Vous ne tenez que par l’amidon de votre chemise et le pli de votre pantalon…


    Triste et hilarant ou comment deux monstres sacrés parviennent à tenir à distance la Mort par le talent et la dérision.   Oui, quelle classe !

      Échange poivré entre Michel Serrault (Pompilius, ancien diplomate roumain) et Jeanne Moreau (vieille Lady richissime) dans le film La vieille dame qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann (1991) d’après le roman éponyme de Frédéric Dard.
     Lady M, une vieille femme riche et excentrique, passe ses vacances en compagnie d’un diplomate fané, Pompilius Enaresco. Fière des deux-mille-dix-sept amants qu’elle revendique, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et jette son dévolu sur Lambert, un jeune plagiste attentif et flatteur doté de toutes les qualités du gigolo. Bientôt folle de cet ambitieux apollon, Lady M le met au fait de ses fructueuses escroqueries, sous les yeux furibonds de Pompilius, aussi impuissant que jaloux…  (source Télérama)
      Jeanne Moreau, magnifique dans ce rôle, décédera six années plus tard à l’âge de 89 ans. Michel Serrault lui survivra une dizaine d’années.


Petite fleur,
vous êtes une vieille truie en chaleur !
Vous êtes une irrémédiable catin.
Votre sexe ranci se remet à capoter devant les jeunes mâles,
Ce qui devrait faire rire si ce n’était pas à pleurer.
Arrêtez vous un instant devant une glace,
par charité pour vos restes,
Et regardez, regardez à quoi vous ressemblez…
Une vieille jument efflanquée
prête pour l’abattoir.
En vous regardant mon estomac se noue
au point que je me demande si.. je vais dîner

Si vous ne désirez pas dîner,
abominable vieillard glauque et frippé.
Allez vous faire foutre !
Vous ne tenez que par l’amidon de votre chemise et le pli de votre pantalon.
Il ne vous suffit pas de n’être plus aimé,
vous cherchez absolument  à vous faire haïr.
Rassurez-vous, vieux mou, vous êtes sur la bonne voie .

Si ce détrousseur de fossile, vient habiter à la maison
Je partirais…

Il viendra !

Mais croyez vous que ce jeune voyou pourra…
pourra danser la gigue sur votre ventre tout sec, la mère ?
Hein ?  Le Pauvre garçon !
Il aurait l’impression de pénétrer une momie.
Carabosse !

Vous n’êtes qu’un débris avachi dans une rolls.

Et vous, vous êtes la mort, ma princesse.
La mort couverte de bijou et fardée comme une pute de carnaval.

Arrête-toi sinon Je te plante cette fourchette dans les couilles !

Quelle classe !



le Soir ou les illusions perdues


Mélancolia

(c) Walker Art Gallery; Supplied by The Public Catalogue Foundation

Charles Gleyre – le soir ou Les illusions perdues, 1843

      C’est le tableau grâce auquel le peintre romantique Charles Gleyre connaîtra enfin à l’âge de 37 ans la notoriété. Présenté sous le titre Le Soir au Salon de 1843, le tableau qui préfigure la peinture symboliste est récompensé d’une médaille d’or et est acquis par l’État qui l’exposera au Musée Royal des artistes vivants. Il sera par la suite abondamment diffusé en forme gravée sous le titre Les Illusions perdues, qui reprend le titre d’un roman de Balzac édité entre 1837 et 1843. Le tableau reproduirait une vision qu’aurait fait le peintre une journée de mars 1835 sur les bords du Nil alors qu’il méditait sur la perte de sa jeunesse et des illusions de gloire et d’amour qui l’avaient accompagné. Le tableau avait l’ambition de réaliser « la triple harmonie entre les formes, les couleurs et les sons ».

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« Un homme dont la barbe commence à s’argenter contemple, assis et rêveur, les illusions, les plaisirs de la jeunesse qui s’enfuient… »   (Francis Wey)

Ch. Gleyre, Les Illusions perdues, huile sur toile, 156,5 x 238 cm, 1843.jpg

Photographie du tableau réalisée à l’époque  par la société Goupil et Cie