Ils ont dits…


Francisco Goya - Saturne dévorant son enfant

      « Nous ne sommes qu’une bande d’assassins […] Notre inconscient tue même pour des détails […] Nous supprimons journellement et à toute heure du jour tous ceux qui se trouvent sur notre chemin, qui nous ont offensés ou lésés […] La manière dont est formulée la prohibition Tu ne tueras point est de nature à nous donner la certitude que nous descendons d’une série infiniment longue de générations de meurtriers qui, comme nous-mêmes peut-être, avaient la passion du meurtre dans le sang. »

S. Freud, « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort », in Essais de psychanalyse, Paris, Petite bibliothèque Payot, 1963 – cité par Marie-Claire Boons-Grafé dans Pulsions d’agression et faillites symboliques. *
Illustration : Saturne dévorant son enfant peint par Goya (1819-23) 


Articles liés


le désir d’égalité ou le sentiment d’injustice chez les animaux


    Franz de Waal est un primatologue et éthologue américain d’origine néerlandaise, professeur et chercheur à Atlanta aux Etats-Unis. Comme il arrive souvent pour les découvertes concernant les primates *, c’est tout à fait par hasard qu’il a découvert que le désir d’égalité (ou sentiment d’inégalité et d’injustice) éprouvé par les différents individus composant une société n’était pas spécifique aux sociétés humaines mais se retrouvaient également dans les sociétés de primates. L’expérience hilarante présentée ci-dessous qu’il a réalisé avec deux singes capucins et dans laquelle il va soumettre l’un des deux singes à un traitement injuste alors que jusque là il était traité sur un pied d’égalité avec son congénère le prouve sans aucune ambiguité : le capucin défavorisé n’accepte pas l’inégalité de traitement et entre dans une violente colère.

 * c’est également par hasard en constatant le comportement d’un macaque rhésus que l’équipe du médecin et biologiste Giacomo Rizolatti découvrit à Parme dans les années 1990 les neurones miroirs. (voir  ICI )

   Faut-il en déduire que le désir d’égalité est inné aux sociétés d’hominidés (genre qui regroupe les grands singes et l’homme et pour lesquelles  les ADN peuvent être semblables à plus de 98%) et de primates ? L’historien Yuval Noah Harari dans son dernier ouvrage « Homo deus, une brève histoire de l’avenir » souligne que si c’était le cas, les sociétés inégalitaires se seraient trouvées dans l’incapacité de fonctionner du fait du ressentiment et de l’insatisfaction qu’elles auraient générées et auraient sombré dans la violence et de citer à l’appui de son raisonnement le cas des royaumes et empires qui ont prospéré bien que construits sur des fondements extrêmement inégalitaires. Mais ces exemples n’apportent pas pour autant la preuve de l’inexistence du désir d’égalité. L’anthropologie a montré que lorsque les sociétés humaines risquaient d’être anéanties par la violence exercée entre leurs membres, elles étaient capables de mettre en place des stratégies d’évitement de cette violence en la détournant par exemple sur un bouc émissaire et en créant des structures symboliques d’organisation et de compréhension du monde que sont les mythes et les religions chargées d’assurer la cohésion des membres du groupe. 

    Pourrait-il exister un lien entre ce désir inné d’égalité chez les primates découvert par Franz de Waal et le désir mimétique transmis par les neurones miroirs découvert par Giacomo Rizolatti ? Y aurait-il dans ce cas un rapport de cause à effet entre l’expression d’un premier élément et le second qui serait en quelque sorte induit par le premier ? Le siège dans le cerveau des neurones mémoires est le cortex prémoteur ventral et la partie rostrale du lobule pariétal inférieur. Quelle partie du cerveau est-elle activée quand s’exprime le désir d’égalité ou la réaction violente qui découle du sentiment d’inégalité ? Je n’ai trouvé jusqu’à présent aucune étude qui traitait de ces sujets…

    Si l’on suit René Girard, inventeur de la théorie du désir mimétique, le désir qu’un individu éprouve n’est que l’imitation du désir d’un autre qui est ainsi érigé en modèle à imiter. Dans le cas des deux capucins, le modèle à imiter deviendrait le capucin favorisé mais on pourrait tout aussi considérer que c’est la qualité supérieure du met accordé (cerise contre concombre) qui provoque le désir. Il est dommage pour pouvoir interpréter cette expérience à l’aune de la théorie de René Girard que Franz De Wall ne l’est pas développé en inversant les données, c’est-à-dire en offrant d’abord les cerises aux deux singes puis un morceau de concombre à l’un des deux. Quel singe aurait-alors manifesté sa fureur ? Celui qui recevrait la cerise et qui, malgré le fait que son cadeau est plus appétissant que celui de son rival, aurait été jaloux du traitement d’exception accordé à ce dernier ou bien le rival, mécontent de la baisse de qualité de ce qui lui est accordé et considéreront ceci comme une injustice ou une brimade…

    Pour  le neuropsychiatre Jacques Fanielle, les résultats de l’expérience menée par Franz De Waal « suggèrent que le sens de l’équité peut être une capacité innée du cerveau de l’Homo-Sapiens, une disposition que l’évolution biologique aurait sélectionnée chez certaines espèces dont l’organisation sociale repose, en tout ou en partie, sur la coopération » 


Le sentiment d’inégalité chez les chiens et les loups

    Une expérience semblable a eu lieu au Wolf Science Center de l’université de médecine vétérinaire de Vienne sur les chiens et les loups qui montre que ces deux espèces ont également conscience d’être victime d’une inégalité. Dans les deux cas, les scientifiques ont observé que l’animal le moins bien récompensé éprouvait un sentiment d’injustice et arrêtait l’exercice. Pour Jennifer Essler, co-auteure de l’étude, leur « habilité à réaliser l’iniquité est devenue évidente quand ils ont refusé de continuer l’expérience ». Ce refus s’exerçait non seulement quand l’un des deux animaux n’était plus alimenté mais également quand la qualité de la récompense était moindre : si l’un des animaux reçoit des croquettes alors que son congénère reçoit de la viande, il refuse de poursuivre l’exercice.

     Observation intéressante qui n’avait pas été effectuée dans l’expérience pratiquée par Frantz de Waal avec les primates, lorsque l’expérience est effectuée sur un seul animal, les chercheurs viennois constataient que les canidés poursuivaient alors la tâche, même sans récompense. Comme l’explique Friederike Range, un autre auteur de l’étude : « Cela montre bien que ce n’est pas juste le fait de ne pas recevoir de viande qui les a poussé à arrêter de coopérer avec l’expérimentateur ». Le fait que les loups autant que les chiens aient eu le même comportement prouvent que celui-ci n’est pas lié au phénomène de domestication. La seule différence relevée dans le comportement des deux espèces était qu’après cette expérience, les loups non récompensés restaient distants des humains alors que les chiens ayant subi le même traitement leur restaient fidèles.   (source : c’est  ICI )


articles liés


Du panda à l’homme


accouplement_20120131_yingying&yibao
Tentative d’accouplement entre la femelle Ying Ying et le mâle Yi Bao
à la base de Yaan Bifengxia (Chine)

Problème de libido chez les Pandas géants captifs de Chengdu  (suite à un reportage vu à la télé)

       Les responsables des centres d’élevage des pandas géants dans le Sichuan s’efforcent d’assurer la préservation de cet animal désormais considéré par les chinois comme un « Trésor national  ». Pour cela, ils cherchent à multiplier les naissances de bébés pandas dans le but de les remettre en liberté dans des zones naturelles où ils sont protégés et accessoirement dans quelques zoos de la planète qui possèdent eux aussi les moyens d’assurer leur reproduction. Les femelles pandas n’étant fécondes que deux à trois jours par an, leur tâche n’est pas facile, d’autant plus que le mâle que l’on plaçait dans ce but en présence de la femelle lorsqu’elle était en chaleur ne semblait pas du tout, mais alors pas du tout, intéressé par la bagatelle. Après de longues recherches, les chercheurs se sont aperçus que le manque d’intérêt du mâle vis à vis de la femelle était du au fait qu’il était le seul mâle présent mais que sa libido se réveillait soudainement lorsque l’on introduisait un autre mâle à proximité. Dans la nature, la femelle, dans sa période d’œstrus, laisse de nombreuses traces odorantes sur son passage et devient plus vocable, ce qui a pour effet d’attirer les mâles du secteur. Un combat s’ensuit alors entre eux pour affirmer leur supériorité et dont le vainqueur aura le privilège de féconder la femelle. Il semble que dans ces circonstances, le but du combat est plus, pour chacun des mâles, d’établir ou de conserver sa supériorité que de copuler… Plus que le charme de la Dame, ce serait donc le risque de voir un autre mâle devenir dominant qui jouerait le rôle d’aiguillon déclencheur de la libido. Effectivement, l’expérience montra que lorsqu’un second mâle fut introduit dans un enclos proche de la femelle, le premier mâle récalcitrant a commencé par manifester une certaine nervosité puis a ressenti le besoin irrésistible de féconder la femelle. Cette histoire m’a fait penser à cet hôtelier que j’avais connu dans une station de sport d’hiver des Alpes qui s’était subitement mis en tête, sans avoir réalisé d’étude de marché préalable, d’adjoindre un bowling à son établissement pour la simple raison que l’un de ses concurrents pouvait être tenté de le faire…

Peter_Paul_Rubens_Massacre_of_the_Innocents.jpg
La violence exacerbée : Rubens – Le Massacre des Innocents, 1611-1612

     Il n’en fallait pas plus pour me ramener à la théorie du désir mimétique énoncée par René Girard dans laquelle celui-ci défend l’idée que les rapports humains sont fondés sur une imitation des désirs de l’autre. Le sujet ne désire pas de manière autonome, il n’existe pas de lien direct entre le désirant et l’objet de son désir car cette relation doit passer par l’intermédiaire d’un médiateur à qui est conféré le double rôle de rival abhorré et de modèle admiré. En effet, comme l’écrivait ce philosophe :  « Seul l’être qui nous empêche de satisfaire un désir qu’il nous a lui-même suggéré est vraiment l’objet de haine. Celui qui hait se hait lui-même en raison de l’admiration secrète que recèle sa haine ».
     Loin de moi l’idée que l’on pourrait appliquer à l’homme le comportement des pandas bien que René Girard lui-même préconisait pour l’élaboration d’une science de l’homme de comparer l’imitation humaine avec le mimétisme animal *, mais l’anecdote citée sur l’attitude agressive des mâles pandas pose le problème de l’origine et de la maîtrise de la violence. Chez les pandas, comme chez la plupart des animaux, la compétition entre les individus est liée à la nécessité de maintenir un ordre basé sur la prééminence du plus fort ou du mieux adapté à son milieu, ordre qui s’impose alors à tous pour favoriser l’évolution qualitative de l’espèce et la préserver de la violence généralisée permanente. La violence humaine, expliquait René Girard, doit elle aussi être contrôlée et maîtrisée pour éviter la crise paroxysmique de folie meurtrière qui détruirait le groupe. C’est par l’existence du sacré et ses rites, en particulier la mise en convergence de toutes les haines du groupe et leur report sur un bouc émissaire qui sera sacrifié que les sociétés humaines ont dans le passé désamorcé la montée de la violence.

Enki sigle

* René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde – édit Grasset biblio essai, p.17

51633302-allong-mignon-jeune-panda-g-ant-corce-d-alimentation-d-alimentation-de-l-arbre
Bonne sieste !


articles liés


Et si René Girard avait raison ? – les neurones miroirs


Et si René Girard avait raison ?

René Girard

René Girard (1923-2015)

       René Girard est un anthropologue et philosophe français qui a effectué toute sa carrière aux Etats-Unis et dans les dernières années, à l’université de Standford en Californie au cœur de la Silicon Valley. Il a découvert à l’orée des années soixante le principe du « caractère mimétique du désir » qui défend l’idée que tout désir est l’imitation du désir d’un autre que l’on érige en modèle à imiter.  Ce concept a été exposé dans son premier ouvrage publié en 1961 : Mensonge romantique et Vérité romanesque. Il prolongera sa réflexion dans le domaine cette fois de l’anthropologie en expliquant l’origine de la violence dans les sociétés par la rivalité mimétique qui s’instaure entre ses membres pour la possession des objets, rivalité qui risque dans son développement paroxysmique de détruire l’ensemble de la société. René Girard appelle cet antagonisme généralisé qu’Hobbes dans son temps avait appelé « la guerre de tous contre tous », la « crise mimétique ». Celle-ci, pour être désamorcée nécessitera, si le groupe ne veut pas être détruit, et de manière presque mécanique, un report de la violence de l’ensemble des membres du groupe contre un seul individu qui focalisera sur lui la totalité de la violence et permettra à celle-ci de se décharger en limitant les dommages. La guerre de « tous contre tous » est devenue de ce fait la guerre de « tous contre un ». L’éthologie a montré que déjà, chez les chimpanzés, la réconciliation à l’intérieur de la communauté peut être facilitée par la projection de l’agressivité sur un ennemi extérieur et l’instinct de réconciliation est dans ce cas utilisé dans une démarche belliciste. Chez l’homme, la victime émissaire qui a été sacrifiée pour le bien commun a sauvé le groupe  et va alors endosser de la part de la communauté un statut spécial de caractère «sacré» car elle a montré dans l’épreuve qu’elle disposait d’un pouvoir transcendant et surnaturel qui lui a permis de sauver le groupe. René Girard voit dans ce sacrifice qui a longtemps accompagné les pratiques religieuses l’origine du phénomène religieux archaïque. Il a exposé cette thèse dans un second ouvrage, La violence et le sacré paru en 1972. Dans son troisième ouvrage, Des choses cachées depuis la fondation du monde paru en 1978, il va s’intéresser cette fois au processus d’humanisation par lequel l’homme a émergé de l’animalité. Constatant chez les primates anthropoïdes un fort degré de mimétisme et une régulation de la violence résultant du désir d’appropriation par la soumission au mâle dominant, René Girard imagine que pour maintenir la paix et la stabilité, après le sacrifice de la première victime émissaire, un processus de reconduction du sacrifice aurait été enclenché par le groupe instaurant par ce fait un mécanisme de gestion et de prévention de la violence. Ce sont les interdits et les pratiques rituelles en rupture avec les manifestations instinctives innées qui accompagnaient ce processus qui seraient à l’origine de la religion, de la culture et de la pensée symbolique en accompagnement de l’augmentation du volume du cerveau.

    Il manquait à cette hypothèse développée par René Girard la caution biologique et celle des neurosciences, la découverte récente des neurones miroir qui gèrent des relations de caractère mimétique entre les individus et le fonctionnement de processus cognitifs fondamentaux a apporté de l’eau au moulin du philosophe et conforte l’ensemble de ses théories.


La découverte des neurones miroir

architectures du cerveau et du neurone

    Dans les années 1990, les chercheurs d’une équipe de scientifiques italiens de la faculté de médecine de Parme, l’équipe du médecin et biologiste Giacomo Rizolatti, qui menaient des expériences sur l’activité cérébrale chez le singe, ont fait une découverte majeure dans le domaine des neurosciences. Ils ont découvert que certains neurones occupant des aires fonctionnelles bien déterminées du cerveau d’un singe macaque rhésus (cortex prémoteur ventral et partie rostrale du lobule pariétal inférieur) qui étaient activés (potentiels d’action) au moment de l’exécution d’un mouvement l’étaient également lorsque le singe était immobile mais qu’il voyait ou entendait un autre individu réaliser une action similaire ou même simplement se préparer à l’accomplir. Ainsi, il apparaît que ce sont les mêmes aires fonctionnelles du cerveau qui sont activées durant l’exécution d’une action que lors de son imagination par le sujet. C’est la raison pour laquelle, ces neurones ont été appelés «neurones miroirs». Certains spécialistes préfèrent par précaution employer les termes de «système miroir» ou «système de neurones miroirs». Ces neurones miroirs existent chez les humains, dans des configurations bien plus complexes et avec des capacités bien plus sophistiquées. Chez l’homme, ces neurones miroirs joueraient un rôle essentiel dans le fonctionnement des processus cognitifs (perception, mémorisation, raisonnement, émotions) impliqués dans les relations et activités sociales, en particulier dans les processus d’apprentissage par imitation, le langage, l’art et les relations affectives telles l’empathie et la compréhension d’autrui.

    Certains chercheurs se sont attachés à établir un lien entre les neurones miroirs et la théorie visionnaire anthropologique développée par René Girard du désir mimétique. C’est le cas  en particulier du neuropsychiatre et écrivain Jean-Michel Oughourlian, l’un des plus anciens collaborateurs d’André Girard.


articles liés


Vérité et violence

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Blaise Pascal (1623-1662).png

Blaise Pascal (1623-1662)

      C’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu’à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre ; quand l’on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n’ont que la vanité et le mensonge ; mais la violence et la vérité ne peuvent rien l’une sur l’autre.
     Qu’on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales : car il y a cette extrême différence que la violence n’a qu’un cours borné par l’ordre de Dieu qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu’elle attaque, au lieu que la vérité subsiste éternellement et triomphe enfin de ses ennemis ; parce qu’elle est éternelle et puissante comme Dieu même.

PascalLes provinciales, 1656, XII

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

     Datée de septembre 1656, la douzième Provinciale répond aux Impostures où le jésuite et théologien Jacques Nouët traite Pascal d’impie, de bouffon, d’ignorant, d’imposteur, de calomniateur, de fourbe, d’hérétique et le déclare possédé d’une légion de diables. La protestation de Pascal dépasse son cas particulier car la persécution vise Port-Royal : l’assemblée du Clergé prépare en effet un formulaire condamnant Jansénius, l’évêque d’Ypres initiateur du mouvement janséniste destiné à être signé par tous les ecclésiastiques. Les religieuses de Port-Royal sont alors très exposées. Ce texte de Pascal est un symbole pour tous ceux qui sont exposés à la violence et à la persécution.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––