Sète, de l’île singulière à l’île au singulier pluriel


Sète (anciennement Cette) : l’île singulière

Plan de la ville et du port de Cette en 1774 selon J. Jefferys

Plan de la ville et du port de Cette en 1774 selon J. Jefferys

Le port de Sète en 1845

Le port de Sète, le long du canal Royal, en 1845

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Vue d’ensemble du port de Sète aujourd’hui avec le cordon du Lido en haut à gauche, l’étend de Thau en arrière plan et le mont Saint-Clair qui domine la ville et le canal Royal qui relie la mer à l’étang de Thau.


Sète, l’île au singulier pluriel – photos Enki

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Le port de Sète vu du Mont Saint-Clair

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Sète, le port industriel

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Communication…

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Le canal Royal

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le cordon sablonneux du Lido entre étang de Thau et Méditerranée qui relie l’île  au cap d’Agde


Géométries amoureuses

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C’est toi ? Gens de Sète


Gribouillage et embrouilles (déformations causées par mon IPhone en folie…)


rêve d’une île

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Khao Phing Khan en Thaïlande, l’Île repaire

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     Cette île qui est l’un des joyau de la baie de Phang Nga dans la mer d’Andaman en Thaïlande, n’y allez surtout pas ! Contentez-vous de la rêver et de l’imaginer comment elle pouvait être lorsqu’elle était rarement visitée, avant le tournage en 1974 de L’Homme au pistolet d’or, l’un des films de James Bond, dans lequel elle sert de repaire à l’affreux Francisco Scaramanga, l’assassin psychopathe qui cherche à assassiner Bond. Depuis le tournage de ce film, elle est envahie à longueur d’année par des milliers de touristes à qui l’on offre dans des boutiques de souvenirs diverses breloques comme du corail, des coquillages, des papillons en plastique, des scorpions et des araignées.  Dommage…

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     À environ 40 m de l’île se trouve un îlot monolithe calcaire de 20 m de hauteur, l’îlot Ko Tapu auquel les indigènes ont attribué une légende : « Il était une fois, vivait un pêcheur qui avait l’habitude de ramener autant de poissons chaque fois qu’il allait à la mer. Mais un jour, il ne pouvait pas attraper un poisson en dépit des tentatives fastidieuses ; il ramassait seulement un clou avec son filet. Il n’arrêtait pas de jeter le clou à la mer mais il l’attrapait à nouveau. Furieux, il prit son épée et le coupa en deux, en utilisant toute sa puissance. Lors de l’impact, la moitié du clou a sauté et a harponné dans la mer, ce qui a formé Ko Tapu »  – Crédit Wikipedia

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Présents, ils sont absents…

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Présents, ils sont absents…

    C’est le titre du chapitre premier d’un livre du philosophe François Jullien sur le thème de la « philosophie du vivre » (folio essais, Gallimard, 2011, 2015). Ce titre s’applique aux touristes et à tous ceux qui sont physiquement dans un lieu dans lequel ils ont choisi d’être parce qu’ils le valorisent ou bien que la société valorise mais qui paradoxalement entretiennent avec ce lieu une relation d’évitement en refusant de reconnaître sa réalité profonde et ses potentialités cachées. Voici ce que François Jullien écrit à ce sujet :

L’évitement du monde
    Cette scène, nous l’avons tous vue, typée, fatale, imperturbablement répétée. Mais suffira-t-il d’en sourire ? Les touristes descendent de l’autocar, repèrent d’un coup d’œil ce qu’ils pourront photographier, le mettre en boîte – c’est fait. puis ils s’exclament, respirent, bavardent entre eux : « que c’est beau ! » « Beau » est posé là comme une étiquette sur un paquet – façon de s’en débarrasser. Ils n’ont plus qu’à remonter à leur place : à rentrer soulagés. Ils ont tout fait, en somme, pour se dispenser d’être présents au paysage, passer, mais avec la meilleure volonté du monde, prudemment à côté. Le soupçonnent-ils seulement ? Pour s’épargner l’existence dramatique d’être là, effectivement, regardant et regardant encore – mais s’agit-il seulement de « regarder » ? Plutôt de se laisser saisir – démunir – par ce sur quoi ils sont tombés et qui soudain les accable sous son miracle et pourrait les tenir en suspens, interminablement;, jusqu’au vertige, sans pouvoir s’arracher.

Egypte - Touristes photographiant les Colosses de Memnon

La photographie comme symptôme de la fuite devant la réalité
     On dira bien sûr que cette photographie est prise pour « garder » (se ressouvenir : on la retrouvera plus tard, etc.). (…) Mais garder, vouloir conserver , c’est déjà se protéger devant ce qui soudain assaille, tel ce coin de paysage, et qui, si je m’arrête tant soit peu devant, au lieu de commencer ainsi à le ranger, sitôt m’ébranle, m’émeut jusqu’à l’intolérable. Et de même : être attentif à bien choisir, à bien cadre, s’est se détourner d’emblée de ce que le moindre coin de paysage possède en lui d’infini. donc d’impossible à contenir, à sélectionner. Prendre une photographie, c’est de mettre à couvert, interposer : sed échanger de ce qui, comme une échancrure, s’entrevoit sur le coup d’irréductible et s’impose enfin là, à vue, sans retenue. Face à quoi on photographie pour fuir, c’est-à-dire s’éviter d’« être là », – da sein – une fois, cette fois, qui est unique, devant cet arbre, devant ce champ. Ou plutôt devant « de l’arbre », « du champ ». on photographiera alors pour remettre de l’usage, rebasculer dans l’entendu, le convenu, et boucher de son mieux par où la panique de la rencontre, du heurt, pourrait pointer : pour ne plus s’exposer à ce péril, effectivement, celui d’être auprès, devant, « pré(s)net », ici et maintenant (ou, quand on photographie des visages, l’effet nous en échappe). La photographie – « photo-souvenir » – est l’instrument apprêté pour ce évitement. Sauf à produire une œuvre d’art – mais celle-ci vise alors l’inverse, en quoi elle est « art » non consommable –, cette « prise » de vue sert de paravent pour amortir ce choc et son désarroi : pour réduire l’intrusion d’un dehors, l’effraction d’un présent; pour rétablir ce glissement continu tel qu’intérieur et extérieur – le « moi » / le « monde » – restent à nouveau chacun de leur côté, sagement, dans leur quant-à-soi respectif, avec un minimum d’étanchéité, sans plus déranger.

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Gérard Manset,  » Comme un Lego « 

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le jardin zen du temple Ryôan-Ji de Kyoto : le regard vu par Italo Calvino dans son roman Palomar
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     L’enceinte rectangulaire de sable incolore est bordé sur trois côtés de murs surmontés de tuiles, au-delà desquels verdoient les arbres. Sur le quatrième côté, une estrade aux gradins de bois sur laquelle le public peut passer, s’arrêter et s’asseoir. « Si notre regard intérieur reste absorbé par la vue de ce jardin, explique en japonais et en anglais le prospectus, signé par l’abbé du temple, qui est offert aux visiteurs, nous nous sentirons dépouillés de la relativité de notre moi individuel, tandis que l’intuition du Moi absolu nous remplira d’un étonnement serein, en priaient nos esprits obscurcis. »

pour la suite, c’est ICI

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