Turcs pensent que la théorie de Darwin est vraie ou probablement vraie. L’ancienne république soviétique du Kazakhstan, qui montre des différences de comportements religieux par rapport aux autres pays de l’étude, présente la plus grande proportion d’acceptation de la théorie de l’évolution. En fait, seuls 28 % des Kazakhs pensent que la théorie de l’évolution est fausse, pourcentage plus bas que celui de la population américaine 40 %.

Ces résultats dressent un tableau déprimant. Cependant, la question concernant l’évolution reste fortement liée à la manière dont est comprise la notion d’évolution par les personnes interrogées. Cela constitue notamment un problème lorsque, dans le monde musulman, beaucoup, voire presque tous, confondent évolution et athéisme, et considèrent que l’évolution est nécessairement opposée à la religion.

L’évolution au lycée

 Aussi, bien que les résultats de l’enquête puissent sembler indiquer une situation désespérée, la réalité du terrain est plus compliquée. Le programme des lycées de nombreux pays musulmans comporte de la biologie évolutionniste. Les académies des sciences de 14 pays musulmans, dont le Pakistan, l’Iran, la Turquie, l’Indonésie et l’Égypte, ont récemment conclu un accord en faveur de l’enseignement de l’évolution, incluant l’évolution humaine, par l’intermédiaire de l’Interacademy Panel IAP, réseau mondial des académies scientifiques .

Toutefois, la biologie comme les autres matières est souvent enseignée dans un cadre profondément religieux. Par exemple, au Pakistan, où il n’existe pas de séparation entre religion et État, le but du programme national de biologie des classes de 3e à la terminale est de « rendre les élèves capables de reconnaître que Dieu … est le Créateur et le Gardien de l’Univers » , et les manuels scolaires contiennent les versets du Coran relatifs à l’origine et à la création de la vie. Les manuels de biologie contiennent un chapitre sur l’évolution, et la théorie évolutionniste y est présentée comme un fait de science. Néanmoins, dans le manuel de biologie destiné aux classes terminales, l’épigraphe du chapitre sur l’évolution est le verset coranique « c’est Lui qui vous a créés à partir d’un être unique ». En dehors de cette épigraphe, il n’y a aucune référence religieuse à la création ou à l’évolution dans les autres chapitres, ni dans les questions proposées en ouverture. Bien que la théorie de l’évolution soit présentée comme un fait, en dépit du texte de l’IAP, l’évolution humaine n’est pas mentionnée dans ces manuels. Les chapitres complémentaires sur l’évolution soulignent, en revanche, les orientations pratiques de la biologie comme la santé, l’environnement ou les biotechnologies.

Entre islam et science

Anila Asghar et Brian Alters, de l’université McGill à Montréal, ont récemment interrogé 18 professeurs de science dans des écoles pakistanaises situées à Karashi et Lahore. Ils ont trouvé que tous préféraient l’utilisation d’explications religieuses de la création du monde, mais la plupart présentaient à leurs élèves les deux perspectives, scientifique et religieuse, lorsqu’ils enseignaient l’évolution biologique. La plupart 14 sur 18 acceptaient, ou du moins tenaient pour possible, l’évolution des organismes ; mais en même temps, 15 sur 18 rejetaient l’évolution des êtres humains. Tous s’accordaient sur le point qu’il n’existe aucune contradiction entre islam et science.

On a aussi retrouvé ces attitudes contradictoires dans une récente étude sur 25 élèves d’universités musulmanes venus de Turquie ou du Maroc et qui étudiaient différentes disciplines aux Pays-Bas. La plupart d’entre eux acceptaient la microévolution, mais presque tous contestaient la macroévolution. Ils reliaient en effet cette idée à des inclinations athéistes mais aussi au fait qu’il serait peu probable que des espèces complexes apparaissent simplement sous l’effet de mutations au hasard. Toutefois, aucun d’entre eux n’a émis de sentiment hostile à la science, ni n’a entrevu de tension significative entre islam et science .

Il paraît donc nécessaire que le message sur l’évolution dans le monde musulman soit formulé de manière à souligner les applications pratiques et montrer que cette théorie constitue le fondement de la biologie moderne – et ainsi tirer parti de l’existence d’une attitude favorable à la science. Les académies nationales des pays musulmans auront besoin d’adapter les spécificités du message aux réalités politiques et culturelles de leurs pays respectifs. Dans le monde musulman, la religion joue un rôle très important sur la scène sociale et culturelle, et par conséquent, nos discussions avec la population doivent en tenir compte. En tant que scientifiques, nous devons présenter, sans compromis, la meilleure science possible. Les idées évolutionnistes sur les origines de l’être humain doivent peut-être faire face à de nombreux obstacles, mais on peut encore croire à la possibilité d’un accord pacifique avec la religion. Malgré tout, les initiatives qui relient évolution et athéisme risquent de couper court au dialogue, et une large majorité de musulmans rejetteront alors l’évolution.

CONTEXTE 

Début 2009, le vice-président du Conseil de la recherche scientifique et technologique turc, qui édite le magazine Science et Technique, a demandé la suppression d’un article de 16 pages consacré à Darwin. Ce cas de censure n’est pas isolé en Turquie. En 2008, des groupes créationnistes étaient parvenus à faire bloquer légalement l’accès au site Internet de l’évolutionniste britannique Richard Dawkins. Après les pays de tradition chrétienne, États-Unis en tête, les opposants à la théorie de l’évolution ont ouvert un front dans le monde musulman.

évolution – 30/04/2009 par Salman Hameed dans mensuel n°430 à la page 56 à retrouver sur le site La montée du créationnisme musulman | La Recherche
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Salman Hameed
  • Associate Professor of Integrated Science & Humanities (Endowed Chair) at Hampshire College
  • Director, Center for the Study of Science in Muslim Societies (SSiMS)
  • 2001-2005: Five College Astronomy Department Research and Education Fellow atSmith College/UMass-Amherst
  • 2001: PhD. in Astronomy from New Mexico State University, Las Cruces
  • 1994: B.S. in Physics & Astronomy from State University of New York, Stony Brook
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