meraviglia

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Johannes Vermeer (1632-1675) - La jeune fille à la perle, 1665

Johannes Vermeer (1632-1675) – La jeune fille à la perle, 1665

Johannes Vermeer (1632-1675) - La jeune fille à la perle (détail), 1665

Pupilles, lèvre, perle : ça flashe ! et j’aime bien l’effet de peau écaillée…
L’un des plus sensuel, vivant et expressif visage de femme jamais réalisé par un peintre

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Scarlett Johansson dans le film Girl With the Pearl Earring de Peter Weller, 2003

Scarlett Johansson dans le film Girl With the Pearl Earring de Peter Weller, 2003
Tentative courageuse, mais désolé, Scarlett, c’est pas vraiment çà…

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Sous l’emprise du rayon vert – les photos d’Enki.

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   Mardi 8 avril 2014, Lac d’Annecy au lieu-dit Le Piron dans la commune de Sévrier, aux environs de 17 h 30. Le ciel était resté couvert toute la journée et il avait plu abondamment. Brusquement, en début de soirée, le plafond neigeux s’est dégagé en divers points  et  des rayons de lumière obliques ont illuminé intensément certaines parties du paysage contrastant fortement avec les lourds nuages sombres pleins de menaces encore présents . Au bout de l’allée, entre les haies bordant les propriétés du bord du Lac, une tache lumineuse de couleur vert opaline, presque phosphorescente s’est imposée, vous attirant comme un aimant tel le petit pan de mur jaune de Vermeer dans  La Recherche du Temps perdu…   (Photos prises avec mon IPhone.)

Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2465

   Mardi 8 avril 2014, Lac d’Annecy  au lieu-dit Le Piron dans la commune de Sévrier, aux environs de 17 h 30. Le ciel était resté couvert toute la journée et il avait plu abondamment. Brusquement, en début de soirée, le plafond neigeux s’est dégagé en divers points  et  des rayons de lumière obliques ont illuminé intensément certaines parties du paysage contrastant fortement avec les lourds nuages sombres pleins de menaces encore présents . Au bout de l’allée, entre les haies bordant les propriétés du bord du Lac, une tache lumineuse de couleur vert opaline, presque phosphorescente s’est imposée, vous attirant comme un aimant tel le petit pan de mur jaune de Vermeer  dans La Recherche du temps Perdu…   (Photos prises avec mon IPhone.)

Johannes Vermeer - Vue de DelftJohannes Vermeer – Vue de Delft

Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2468Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2469Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2470

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Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2474

Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2475

Lac d'Annecy, le Piron - mardi 8 avril 2014, vers 17 h 30 - IMG_2476

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Rien à voir, me direz-vous ? Pas si sûr…

    Dans La Recherche du Temps Perdu, l’un des personnage du roman, l’écrivain Bergotte, visitant une exposition de tableaux de Vermeer, tombe en arrêt devant la toile « Vue de Delft » sur laquelle figure un petit pan de mur au jaune lumineux traité par le peintre de manière si extraordinaire que la couleur semble vibrer.  

« Enfin il fut devant le Ver Meer qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. ‘C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune.’  » (III, p. 692)*

      En atteignant l’entrée de l’allée qui conduisait au lac, ce rectangle lumineux de couleur vert opaline si inhabituelle, bien délimité par les deux haies latérales et les rives du Lac qui l’entouraient comme le cadre d’un tableau, émettait lui aussi des vibrations visuelles qui m’ont fait penser immédiatement au petit pan de mur jaune de Proust. « Artialisation », c’est par ce terme, déjà utilisé par Montaigne, que le spécialiste du paysage, Alain Roger, nomme le processus de « médiation du paysage par l’art » par lequel le paysage devient une construction culturelle, subjective et relative… Ceci dit, je constate que le tableau de Vermeer représente une vue de Delft un jour d’orage, puisque l’on voit de lourds nuages noirs dominer la scène et plus loin des nuages immaculés resplendissants de lumière; des conditions semblables à celles qui prévalaient sur le Lac d’Annecy lorsque j’ai pris ces photos. La luminosité exceptionnelle qui s’attache à certains points des deux paysages est liée au contraste fort qui résulte de leur opposition aux zones encore ombrées : ombres des nuages et ombres portées. Pour cette couleur verte qui est apparue si intensément un cours moment, je n’ai trouvé aucune explication satisfaisante. On attribue généralement cette couleur au plancton qui est abondant au printemps mais pourquoi disparaîtrait-il aussi brusquement ? Si certains ont une explication sur ce sujet, je serais intéressé qu’ils veuillent bien m’en faire part…

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Poésie et peinture : Tranströmer et Vermeer

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Tomas Tranströmer

Les rivets dorés sont entrés au vol, à une vitesse inouie,
Pour s’arrêter net,
Comme s’ils avaient toujours été au repos.

Les oreilles bourdonnent à force de profondeur ou d’altitude.
C’est la pression venue de l’autre côté du mur
qui amène les réalités à se dissoudre
et affermit le pinceau.

Passer les murs est une chose douloureuse, on en tombe malade
Mais c’est indispensable.
Le monde est un. Quant aux murs….
Et les murs sont une part de toi –
on le sait ou on l’ignore,
mais c’est ainsi pour tout le monde,
sauf les petits enfants.
Pour eux, pas de murs.

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   C’est ce poème qui décrit un tableau de Vermeer qui m’a fait découvrir Tomas Tranströmer. Qui, autre qu’un poète, peut parler le mieux du tableau d’un peintre ? Sans doute parce que la poésie en tant qu’art relève de la même dimension que la peinture, qu’elle utilise le même langage magique et mystérieux pour représenter le monde et parler directement à nos sens sans passer par la raison.

     C’est en lisant le poème de Tranströmer que l’envoutement du tableau de Vermeer s’est en partie dévoilé, qu’une part de l’alchimie secrète mis en œuvre par le peintre s’est révélée. Comme je les voyais clairement ces rivets dorés jaillir vers mon visage à pleine vitesse et brusquement se figer dans l’immobilité du tableau et rester là, immobiles, mais toujours pleins de force réprimée et contenue, rongeant leur frein, et prêts à tout moment à reprendre leur course folle…

Femme lisant une lettre - Johannes Vermeer - 1662-1663

Femme lisant une lettre – Johannes Vermeer  – 1662-1663

Capture d’écran 2013-01-29 à 02.30.02

Capture d’écran 2013-01-29 à 02.30.21

Liseuse à la fenêtre - Vermeer -

L’autre liseuse à la fenêtre – Vermeer

Passer les murs est une chose douloureuse, on en tombe malade
Mais c’est indispensable.
Le monde est un. Quant aux murs….
Et les murs sont une part de toi –

Vermeer - rue de Delft - vers 1657

Vermeer – rue de Delft – vers 1657

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